Étude Swapn – Résolutions 2026 : entreprendre à l'ère de l'intelligence artificielle
Enquête exclusive réalisée par FLASHS pour Swapn
Date de publication : 08/01/2026
À l’heure où les parcours professionnels se recomposent dans un climat d’incertitude politique et budgétaire, l’entrepreneuriat demeure une option envisagée par de nombreux Français, sans pour autant s’inscrire dans une dynamique d’élan généralisé. Créer son activité, changer de cadre ou redéfinir sa trajectoire professionnelle répondent à des aspirations bien réelles, mais qui s’expriment dans un contexte d’attentisme, où la question de la stabilité et de la visibilité économique pèse fortement sur les décisions.
Dans ce paysage, l’essor rapide de l’intelligence artificielle générative apparaît comme un nouveau levier. En facilitant l’accès à l’information, en aidant à structurer les idées et à clarifier les premières étapes d’un projet, l’IA semble transformer la manière dont l’entrepreneuriat est envisagé. Rend-elle le fait de se lancer plus accessible ? Renforce-t-elle la confiance dans sa capacité à entreprendre ? Et contribue-t-elle à diffuser une image plus fluide, parfois plus idéalisée, de ce que signifie entreprendre aujourd’hui ?
C’est précisément ce que met en lumière l’étude menée par FLASHS pour Swapn, basée sur un double panel de salariés et d’entrepreneurs français. En analysant les intentions de celles et ceux qui envisagent de se lancer avec l’expérience de ceux qui ont déjà franchi le pas, l’enquête permet d’observer comment l’IA agit à la fois comme un levier de projection — pouvant nourrir un « shining effect* » autour de l’entrepreneuriat — et comme un révélateur d’écarts entre attentes initiales et réalité vécue, lorsque l’expérience conduit certains à reconsidérer leur projet ou leur trajectoire.
* Le « shining effect » — ou syndrome de l’objet brillant, bien connu dans le monde entrepreneurial — désigne la tendance à se projeter vers des idées, projets ou opportunités perçus comme particulièrement attractifs, renforçant la confiance et l’envie de se lancer, parfois au-delà de la réalité concrète et des contraintes du parcours.
Des envies de changement gagnent les salariés
À l’horizon 2026, le statu quo professionnel ne fait manifestement plus figure d’horizon désirable pour une majorité de salariés. Près de 6 sur 10 (57 %) expriment au moins une volonté de changement. Les projets de reconversion arrivent en tête (23 %), suivis de près par la création d’une activité en parallèle de l’emploi actuel (22 %). Cette dernière option est particulièrement portée par les moins de 35 ans, dont 31 % envisagent une création en parallèle, et par les hommes, qui y sont près de deux fois plus nombreux que les femmes (29 % contre 15 %).
Le passage à l’entrepreneuriat à temps plein concerne une part plus réduite des répondants (9 %), et là encore, les plus jeunes se distinguent : 15 % des moins de 35 ans se projettent dans un lancement à plein temps. La démission sans perspective définie reste marginale (3 %). À l’inverse, 43 % des salariés se projettent dans la continuité de leur situation actuelle.
L’entrepreneuriat, réponse à des aspirations multiples
Parmi les salariés qui envisagent d’entreprendre en 2026, les motivations avancées relèvent avant tout d’un rapport renouvelé au travail. L’aspiration à davantage de liberté et d’autonomie arrive en tête, citée par 64 % des répondants, devant l’objectif de mieux gagner leur vie (56 %).
Un tiers des salariés concernés (33 %) évoquent la volonté de réaliser un rêve professionnel. D’autres ressorts, plus personnels, apparaissent aussi : 1 salarié sur 5 (20 %*) projette son projet entrepreneurial autour d’objectifs de reconnaissance ou de réussite symbolique. Cette dimension recouvre aussi bien la recherche de visibilité ou de notoriété (13 %) que l’ambition de devenir “riche” (9 %).
Ces motivations s’inscrivent dans un contexte où les figures entrepreneuriales sont particulièrement visibles sur les réseaux sociaux, souvent associées à des récits de réussite rapide ou de liberté financière. Sans constituer un moteur dominant, cette dimension contribue à façonner certaines représentations de l’entrepreneuriat et à nourrir des projections qui dépassent la seule logique professionnelle.
*Calcul réalisé sur la base des répondants ayant coché au moins une des deux modalités (« devenir riche » et/ou « gagner en visibilité »), sans double comptabilisation.
L’IA dans la phase de réflexion…
L’intelligence artificielle générative est déjà largement intégrée aux réflexions entrepreneuriales. 85 % des salariés qui envisagent d’entreprendre en 2026 déclarent y avoir eu recours pour au moins un usage lié à la préparation de leur projet. Elle est d’abord mobilisée pour structurer l’idée elle-même : 46 % l’ont utilisée pour imaginer ou clarifier un projet de business.
Elle intervient également dans l’exploration de l’ensemble des dimensions liées à la création d’entreprise. Environ un quart des répondants s’en servent pour identifier des acteurs ou services susceptibles de les accompagner (27 %), pour obtenir des éclaircissements sur les obligations légales (27 %) ou pour prototyper des éléments concrets tels qu’un logo, un nom ou des contenus (26 %).
Dans un contexte marqué par des évolutions réglementaires et fiscales successives, elle est aussi largement sollicitée pour éclairer les arbitrages économiques : 34 %* des salariés déclarent l’avoir utilisée pour comprendre la fiscalité française, chercher à en réduire certaines contraintes ou la comparer à celle d’autres pays.
Ces outils sont enfin mobilisés pour nourrir des réflexions plus stratégiques sur le positionnement du projet. Un salarié sur cinq (21 %) indique par exemple avoir utilisé l’intelligence artificielle pour évaluer un projet susceptible de concurrencer son employeur actuel.
*Calcul réalisé sur la base des répondants ayant coché au moins une des trois modalités liées à la fiscalité (la comprendre, en réduire certaines contraintes, ou la comparer à l’étranger), sans double comptabilisation.
…et comme levier de projection
Dans la continuité des usages observés, l’intelligence artificielle ne se limite pas à accompagner la réflexion entrepreneuriale : elle semble également jouer un rôle direct dans la manière dont les salariés se projettent dans la réalisation concrète de leur projet.
Parmi ceux qui ont déjà utilisé l’IA générative dans ce cadre, 97 % estiment qu’elle renforce leur confiance dans leur capacité à entreprendre.
Ce gain de confiance s’accompagne d’une modification du regard porté sur l’accessibilité même de l’entrepreneuriat. Pour près d’un salarié sur deux (49 %), se lancer paraît désormais plus accessible qu’auparavant grâce à l’intelligence artificielle. Une part comparable (44 %) considère que le projet leur semble possible, même s’il demeure encore difficile à concrétiser. Les perceptions inchangées restent minoritaires (5 %), tout comme l’indécision (2 %).
Ces résultats suggèrent que l’IA agit comme un levier puissant de projection, en réduisant la distance perçue entre l’idée et sa mise en œuvre. Elle peut ainsi nourrir une forme de shining effect* , en renforçant le sentiment de capacité à entreprendre, sans pour autant lever toutes les contraintes liées à la mise en œuvre concrète du projet.
* Le « shining effect » — ou syndrome de l’objet brillant, bien connu dans le monde entrepreneurial — désigne la tendance à se projeter vers des idées, projets ou opportunités perçus comme particulièrement attractifs, renforçant la confiance et l’envie de se lancer, parfois au-delà de la réalité concrète et des contraintes du parcours.
Côté entrepreneurs : cap sur la continuité et la croissance
Si les résultats précédents éclairaient la manière dont l’intelligence artificielle générative accompagne la projection vers l’entrepreneuriat, la suite de l’analyse se concentre désormais sur celles et ceux qui ont déjà franchi le pas et sont aujourd’hui à la tête de leur activité.
Dans les projections de l’année 2026, les entrepreneurs interrogés se projettent majoritairement dans une dynamique de continuité ou de croissance. Plus de la moitié d’entre eux (56 %) souhaitent accélérer le développement de leur activité, tandis que 28 % envisagent de la maintenir à son niveau actuel. Au total, 84 % expriment ainsi la volonté de consolider ou de poursuivre leur trajectoire entrepreneuriale.
À l’inverse, les scénarios de ralentissement, de mise en pause ou d’arrêt de l’activité sont minoritaires et concernent au total 15 % des entrepreneurs. Rapporté au nombre d’entreprises en France (7 233 863 en juillet 2025 – Infogreffe), cela représente plus d’un million de dirigeants susceptibles de lever le pied, d’envisager une forme de sortie ou de bifurcation.
Tenir le cap, avec l’IA
À l’image des salariés en phase de projection, les entrepreneurs déclarent eux aussi utiliser l’intelligence artificielle générative avant tout pour soutenir et structurer leur activité au quotidien. Cette logique d’optimisation est cohérente avec les intentions majoritaires observées précédemment, puisque 84 % des entrepreneurs souhaitent accélérer ou maintenir le développement de leur activité pour 2026.
Les usages les plus répandus portent sur la simplification des tâches et des processus : 36 % déclarent avoir recours à l’IA pour clarifier ou accélérer des démarches administratives, et 28 % pour alléger leur charge de travail, notamment par l’automatisation de certaines tâches. Près d’un entrepreneur sur quatre (23 %) l’utilise également pour identifier des pistes de réduction de coûts.
Cette dynamique n’exclut toutefois pas des interrogations plus profondes sur la trajectoire à suivre. Près d’un entrepreneur sur trois (28 %*) indique avoir déjà mobilisé l’intelligence artificielle pour réfléchir à l’avenir de son activité, qu’il s’agisse d’envisager une alternative ou un « rebond », d’explorer un scénario de réduction ou d’arrêt, ou encore de s’interroger sur l’opportunité de poursuivre ou non.
Ainsi, même si la projection dominante reste celle d’une dynamique de maintien ou de développement, l’intelligence artificielle apparaît aussi comme un espace de réflexion permettant d’examiner différents scénarios, qu’ils relèvent de l’optimisation, de l’ajustement ou d’un changement plus profond.
Un peu plus d’un quart des entrepreneurs (28 %) indiquent toutefois ne jamais avoir utilisé ces outils dans ce cadre.
*Calcul réalisé sur la base des entrepreneurs ayant coché au moins une des modalités liées à la réflexion sur l’avenir de leur activité (réduction, arrêt, alternative professionnelle ou arbitrage poursuivre/arrêter), sans double comptabilisation.
Repenser la suite
Lorsqu’ils envisagent une réduction, une interruption ou un arrêt de leur activité pour l’année 2026, les entrepreneurs concernés mettent avant tout en avant des facteurs liés à leur trajectoire personnelle et à la capacité à maintenir leur engagement dans la durée.
Parmi ce sous-ensemble de répondants, la recherche de stabilité arrive en tête des explications citées (30 %), suivie du sentiment d’être arrivé au bout d’un cycle (28 %) et d’une incertitude financière devenue difficile à gérer (26 %).
19 % évoquent un sentiment de saturation ou de ras-le-bol général, tandis que 17 % mentionnent un départ prochain à la retraite. Une part équivalente des répondants (16 %) exprime une remise en question plus globale : l’impression que l’entrepreneuriat ne correspond pas à ce qu’ils imaginaient ou l’envie de diversifier leurs projets, que ce soit par une nouvelle activité ou une reconversion.
Issus d’un effectif plus restreint, ces résultats renvoient moins à des difficultés ponctuelles qu’à une réflexion plus large sur l’équilibre personnel, la stabilité recherchée et les étapes du parcours entrepreneurial.
Méthodologie :
Enquête réalisée par FLASHS pour Swapn du 12 au 16 décembre 2025 par questionnaire autoadministré en ligne auprès d’un double panel de 1 000 salariés français âgés de 18 ans et plus (échantillon représentatif de cette population selon la méthode des quotas) et de 500 dirigeants d’entreprise et travailleurs non salariés (TNS), incluant les indépendants et freelances.