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SASU ou EURL : bien choisir selon votre profil en 2026 ?

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Temps de lecture : 13 min

Résumé de l'article

  • SASU ou EURL : deux sociétés unipersonnelles qui diffèrent surtout sur le régime social et fiscal.
  • Charges sociales : le gérant TNS d'EURL cote environ 45 % du net contre 78 % en SASU.
  • Maintien de l'ARE : la SASU sans rémunération conserve intégralement vos allocations chômage.
  • Cession de titres : les actions de SASU sont taxées à 0,10 % contre 3 % pour l'EURL.
  • Profil décisif : l'EURL convient aux freelances à CA modéré, la SASU aux levées de fonds.
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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 11 août 2026

SASU ou EURL : les différences clés en un coup d'œil

Différences SASU EURL

Choisir entre SASU ou EURL revient à arbitrer sur une quinzaine de critères juridiques, fiscaux et sociaux. Le tableau ci-dessous résume les différences majeures entre ces deux formes de société unipersonnelle.

Critère EURL SASU
Forme juridique Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle
Nombre d'associés 1 (personne physique ou morale) 1 (personne physique ou morale)
Capital social minimum 1 € 1 €
Libération du capital à la création 20 % minimum (numéraire) 50 % minimum (numéraire)
Type de titres Parts sociales Actions
Dirigeant Gérant (personne physique uniquement) Président (personne physique ou morale)
Régime social du dirigeant TNS (Travailleur Non Salarié) Assimilé salarié
Régime fiscal par défaut IR (Impôt sur le Revenu) IS (Impôt sur les Sociétés)
Option pour l'autre régime IS (irrévocable, sauf révocation dans les 5 premières années) IR (temporaire, 5 exercices max, sous conditions)
Régime micro-entreprise Accessible (si CA < seuils) Impossible
Droits d'enregistrement (cession) 3 % (après abattement sur base de 23 000 €) 0,10 %
Trimestres retraite sans rémunération 3/an (cotisations minimales) 0
Statut du conjoint Salarié, associé ou collaborateur Salarié ou associé uniquement
Transformation pluripersonnelle → SARL → SAS
BSPCE Impossible Accessible

Les deux formes permettent un associé unique, personne physique ou morale. Le gérant d'EURL, en revanche, ne peut être qu'une personne physique : une personne morale ne peut pas occuper cette fonction. La durée maximale de la société est de 99 ans dans les deux cas, renouvelable à l'échéance.

Quel statut choisir selon votre profil d'entrepreneur ?

Le bon statut dépend de votre situation personnelle, de vos revenus visés et de vos projets à moyen terme. Voici les cinq profils les plus fréquents et la forme juridique adaptée à chacun. Pour aller plus loin dans votre réflexion, un simulateur de statut juridique peut vous aider à affiner votre choix selon votre situation.

  • Évaluer l'EURL à l'IR si vous êtes freelance avec un CA modéré
  • Préserver vos droits ARE en créant une SASU sans salaire
  • Privilégier la SASU pour préparer une levée de fonds
  • Comparer les régimes sociaux avant de recruter
  • Arbitrer entre cotisations minimales et trésorerie de départ

Freelance ou consultant avec peu de charges

Pour un freelance dont le chiffre d'affaires reste sous les 80 000 €/an, l'EURL à l'IR est souvent le choix le plus avantageux. Le bénéfice est imposé directement au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans double imposition (IS puis IR sur les dividendes). Les cotisations TNS s'élèvent à environ 45 % du revenu net, contre ~78 % en SASU au régime assimilé salarié.

Autre atout : l'EURL permet d'opter pour le régime micro-entreprise (micro-BIC ou micro-BNC) tant que le CA reste sous 83 600 € en prestations de services. Ce régime simplifie la gestion comptable grâce à un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires. En SASU, le régime micro-entreprise est impossible.

Bon à savoir : Les avantages de la SASU pour les consultants restent néanmoins réels dès que le chiffre d'affaires progresse.

Créateur d'entreprise bénéficiaire de l'ARE (chômage)

Si vous percevez l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE), la SASU sans rémunération est la configuration la plus sûre. Aucun revenu n'est déclaré à France Travail, et votre ARE est maintenue intégralement. Un créateur avec 24 mois de droits à 1 800 €/mois préserve ainsi 43 200 € d'allocations.

En EURL à l'IS, l'ARE peut aussi être maintenue si vous ne vous versez aucune rémunération. Mais attention : en EURL à l'IR, le bénéfice de la société est considéré comme un revenu professionnel, même sans versement effectif. Il vient réduire vos allocations, ce qui peut coûter cher. Pour comprendre toutes les règles applicables, consultez notre guide sur le cumul chômage et création d'entreprise.

La stratégie classique consiste à créer une SASU à l'IS, ne se verser aucun salaire pendant la période d'indemnisation, puis basculer vers une rémunération (salaire ou dividendes) une fois les droits épuisés. Swapn permet de créer sa SASU en ligne gratuitement (0 €), avec un conseiller dédié qui vous aide à choisir entre SASU et EURL selon votre situation.

Porteur de projet avec ambition de levée de fonds

La SASU est la forme recommandée si vous envisagez d'accueillir des investisseurs. Elle émet des actions, plus facilement cessibles que des parts sociales, et sa gouvernance souple séduit les fonds d'investissement et les business angels.

La SASU permet aussi de mettre en place des BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) pour intéresser des talents clés à la croissance de l'entreprise. Ce mécanisme est impossible en EURL. Dès l'entrée d'un nouvel actionnaire, la SASU se transforme automatiquement en SAS, sans changement de forme juridique. Les droits d'enregistrement sur cession d'actions ne s'élèvent qu'à 0,10 % du prix de vente, contre 3 % pour des parts sociales d'EURL.

Entrepreneur souhaitant embaucher rapidement

Dans les deux formes, l'embauche de salariés est possible sans restriction. En SASU, le président est déjà au régime général, comme ses futurs salariés. La gestion de la paie et des déclarations sociales s'en trouve simplifiée.

En EURL, le gérant TNS relève d'un régime social distinct de celui de ses salariés. Cela n'empêche pas l'embauche, mais ajoute une couche de gestion administrative supplémentaire. Si vous prévoyez de recruter des apprentis, les aides à l'embauche d'apprentis peuvent alléger significativement le coût de démarrage.

Entrepreneur cherchant à minimiser les coûts de démarrage

L'EURL demande de libérer seulement 20 % du capital à la création, contre 50 % en SASU. Avec un capital de 10 000 €, cela signifie 2 000 € de trésorerie immédiate en EURL contre 5 000 € en SASU.

Le gérant d'EURL paie des cotisations minimales forfaitaires d'environ 1 200 €/an, même sans rémunération. Ce coût ouvre des droits maladie et valide 3 trimestres de retraite par an. En SASU, un président qui ne se verse aucun salaire ne paie aucune cotisation, mais n'a aucune couverture sociale ni validation de trimestres. L'arbitrage se fait entre un coût de départ plus élevé en EURL (mais avec une protection sociale de base) et un coût nul en SASU (mais sans filet de sécurité). Pour comparer précisément les coûts de lancement, consultez le coût de création d'une SASU et le coût de création d'une EURL.

Régime social : TNS en EURL ou assimilé salarié en SASU ?

Le régime social du dirigeant est l'une des différences les plus concrètes entre EURL et SASU. Il détermine le montant des cotisations, la couverture maladie, la retraite et les indemnités journalières.

  • Décrypter les cotisations et la couverture du régime TNS
  • Identifier les droits du régime assimilé salarié en SASU
  • Mesurer l'écart de coût à rémunération nette équivalente

Comment fonctionne le régime TNS du gérant d'EURL ?

Le gérant associé unique d'EURL relève du statut de Travailleur Non Salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Ses cotisations sociales s'élèvent à environ 45 % de la rémunération nette jusqu'à 1 PASS (48 060 € en 2026), puis environ 30 % au-delà.

Même sans se verser de rémunération, le gérant paie des cotisations minimales forfaitaires d'environ 1 200 €/an. Ces cotisations ouvrent des droits à l'assurance maladie-maternité (avec indemnités journalières sous conditions), à la retraite de base SSI et à l'invalidité-décès. Elles permettent aussi de valider 3 trimestres de retraite par an.

Le gérant TNS ne cotise pas à l'Agirc-Arrco (retraite complémentaire des cadres) et n'est pas éligible à l'assurance chômage. Pour une vue complète sur les charges sociales en EURL, les taux varient selon le niveau de rémunération et la nature de l'activité.

Comment fonctionne le régime assimilé salarié du président de SASU ?

Le président de SASU est assimilé salarié. Ses cotisations sociales s'élèvent à environ 62 % du salaire brut, soit ~78 % du salaire net. Un bulletin de paie est obligatoire pour chaque versement de rémunération. Pour tout comprendre sur le statut d'assimilé salarié, les droits ouverts et les obligations associées, un guide dédié détaille les mécanismes applicables.

La couverture est identique à celle d'un salarié cadre : assurance maladie, retraite de base, retraite complémentaire Agirc-Arrco, prévoyance. Les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie sont plus élevées que celles du régime TNS.

En contrepartie, un président qui ne se verse aucun salaire ne paie aucune cotisation. Il n'a donc aucune couverture sociale et ne valide aucun trimestre de retraite. Le président n'est pas éligible à l'assurance chômage, sauf cas très spécifiques comme un cumul avec un contrat de travail technique distinct.

Comparatif chiffré pour 40 000 € nets annuels

Pour une rémunération nette de 40 000 €/an, voici ce que coûte chaque régime à l'entreprise :

Critère EURL (TNS) SASU (Assimilé salarié)
Rémunération nette 40 000 € 40 000 €
Cotisations sociales ~18 000 € ~31 200 €
Coût total entreprise ~58 000 € ~71 200 €
Retraite complémentaire SSI uniquement Agirc-Arrco incluse
Trimestres retraite validés 4/an 4/an

La différence de coût atteint ~13 200 €/an en faveur de l'EURL à rémunération nette équivalente. La SASU compense partiellement cet écart par une meilleure couverture retraite complémentaire (Agirc-Arrco) et des indemnités journalières plus élevées en cas d'arrêt de travail.

Bon à savoir : Le gérant TNS d'EURL valide 3 trimestres de retraite par an grâce aux cotisations minimales, même sans se verser de rémunération. Le président de SASU qui ne se verse aucun salaire ne valide aucun trimestre. En phase de lancement sans revenus, c'est un critère souvent sous-estimé. Pour anticiper votre retraite en SASU, plusieurs stratégies permettent de compenser ce déficit de cotisations.

Fiscalité : IR, IS et dividendes en EURL et en SASU

La fiscalité est le deuxième grand critère de choix entre EURL et SASU. Régime par défaut, options disponibles, traitement des dividendes : chaque paramètre influence directement le revenu net de l'entrepreneur.

  • Identifier le régime fiscal par défaut de chaque statut
  • Vérifier les conditions pour changer de régime
  • Comparer l'imposition des dividendes
  • Simuler le revenu net sur 60 000 € de bénéfice

Quel régime fiscal par défaut pour chaque statut ?

L'EURL est soumise par défaut à l'impôt sur le revenu (IR). Le bénéfice est imposé directement entre les mains de l'associé unique, au barème progressif, dans la catégorie BIC, BNC ou BA selon l'activité exercée. Pour comprendre en détail les impôts en EURL et les mécanismes de calcul, un guide complet détaille les différences entre IR et IS.

La SASU est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS). Le bénéfice est imposé au niveau de la société, au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € (pour les PME dont le CA est inférieur à 10 M€ et le capital entièrement libéré), puis à 25 % au-delà. L'entrepreneur ne paie l'IR que sur la rémunération et les dividendes qu'il se verse.

Conditions pour opter pour l'IR en SASU ou l'IS en EURL

L'EURL peut opter pour l'IS à tout moment. Cette option est irrévocable, sauf si elle est révoquée dans les cinq premières années suivant l'option.

La SASU peut opter pour l'IR, mais de manière temporaire (5 exercices maximum) et sous conditions cumulatives strictes :

  • Société créée depuis moins de 5 ans
  • CA HT inférieur à 10 M€
  • Moins de 50 salariés
  • Non cotée en bourse
  • Activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale

Pour tout comprendre sur la SASU à l'impôt sur le revenu, les conditions d'éligibilité et les conséquences pratiques de cette option sont détaillées dans un guide dédié.

L'EURL à l'IR peut aussi opter pour le régime micro-entreprise (micro-BIC ou micro-BNC) si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 83 600 € en prestations de services. Ce régime applique un abattement forfaitaire sur le CA et simplifie les obligations comptables. En SASU, le régime micro-entreprise est impossible.

Critère EURL SASU
Régime par défaut IR IS
Option alternative IS (irrévocable sauf dans les 5 premières années) IR (5 exercices max, sous conditions)
Régime micro-entreprise Accessible (CA < seuils) Impossible
Taux IS réduit 15 % jusqu'à 42 500 € 15 % jusqu'à 42 500 €
Taux IS normal 25 % au-delà 25 % au-delà
Fiscalité des dividendes Flat tax 30 % + cotisations TNS au-delà de 10 % du capital Flat tax 30 % uniquement

Comment sont imposés les dividendes en EURL et en SASU ?

En SASU, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, au taux global de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Aucune cotisation sociale supplémentaire ne s'applique, quel que soit le montant distribué.

En EURL à l'IS, le traitement est plus complexe. La fraction des dividendes inférieure à 10 % du total (capital social + primes d'émission + comptes courants d'associés) est soumise à la flat tax de 30 %, comme en SASU. La fraction qui dépasse ce seuil de 10 % supporte les cotisations sociales TNS (~45 %), en plus de l'IR.

Avec un capital social de 1 000 € et 10 000 € de dividendes distribués, seuls 100 € (10 % × 1 000 €) relèvent de la flat tax à 30 %. Les 9 900 € restants supportent les cotisations TNS, soit environ 4 455 € de prélèvements supplémentaires. La quasi-totalité des dividendes est donc lourdement taxée. Pour comprendre précisément le calcul des dividendes en EURL, les règles de seuil et les stratégies d'optimisation sont détaillées dans un guide dédié.

Dans les deux cas, l'associé unique peut renoncer à la flat tax et opter pour le barème progressif de l'IR avec un abattement de 40 % sur les dividendes. Cette option est intéressante si la tranche marginale d'imposition est faible. Pour arbitrer entre flat tax ou barème progressif, plusieurs critères personnels entrent en jeu.

Simulation fiscale : 60 000 € de bénéfice avant rémunération

Prenons un entrepreneur célibataire (1 part fiscale) dont la société dégage 60 000 € de bénéfice avant rémunération du dirigeant. Capital social : 1 000 €.

  EURL à l'IR EURL à l'IS SASU à l'IS
Bénéfice brut 60 000 € 60 000 € 60 000 €
Rémunération nette 41 400 € 35 000 € 33 700 €
Cotisations sociales (rémunération) 18 600 € 15 750 € 26 300 €
IS - 1 390 € -
Dividendes bruts - 7 860 € -
Prélèvements sur dividendes - ~4 500 € -
IR sur rémunération ~5 700 € ~2 740 € ~2 390 €
Revenu net disponible ~35 700 € ~35 600 € ~31 300 €

En EURL à l'IR, la totalité du bénéfice est traitée comme un revenu de l'associé unique, après déduction des cotisations TNS. Le revenu net disponible atteint environ 35 700 €.

En EURL à l'IS, la rémunération de 35 000 € net laisse un bénéfice résiduel de 9 250 €, imposé à l'IS puis distribué en dividendes. La quasi-totalité de ces dividendes dépasse le seuil de 10 % du capital et supporte les cotisations TNS. Le revenu net disponible est comparable à l'EURL à l'IR (~35 600 €).

En SASU à l'IS, les cotisations assimilé salarié (~78 % du net) absorbent la majeure partie du bénéfice. Avec 60 000 € disponibles, la rémunération nette maximale est d'environ 33 700 €, sans marge pour des dividendes. Le revenu net disponible tombe à ~31 300 €, soit ~4 400 € de moins qu'en EURL. Une stratégie mixte (salaire réduit + dividendes) permet de remonter à environ 33 800 €, mais au prix d'une couverture sociale amoindrie sur la part non salarisée. Pour affiner ces calculs selon votre situation, le simulateur SASU et le simulateur EURL permettent d'obtenir une estimation personnalisée.

Swapn accompagne les créateurs de société dès 29 € HT/mois avec une comptabilité tout-en-un incluant bilan certifié par un Expert-Comptable, pour sécuriser ces choix fiscaux dès le démarrage.

Bon à savoir : En EURL à l'IS, les dividendes dépassant 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants d'associés) sont requalifiés en revenus d'activité et soumis aux cotisations sociales TNS (~45 %). Avec un capital de 1 000 €, le seuil est atteint dès 100 € de dividendes. Pensez à augmenter votre capital ou vos comptes courants pour repousser ce seuil. Pour comprendre comment fonctionne le compte courant d'associé en EURL, les règles de rémunération et les effets sur le seuil de dividendes sont détaillés dans un guide dédié.

Capital social, apports et libération : quelles règles ?

Les règles de constitution du capital diffèrent entre EURL et SASU, notamment sur la libération initiale et les types d'apports autorisés.

Capital minimum et libération partielle

Le capital social minimum est de 1 € dans les deux formes. La différence porte sur la libération des apports en numéraire à la création : 20 % minimum en EURL, contre 50 % minimum en SASU. Le solde doit être libéré dans les 5 ans suivant l'immatriculation. Pour tout comprendre sur la libération du capital en SAS, les modalités pratiques et les délais applicables sont détaillés dans un guide dédié.

Avec un capital de 10 000 €, l'EURL ne mobilise que 2 000 € de trésorerie immédiate, contre 5 000 € en SASU. Cet écart peut peser sur la trésorerie d'un créateur qui démarre avec des ressources limitées.

Apports en nature, en numéraire et en industrie

Les apports en numéraire (sommes d'argent) sont possibles dans les deux formes, avec la libération partielle décrite ci-dessus. Les apports en nature (matériel, véhicule, brevet, fonds de commerce) sont aussi autorisés. Un commissaire aux apports est obligatoire dès qu'un apport en nature dépasse 30 000 € ou que le total des apports en nature dépasse 50 % du capital. Pour les SASU, les règles relatives aux apports en nature en SAS s'appliquent de manière identique.

Les apports en industrie (savoir-faire, compétences) sont possibles en EURL comme en SASU. Ils ne concourent pas à la formation du capital social, mais donnent droit à une part des bénéfices définie dans les statuts.

Le capital variable est autorisé dans les deux formes. Il permet de faire varier le montant du capital entre un plancher et un plafond sans modifier les statuts à chaque opération. La SASU à capital variable présente des avantages spécifiques pour les entrepreneurs qui anticipent des évolutions fréquentes de leur structure financière.

Cession de titres et transmission : actions vs parts sociales

La nature des titres (actions en SASU, parts sociales en EURL) a des conséquences directes sur le coût fiscal d'une revente et sur les formalités de cession. Pour comprendre les différences majeures entre ces deux types de titres, un guide sur les actions et parts sociales détaille les implications juridiques et fiscales de chaque catégorie.

Droits d'enregistrement sur la cession

La cession d'actions (SASU) est soumise à des droits d'enregistrement de 0,10 % du prix de vente. La cession de parts sociales (EURL) est taxée à 3 %, après un abattement égal à 23 000 € × (nombre de parts cédées / nombre total de parts).

Exemple : vente de 100 % des titres pour 200 000 €.

  • SASU : 200 000 € × 0,10 % = 200 €
  • EURL : (200 000 € - 23 000 €) × 3 % = 5 310 €

L'écart atteint 5 110 € sur cette seule opération. Si vous envisagez une revente à moyen terme, ce critère pèse lourd dans le choix entre SASU et EURL. La procédure de cession d'actions en SASU suit des formalités allégées par rapport à la cession de parts sociales.

Procédure de cession et agrément

En SASU, la cession d'actions est libre par défaut (sauf clause d'agrément prévue dans les statuts). Les formalités sont simplifiées : un ordre de mouvement et une mise à jour du registre des mouvements de titres suffisent.

En EURL, la cession de parts sociales à un tiers nécessite un acte écrit (sous seing privé ou notarié), un enregistrement aux impôts et un dépôt au greffe du tribunal de commerce. En société unipersonnelle, la question de l'agrément ne se pose qu'en cas de cession partielle à un tiers, l'associé unique cédant alors une fraction de ses parts.

Statut du conjoint : quelles options en EURL et en SASU ?

Le statut du conjoint qui participe à l'activité de l'entreprise varie selon la forme juridique choisie.

En EURL, trois statuts sont possibles :

  • Conjoint salarié
  • Conjoint associé
  • Conjoint collaborateur (limité à 5 ans, cotisations réduites, droits retraite sans rémunération)

En SASU, seuls deux statuts existent : conjoint salarié ou conjoint associé. Le statut de conjoint collaborateur n'est pas accessible.

Un point de vigilance concerne l'apport de biens communs. En EURL, si l'associé unique est marié sous le régime de la communauté, le conjoint doit être informé de l'apport de biens communs au capital. Il peut revendiquer la qualité d'associé pour la moitié des parts sociales correspondantes. En SASU, le conjoint n'a pas ce droit de revendication sur les actions.

Évolution de la société : transformation et passage à plusieurs associés

La capacité d'une société à évoluer, accueillir de nouveaux associés ou changer de forme juridique est un critère à anticiper dès la création.

  • Accueillir un nouvel actionnaire en passant de SASU à SAS
  • Intégrer un associé en transformant l'EURL en SARL
  • Changer de forme juridique sans dissoudre la société

De la SASU à la SAS

L'entrée d'un nouvel actionnaire transforme automatiquement la SASU en SAS, sans changement de forme juridique. Les formalités se limitent à une mise à jour des statuts, une publication d'annonce légale et un dépôt au greffe. Pour anticiper cette évolution, comprendre les différences entre SASU et SAS permet de préparer les statuts en conséquence dès la création.

La gouvernance de la SAS reste très souple : les statuts sont librement aménageables, et le commissaire aux comptes n'est obligatoire que si certains seuils sont dépassés (total bilan, CA, effectif).

De l'EURL à la SARL

L'entrée d'un nouvel associé transforme l'EURL en SARL. Les formalités sont similaires : modification des statuts, annonce légale et dépôt au greffe.

La SARL a une gouvernance plus encadrée par la loi que la SAS. Les règles de majorité, les conventions réglementées et les droits des associés sont définis par le Code de commerce, avec moins de liberté statutaire. Pour comparer les deux formes pluripersonnelles, un guide sur EURL et SARL détaille les différences de gouvernance et de régime social.

Peut-on transformer une EURL en SASU (ou inversement) ?

Oui, la transformation est possible sans dissolution ni création d'une nouvelle société. Elle nécessite une décision de l'associé unique, un rapport du commissaire à la transformation, une modification des statuts, une annonce légale et un dépôt au greffe. Le coût total se situe entre 800 et 2 000 € (honoraires du commissaire + formalités). Pour suivre toutes les étapes de la transformation d'une EURL en SASU, un guide détaillé présente la procédure et les points de vigilance.

Cas d'usage fréquents : un gérant d'EURL qui souhaite passer au régime assimilé salarié pour bénéficier d'une meilleure couverture retraite, ou un président de SASU qui veut réduire ses charges sociales en basculant vers le régime TNS. Dans ce second cas, la transformation d'une SASU en EURL suit une procédure similaire avec ses propres spécificités.

Si vous envisagez d'accueillir des investisseurs, la SASU se transforme automatiquement en SAS à l'entrée du premier nouvel actionnaire. C'est la forme juridique privilégiée par les fonds d'investissement et les business angels, notamment grâce à la possibilité d'émettre des BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) pour intéresser les talents clés.

Bon à savoir : Pour structurer votre projet en vue d'une levée de fonds, un guide sur comment structurer sa startup en croissance présente les étapes clés.

Les questions fréquentes sur la SASU ou l'EURL

Vaut-il mieux une SASU ou une EURL pour un freelance ?

Pour un freelance avec peu de charges et un CA inférieur à 80 000 €/an, l'EURL est souvent plus avantageuse. Les cotisations TNS (~45 % du net) sont nettement inférieures à celles du régime assimilé salarié en SASU (~78 % du net). L'EURL permet aussi d'opter pour le régime micro-entreprise, ce qui simplifie la gestion comptable.

Peut-on garder ses allocations chômage (ARE) en créant une SASU ?

Oui. En SASU, si vous ne vous versez aucune rémunération, aucun revenu n'est déclaré à France Travail et votre ARE est maintenue intégralement. En EURL à l'IR, le bénéfice est considéré comme un revenu professionnel qui réduit l'ARE, même sans versement de salaire. Pour comprendre toutes les règles du cumul SASU et chômage, les conditions précises sont détaillées dans un guide dédié.

Quelles sont les charges sociales en EURL par rapport à la SASU ?

En EURL, les cotisations TNS s'élèvent à environ 45 % de la rémunération nette. En SASU, les cotisations assimilé salarié atteignent environ 78 % du salaire net. À rémunération nette de 40 000 €, le coût total est d'environ 58 000 € en EURL contre 71 200 € en SASU. Pour une analyse complète des charges en SASU, les différents postes de cotisations sont détaillés avec leurs bases de calcul.

Comment sont imposés les dividendes en EURL et en SASU ?

En SASU, les dividendes sont soumis à la flat tax de 30 %, sans cotisations sociales supplémentaires. En EURL à l'IS, les dividendes dépassant 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants) supportent les cotisations TNS (~45 %). Avec un capital faible, la quasi-totalité des dividendes est concernée. Pour calculer précisément l'imposition des dividendes en SASU, un guide dédié présente les formules et exemples chiffrés.

Est-ce qu'une EURL peut se transformer en SASU sans fermer la société ?

Oui. La transformation est possible sans dissolution. Elle nécessite un rapport du commissaire à la transformation, une modification des statuts, une annonce légale et un dépôt au greffe. Coût estimé : 800 à 2 000 €.

Quelle différence entre parts sociales (EURL) et actions (SASU) pour la revente ?

La cession d'actions (SASU) est soumise à des droits d'enregistrement de 0,10 % du prix de vente. La cession de parts sociales (EURL) est taxée à 3 %, après un abattement calculé sur une base de 23 000 €. Pour une vente à 200 000 €, cela donne 200 € en SASU contre environ 5 310 € en EURL.

Puis-je opter pour l'impôt sur le revenu (IR) en SASU ?

Oui, mais sous conditions cumulatives : société de moins de 5 ans, CA HT inférieur à 10 M€, moins de 50 salariés, non cotée en bourse, activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale. L'option est temporaire : 5 exercices maximum.

SASU ou EURL : quel statut pour valider des trimestres de retraite sans se payer ?

L'EURL. Le gérant TNS valide 3 trimestres de retraite par an grâce aux cotisations minimales forfaitaires (~1 200 €/an), même sans rémunération. En SASU, sans salaire versé, aucune cotisation n'est due et aucun trimestre n'est validé. Le Plan d'Épargne Retraite en SASU peut partiellement compenser ce déficit de trimestres pour les présidents qui se versent une rémunération.

Quelle forme juridique choisir pour lever des fonds plus tard ?

La SASU est recommandée. Elle émet des actions, permet de mettre en place des BSPCE pour intéresser les talents, et se transforme automatiquement en SAS dès l'entrée d'un nouvel actionnaire. C'est la forme privilégiée par les investisseurs et business angels.

Le conjoint peut-il avoir le statut de collaborateur en SASU ?

Non. Le statut de conjoint collaborateur n'existe qu'en EURL (et en entreprise individuelle). En SASU, le conjoint ne peut être que salarié ou associé. En EURL, le conjoint collaborateur bénéficie de droits retraite avec des cotisations réduites, mais ce statut est limité à 5 ans.

Sources & Références

Service-Public : Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une société

Urssaf : Choisir votre statut juridique

Impots.gouv.fr : Je crée une EURL : de quels impôts serai-je redevable ?

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