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Résumé de l'article
- Deux micro-entreprises, c'est interdit : un seul SIREN est attribué par personne physique, quelle que soit la nature des activités.
- Cumuler plusieurs activités reste possible : il suffit de déclarer une activité principale et des activités secondaires sous le même SIRET.
- Les plafonds de chiffre d'affaires sont globaux : 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services, toutes activités confondues.
- Micro-entreprise et SASU peuvent coexister : le président de SASU est assimilé-salarié, ce qui rend le cumul des deux statuts parfaitement légal.
- Créer une SASU avec Swapn : toutes les démarches administratives sont prises en charge à partir de 0€, avec un conseiller dédié.
Peut-on avoir deux ou plusieurs micro-entreprises en France ?
Non. Le Code de commerce et l'Urssaf rappellent qu’une auto‑entreprise est indissociable de son titulaire. Impossible, donc, d’en immatriculer une seconde pour une activité différente. Cette interdiction s’applique quelle que soit la nature de l’activité (commerciale, artisanale ou libérale) et même si l’on souhaite séparer ses clients ou ses marchés.
Si le législateur refuse qu’un même entrepreneur cumule deux micro‑entreprises, c’est parce que ce statut est une simple entreprise individuelle dépourvue de personnalité morale. Elle repose sur le principe d’unicité : un individu = un numéro SIREN.
Cette règle offre une réelle simplification administrative : tous vos revenus (ventes ou services) convergent vers une seule assiette, facilitant le calcul des cotisations sociales et de l’impôt. En centralisant l’activité sous un unique numéro, l’administration contrôle aussi plus aisément le respect des plafonds.
Comment cumuler plusieurs activités en micro‑entreprise ?
Il ne s’agit pas de multiplier les entités, mais d’élargir légalement le champ d’action d’une seule auto‑entreprise en déclarant, aux côtés de l'activité principale, une ou plusieurs activités secondaires rattachées au même SIRET. Notez qu'en tant que micro-entrepreneur, vous pouvez également créer une société distincte avec l'accompagnement de Swapn.
Déclarer une deuxième activité en ligne
Lors de la création, l'auto‑entrepreneur indique son activité principale (celle qui génère ou générera le plus de chiffre d'affaires), puis ajoute, le cas échéant, des activités secondaires.
Si votre micro-entreprise existe déjà, l'ajout se fait via une formalité de modification :
- En ligne, via le Guichet Unique de l’INPI.
- Ou sur le portail Auto-Entrepreneur de l'Urssaf en sélectionnant « Ajout d’activité ».
Exemple : Une créatrice de bijoux peut déclarer la "vente de bijoux artisanaux" comme activité principale, tout en ajoutant "l’animation d’ateliers DIY" comme activité secondaire. Le tout sous le même SIRET.
Les conséquences pratiques de l'ajout d'activité
Passer d’une activité unique à un portefeuille diversifié ne change pas le socle administratif de votre auto‑entreprise, mais implique quelques règles :
- Un seul code APE : L’INSEE conserve le code APE correspondant à votre activité principale, même si vous développez trois autres branches annexes.
- Des plafonds globaux : Les plafonds annuels ne se cumulent pas entre eux ! Pour une activité mixte (vente + service), votre chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, et à l'intérieur de cette enveloppe, la part des services ne doit pas dépasser 83 600 €.
- Une déclaration unique : Lors de votre déclaration Urssaf (mensuelle ou trimestrielle), vous devrez simplement ventiler vos encaissements dans les bonnes cases (vente de marchandises / prestations de services) sur le même formulaire.
Quelles sont les limites à ce cumul d’activités ?
Diversifier ne signifie pas tout se permettre. Avant d’ajouter une branche à votre auto‑entreprise, il faut vérifier plusieurs points de vigilance.
La compatibilité juridique des activités
Toutes les activités ne se marient pas sous le même numéro SIREN. Par exemple, vous ne pouvez pas cumuler une activité commerciale classique avec une activité agricole relevant de la MSA. De même, certaines professions libérales réglementées (avocats, experts-comptables, professionnels de santé) ou nécessitant des cartes professionnelles (immobilier, sécurité) ont des règles strictes qui empêchent souvent le cumul avec une activité de vente en ligne sous le même statut.
Les plafonds de chiffre d’affaires
Comme expliqué plus haut, les seuils annuels (203 100 € pour les ventes, 83 600 € pour les services) s’apprécient globalement. Attention à une règle souvent méconnue : le dépassement des plafonds n'entraîne pas la perte du statut l'année suivante. Vous sortez du régime de la micro-entreprise (pour basculer au régime réel) uniquement si vous dépassez les plafonds pendant deux années civiles consécutives.
Attention : Les seuils de la TVA (généralement 91 900 € pour la vente, 36 800 € pour les services en 2026) sont plus bas que les plafonds de la micro-entreprise. Vous pouvez donc tout à fait rester auto-entrepreneur tout en étant assujetti à la TVA.
Les risques de requalification
Déclarer une seconde activité ne se résume pas à cocher une case. L’Urssaf vérifie la cohérence du dossier. Si l’activité secondaire relève d’un secteur réglementé (esthétique, bâtiment, etc.), l’absence de diplôme ou d’assurance décennale peut mener à de lourdes sanctions. De plus, si votre activité secondaire finit par générer durablement plus de revenus que la première, l'administration vous demandera de modifier votre activité principale.
Est‑il possible de cumuler micro‑entreprise et société (SASU) ?
Le régime micro n’interdit pas de créer une société en parallèle (ou d'être salarié). Cependant, le choix du statut juridique de la société est primordial :
- Avec une SASU : C'est le montage idéal. En tant que président de SASU, vous êtes "assimilé-salarié". Vous pouvez donc parfaitement cumuler ce mandat avec une micro-entreprise, à condition que les deux activités soient totalement distinctes (pas les mêmes clients, pas les mêmes factures, comptes bancaires séparés).
- Avec une EURL / SARL : C'est généralement impossible. Le gérant majoritaire d'une SARL/EURL a le statut de Travailleur Non Salarié (TNS), tout comme le micro-entrepreneur. La Sécurité Sociale des Indépendants interdit le cumul de deux statuts TNS.
Que faire si l’on veut séparer ses activités dans deux entités distinctes ?
Si vous ne pouvez (ou ne voulez) pas tout regrouper dans votre micro-entreprise, deux solutions s'offrent à vous.
1. Créer une SASU dédiée (La solution la plus sûre)
Si l’une de vos activités connaît une forte croissance, demande des investissements ou s'adresse à des clients grands comptes, il est judicieux de l’isoler juridiquement en créant une SASU.
Cette nouvelle entité possède sa propre personnalité morale et protège votre patrimoine. Vous conservez votre micro‑entreprise pour l’activité « historique » (ex: graphiste freelance), et vous utilisez la SASU pour le projet plus ambitieux (ex: création d'une agence ou d'un logiciel SaaS).
2. Ajouter simplement une activité secondaire
Si votre but est juste de tester une petite idée sans prendre de risque (ex: vendre quelques e-books en plus de vos missions de conseil), la mise à jour via le Guichet Unique de l'INPI reste la solution la plus rapide. En quelques clics, votre micro‑entreprise s’enrichit d’un nouveau code et vous pouvez facturer immédiatement.
Synthèse et conseils pratiques
- Interdiction stricte : Avoir deux micro‑entreprises est interdit, mais cumuler plusieurs activités sous un même SIRET est parfaitement légal.
- Déclaration : Déclarez toujours votre activité principale et ajoutez vos autres projets en tant qu'activités secondaires.
- Plafonds : Surveillez votre chiffre d'affaires global pour ne pas sortir du régime (dépassement sur deux années de suite).
- Guichet Unique : Utilisez le portail de l'INPI pour toute modification (ajout ou suppression d'activité).
- Création de société : Si vous souhaitez isoler les risques d'une nouvelle activité, privilégiez la création d'une SASU en parallèle de votre auto-entreprise.
FAQ - Questions fréquentes sur l'ouverture d'une deuxième micro-entreprise
Puis-je créer une micro-entreprise pour chaque activité différente ?
Non. Vous ne pouvez avoir qu’une seule micro-entreprise. En revanche, vous pouvez y regrouper plusieurs activités (une principale et des secondaires).
Les plafonds de CA s’appliquent-ils par activité ?
Non. Les plafonds (203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les services) sont globaux. Si vous exercez une activité mixte, votre chiffre d'affaires total ne doit pas dépasser 203 100 €, et à l'intérieur de ce total, vos prestations de services ne doivent pas dépasser 83 600 €.
Puis-je avoir une micro-entreprise et une SASU ?
Oui, c'est un cumul très courant et parfaitement légal, à la condition stricte que les deux activités soient différentes et que les comptabilités soient séparées.
Pour la création d'une SASU, vous pouvez contacter un conseiller dédié qui prendra le temps de comprendre votre situation et s'occupera de toutes les démarches administratives à votre place.
Puis-je créer une deuxième micro-entreprise sous un autre nom commercial ?
Non. La micro-entreprise étant rattachée à votre personne physique (votre numéro de Sécurité sociale), vous ne pouvez en posséder qu'une seule, même si vous utilisez des noms commerciaux différents.
Que se passe-t-il si je dépasse les seuils avec l’ensemble de mes activités ?
Si vous dépassez les plafonds de chiffre d'affaires pendant deux années civiles consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel d’imposition au 1er janvier de la troisième année.
Peut-on avoir le même SIRET pour 2 activités ?
Oui, en micro-entreprise, c'est exactement le principe. Vous facturez toutes vos activités sous le même numéro SIRET.
Sources et références
Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F33339
Bpifrance - https://bpifrance-creation.fr/faq/peut-on-cumuler-plusieurs-activites-au-sein-dune-meme-micro-entreprise
Economie Gouv - https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-micro-entreprise/micro-entreprise-peut-exercer-plusieurs-activites
Rédigé par Grégoire Charroyer
Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.
