Blog La création d'entreprise Gérant de SARL : pouvoirs, obligations, responsabilité (2026)

Gérant de SARL : pouvoirs, obligations, responsabilité (2026)

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Article mis à jour le 06/03/2026

Par Grégoire Charroyer

Grégoire Charroyer

Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.

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Résumé de l'article

  • Le gérant de SARL dispose des pleins pouvoirs : il représente légalement la société et peut signer des contrats, recruter ou ouvrir des comptes.
  • Les restrictions statutaires ne s'imposent pas aux tiers : même si le gérant dépasse ses pouvoirs internes, les contrats signés restent valables.
  • Certaines décisions restent réservées aux associés : modification des statuts, transfert du siège, approbation des comptes ou cession du fonds de commerce.
  • La responsabilité du gérant peut être engagée : faute de gestion, abus de biens sociaux ou fraude peuvent entraîner des poursuites civiles ou pénales.
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Quels sont les pouvoirs généraux du gérant vis-à-vis de la société et quelles sont ses fonctions ?

Toute SARL doit être dirigée par un ou plusieurs gérants. Il s'agit obligatoirement d'une personne physique, qui peut être associée ou non de la société.

Une fois nommé par les associés (dans les statuts ou par acte séparé lors d’une assemblée générale ordinaire), le gérant devient le représentant légal de la SARL. Il dispose des pleins pouvoirs pour accomplir tous les actes de gestion au nom de la société.

Il peut par exemple :

  • embaucher des salariés et gérer le personnel ;
  • signer des contrats ;
  • ouvrir des comptes bancaires ;
  • représenter la société en justice, etc.

Les statuts peuvent toutefois encadrer ses pouvoirs en soumettant certaines décisions à l’accord préalable des associés. En l’absence de clause spécifique, le gérant agit librement, tant que ses décisions respectent l’objet social de la société.

Bon à savoir : Le gérant de SARL n’a pas besoin d’être associé, mais c’est souvent le cas. Son pourcentage de détention du capital social détermine l’étendue de ses pouvoirs, notamment lors des décisions en assemblée.

Parmi les gérants associés, on distingue :

  • le gérant majoritaire : il détient plus de 50 % du capital (seul ou avec son conjoint ou ses enfants mineurs) ;
  • le gérant égalitaire : il détient exactement 50 % des parts ;
  • le gérant minoritaire : il détient moins de 50 %.

Quels sont ses pouvoirs vis-à-vis des tiers ?

Le gérant de SARL dispose d’un pouvoir de représentation vis-à-vis des tiers (clients, fournisseurs, banques, salariés, etc.). Il peut donc engager la société dans tous les actes entrant dans le cadre de l’objet social.

Ses pouvoirs sont très larges. Selon l’article L223-18 du Code du Commerce, il peut agir en toutes circonstances au nom de la société. Même si les statuts limitent ses pouvoirs, ces restrictions ne sont pas opposables aux tiers car ces derniers sont présumés de bonne foi.

Exemple : Si le gérant signe un contrat important sans avoir obtenu l’autorisation des associés alors que les statuts l’exigeaient, le contrat reste valable. La société demeure engagée envers le cocontractant, même si le gérant a outrepassé ses pouvoirs internes.

Dans le cas où la société est dirigée par plusieurs gérants, chacun peut agir séparément. Si l’un des gérants conteste les décisions d’un autre dirigeant, cette contestation reste sans effet vis-à-vis des tiers, sauf si ces derniers en avaient connaissance.

Quelles limites les associés peuvent-ils fixer au gérant ?

Même si le gérant de SARL dispose de pouvoirs étendus, les associés peuvent encadrer ou limiter certains actes en insérant des clauses spécifiques dans les statuts.

Par exemple, les statuts peuvent prévoir que :

  • tout achat supérieur à un certain montant doit être approuvé en assemblée ;
  • la rémunération du gérant ne peut être modifiée sans vote des associés ;
  • certains contrats (comme un bail longue durée ou un emprunt important) nécessitent une autorisation préalable.

Malgré ces limites internes, les tiers ne peuvent pas être pénalisés, sauf s’ils agissent de mauvaise foi, c’est-à-dire s’ils avaient connaissance des restrictions imposées au gérant. Sans cela, la société reste engagée, même si le gérant ne respecte pas les limitations statutaires.

En revanche, en cas de non-respect des limites statutaires, les associés peuvent demander réparation du préjudice subi ou convoquer une assemblée pour révoquer le gérant, si les faits sont jugés suffisamment graves.

Pouvoirs spécifiques : que peut ou ne peut pas faire le gérant seul ?

Le gérant de SARL dispose d’une grande autonomie pour gérer l’entreprise au quotidien. Mais certains actes nécessitent l’accord des associés, voire une décision en assemblée générale.

Ce que le gérant peut faire seul

Le gérant peut prendre seul toutes les décisions relevant de la gestion courante de la société, tant qu’elles respectent l’objet social. Par exemple, il peut :

  • signer des contrats commerciaux ou de prestation ;
  • recruter ou licencier des salariés ;
  • ouvrir ou clôturer un compte bancaire ;
  • représenter la société en justice ;
  • effectuer des achats ou des dépenses dans la limite de ses pouvoirs statutaires.

Toutes ces décisions peuvent être prises sans autorisation préalable des associés.

Ce que le gérant ne peut pas faire sans l’accord des associés

Certains actes nécessitent une décision collective des associés. Le représentant légal de la SARL ne peut effectuer aucun acte relevant de la compétence des associés. C’est le cas, par exemple :

  • d’un changement d’objet social ;
  • d’une modification des statuts (forme juridique, dénomination, capital…) ;
  • d’un transfert du siège social, même sur le territoire français ;
  • de la cession d’une partie substantielle du fonds de commerce ;
  • de l’approbation des comptes annuels.

Ces décisions doivent être prises soit en assemblée générale, soit par une consultation collective, soit par un acte sous seing privé.

Il existe deux types d’assemblée générale :

  1. L’assemblée générale ordinaire (AGO) : pour les décisions courantes comme la nomination ou révocation du gérant, l’approbation des comptes ou la fixation de sa rémunération. Les décisions sont adoptées à la majorité des parts sociales (au moins 50 %).
  2. L’assemblée générale extraordinaire (AGE) : convoquée lorsque les statuts sont modifiés. Les décisions sont votées à la majorité des 2/3 des parts (ou des 3/4 si la SARL a été créée avant le 4 août 2005)
Attention : certaines décisions doivent obligatoirement passer par l’assemblée générale.

Les interdictions formelles pour le gérant

Certains actes lui sont strictement interdits, même s’il a l’accord des associés. Il ne peut pas :

  • emprunter auprès de la SARL ;
  • se faire accorder un découvert en compte courant ;
  • se faire cautionner par la SARL pour ses engagements vis-à-vis des tiers.

Les obligations légales liées à ses pouvoirs

Le gérant de SARL doit exercer ses fonctions dans l’intérêt de la société et dans le respect de la réglementation en vigueur. Il agit au nom de la SARL et il est redevable d’un devoir de loyauté envers la société et les associés.

Chaque année, il doit établir les comptes de la société et convoquer l’assemblée générale d’approbation des comptes.

Il doit aussi veiller à la publication des actes obligatoires (modification du capital, changement de siège social, dépôt des comptes…), afin d’informer les tiers de tout changement.

À noter : le gérant engage sa responsabilité en cas de faute. Il peut être tenu responsable en cas de faute de gestion, d’abus de biens sociaux ou de non-respect de ses obligations fiscales et sociales.

Quelles sont les responsabilités du gérant de SARL ?

Selon l’article L.223-22 du Code de commerce, en cas de manquement à ses obligations, le gérant peut être tenu responsable individuellement ou solidairement à l’égard de la société ou des tiers.

Il engage sa responsabilité sur plusieurs plans :

  • Responsabilité civile : le gérant peut être poursuivi pour faute de gestion, comme un manquement grave à ses obligations (par exemple : absence d’assurance obligatoire, résiliation abusive d’un contrat, négligence dans les paiements). Les associés peuvent alors demander réparation du préjudice subi.
  • Responsabilité pénale : en cas d’infraction au droit des sociétés (abus de biens sociaux ou fraude fiscale), le gérant peut faire l’objet de poursuites.
  • Responsabilité vis-à-vis des dettes sociales : en principe, le gérant n’est pas personnellement responsable des dettes de la SARL. Mais en cas de faute grave ou de fraude, il peut être poursuivi et devoir répondre sur ses biens propres.
Bon à savoir : Pour limiter les risques, il est conseillé de tenir une gestion transparente et conforme aux statuts.

Limitation et partage des pouvoirs du gérant

Il est possible de ne pas confier la gestion de la SARL à un seul gérant. Les statuts peuvent prévoir un collège de gérance en SARL, aussi appelé co-gérance.

Dans ce cas, plusieurs personnes exercent simultanément le mandat de gérant au sein de la société. Tous les gérants partagent les mêmes fonctions et les mêmes responsabilités.

Si les statuts ne précisent pas la répartition des pouvoirs, chaque gérant dispose des mêmes pouvoirs qu’un gérant unique. Chacun peut non seulement agir seul, mais aussi s’opposer aux décisions d’un autre gérant si un désaccord survient.

Vis-à-vis des tiers, chacun représente légalement la société. Un gérant peut donc signer seul un contrat au nom de la SARL, sans validation des autres.

Bon à savoir : Les statuts peuvent limiter certains pouvoirs des gérants, mais ces restrictions internes ne s’imposent pas aux tiers. Sauf mauvaise foi avérée, la société reste engagée par les actes de chaque gérant.

Questions fréquentes sur les pouvoirs du gérant de SARL

Le gérant peut-il céder des parts sociales seul ?

Non. La cession de parts sociales nécessite en principe l’autorisation préalable de l’assemblée générale. Seule une clause statutaire contraire peut assouplir cette règle.

Peut-il changer l’objet social de la SARL ?

Non, modifier l’objet social implique une modification des statuts approuvée par les associés en assemblée générale.

Que faire en cas d’abus de pouvoir ?

En cas de faute grave ou de gestion abusive, les associés peuvent révoquer le gérant par décision collective et engager sa responsabilité civile, voire pénale si les faits le justifient.

Le collège de gérance est-il obligatoire ?

Non, une SARL peut fonctionner avec un seul gérant. Mais un collège de gérance peut être utile pour mieux contrôler les pouvoirs du gérant. Attention toutefois à la co-gérance entre deux associés égalitaires qui peut conduire à une situation de blocage en cas de désaccord.

Est-il possible de réaliser une délégation de pouvoir en tant que gérant de SARL ?

Oui, le gérant peut tout à fait déléguer certains pouvoirs à un salarié de la société, à condition que ce dernier ait les compétences, les moyens et l’autonomie nécessaires pour agir de façon efficace et conforme à l’intérêt de la société.

Le gérant de SARL peut-il effectuer la vente d'un fonds de commerce ?

Non, la vente du fonds de commerce fait partie des décisions qui relèvent uniquement des associés.

Sources & références

Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F35938

Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F37411