Blog La création d'entreprise Comment transformer une EI en SARL ? Le guide 2026

Comment transformer une EI en SARL ? Le guide 2026

Auteur

Article mis à jour le 14/04/2026

Par Grégoire Charroyer

Grégoire Charroyer

Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.

Sommaire

Résumé de l'article

  • Pas de transformation directe : l'EI ne peut pas devenir une SARL. Vous devez créer la SARL, y transférer votre activité, puis fermer l'EI.
  • Deux options de transfert : l'apport du fonds de commerce (vous recevez des parts sociales) ou la cession (vous percevez un prix de vente).
  • Report fiscal possible : en choisissant l'apport, l'article 151 octies du CGI permet de reporter ou étaler l'imposition des plus-values.
  • Budget total : entre 1 500 et 6 000 € selon le mécanisme choisi et la valeur de votre fonds de commerce.
  • Durée de l'opération : 4 à 8 semaines, à lancer idéalement 2 à 3 mois avant la date de changement souhaitée.

Vous exploitez une entreprise individuelle et vous envisagez de passer en SARL. Avant d'aller plus loin, sachez que le terme « transformation » est trompeur : juridiquement, vous ne pouvez pas transformer une EI en SARL. L'opération consiste à créer une SARL, y transférer votre activité, puis fermer votre EI. Ce guide détaille les deux mécanismes possibles (apport ou cession du fonds de commerce), leurs conséquences fiscales, le coût réel de l'opération et les étapes concrètes pour réussir votre passage en société.

Peut-on transformer une EI en SARL directement ?

Pourquoi on parle de « transformation » alors que ce n'en est pas une

L'entreprise individuelle n'a pas de personnalité morale. Vous et votre entreprise ne formez qu'une seule et même personne juridique. La SARL, à l'inverse, est une société dotée d'une personnalité morale distincte de celle de ses associés.

Cette différence rend toute « transformation » directe impossible. Quand un gérant de SARL passe en SAS, il change la forme juridique d'une même société. Quand vous quittez l'EI pour une SARL, vous créez une entité nouvelle. Si vous souhaitez comprendre comment changer de statut juridique de manière générale, les principes sont similaires quelle que soit la structure de départ.

Le terme « transformation » que vous lisez partout désigne en réalité une double opération : la création d'une SARL d'un côté, et la cessation de votre EI de l'autre. Entre les deux, vous transférez votre activité à la société nouvellement créée.

Les deux mécanismes possibles : apport ou cession du fonds de commerce

Deux options s'offrent à vous pour transférer votre patrimoine professionnel vers la SARL.

L'apport du fonds de commerce. Vous apportez l'ensemble de votre patrimoine professionnel (clientèle, matériel, stocks, droit au bail) à la SARL que vous créez. En contrepartie, vous recevez des parts sociales proportionnelles à la valeur de l'apport. Vous devenez associé, mais vous ne touchez aucune liquidité.

La cession du fonds de commerce. Vous vendez votre fonds à la SARL. La société finance l'achat, souvent par un emprunt bancaire. Vous percevez immédiatement le prix de vente.

En résumé : apport = vous devenez associé en échange de parts sociales ; cession = vous vendez et vous encaissez un prix.

Pourquoi passer de l'EI à la SARL : les 5 raisons qui justifient le changement

Accueillir des associés et lever des fonds

En EI, vous exercez en nom propre. Impossible d'intégrer un associé ou un investisseur dans votre structure. Le passage en SARL ouvre cette possibilité : vous pouvez accueillir jusqu'à 100 associés, répartir le capital social entre eux et bénéficier de nouveaux fonds ou de compétences complémentaires pour développer votre activité. Si vous vous interrogez sur les questions à anticiper avant de vous associer, il vaut mieux les trancher avant de rédiger les statuts.

Optimiser votre fiscalité avec l'impôt sur les sociétés

En EI, vos bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR). Selon votre tranche marginale d'imposition (TMI), le taux peut atteindre 41 % voire 45 %.

En SARL à l'IS, le taux est de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà (taux en vigueur en 2026). Et votre rémunération de gérant est déductible du résultat imposable.

Exemple avec 50 000 € de bénéfice annuel :

  • En EI à l'IR (célibataire, TMI 30 %) : impôt d'environ 8 200 € sur le bénéfice.
  • En SARL à l'IS : vous vous versez 30 000 € de rémunération (déductible). Le bénéfice imposable tombe à 20 000 €. IS = 20 000 × 15 % = 3 000 €. Votre IR personnel sur 30 000 € de salaire (après abattement de 10 %) est d'environ 1 700 €. Charge fiscale totale : environ 4 700 €, soit près de 3 500 € d'économie.

Pour aller plus loin sur les stratégies d'optimisation fiscale de la SARL, plusieurs leviers complémentaires existent une fois la société créée.

Protéger votre patrimoine personnel au-delà du statut EI

Depuis 2022, l'EI bénéficie d'une séparation des patrimoines personnel et professionnel. La SARL va plus loin : dotée d'une personnalité morale propre, elle limite votre responsabilité au montant de vos apports. Si la société contracte un emprunt professionnel, vos biens personnels restent protégés, sauf si vous vous portez caution à titre personnel. La responsabilité des associés en SARL est ainsi strictement encadrée par la loi.

Faciliter la transmission et la cession de votre activité

En SARL, vos héritiers ne se partagent pas le patrimoine de l'entreprise. Ils se partagent des parts sociales, ce qui simplifie la succession. De votre vivant, vous pouvez céder progressivement vos parts, avec des droits d'enregistrement limités (3 % après abattement). La cession de parts sociales en SARL est bien plus fluide que la cession d'un fonds de commerce d'EI.

Bénéficier du régime social TNS du gérant majoritaire

Le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Les cotisations sociales représentent environ 45 % du revenu net. La couverture comprend l'assurance maladie, la retraite de base et complémentaire, et la prévoyance via la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Vous pouvez compléter cette protection par un contrat Madelin ou un PER (plan d'épargne retraite) déductible de votre revenu imposable. Pour comprendre en détail ce que recouvre le statut de travailleur non salarié, un guide complet est disponible.

Les étapes concrètes pour passer de votre EI à une SARL

  • Chiffrer la valeur de votre patrimoine professionnel
  • Immatriculer votre nouvelle société
  • Formaliser le transfert du fonds de commerce
  • Radier votre entreprise individuelle
  • Mettre à jour l'ensemble de vos contrats et outils

Étape 1 - Évaluer votre fonds de commerce et votre patrimoine professionnel

Faites réaliser un bilan de cessation de votre EI par un expert-comptable. Ce bilan dresse l'inventaire complet de votre patrimoine professionnel : clientèle, droit au bail, matériel, stocks, créances et dettes. Pour choisir le bon professionnel dès cette étape, il peut être utile de comparer expert-comptable et création d'entreprise afin de trouver l'accompagnement adapté à votre situation.

L'évaluation du fonds de commerce détermine la valeur qui sera apportée ou cédée à la SARL. Si cette valeur dépasse 30 000 € ou représente plus de 50 % du capital social prévu, la nomination d'un commissaire aux apports est obligatoire. La valorisation des parts sociales en SARL suit des méthodes similaires à celles utilisées pour évaluer le fonds lui-même.

Étape 2 - Créer la SARL

  1. Rédiger les statuts de la SARL en mentionnant l'apport ou la cession du fonds de commerce. Un modèle de statuts SARL gratuit et conforme est disponible pour vous guider dans la rédaction.
  2. Déposer le capital social auprès d'une banque ou d'un notaire (1 € minimum légal, mais 1 000 à 5 000 € est plus réaliste pour crédibiliser la société).
  3. Publier une annonce légale de constitution (150 à 250 € selon le département).
  4. Déposer le dossier d'immatriculation sur le Guichet Unique de l'INPI, avec les frais de greffe (~70 €).
  5. Obtenir votre Kbis, qui officialise l'existence de la SARL.

Swapn prend en charge gratuitement l'ensemble des formalités de création d'une SARL en ligne : rédaction des statuts, annonce légale, dépôt au greffe et obtention du Kbis.

Étape 3 - Transférer l'activité (apport ou cession)

Selon l'option retenue, vous signez l'acte d'apport ou le contrat de cession du fonds de commerce. Cet acte doit être enregistré auprès du service des impôts des entreprises. En cas de cession, une annonce légale de cession du fonds est également obligatoire.

Pensez à transférer tous les contrats liés à l'activité : bail commercial, assurances professionnelles, contrats fournisseurs. Si vous avez des salariés, ils sont automatiquement transférés à la SARL en application de l'article L.1224-1 du Code du travail.

Étape 4 - Cesser l'activité de l'EI

  1. Déclarer la cessation totale d'activité non salariée sur le Guichet Unique dans les 30 jours.
  2. Déposer la liasse fiscale de cessation et la dernière déclaration de TVA.
  3. Déclarer la CFE (cotisation foncière des entreprises) au prorata.
  4. Procéder à la radiation auprès de l'URSSAF et de la SSI.

Étape 5 - Accomplir les formalités post-transformation

Informez vos clients, fournisseurs et partenaires bancaires du changement de structure. Mettez à jour vos contrats, votre bail commercial et vos assurances au nom de la SARL.

Ouvrez un compte bancaire professionnel dédié à la société. Mettez en place dès le premier jour une comptabilité adaptée aux obligations de la SARL : tenue en partie double, bilan annuel, compte de résultat, annexe et dépôt des comptes au greffe.

Checklist post-création :

  • Informer clients et fournisseurs du nouveau SIRET
  • Transférer ou souscrire les assurances professionnelles
  • Mettre à jour les mentions légales (site web, factures, devis)
  • Paramétrer la comptabilité de la SARL
  • Planifier la première assemblée générale annuelle

Quelles sont les conséquences fiscales du passage d'EI en SARL ?

L'imposition immédiate des bénéfices et plus-values

Pour l'administration fiscale, apporter ou céder votre entreprise individuelle à une société équivaut à une cessation d'activité. Les conséquences sont immédiates :

  • Les bénéfices d'exploitation réalisés depuis la dernière clôture sont imposés.
  • Les plus-values latentes sur vos actifs (matériel, véhicule, fonds de commerce) deviennent taxables.
  • Les provisions antérieurement déduites sont réintégrées dans le résultat.

Vous devez déposer vos déclarations fiscales de cessation dans les 60 jours suivant l'opération : liasse fiscale, déclaration de TVA et déclaration de résultat.

Le report d'imposition avec l'article 151 octies du CGI

Si vous choisissez l'apport (et non la cession), le dispositif de l'article 151 octies du Code général des impôts (CGI) permet de différer l'imposition des plus-values. Voici comment il fonctionne :

  • Biens non amortissables (fonds de commerce, clientèle) : la plus-value est reportée jusqu'au jour où vous cédez les parts sociales reçues en échange de l'apport. Tant que vous gardez vos parts, vous ne payez rien.
  • Biens amortissables (matériel, véhicules, agencements) : l'imposition de la plus-value est étalée sur les cinq premiers exercices clos de la SARL.

Exemple concret. Un artisan du BTP apporte à sa SARL du matériel acheté 40 000 €, amorti à hauteur de 30 000 € (valeur nette comptable : 10 000 €), évalué à 25 000 €. La plus-value est de 15 000 €. Grâce au 151 octies, cette plus-value est imposée à raison de 3 000 € par an pendant 5 ans, au lieu de 15 000 € en une seule fois. Son fonds de commerce (bien non amortissable), évalué à 30 000 €, génère une plus-value de 30 000 € reportée intégralement jusqu'à la cession de ses parts.

Bon à savoir : l'option pour le régime 151 octies doit figurer dans l'acte d'apport. Elle est irrévocable. Si vous oubliez de la mentionner, vous perdez le bénéfice du report et l'imposition est immédiate.

Les droits d'enregistrement selon l'option choisie

En cas d'apport à la création : lorsque les apports sont réalisés lors de la constitution d'une société soumise à l'IS, une exonération totale des droits d'enregistrement est possible, sous conditions. Vous ne payez alors aucun droit de mutation.

En cas de cession : les droits d'enregistrement progressifs s'appliquent. Pour un fonds de commerce évalué à 80 000 €, le calcul est le suivant :

  • De 0 à 23 000 € : 0 % = 0 €
  • De 23 000 à 80 000 € : 3 % × 57 000 € = 1 710 €
  • Total : 1 710 € à la charge de la SARL

L'impact TVA de l'opération

Bonne nouvelle : les livraisons de biens et prestations de services réalisées lors de la transmission d'une universalité de biens (c'est-à-dire l'ensemble de l'activité) sont dispensées de TVA. La condition est que la SARL reprenne l'intégralité de votre activité et continue votre exploitation. Dans ce cas, aucune régularisation de TVA n'est exigée sur les immobilisations transférées.

Apport du fonds de commerce ou cession à la SARL : quelle option choisir ?

Comment fonctionne l'apport du fonds de commerce

Vous apportez l'ensemble de votre patrimoine professionnel (fonds de commerce, clientèle, matériel, stocks) à la SARL. En échange, vous recevez des parts sociales dont la valeur correspond à celle de l'apport.

Un commissaire aux apports (professionnel indépendant chargé d'évaluer les biens apportés) est obligatoire dès qu'un apport en nature dépasse 30 000 € ou représente plus de 50 % du capital social. Son rapport est annexé aux statuts. Les règles applicables aux apports en nature en SARL sont strictement encadrées par le Code de commerce.

Point important : l'apport ne génère aucune liquidité immédiate. Vous ne touchez pas d'argent, vous recevez des droits sociaux.

Comment fonctionne la cession du fonds de commerce

Vous vendez votre fonds de commerce à la SARL que vous venez de créer. La société peut financer cet achat par un emprunt bancaire. Vous percevez immédiatement le produit de la vente.

Ce montage suppose que la SARL ait les moyens de payer. Si vous la créez avec un capital social minimal (1 €), elle présentera peu de garanties pour la banque. La cession n'est réaliste que si l'exploitation est suffisamment rentable pour rembourser l'emprunt. Pour tout savoir sur l'achat d'un fonds de commerce, les étapes de valorisation et de négociation sont détaillées dans un guide dédié.

Des droits d'enregistrement s'appliquent à la charge de la SARL : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà.

Tableau comparatif apport vs cession

Critère Apport du fonds Cession du fonds
Liquidités immédiates pour l'entrepreneur ❌ Non, vous recevez des parts sociales ✅ Oui, vous percevez le prix de vente
Impact sur le capital social Capital augmenté de la valeur du fonds Capital libre, fixé indépendamment
Coût fiscal (plus-values) Report possible via l'article 151 octies Imposition immédiate des plus-values
Commissaire aux apports Obligatoire si apport > 30 000 € ou > 50 % du capital Non requis
Droits d'enregistrement Exonération possible à la constitution 0 % / 3 % / 5 % selon le montant
Complexité administrative Moyenne (acte d'apport + rapport du commissaire) Élevée (acte de cession + publicité + enregistrement)
Délai moyen 4 à 6 semaines 6 à 8 semaines
Profil recommandé Pas besoin de trésorerie immédiate, volonté de limiter la fiscalité Besoin de liquidités, fonds de faible valeur (< 23 000 €)

Combien coûte le passage d'une EI en SARL en 2026 ?

Les frais de création de la SARL

Poste de dépense Fourchette basse Fourchette haute
Frais de greffe (immatriculation) 70 € 70 €
Annonce légale de constitution 150 € 250 €
Rédaction des statuts 0 € (en ligne) 1 500 € (avocat)
Dépôt du capital social 0 € 50 €

Les frais liés au transfert de l'activité

Poste de dépense Fourchette basse Fourchette haute
Commissaire aux apports 1 000 € 3 000 €
Droits d'enregistrement (cession) 0 € (si fonds < 23 000 €) 5 % du prix au-delà de 200 000 €
Enregistrement de l'acte 0 € (apport à la constitution) 1 710 € (cession d'un fonds à 80 000 €)
Annonce légale de cession 0 € (si apport) 150 € (si cession)

Les frais de cessation de l'EI

La radiation de l'EI sur le Guichet Unique est gratuite. Les honoraires d'expert-comptable pour le bilan de cessation varient de 300 à 800 €. L'éventuelle imposition des plus-values dépend de la valeur de votre patrimoine professionnel et du mécanisme choisi (report 151 octies ou imposition immédiate). Pour avoir une vision globale du coût de création d'une SARL, un guide dédié détaille chaque poste de dépense.

Cas pratique : budget total pour un prestataire de services avec un fonds évalué à 50 000 €

Poste Scénario apport Scénario cession
Frais de greffe 70 € 70 €
Annonce légale constitution 200 € 200 €
Rédaction des statuts (en ligne) 0 € 0 €
Commissaire aux apports 1 500 € 0 €
Droits d'enregistrement 0 € (exonération à la constitution) 810 € (3 % sur 27 000 €)
Annonce légale cession 0 € 150 €
Bilan de cessation EI 500 € 500 €
Total estimé 2 270 € 1 730 €
Bon à savoir : dans ce cas précis, la cession revient moins cher que l'apport grâce à l'absence de commissaire aux apports. Mais attention, la cession génère une imposition immédiate des plus-values, tandis que l'apport permet le report via le 151 octies. Le coût fiscal réel peut inverser la balance.

Quand est-ce le bon moment pour passer de l'EI à la SARL ?

Les signaux qui indiquent qu'il est temps de changer

  • Votre chiffre d'affaires dépasse ou s'approche des seuils de la micro-entreprise (83 600 € en prestations de services en 2026). Pour comprendre précisément les nouveaux seuils de la micro-entreprise en 2026, un article dédié fait le point sur les montants applicables.
  • Vous avez besoin d'accueillir un associé ou un investisseur.
  • Vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire du régime micro (34 % en BNC, 50 % en BIC services).
  • Vous souhaitez arbitrer votre rémunération entre salaire de gérant et dividendes pour réduire votre charge fiscale globale. L'imposition des dividendes en SARL obéit à des règles spécifiques qu'il vaut mieux anticiper.
  • Votre activité génère des risques financiers que vous préférez isoler dans une structure à responsabilité limitée.

Le meilleur timing fiscal pour opérer le changement

Privilégiez le 1er janvier ou la date de fin de votre exercice comptable. Cela simplifie vos déclarations fiscales : un exercice complet en EI, puis un premier exercice complet en SARL, sans chevauchement complexe.

Anticipez 2 à 3 mois avant la date souhaitée. L'évaluation du fonds, la rédaction des statuts, l'immatriculation et le transfert d'activité prennent du temps. N'attendez pas d'avoir dépassé les seuils de chiffre d'affaires : dès que la tendance se confirme sur 2 ou 3 mois consécutifs, lancez les démarches. Le dépassement des seuils de la micro-entreprise entraîne des conséquences fiscales et sociales immédiates qu'il vaut mieux anticiper.

Les erreurs fréquentes à éviter lors du passage d'EI en SARL

Oublier le commissaire aux apports

Si un apport en nature dépasse 30 000 € ou représente plus de 50 % du capital social, le recours à un commissaire aux apports est obligatoire. Sans son rapport, les associés sont solidairement responsables de la valeur attribuée aux apports pendant 5 ans. Un fonds de commerce surévalué expose à des recours de créanciers ou de futurs associés. La procédure d'agrément en SARL prévoit d'ailleurs des mécanismes de contrôle qui s'appliquent dès la constitution.

Négliger les conséquences fiscales de la cessation

L'imposition immédiate des bénéfices en cours et des plus-values latentes peut créer une charge fiscale inattendue, surtout si votre matériel est largement amorti. Si vous optez pour l'apport, pensez impérativement à demander le régime de l'article 151 octies du CGI dans l'acte d'apport. Cette option est irrévocable : impossible de la demander après coup. Pour aller plus loin sur la flat tax et le barème progressif, ces deux régimes peuvent s'appliquer différemment selon la nature des plus-values réalisées.

Sous-estimer le changement d'obligations comptables

En EI au régime réel simplifié, vos obligations comptables restent légères. En SARL, vous passez à une comptabilité en partie double avec bilan, compte de résultat, annexe, assemblée générale annuelle d'approbation des comptes et dépôt des comptes au greffe du tribunal de commerce. Pour tout comprendre sur la comptabilité de la SARL, un guide complet détaille chaque obligation.

Des solutions comme Swapn permettent de gérer la comptabilité de votre SARL en autonomie dès 29 € HT/mois, avec TVA automatisée, bilan attesté par un expert-comptable et support disponible 24/7. Si vous cherchez à comparer les options disponibles, un comparatif des logiciels de comptabilité pour SARL vous aidera à faire le bon choix.

Ne pas anticiper le changement de numéro SIRET

La SARL est une nouvelle entité juridique. Elle reçoit un nouveau numéro SIREN et SIRET. L'ancien numéro de votre EI est radié. Ce changement a un impact direct sur vos contrats en cours, vos factures, vos mandats de prélèvement et vos relations bancaires. Prévenez tous vos partenaires en amont pour éviter les rejets de paiement et les ruptures de service. Pensez également à mettre à jour vos modèles de factures dès le premier jour d'activité de la SARL.

Les questions fréquentes sur la transformation EI en SARL

Est-ce que je peux transformer mon EI en SARL sans fermer mon entreprise individuelle ?

Non. L'EI n'est pas une société : aucune procédure de transformation directe n'existe. Vous devez créer la SARL, y transférer votre activité (par apport ou cession du fonds), puis cesser officiellement l'EI sur le Guichet Unique. Les deux structures coexistent brièvement pendant la transition.

Combien coûte le passage d'une entreprise individuelle en SARL ?

En apport, comptez entre 1 500 et 4 500 € (frais de greffe, annonce légale, commissaire aux apports, bilan de cessation). En cession, ajoutez les droits d'enregistrement (3 à 5 % au-delà de 23 000 €), soit 2 500 à 6 000 € au total. Pour comparer avec d'autres structures, le coût de création d'une SASU suit une logique de frais similaire.

Quelle différence entre apport et cession du fonds de commerce pour passer en SARL ?

L'apport intègre votre fonds au capital de la SARL en échange de parts sociales : vous ne touchez pas d'argent. La cession est une vente : la SARL achète votre fonds et vous percevez le prix. L'apport est plus courant car il permet le report d'imposition via l'article 151 octies.

Puis-je garder le même numéro SIRET en passant de l'EI à la SARL ?

Non. La SARL est une entité juridique distincte avec un nouveau SIREN et SIRET. L'ancien numéro de l'EI est radié. Prévenez vos clients, fournisseurs, banques et organismes sociaux du changement.

Comment éviter de payer des impôts sur les plus-values lors du passage en SARL ?

En choisissant l'apport, vous pouvez opter pour le régime de l'article 151 octies du CGI. Ce dispositif reporte l'imposition des plus-values sur biens non amortissables jusqu'à la cession de vos parts, et étale l'imposition sur biens amortissables sur 5 ans. L'option doit figurer dans l'acte d'apport.

Est-ce que mon micro-entrepreneur peut devenir une SARL ?

Oui. La micro-entreprise est une forme d'EI. La procédure est identique : créer la SARL, transférer l'activité, puis radier la micro-entreprise. C'est pertinent quand votre CA dépasse les seuils (83 600 € en prestations de services en 2026) ou que vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire. Un guide complet sur le passage de la micro-entreprise à la SARL détaille les spécificités de cette situation.

Combien de temps faut-il pour passer d'une EI à une SARL ?

Comptez 4 à 8 semaines au total : 1 à 2 semaines pour l'évaluation du fonds et la rédaction des statuts, 1 à 2 semaines pour l'immatriculation, 1 à 2 semaines pour le transfert d'activité, puis la cessation de l'EI. Pour estimer précisément le délai de création d'une entreprise, les délais varient selon la complexité du dossier.

Vaut-il mieux passer en SARL ou en SAS quand on quitte l'EI ?

La SARL convient si vous souhaitez un cadre juridique encadré par la loi et le régime TNS (cotisations d'environ 45 %). La SAS/SASU donne plus de souplesse statutaire et le régime assimilé salarié (cotisations d'environ 75-80 % du salaire brut). Pour trancher entre ces deux formes, une comparaison détaillée SAS ou SARL vous aidera à identifier la structure la mieux adaptée à votre profil.

Sources & Références

Service-Public : Transformer une entreprise individuelle en société

Impots.gouv.fr : Apport en société

Impots.gouv.fr : Conséquences fiscales d'un changement de régime juridique

Offert

Vous souhaitez créer votre entreprise ?

Notre équipe vous rappelle !