Blog La création d'entreprise Compte courant d'associé en SARL : que faut-il savoir ?

Compte courant d'associé en SARL : que faut-il savoir ?

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Article mis à jour le 23/03/2026

Par Grégoire Charroyer

Grégoire Charroyer

Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.

Sommaire

Résumé de l'article

  • Le compte courant d'associé : c'est une avance de fonds qu'un associé consent à sa SARL pour renforcer la trésorerie, sans toucher au capital social.
  • Un compte courant d'associé s'alimente : par versement volontaire, renonciation à la rémunération ou abandon temporaire de dividendes.
  • Les intérêts versés à l'associé sont plafonnés : le taux légal déductible tourne autour de 5,5 à 6 % en 2026 pour limiter les abus fiscaux.
  • Le remboursement est exigible à tout moment : sauf clause contraire dans les statuts, la société dispose de 5 ans pour rembourser l'associé.
  • Gérer un compte courant d'associé avec Swapn : la comptabilité automatisée enregistre chaque mouvement, avec un expert-comptable disponible dès 29 €/mois.

Qui peut avoir un compte courant d’associé dans une SARL ?

Depuis la loi Pacte du 22 mai 2019, tous les associés d'une société, quel que soit le montant de leur participation au capital social, peuvent détenir un compte courant d'associé. Avant cette réforme, seuls les associés qui détenaient au moins 5 % du capital social étaient autorisés à effectuer des avances en compte courant.

Cette condition a été supprimée par la loi PACTE, permettant désormais à tout associé ou actionnaire, quelle que soit sa part de capital, de financer la société par une avance en compte courant, notamment dans les SARL.

Comment alimenter un compte courant d’associé en SARL ?

Le compte courant d'associé peut être alimenté de plusieurs manières :

  • versement volontaire : l'associé peut transférer une somme d'argent à la SARL, par virement bancaire ou en espèces, pour renforcer la trésorerie de la société sans pour autant modifier le capital social ;
  • renonciation temporaire à la rémunération : un associé également gérant peut décider de ne pas percevoir immédiatement tout ou partie de sa rémunération ; les montants concernés sont alors inscrits en compte courant d'associé et considérés comme une avance consentie à la société ;
  • renonciation temporaire aux dividendes : un associé peut décider de ne pas percevoir ses dividendes et de les laisser à disposition de la société ; les montants concernés sont alors inscrits en compte courant d’associé et constituent ainsi une avance consentie à la société.
Bon à savoir : Quel que soit le mode d'alimentation choisi, chaque apport doit être enregistré de manière claire et précise dans la comptabilité de la SARL. Cette démarche permet de sécuriser les droits de l’associé prêteur, notamment en cas de litige ou de contrôle fiscal.

Quels sont les avantages et inconvénients de l'avance en compte courant d’associé en SARL ?

Voici les principaux avantages et inconvénients de l'avance en compte courant d'associé pour une SARL.

Avantages

L'avance en compte courant d'associé présente de nombreux avantages :

  • flexibilité de financement : l'avance en compte courant d'associé permet d’apporter rapidement des fonds à la société, sans formalités lourdes ni augmentation de capital ;
  • remboursement possible à tout moment : le remboursement de l'avance en compte courant d'associé peut intervenir à tout moment, sauf clause contraire, offrant ainsi une grande souplesse pour les associés ;
  • pas de dilution du capital : contrairement à un apport en capital, l'avance en compte courant ne modifie pas la répartition des parts sociales ;
  • possibilité de percevoir des intérêts sous conditions, offrant ainsi un rendement supplémentaire pour les associés prêteurs ;
  • réduction du recours au crédit bancaire, ce qui permet de diminuer les charges financières de la société.

Inconvénients

Bien qu'il offre de nombreux avantages, l’avance en compte courant d’associé présente également certains inconvénients qu’il convient de prendre en considération :

  • risque de difficultés de trésorerie en cas de remboursements massifs des avances aux associés ;
  • plafonnement du taux d'intérêt légal pour garantir la déductibilité fiscale ;
  • risque de tensions entre associés si les remboursements ne sont pas transparents.

Comment est encadré le remboursement des intérêts sur un compte courant d’associé ?

La loi autorise le versement d’intérêts à l’associé qui avance des fonds à la société, à condition que le taux appliqué ne dépasse pas le taux légal fiscalement déductible, fixé chaque mois par l’administration fiscale. Ce taux maximal garantit un encadrement strict de la rémunération des avances, prévenant ainsi tout risque d’abus.

La loi autorise le versement d’intérêts à l’associé qui avance des fonds. Cependant, pour que ces intérêts soient déductibles du bénéfice imposable de la SARL, le taux appliqué ne doit pas dépasser une limite fixée par l’administration fiscale (basée sur les taux effectifs moyens pratiqués par les banques).

Bon à savoir : Le taux maximal d'intérêt déductible varie selon le mois de clôture de votre exercice comptable. À titre d'exemple, pour l'année 2026, les taux déductibles pour les exercices de 12 mois tournent généralement autour de 5,5 % à 6 % (le taux exact doit être vérifié sur le site de l'administration fiscale au moment de votre clôture).
  • Pour la société : ces intérêts versés sont déductibles fiscalement (dans la limite du taux légal), ce qui réduit l'impôt sur les sociétés (IS).
  • Pour l’associé prêteur : les intérêts perçus sont imposables au titre des revenus de capitaux mobiliers (soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % ou au barème de l'IR).

Quelles sont les règles de remboursement du compte courant d’associé ?

En principe, les modalités de remboursement du compte courant d'associé sont précisées dans les statuts de la société ou dans la convention de compte courant, conclue entre l'associé et la SARL.

En l'absence de précision, la créance de l'associé à l'égard de la société est réputée exigible à tout moment, ce qui signifie qu’il peut en demander le remboursement quand il le souhaite.

Lorsque l'associé en fait la demande, la société dispose d'un délai maximum de 5 ans, à compter de la demande, pour réaliser le remboursement de la créance.

Bon à savoir : L'associé a également la possibilité de renoncer à son droit à remboursement.

Enfin, le remboursement ne doit pas mettre en péril la santé financière de l'entreprise. Si la trésorerie de la société ne le permet pas, le gérant est en droit de reporter le remboursement pour garantir la continuité de l'activité.

Quel est l'intérêt d'ouvrir un compte courant bloqué ?

Un compte courant bloqué correspond à une avance de fonds consentie par un associé à la société pour une durée déterminée. Pendant cette période, l'associé renonce à exiger le remboursement, ce qui permet à l'entreprise de bénéficier d'une trésorerie stable et sécurisée.

Cette pratique présente plusieurs avantages : elle démontre l’engagement de l’associé, renforce la crédibilité et la solidité financière de la société, et améliore ainsi sa capacité à convaincre les banques et les investisseurs.

En bref, le compte courant bloqué est un outil efficace pour sécuriser les ressources financières de la société tout en valorisant l’implication des associés.

Un compte courant d'associé peut-il être débiteur en SARL ?

Dans une SARL, il est possible de mettre en place un compte courant d’associé débiteur. Concrètement, cela signifie que la société prête de l’argent à un associé. Toutefois, cette pratique est fortement déconseillée, car elle réduit la trésorerie de l’entreprise.

Un compte courant débiteur équivaut à un découvert : l’associé se retrouve débiteur vis-à-vis de la société et doit lui rembourser l'argent emprunté.

Par ailleurs, il est interdit aux personnes suivantes d'avoir un compte courant débiteur dans une SARL :

  • dirigeants de la société ;
  • associés personnes physiques.

Le cadre spécifique de la succession du compte courant d'associé en SARL

En cas de décès d’un associé dans une SARL, le solde de son compte courant est transmis à ses héritiers. Ces derniers peuvent alors demander à la société le remboursement des sommes avancées par l’associé.

Toutefois, ce remboursement peut être soumis à certaines conditions prévues par les statuts de la société ou par un accord entre les parties, notamment pour protéger la trésorerie et la bonne gestion financière de l'entreprise. Cette situation requiert donc un équilibre entre les droits des héritiers et les intérêts financiers de la société.

Bonnes pratiques pour gérer un compte courant d’associé

Voici quelques bonnes pratiques essentielles pour gérer un compte courant d'associé :

  • formaliser par écrit les modalités de fonctionnement du compte courant d’associé par le biais d'une convention écrite ;
  • tenir un registre précis et actualisé de tous les mouvements financiers liés au compte ;
  • respecter les plafonds légaux d’intérêts déductibles et assurer une gestion transparente, notamment vis-à-vis des autres associés.

Ces bonnes pratiques permettent de gérer efficacement le compte courant d’associé, un outil de financement interne à la fois souple et performant. Lorsqu'il est utilisé dans un cadre juridique clair et transparent, il favorise ainsi une gestion financière rigoureuse tout en préservant les intérêts des associés.

FAQ - Questions fréquentes sur le compte courant d'associés en SARL

Un associé peut-il exiger le remboursement à tout moment ?

Oui, sauf si les statuts ou une convention prévoient une clause de blocage empêchant un remboursement immédiat.

Quelle différence entre apport en capital et compte courant ?

Les apports en capital sont des biens (biens matériels, immatériels, somme d'argent, etc.) que les associés mettent à la disposition de la société en échange de parts sociales. Ces apports sont définitifs et participent à la formation du capital social. En revanche, un compte courant d’associé représente une créance que l’associé détient sur la société, sous la forme d’un prêt remboursable à terme.

Faut-il déclarer les intérêts perçus par les associés ?

Oui, les intérêts perçus par l'associé personne physique constituent des revenus de capitaux mobiliers. Ils sont ainsi soumis à l'impôt, soit au prélèvement forfaitaire unique (PFU), soit au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR), ainsi qu’aux prélèvements sociaux.

Le compte courant d'associé est-il un actif ou un passif au bilan de la société ?

Le compte courant d’associé est un passif au bilan de la société, puisqu’il correspond à une dette de l’entreprise envers l’associé. Il est généralement inscrit dans la rubrique « Emprunts et dettes financières divers ».

Est-il possible d'utiliser un compte courant d'associé dans une SARL de famille ?

Oui, il est tout à fait possible d’utiliser un compte courant d’associé dans une SARL de famille. Ce mécanisme fonctionne de la même manière que dans une SARL classique : les associés peuvent avancer des fonds à la société, sous forme de prêt remboursable, pour financer l’activité de la société sans recourir à une augmentation de capital social.

Sources & références

Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32966

Legifrance - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000005634379/LEGISCTA000006146044/2021-08-16