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SASU ou EURL : Quelles différences ? - Tableau comparatif

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Temps de lecture : 11 min

 

Résumé de l'article

  • SASU ou EURL : deux sociétés unipersonnelles qui diffèrent surtout par le régime social du dirigeant.
  • Charges sociales : l'EURL coûte environ 45 % du net contre 75 à 82 % en SASU.
  • Dividendes : en EURL, la fraction dépassant 10 % du capital supporte aussi les cotisations TNS.
  • Chômage : la SASU à l'IS sans salaire préserve intégralement l'ARE pendant le lancement.
  • Cession de titres : les droits d'enregistrement atteignent 0,10 % en SASU contre 3 % en EURL.
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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 15 juillet 2026

SASU ou EURL : les différences clés en un tableau

Avant de détailler chaque critère, voici un tableau synthétique qui met face à face les deux statuts unipersonnels les plus courants. Il vous permet de repérer en un coup d'oeil les points qui comptent pour votre projet.

Tableau comparatif synthétique

Critère EURL SASU
Forme juridique Société à responsabilité limitée (1 associé) Société par actions simplifiée (1 actionnaire)
Nombre d'associés 1 (personne physique ou morale) 1 (personne physique ou morale)
Capital social minimum 1 € 1 €
Libération du capital à la création 20 % minimum, solde dans les 5 ans 50 % minimum, solde dans les 5 ans
Dirigeant Gérant (personne physique uniquement) Président (personne physique ou morale)
Régime social du dirigeant TNS (Travailleur Non Salarié) Assimilé salarié
Caisse de rattachement Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) Régime général + Agirc-Arrco
Taux de charges sociales (sur le net) ~45 % ~75 à 82 %
Régime fiscal par défaut IR (impôt sur le revenu) IS (impôt sur les sociétés)
Option fiscale alternative IS (révocable pendant 5 exercices) IR (5 exercices max, sous conditions)
Accès au régime micro-entreprise Oui (si associé unique personne physique) Non
Imposition des dividendes PFU 30 % (flat tax) PFU 30 % (flat tax)
Cotisations sociales sur dividendes Oui, sur la fraction dépassant 10 % du capital Non
Droits d'enregistrement sur cession 3 % (après abattement) 0,10 %
BSPCE Non Oui
Validation trimestres retraite sans rémunération Oui (3 trimestres/an via cotisations minimales) Non (0 trimestre)
Statut conjoint collaborateur Oui

Non

Différences SASU EURL

Quel régime social choisir : TNS ou assimilé salarié ?

Le régime social est souvent le premier critère de choix entre EURL et SASU. Il détermine le montant de vos cotisations, votre couverture santé, vos droits à la retraite et le coût global de votre rémunération pour l'entreprise.

Le régime TNS du gérant d'EURL

Le gérant associé unique d'une EURL relève du statut de Travailleur Non Salarié (TNS), rattaché à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI).

Les cotisations sociales s'élèvent à environ 45 % du revenu net. Elles couvrent la maladie-maternité, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité-décès et les allocations familiales. Ces cotisations sont calculées de façon provisionnelle, puis régularisées deux ans plus tard (N+2), ce qui peut créer des décalages de trésorerie les premières années.

Même sans rémunération, le gérant TNS paie des cotisations minimales d'environ 1 200 € par an. Ce montant ouvre droit à 3 trimestres de retraite validés, un avantage souvent méconnu.

Les dividendes ne sont pas épargnés : la fraction qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d'émission et du compte courant d'associé) est soumise aux cotisations sociales TNS, en plus de la fiscalité classique.

Pour compléter sa protection, le gérant peut souscrire un contrat Madelin (prévoyance, retraite complémentaire) dont les cotisations sont déductibles du résultat.

Le régime assimilé salarié du président de SASU

Le président de SASU est assimilé salarié. Il dépend du régime général de la Sécurité sociale et cotise à l'Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire des cadres.

Les cotisations sociales (charges patronales + salariales) atteignent environ 75 à 82 % du salaire net versé. Un bulletin de paie est obligatoire chaque mois. La couverture est quasi identique à celle d'un salarié classique : maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance. Seule différence notable : pas d'assurance chômage.

En cas d'arrêt maladie, le président rémunéré bénéficie d'indemnités journalières (IJ) versées par la CPAM, calculées sur le salaire brut moyen des 3 derniers mois.

Le revers de la médaille : sans rémunération, aucune cotisation n'est due. Cela signifie zéro couverture sociale propre et zéro trimestre de retraite validé.

Combien coûtent réellement les charges pour un même revenu net ?

Les taux de cotisations ne parlent pas toujours d'eux-mêmes. Ce qui compte, c'est le coût total que l'entreprise doit supporter pour vous verser un revenu net donné.

Revenu net visé Coût total EURL Coût total SASU Écart
25 000 € ~36 250 € ~45 000 € ~8 750 €
40 000 € ~58 000 € ~72 000 € ~14 000 €
60 000 € ~87 000 € ~108 000 € ~21 000 €

Calculs indicatifs basés sur les taux moyens 2026. Le coût réel varie selon la répartition salaire/dividendes et les options fiscales choisies.

Prenons l'exemple de 25 000 € nets. En EURL, les cotisations TNS (~45 %) ajoutent environ 11 250 €, soit un coût total de 36 250 € pour l'entreprise. En SASU, les cotisations assimilé salarié (~80 %) ajoutent environ 20 000 €, portant le coût total à 45 000 €.

L'écart se creuse avec le revenu : à 60 000 € nets, la SASU coûte 21 000 € de plus que l'EURL. Ce surcoût n'est pas « perdu » : il finance une retraite complémentaire Agirc-Arrco plus avantageuse et des indemnités journalières plus élevées en cas d'arrêt maladie. Le choix dépend donc de vos priorités : maximiser le revenu immédiat (EURL) ou investir dans une meilleure protection sociale (SASU). Pour estimer précisément votre situation, vous pouvez utiliser un simulateur de revenus SASU ou un simulateur de revenus EURL en ligne.

Quelle fiscalité pour l'EURL et la SASU ?

Au-delà des charges sociales, le régime fiscal de votre société et le traitement de vos dividendes influencent directement ce que vous gardez en poche. Voici les mécanismes à connaître pour choisir entre EURL et SASU.

IR ou IS : quel régime d'imposition par défaut ?

L'EURL est soumise par défaut à l'impôt sur le revenu (IR). Le bénéfice de la société est directement imposé au barème progressif de l'associé unique, dans sa déclaration personnelle. L'EURL peut opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), et cette option est révocable pendant les 5 premiers exercices suivant le choix.

La SASU est soumise par défaut à l'IS. Le bénéfice est taxé au niveau de la société (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà), et seuls les salaires ou dividendes versés au président sont imposés à titre personnel. L'option IR en SASU est possible, mais temporaire (5 exercices maximum) et soumise à des conditions cumulatives strictes : société créée depuis moins de 5 ans, chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, moins de 50 salariés, non cotée en Bourse, et droits de vote détenus à 50 % minimum par des personnes physiques (article 239 bis AB du CGI).

Autre particularité de l'EURL : si l'associé unique est une personne physique et que le chiffre d'affaires reste sous les seuils légaux (77 700 € en prestations de services, 188 700 € en vente), l'EURL peut opter pour le régime micro-entreprise (micro-BIC ou micro-BNC). Vous bénéficiez alors d'un abattement forfaitaire sur le CA et d'une comptabilité simplifiée. Ce régime est inaccessible en SASU.

En pratique, l'EURL à l'IR est particulièrement adaptée à un créateur dont les revenus sont faibles la première année : le bénéfice réel est imposé une seule fois, directement dans le foyer fiscal, sans double imposition société + associé.

Comment sont imposés les dividendes en EURL et en SASU ?

Dans les deux statuts, les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax, de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l'IR avec un abattement de 40 % si c'est plus avantageux pour votre situation.

La différence majeure se situe en EURL à l'IS : la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d'émission et des apports en compte courant) est aussi soumise aux cotisations sociales TNS, soit environ 45 % supplémentaires.

Voici un exemple concret. Un associé unique d'EURL a un capital de 1 000 €. Il se verse 20 000 € de dividendes.

  • Le seuil de 10 % du capital = 100 €.
  • La fraction au-dessus du seuil = 19 900 €.
  • Ces 19 900 € supportent les cotisations TNS (~45 %) en plus de la flat tax.

En SASU, les mêmes 20 000 € de dividendes sont soumis uniquement au PFU de 30 %, soit 6 000 € de prélèvements. Le président conserve 14 000 € nets.

En EURL, le montant net après cotisations sociales et flat tax est nettement inférieur. C'est pourquoi la stratégie « faible salaire + dividendes élevés » fonctionne mieux en SASU qu'en EURL à l'IS, surtout quand le capital social est faible. Pour aller plus loin sur ce point, consultez le détail des dividendes en SASU et des dividendes en EURL.

Quelles sont les erreurs à éviter sur le choix du statut entre la SASU et l'EURL ?

  • Croire qu’une EURL à l’IR permet de conserver l'ARE : c’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse.
  • Se focaliser uniquement sur le coût des charges sociales : payer moins en EURL ne signifie pas que c'est le statut le plus adapté à votre projet de croissance, de levée de fonds ou de transmission.
  • Ne pas prévoir sa stratégie de rémunération : la décision entre salaire et dividendes a un impact direct sur vos charges et votre protection sociale. Elle doit être pensée dès le départ.
  • Ne pas se faire accompagner par un expert : entre la fiscalité, la stratégie de rémunération et les implications sur votre protection sociale, choisir entre SASU et EURL sans l'avis d'un professionnel expose votre projet à des erreurs difficiles à corriger après coup. Swapn peut analyser votre situation gratuitement et vous recommander le statut le plus adapté.

sasu ou eurl

Pour vous aider à y voir clair et à prendre la meilleure décision pour votre projet, vous pouvez utiliser notre simulateur de statut juridique gratuit qui analyse votre situation et vous recommande le statut le plus adapté.

SASU ou EURL : quel impact sur le chômage (ARE) ?

Si vous créez votre société en étant inscrit à France Travail, le maintien de vos allocations chômage (ARE) peut peser lourd dans votre choix de statut. Les règles diffèrent selon la forme juridique et le régime fiscal retenu.

Maintien de l'ARE en SASU

Le président de SASU qui ne se verse aucun salaire ne génère aucun revenu déclarable à France Travail. Résultat : l'ARE est maintenue intégralement, sans réduction.

Il peut se rémunérer uniquement en dividendes. Ceux-ci sont soumis à la flat tax de 30 %, mais ne sont pas considérés comme des revenus d'activité par France Travail. Ils n'impactent donc pas le calcul de l'ARE.

La configuration idéale : une SASU à l'IS, zéro salaire versé, ARE complète pendant toute la phase de lancement, et des dividendes distribués en fin d'exercice si le bénéfice le permet.

Maintien de l'ARE en EURL

En EURL à l'IS, la logique est similaire : sans rémunération, l'ARE est maintenue. Mais attention aux dividendes. La fraction qui dépasse 10 % du capital social est requalifiée en revenus d'activité par la SSI, ce qui peut avoir un impact indirect sur vos droits.

En EURL à l'IR, le piège est plus direct. Le bénéfice de l'EURL est considéré comme un revenu professionnel de l'associé unique, même s'il n'est pas distribué. France Travail en tient compte dans le calcul de l'ARE : vos allocations sont réduites, voire supprimées, proportionnellement au bénéfice déclaré.

C'est une erreur fréquente : choisir l'EURL à l'IR en pensant conserver l'ARE intégralement, alors que le bénéfice réduit mécaniquement les allocations dès le premier exercice. Pour comprendre toutes les règles applicables, consultez notre guide sur l'EURL et le chômage.

Quel statut privilégier pour préserver ses allocations ?

La SASU à l'IS sans salaire est la configuration la plus sécurisante pour le maintien intégral de l'ARE. Le mécanisme est simple et sans ambiguïté : pas de salaire = pas de revenu déclaré = ARE complète.

L'EURL à l'IS peut fonctionner, mais le seuil de 10 % du capital sur les dividendes crée un risque de requalification qu'il faut anticiper.

Quel que soit le statut choisi, vous pouvez aussi demander l'ARCE (versement en capital de 60 % des droits ARE restants) pour financer le lancement de votre activité. L'ARCE est accessible en SASU comme en EURL. Pour approfondir le sujet, notre guide sur le cumul chômage et création d'entreprise détaille toutes les configurations possibles.

Quel statut selon votre profil d'entrepreneur ?

Chaque situation personnelle oriente vers un statut différent. Voici cinq profils types pour vous aider à trancher rapidement.

Freelance ou consultant avec des droits au chômage

Votre priorité : préserver l'ARE pendant la phase de lancement.

Le bon choix : la SASU à l'IS. Vous ne vous versez aucun salaire, vous conservez 100 % de vos allocations, et vous vous rémunérez en dividendes une fois le bénéfice dégagé. Quand l'activité est lancée, vous pouvez reprendre un salaire et cotiser à l'Agirc-Arrco dès la première fiche de paie. Les avantages de la SASU pour les consultants en font souvent le statut de référence dans ce profil.

Artisan, commerçant ou prestataire voulant minimiser ses charges

Votre priorité : maximiser le revenu net disponible.

Le bon choix : l'EURL à l'IS. Les charges sociales en EURL (~45 %) coûtent nettement moins que les cotisations assimilé salarié (~80 %). Les cotisations minimales (~1 200 €/an) valident 3 trimestres de retraite même en cas de faible activité. Vous pouvez compléter votre protection avec un contrat Madelin déductible du résultat.

Entrepreneur visant une levée de fonds ou l'entrée d'associés

Votre priorité : flexibilité juridique et attractivité pour les investisseurs.

Le bon choix : la SASU. Elle se transforme naturellement en SAS multi-associés lors de l'entrée de nouveaux actionnaires. Vous pouvez émettre des BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise) pour attirer des talents sans coût salarial immédiat. La gouvernance est souple : le président peut être une personne morale, et les statuts sont librement aménageables. La cession d'actions ne coûte que 0,10 % de droits d'enregistrement, contre 3 % pour des parts sociales d'EURL. Pour en savoir plus sur la différence entre actions et parts sociales, un article dédié détaille les mécanismes.

Créateur avec des revenus faibles la première année

Votre priorité : limiter les charges et l'imposition au démarrage.

Le bon choix : l'EURL à l'IR. Le bénéfice réel est imposé une seule fois dans votre déclaration personnelle, sans double imposition. Vous pouvez même opter pour le régime micro-entreprise si votre CA reste sous les seuils (comptabilité simplifiée, abattement forfaitaire). Si le projet décolle, vous passez à l'IS ou vous transformez l'EURL en SASU sans dissolution. Pour bien comprendre les spécificités de ce statut, consultez notre page sur l'EURL : définition, avantages et fiscalité.

Entrepreneur marié souhaitant impliquer son conjoint

Votre priorité : donner un statut à votre conjoint dans l'entreprise.

Le bon choix : l'EURL. C'est le seul des deux statuts qui donne accès au statut de conjoint collaborateur, avec des cotisations réduites et des droits propres à la retraite. Attention : si vous apportez des biens communs au capital de l'EURL, votre conjoint doit donner son consentement et peut revendiquer la qualité d'associé pour la moitié des parts. En SASU, le conjoint peut être salarié ou mandataire social, mais pas conjoint collaborateur.

Quel que soit le statut choisi, Swapn accompagne la création de votre SASU ou EURL gratuitement (0 €, sans engagement), avec un conseiller dédié pour valider votre choix de forme juridique.

Autres différences à connaître avant de choisir

Certains critères ne figurent pas toujours dans les comparatifs classiques, mais ils peuvent peser dans votre décision si vous envisagez de revendre votre société, de la transformer ou de vous protéger en cas d'arrêt maladie.

Cession de titres : actions vs parts sociales

Si vous revendez votre société un jour, le coût fiscal de la cession varie fortement selon le statut.

En SASU, vous cédez des actions. Les droits d'enregistrement s'élèvent à 0,10 % du prix de cession, sans plafond.

En EURL, vous cédez des parts sociales. Les droits d'enregistrement sont de 3 %, après un abattement calculé ainsi : (23 000 € × nombre de parts cédées) / nombre total de parts sociales.

Prenons un exemple concret : vous revendez 100 % de votre société pour 100 000 €.

  • En SASU : 100 000 € × 0,10 % = 100 € de droits d'enregistrement.
  • En EURL : (100 000 € - 23 000 €) × 3 % = 2 310 € de droits d'enregistrement.

L'écart est de 2 210 €. Il se creuse encore plus si le prix de cession augmente. Pour un entrepreneur qui prévoit de revendre à moyen terme, la SASU est nettement plus avantageuse sur ce point. La procédure de cession d'actions en SASU est par ailleurs plus simple que celle des parts sociales.

Libération du capital social à la création

Les règles de libération du capital diffèrent entre les deux statuts.

En EURL, vous devez libérer (c'est-à-dire déposer sur le compte bancaire de la société) au minimum 20 % du capital souscrit à la création. Le solde doit être versé dans les 5 ans.

En SASU, le minimum est de 50 % du capital souscrit à la création, avec le même délai de 5 ans pour le solde. Pour comprendre les implications pratiques de cette règle, notre article sur la libération du capital en SAS détaille les étapes à suivre.

Pour un capital de 10 000 €, cela signifie un dépôt de 2 000 € en EURL contre 5 000 € en SASU dès la création. Si votre trésorerie de départ est serrée, l'EURL laisse plus de souplesse.

Peut-on transformer une EURL en SASU (et inversement) ?

Oui, la transformation est possible dans les deux sens, sans dissolution ni création d'une nouvelle personne morale. Votre entreprise conserve son numéro SIREN, son antériorité juridique et tous ses contrats en cours.

Les démarches communes sont : modification des statuts, procès-verbal de décision de l'associé unique, publication d'une annonce légale et dépôt du dossier au greffe.

Point de vigilance pour le passage de l'EURL vers la SASU : la transformation en société par actions impose la désignation d'un commissaire à la transformation (article L. 224-3 du Code de commerce), chargé d'évaluer la valeur des biens de la société, sauf si l'EURL dispose déjà d'un commissaire aux comptes. Son intervention représente un coût supplémentaire, de quelques centaines à quelques milliers d'euros selon la taille du bilan.

Hors commissaire à la transformation, le coût des formalités (annonce légale + frais de greffe + éventuels honoraires) est estimé entre 400 et 800 €. Le passage inverse, de la SASU vers l'EURL, n'exige pas de commissaire à la transformation. Notre guide sur la transformation d'une EURL en SASU détaille chaque étape de la procédure.

C'est un argument de réassurance à garder en tête : votre choix initial n'est pas définitif. Si votre situation évolue (entrée d'un associé, changement de stratégie de rémunération, besoin de BSPCE), vous pouvez changer de forme juridique sans repartir de zéro.

Swapn accompagne la création de SASU et d'EURL avec prise en charge complète des formalités (statuts sous 24h, annonce légale, dépôt au greffe) et un conseiller disponible en moins de 5 minutes pour répondre à vos questions.

Indemnités journalières et arrêt maladie

En cas d'arrêt maladie, la couverture varie selon votre régime social.

Le président de SASU (assimilé salarié) perçoit des indemnités journalières versées par la CPAM, calculées sur le salaire brut moyen des 3 derniers mois, dans la limite de 1,8 SMIC. Le délai de carence est de 3 jours. Attention : sans rémunération, aucune IJ n'est versée et aucune couverture maladie propre n'est active.

Le gérant d'EURL (TNS) perçoit des IJ versées par la SSI, avec un montant maximal plus faible (de l'ordre de 60 €/jour). Le délai de carence est aussi de 3 jours, et il faut justifier d'au moins 1 an d'affiliation pour en bénéficier.

Le gérant TNS peut compléter sa couverture avec un contrat de prévoyance Madelin, dont les cotisations sont déductibles du résultat de l'entreprise. C'est un point à anticiper dès la création si vous souhaitez une protection comparable à celle d'un salarié. Pour les présidents de SASU, la question de la mutuelle du dirigeant de SASU mérite également d'être anticipée.

Les questions fréquentes sur la SASU ou l'EURL

Peut-on transformer une EURL en SASU sans fermer la société ?

Oui. La transformation est possible sans dissolution ni création d'une nouvelle personne morale. L'entreprise conserve son numéro SIREN, son antériorité et ses contrats en cours. Les démarches incluent la modification des statuts, une annonce légale et un dépôt au greffe (400 à 800 € de formalités). Attention : le passage de l'EURL vers la SASU impose en plus la désignation d'un commissaire à la transformation (article L. 224-3 du Code de commerce), sauf si l'EURL dispose déjà d'un commissaire aux comptes, ce qui représente un coût supplémentaire à anticiper.

Vaut-il mieux une EURL ou une SASU pour conserver ses allocations chômage (ARE) ?

La SASU à l'IS sans salaire est la configuration la plus sûre. Sans rémunération versée, aucun revenu n'est déclaré à France Travail et l'ARE est maintenue intégralement. En EURL à l'IR, le bénéfice est considéré comme un revenu professionnel et réduit mécaniquement les allocations.

Quelle est la différence entre parts sociales (EURL) et actions (SASU) ?

Les parts sociales d'une EURL se cèdent avec des droits d'enregistrement de 3 % (après abattement), contre 0,10 % pour les actions d'une SASU. La cession de parts sociales nécessite un agrément (sauf clause contraire), tandis que les actions se transmettent plus librement.

Combien coûtent les charges sociales en EURL par rapport à la SASU ?

En EURL, les cotisations TNS s'élèvent à environ 45 % du revenu net. En SASU, les charges sociales en SASU atteignent environ 75 à 82 % du salaire net. Pour 40 000 € nets, le coût total pour l'entreprise est d'environ 58 000 € en EURL contre 72 000 € en SASU.

Est-ce qu'une SASU peut opter pour l'impôt sur le revenu ?

Oui, mais sous conditions strictes et pour 5 exercices maximum. La société doit avoir moins de 5 ans, un CA inférieur à 10 M€, moins de 50 salariés, ne pas être cotée en Bourse, et les droits de vote doivent être détenus à 50 % minimum par des personnes physiques.

Puis-je bénéficier du régime micro-entreprise avec une EURL ?

Oui, c'est un avantage exclusif de l'EURL. Si l'associé unique est une personne physique et que le CA reste sous les seuils micro (77 700 € en prestations de services, 188 700 € en vente), l'EURL peut opter pour le régime micro-BIC ou micro-BNC avec abattement forfaitaire et comptabilité simplifiée. Ce n'est pas possible en SASU.

Comment sont imposés les dividendes en EURL par rapport à la SASU ?

Dans les deux statuts, les dividendes sont soumis au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). Mais en EURL à l'IS, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social est aussi soumise aux cotisations sociales TNS (~45 %). En SASU, aucune cotisation sociale supplémentaire ne s'applique sur les dividendes. Pour choisir entre flat tax et barème progressif, un article dédié compare les deux options selon votre situation fiscale.

Quel statut choisir pour valider des trimestres de retraite sans se verser de salaire ?

L'EURL est préférable. Le gérant TNS paie des cotisations minimales d'environ 1 200 € par an même sans rémunération, ce qui valide 3 trimestres de retraite par an. En SASU, sans salaire versé, aucune cotisation n'est due et aucun trimestre n'est validé. Pour anticiper votre retraite en SASU, un guide complet détaille les options disponibles.

SASU ou EURL : quel statut pour lever des fonds ?

La SASU est nettement plus adaptée. Elle permet d'émettre des BSPCE pour attirer des talents, se transforme naturellement en SAS multi-associés lors de l'entrée d'investisseurs, et les statuts sont librement aménageables pour organiser la gouvernance avec de nouveaux actionnaires. Notre guide sur la façon de structurer sa startup en croissance aborde ces questions en détail.

Mon conjoint peut-il travailler dans mon EURL ou ma SASU ?

En EURL, le conjoint peut bénéficier du statut de conjoint collaborateur (cotisations réduites, droits à la retraite propres). Ce statut n'existe pas en SASU. Dans les deux structures, le conjoint peut être salarié ou mandataire social. En EURL, l'apport de biens communs nécessite le consentement du conjoint, qui peut revendiquer la qualité d'associé pour la moitié des parts.

Sources & Références

Bpifrance Création : Comparaison EURL/SASU

Impots.gouv.fr : Mes dividendes

Economie.gouv.fr : Comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ?

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