Étude Swapn – Orientation : le grand flou des parents face à l'avenir de leurs enfants
Enquête exclusive réalisée par FLASHS pour Swapn
Date de publication : 01/04/2026
Faire les bons choix d’orientation n’a jamais été simple. Mais à l’heure où les métiers évoluent rapidement et où la valeur des diplômes n’offre plus les mêmes garanties qu’auparavant, l’exercice prend une nouvelle dimension. Pour les lycéens, à l’approche du baccalauréat, cette étape marque un véritable tournant, où se jouent les premières décisions structurantes pour leur avenir.
Dans ce contexte, les parents avancent sans véritable mode d’emploi. Derrière les choix de leur enfant, ils doivent composer avec des attentes parfois contradictoires : sécuriser le parcours, laisser de la liberté, tout en anticipant les transformations du monde du travail.
À travers une enquête réalisée par FLASHS pour Swapn auprès de 1 000 parents de lycéens, se dessine une réalité faite de tensions, d’hésitations et de compromis, qui dit beaucoup de la manière dont les familles envisagent aujourd’hui l’orientation et, plus largement, l’avenir professionnel.
Des ambitions élevées, teintées d’inquiétude
Sans surprise, la poursuite d’études supérieures reste la norme. 95 % des parents souhaitent que leur enfant continue après le baccalauréat, dont 57 % y tiennent fermement. Le diplôme reste, pour beaucoup, une forme de sécurité.
Mais cette ambition s’accompagne d’une vraie inquiétude : près de trois parents sur quatre (73 %) ont peur que leur enfant fasse un « mauvais choix » d’orientation. Un chiffre qui en dit long sur la pression qui entoure cette étape.
Une source de stress évidente
Concrètement, cette inquiétude se ressent au quotidien. Plus de 8 parents sur 10 (81 %) décrivent cette période comme stressante, et même très stressante pour un quart d’entre eux (26 %). À l’inverse, seuls 19 % disent l’aborder sereinement.
Ce qui inquiète le plus, ce n’est pas tant l’enfant que le système lui-même. La crainte de voir les vœux refusés arrive largement en tête (55 %), suivie par le manque de visibilité sur les débouchés (31 %). Le niveau scolaire (7 %) ou l’implication de l’enfant (6 %) sont, eux, beaucoup moins souvent pointés du doigt.
Laisser choisir… tout en gardant la main ?
Sur le papier, les parents laissent une vraie place à leur enfant. Dans les faits, leur influence reste bien présente. Près de la moitié (47 %) disent donner leur avis tout en laissant la décision finale à leur enfant. 34 % privilégient ses envies, même si les débouchés sont incertains. Et seuls 18 % mettent en priorité les perspectives professionnelles.
Mais cette liberté reste encadrée. Pour 69 % des parents, le risque lié à l’automatisation ou à l’intelligence artificielle compte dans la réflexion — et pour 16 %, c’est même un critère décisif.
Un métier qui plaît avant tout
Malgré toutes ces préoccupations, une chose reste centrale : l’épanouissement. Près des deux tiers des parents (64 %) estiment que le plus important, au fond, c’est que leur enfant exerce un métier qui lui plaît.
Les critères plus “rassurants” arrivent loin derrière : la stabilité de l’emploi (20 %) et le niveau de rémunération (13 %). Quant à l’utilité sociale, elle reste peu citée (2 %).
Réussir sans études supérieures, une idée qui progresse
Même si les études longues restent largement valorisées, elles ne sont plus vues comme l’unique voie possible. Aujourd’hui, près de deux parents sur trois (64 %) pensent qu’on peut réussir sans passer par l’enseignement supérieur.
À l’inverse, 31 % estiment encore que cela reste difficile — signe que le modèle traditionnel reste bien ancré.
Un avenir professionnel sans schéma imposé
Dans ce contexte, les parents semblent aussi plus ouverts sur les formes que peut prendre la réussite. Quand ils imaginent l’avenir professionnel de leur enfant, ils ne projettent plus un seul modèle. Certes, la grande entreprise arrive en tête (29 %), mais sans s’imposer comme une évidence.
Fonction publique (13 %), entrepreneuriat (11 %), PME (8 %) : les préférences sont dispersées. Et surtout, près de 4 parents sur 10 (39 %) disent ne pas avoir de préférence particulière. Une forme de souplesse qui traduit sans doute une époque moins linéaire qu’avant.
Entreprendre, oui… mais pas sans filet
Dans cette logique, l’entrepreneuriat s’installe progressivement comme une option crédible. L’idée fait d’ailleurs de plus en plus son chemin chez les lycéens : 59 % des parents indiquent que leur enfant en a déjà parlé, dont 21 % de manière sérieuse.
Face à cela, les parents sont plutôt ouverts… mais rarement sans conditions. 22 % encouragent directement leur enfant à se lancer. Les autres préfèrent sécuriser : 33 % recommandent de poursuivre des études en parallèle, 32 % suggèrent d’attendre la fin du cursus, et 11 % insistent sur l’importance d’une première expérience professionnelle.
Des parents prêts à investir ?
Ce soutien est aussi concret. 93 % des parents se disent prêts à aider financièrement leur enfant en cas de projet entrepreneurial.
Mais là encore, cet accompagnement reste encadré pour une partie d’entre eux : 39 % conditionnent leur aide à la poursuite d’études en parallèle, et 33 % préfèrent attendre la fin du cursus.
À l’inverse, plus d’un parent sur cinq (21 %) se dit prêt à financer un projet immédiatement.
Méthodologie
Enquête réalisée par FLASHS pour Swapn du 6 au 11 mars 2026 par questionnaire autoadministré en ligne auprès de 1 000 parents d’élèves scolarisés au lycée en filière générale ou technologique (hors filières professionnelles).
Les parents ayant plusieurs enfants ont été invités à répondre en se référant à l’enfant le plus proche de la terminale, période des choix d’orientation.