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Ouvrir une chambre d'hôtes : guide complet 2026

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Temps de lecture : 12 min

Résumé de l'article

  • Cadre légal strict : maximum 5 chambres et 15 personnes dans votre résidence principale, avec petit-déjeuner et linge inclus.
  • Trois démarches obligatoires : déclaration en mairie (Cerfa n° 13566*03), immatriculation au guichet unique et vérification du PLU.
  • Micro-BIC ou réel : l'abattement de 71 % en micro-BIC est souvent suffisant, mais le régime réel devient plus avantageux si vos charges dépassent 29 % du CA.
  • Rentabilité réaliste : avec 3 chambres à 80 €/nuit et 40 % d'occupation, comptez environ 16 600 € de revenu net annuel avant impôt.
  • Sanctions à connaître : 450 € pour défaut de déclaration en mairie, 3 000 € pour absence de facturation, jusqu'à 45 000 € et 3 ans de prison pour travail dissimulé.

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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 06 juillet 2026

Qu'est-ce qu'une chambre d'hôtes au sens de la loi ?

Avant de vous lancer dans les démarches, vous devez comprendre ce que recouvre précisément le terme « chambre d'hôtes ». La loi en donne une définition stricte, bien différente d'un meublé de tourisme ou d'un hôtel.

Définition légale

Une chambre d'hôtes est une chambre meublée située dans la résidence principale de l'hébergeur, destinée à accueillir des touristes pour une ou plusieurs nuitées. Cette définition est posée par les articles L.324-3 et D.324-13 du Code du tourisme.

Quatre éléments la caractérisent :

  • Localisation : la chambre se trouve dans le logement où vous vivez.
  • Accueil personnalisé : vous êtes présent sur place pour accueillir vos hôtes. Pas de boîte à clés ni de check-in automatique.
  • Petit-déjeuner inclus : le prix de la nuitée comprend obligatoirement le petit-déjeuner.
  • Linge de maison fourni : draps, serviettes et linge sont mis à disposition et renouvelés.
Bon à savoir : L'obligation de résidence principale signifie que vous ne pouvez pas ouvrir une chambre d'hôtes dans une maison de vacances que vous n'occupez que l'été. Pour une résidence secondaire, tournez-vous vers le statut de meublé de tourisme. Si vous souhaitez explorer cette alternative, notre guide sur l'ouverture d'un gîte détaille les spécificités de ce statut.

Chambre d'hôtes, meublé de tourisme, hôtel : quelles différences ?

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La confusion entre ces trois types d'hébergement est fréquente. Voici un tableau qui résume les distinctions principales :

Critère Chambre d'hôtes Meublé de tourisme Hôtel
Présence de l'hôte Obligatoire Non obligatoire Non (personnel salarié)
Petit-déjeuner inclus Oui Non Optionnel (en supplément)
Linge de maison fourni Oui Variable Oui
Capacité maximale 5 chambres / 15 personnes Pas de limite légale par logement Pas de limite
Classement possible Épis, clés (labels privés) Étoiles (1 à 5) Étoiles (1 à 5)
Réglementation ERP Non (si ≤ 5 chambres) Non (si logement individuel) Oui, dès le 1er jour
Déclaration en mairie Oui (Cerfa n° 13566*03) Oui Oui + autorisation d'exploitation

Le point de bascule à retenir : si vous dépassez 5 chambres ou 15 personnes, votre activité sort du cadre des chambres d'hôtes. Vous basculez alors en établissement recevant du public (ERP), avec des normes d'incendie, d'accessibilité PMR et de sécurité bien plus lourdes.

Quelles sont les conditions obligatoires pour ouvrir une chambre d'hôtes ?

Ouvrir une chambre d'hôtes ne se résume pas à installer un lit dans une pièce libre. La réglementation fixe des exigences précises en matière de surface, d'équipement, de capacité et de sécurité.

Normes de surface et d'équipement

Chaque chambre proposée à la location doit respecter un cahier des charges minimal :

  • Surface minimale de 7 m² par chambre pour 1 personne, 9 m² pour 2 personnes, 14 m² pour 3 personnes, 18 m² pour 4 personnes, hors sanitaires.
  • Accès à une salle d'eau et des WC, privatifs ou partagés entre plusieurs chambres.
  • Literie et linge de maison fournis : draps, couvertures, oreillers, serviettes de toilette. Le renouvellement est à votre charge.
  • Ménage régulier gratuit : le nettoyage de la chambre est inclus dans le prix de la nuitée, sans supplément possible.

Capacité maximale autorisée

La loi fixe un double plafond : 5 chambres maximum et 15 personnes accueillies simultanément. Ces deux limites sont cumulatives.

Concrètement, si vous avez 5 chambres mais que l'une d'elles est une suite familiale pouvant accueillir 5 personnes, vous devez vérifier que le total ne dépasse jamais 15 hôtes en même temps.

Bon à savoir : Au-delà de ces seuils, vous basculez automatiquement en ERP de 5ᵉ catégorie. Les conséquences sont lourdes : mise aux normes incendie, accessibilité PMR obligatoire, commission de sécurité, et coûts de mise en conformité qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Obligations de sécurité et d'information

Même en dessous des seuils ERP, vous avez des obligations de sécurité et de transparence envers vos hôtes :

  • Détecteur de fumée obligatoire dans chaque chambre (norme NF EN 14604).
  • Affichage visible des tarifs : prix de la chambre, du petit-déjeuner, montant de la taxe de séjour. L'affichage doit être lisible à l'entrée de l'établissement et dans chaque chambre.
  • Information sur la connexion internet : vous devez indiquer si un accès Wi-Fi est disponible ou non.
  • Assurance RC Pro : elle n'est pas légalement obligatoire pour les chambres d'hôtes, mais elle est vivement recommandée. Si un hôte se blesse dans votre escalier ou si un dégât des eaux endommage ses affaires, c'est cette assurance qui vous couvre. Comptez 200 à 400 € par an.

Quelles démarches administratives pour ouvrir votre chambre d'hôtes ?

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Créer une chambre d'hôtes implique trois types de démarches : une déclaration en mairie, une immatriculation professionnelle et des vérifications d'urbanisme. Voici l'ordre à suivre.

  • Déclarer l'activité auprès de la mairie du lieu d'exploitation.
  • Immatriculer l'entreprise via le guichet unique pour obtenir un SIRET.
  • Vérifier les règles d'urbanisme et le règlement de copropriété le cas échéant.

Déclarer votre activité en mairie

La déclaration préalable en mairie est obligatoire avant toute mise en location. Vous devez remplir le formulaire Cerfa n° 13566*03 et le déposer ou l'envoyer à la mairie de la commune où se situe votre chambre d'hôtes.

Ce formulaire recense :

  • Votre identité et vos coordonnées
  • L'adresse du lieu d'exploitation
  • Le nombre de chambres et la capacité d'accueil
  • Les périodes d'ouverture prévisionnelles

Cette déclaration est gratuite et ne nécessite aucune autorisation en retour : la mairie en prend simplement acte. Mais attention, l'absence de déclaration est sanctionnée par une amende de 450 € (contravention de 3ᵉ classe, article R.324-1-2 du Code du tourisme).

Immatriculer votre activité via le guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, toute création d'entreprise en ligne passe par le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), quelle que soit la forme juridique choisie (entreprise individuelle, EURL, SASU, etc.).

L'immatriculation vous attribue un numéro SIRET, indispensable pour déclarer vos revenus, collecter la taxe de séjour et émettre des factures conformes. Sans SIRET, vous exercez en situation irrégulière.

Création de l'espace fiscal, déclaration CFE, gestion de la TVA : Swapn prend en charge l'ensemble de ces obligations comptables et fiscales pour que vous puissiez vous concentrer sur l'accueil de vos hôtes.

Vérifier les autorisations d'urbanisme et de copropriété

Avant d'engager des travaux ou même d'ouvrir vos portes, trois vérifications s'imposent :

  1. Le PLU (plan local d'urbanisme) : certaines zones classées peuvent interdire ou restreindre l'hébergement touristique. Renseignez-vous auprès du service urbanisme de votre mairie.
  2. Le règlement de copropriété : si votre logement est en copropriété, vérifiez que le règlement autorise l'activité de chambre d'hôtes. Une clause de « destination bourgeoise exclusive » peut l'interdire. Dans le doute, soumettez le projet à l'assemblée générale des copropriétaires.
  3. Les travaux éventuels : selon leur ampleur, vous aurez besoin d'une simple déclaration préalable de travaux (changement de fenêtres, aménagement intérieur) ou d'un permis de construire (extension, modification de façade).

Quel statut juridique et fiscal choisir pour votre chambre d'hôtes ?

Le choix du statut juridique et du régime fiscal a un impact direct sur vos cotisations sociales, votre imposition et votre capacité à déduire vos investissements. Deux grandes options s'offrent à vous : exercer en nom propre ou créer une société. Pour vous aider à trancher, un simulateur de statut juridique gratuit est disponible en ligne.

Activité exercée en nom propre (entreprise individuelle)

C'est la solution la plus simple si vous cherchez un revenu complémentaire sans structure lourde. Vous avez le choix entre deux régimes fiscaux :

Le régime micro-BIC : vous déclarez votre chiffre d'affaires brut et l'administration applique un abattement forfaitaire de 50 % (catégorie hébergement). Vous n'êtes imposé que sur les 50 % restants. Le plafond de CA est fixé à 83 600 € en 2024 ou 2025. Les cotisations sociales sont calculées sur le CA après abattement, au taux du régime micro-social. Pour bien comprendre les implications fiscales de ce régime, consultez notre article sur l'imposition de la micro-entreprise.

Le régime réel : vous déduisez vos charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, assurance, fournitures, amortissement du mobilier). Ce régime est plus contraignant en termes de comptabilité, mais il devient nettement plus avantageux dès que vos charges dépassent 50 % de votre CA, c'est-à-dire dès que l'abattement forfaitaire de 50 % ne suffit plus à couvrir vos dépenses réelles.

Création d'une société (SARL, SAS, EURL, SASU)

Créer une société est pertinent si vous investissez un montant important dans le bien, si vous avez des associés, ou si vous souhaitez limiter votre responsabilité personnelle. Pour choisir la forme la plus adaptée à votre situation, notre guide sur comment choisir le bon statut juridique vous accompagne pas à pas.

Les points clés :

  • Imposition à l'IS : taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions : CA HT < 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques), puis 25 % au-delà.
  • Régime social du dirigeant : TNS pour le gérant majoritaire de SARL/EURL (cotisations d'environ 45 % du net) ou assimilé salarié pour le président de SAS/SASU (coût total d'environ 82 % du net). Pour tout comprendre sur ce dernier statut, consultez notre article sur le statut d'assimilé salarié.
  • Amortissement du bien immobilier : c'est l'un des avantages majeurs de la société. Vous pouvez amortir le bâtiment (hors terrain) sur 20 à 30 ans, ce qui réduit chaque année votre bénéfice imposable.

Le régime de la para-hôtellerie et la TVA

L'activité de chambre d'hôtes relève de la para-hôtellerie dès lors qu'elle inclut au moins 3 des 4 prestations suivantes : petit-déjeuner, ménage régulier, fourniture du linge de maison, accueil de la clientèle. En pratique, la quasi-totalité des chambres d'hôtes remplissent ces critères.

Ce classement en para-hôtellerie a une conséquence directe : la TVA s'applique à votre activité, au taux réduit de 10 % sur l'hébergement. Vous pouvez donc récupérer la TVA sur vos investissements (travaux, mobilier, équipements).

Vous restez toutefois en franchise en base de TVA tant que votre CA ne dépasse pas 85 000 € (seuil commerce et hébergement), avec un seuil majoré à 93 500 €. En dessous, vous ne facturez pas de TVA et ne la récupérez pas non plus.

Bon à savoir : Si vous prévoyez de gros travaux de rénovation, il peut être stratégiquement intéressant d'opter volontairement pour la TVA dès le départ, même si votre CA est inférieur au seuil. Vous récupérerez ainsi la TVA sur l'ensemble de vos investissements, ce qui peut représenter plusieurs milliers d'euros d'économie.

Cas pratique : comparaison micro-BIC vs réel pour une chambre d'hôtes

Prenons un exemple concret pour mesurer l'écart entre les deux régimes.

Scénario : vous exploitez 3 chambres à 85 € la nuit, avec un taux d'occupation de 55 % sur 300 jours d'ouverture.

CA annuel : 3 × 85 € × 55 % × 300 = 42 075 € (arrondi à 42 000 € pour simplifier)

Charges réelles estimées au régime réel :

  • Travaux d'entretien et réparations : 5 000 €
  • Amortissement mobilier et équipements : 4 000 €
  • Charges courantes (petit-déjeuner, linge, ménage, énergie) : 6 000 €
  • Assurance, comptabilité, divers : 2 500 €
  • Total charges : 17 500 €
Critère Micro-BIC Régime réel
CA brut annuel 42 000 € 42 000 €
Abattement ou charges déduites 50 % (21 000 €) 17 500 € (charges réelles)
Bénéfice imposable 21 000 € 24 500 €
Cotisations sociales estimées (micro-social 21,2 %) ~8 904 € (sur CA) ~11 025 € (SSI ~45 % du net)
Revenu net disponible avant IR ~15 596 € ~13 475 € (bénéfice – cotisations)

Dans cet exemple, le micro-BIC est plus avantageux car les charges réelles (17 500 €, soit 41,7 % du CA) restent inférieures à l'abattement forfaitaire de 50 %. Le régime réel devient intéressant lorsque vos charges réelles dépassent 50 % du CA, ce qui arrive typiquement les premières années si vous réalisez d'importants travaux de rénovation. Pour estimer votre revenu net selon votre situation, utilisez notre simulateur de revenus pour micro-entreprise.

Le choix entre micro-BIC et régime réel dépend de votre situation propre. Swapn accompagne les créateurs de chambres d'hôtes dans le choix du régime fiscal adapté et la gestion comptable dès la création de l'activité.

Taxe de séjour et obligations de facturation

En tant qu'hébergeur, vous avez deux obligations financières distinctes envers vos hôtes et la commune : collecter la taxe de séjour et émettre des factures conformes.

Comment fonctionne la taxe de séjour ?

La taxe de séjour est un impôt local que vous collectez auprès de vos hôtes en plus du prix de la nuitée. Son montant est fixé par délibération du conseil municipal. Il varie selon le type d'hébergement et la commune, généralement entre 0,20 € et 0,80 € par personne et par nuit pour une chambre d'hôtes non classée.

Deux modes de calcul existent selon la commune :

  • Au réel : un montant fixe par personne et par nuit.
  • Au forfait : un montant calculé sur la capacité d'accueil, quel que soit le nombre réel d'occupants.

Vous reversez les sommes collectées à la commune selon un calendrier défini localement (trimestriel ou annuel). La taxe de séjour doit apparaître sur une ligne séparée de votre facture.

Quelles mentions obligatoires sur vos factures ?

L'émission d'une note ou facture est obligatoire dès que le montant dépasse 25 € TTC ou lorsque le client la demande. En pratique, toute nuitée en chambre d'hôtes dépasse ce seuil. Pour vous assurer de la conformité de vos documents, vous pouvez télécharger un modèle de facture gratuit et conforme.

Votre facture doit comporter :

  • Votre identité complète (nom, adresse, SIRET)
  • Les dates de séjour (arrivée et départ)
  • Le détail des prestations (nuitée, petit-déjeuner, éventuellement table d'hôtes)
  • Le prix unitaire de chaque prestation
  • La taxe de séjour en ligne séparée
  • Le montant total

Conservez un double de chaque facture pendant 2 ans (10 ans pour les clients professionnels). L'absence de facturation est sanctionnée par une amende de 3 000 €.

Proposer une table d'hôtes : quelles règles respecter ?

La table d'hôtes est un complément naturel de l'activité de chambre d'hôtes. Elle permet de proposer un repas à vos hôtes et d'augmenter votre chiffre d'affaires. Mais elle obéit à des règles précises.

Définition et cadre de la table d'hôtes

La table d'hôtes n'est pas un restaurant. C'est un repas servi à la table familiale, exclusivement aux personnes hébergées chez vous. Vous ne pouvez pas accueillir de clients extérieurs.

Trois caractéristiques la distinguent d'un restaurant :

  • Un seul menu proposé : pas de carte avec plusieurs plats au choix. Vous servez le même repas à tous vos convives.
  • Produits locaux ou du terroir : la cuisine est de préférence réalisée avec des produits de la région.
  • Convivialité : le repas est pris en commun, dans l'esprit d'un dîner chez l'habitant.

Licence et réglementation alimentaire

Si vous servez des boissons alcoolisées pendant le repas (vin, cidre, bière), vous devez détenir une licence adaptée. Notre guide sur la licence restaurant vous explique en détail les différences entre la petite licence restaurant, suffisante pour les boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre), et la licence restaurant complète, nécessaire pour les spiritueux.

Côté hygiène, le respect des règles sanitaires est impératif. Une formation HACCP (hygiène alimentaire) est vivement recommandée, même si elle n'est pas toujours légalement obligatoire pour les chambres d'hôtes. Elle le devient si votre activité de restauration prend de l'ampleur. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre guide sur les obligations sanitaires en restauration.

Bon à savoir : Les revenus de la table d'hôtes s'ajoutent à ceux de l'hébergement dans votre CA global. Ils sont soumis aux mêmes règles fiscales et sociales que vos nuitées.

Obtenir un label pour valoriser votre chambre d'hôtes

Se faire labelliser n'est pas obligatoire, mais c'est un levier de visibilité et de crédibilité. Plusieurs labels coexistent en France, chacun avec ses critères et son réseau.

Les principaux labels existants

  • Gîtes de France : le réseau le plus connu. Classement en « épis » (1 à 5) selon le niveau de confort et de prestations. Accès à la plateforme de réservation du réseau et aux offices de tourisme partenaires.
  • Clévacances : classement en « clés » (1 à 5). Réseau de promotion touristique présent dans la plupart des départements.
  • Fleurs de Soleil : label axé sur le charme, l'authenticité et l'accueil de qualité.
  • Accueil Paysan et Bienvenue à la ferme : labels thématiques pour les hébergements en milieu rural ou agricole.
  • Chambre d'Hôtes Référence® : label qualité indépendant, avec un cahier des charges centré sur l'accueil et le confort.

Pourquoi se faire labelliser ?

Un label apporte trois avantages concrets :

  1. Visibilité : votre chambre d'hôtes apparaît sur les plateformes du label, les offices de tourisme et les guides touristiques. C'est un canal de réservation supplémentaire. Pour renforcer encore votre présence en ligne, découvrez comment booster votre entreprise avec un site web.
  2. Confiance : les voyageurs associent le label à un niveau de qualité garanti. Le taux de réservation des hébergements labellisés est généralement supérieur.
  3. Accompagnement : les réseaux labellisés proposent des conseils d'aménagement, des formations et une mise en réseau avec d'autres hébergeurs.

Attention à une confusion fréquente : les chambres d'hôtes ne peuvent pas être classées par étoiles. Le classement en étoiles (1 à 5) est réservé aux hôtels et aux meublés de tourisme. Les chambres d'hôtes utilisent les systèmes de classement propres à chaque label (épis, clés, etc.).

Étude de marché et rentabilité : combien rapporte une chambre d'hôtes ?

Avant d'investir, vous devez évaluer la viabilité économique de votre projet. Une chambre d'hôtes peut générer un revenu complémentaire appréciable, mais la rentabilité dépend de votre localisation, de votre positionnement tarifaire et de votre taux d'occupation.

Comment réaliser votre étude de marché locale ?

Quatre questions structurent votre analyse :

  • Quelle est la demande touristique dans votre zone ? Consultez les données des comités départementaux du tourisme : fréquentation, durée moyenne de séjour, profil des visiteurs.
  • Quelle est la saisonnalité ? Identifiez les périodes de haute et basse saison, les événements locaux (festivals, salons, marchés) qui génèrent des pics de fréquentation.
  • Qui sont vos concurrents directs ? Recensez les chambres d'hôtes, gîtes et annonces Airbnb dans un rayon de 20 km. Notez leurs tarifs, leur taux de remplissage apparent (disponibilités sur les plateformes) et leurs avis clients.
  • Quel prix moyen pratiquer ? Pour fixer vos tarifs avec méthode, notre guide sur comment fixer ses tarifs vous donne les clés d'un positionnement cohérent.

Estimer votre chiffre d'affaires prévisionnel

La formule de base est simple :

CA prévisionnel = nombre de chambres × prix moyen/nuit × taux d'occupation × nombre de jours d'ouverture

Le taux d'occupation moyen constaté en France pour les chambres d'hôtes se situe entre 25 % et 45 %, selon la localisation, la saison et la qualité de l'offre. Les hébergements labellisés et bien référencés en ligne se situent plutôt dans le haut de cette fourchette. Pour structurer votre projection financière, vous pouvez vous appuyer sur nos astuces pour calculer votre chiffre d'affaires prévisionnel.

Exemple : 3 chambres × 80 €/nuit × 40 % d'occupation × 300 jours = 28 800 € de CA annuel.

Anticiper vos charges et évaluer la rentabilité nette

Vos charges se répartissent en deux catégories :

Charges courantes (variables) :

  • Petit-déjeuner : 3 à 5 € par personne et par jour
  • Linge et produits d'accueil
  • Ménage (si vous ne le faites pas vous-même)
  • Énergie (chauffage, eau chaude, électricité)
  • Commissions des plateformes de réservation (5 à 15 % du montant)

Charges fixes :

  • Taxe foncière
  • CFE (cotisation foncière des entreprises)
  • Cotisations sociales
  • Assurance RC Pro
  • Comptabilité

En règle générale, prévoyez environ 30 % du CA en charges courantes (hors amortissement et remboursement d'emprunt).

Exemple chiffré avec le scénario précédent (CA 28 800 €) :

Poste Montant estimé
CA annuel 28 800 €
Charges courantes (30 %) – 8 640 €
Cotisations sociales (micro-social 12,30 % du CA) – 6 105 €
Revenu net avant impôt sur le revenu ~14 055 €

Ce revenu net correspond à environ 1 171 € par mois avant impôt. C'est un complément de revenu significatif, mais rarement suffisant comme revenu principal, sauf en zone très touristique avec un taux d'occupation élevé et des tarifs premium. Si vous êtes salarié et souhaitez démarrer en parallèle, sachez qu'il est tout à fait possible de cumuler une activité salariée et une activité indépendante.

Quelles aides et subventions pour financer votre projet ?

Plusieurs dispositifs peuvent alléger votre investissement initial :

  • Subventions des collectivités locales : communes, départements et régions proposent parfois des aides à la création d'hébergement touristique. Renseignez-vous auprès de votre mairie et du comité départemental du tourisme. Notre guide sur les aides pour ouvrir un commerce dans un village recense plusieurs dispositifs locaux utiles.
  • Aides des labels : Gîtes de France, par exemple, propose dans certains départements des prêts à taux préférentiel pour les travaux d'aménagement.
  • ACRE : si vous créez une entreprise, l'aide à la création et à la reprise d'entreprise vous accorde une exonération partielle de cotisations sociales la première année. La demande doit être faite au moment de la création ou dans les 60 jours suivants. Pour tout savoir sur ce dispositif, consultez notre article sur l'évolution de l'ACRE en 2026.
  • Prêts d'honneur : les réseaux Initiative France et Réseau Entreprendre accordent des prêts à taux zéro pour renforcer vos fonds propres et faciliter l'obtention d'un crédit bancaire.

Les sanctions en cas de non-conformité

Exploiter une chambre d'hôtes sans respecter la réglementation vous expose à des sanctions financières et pénales graduées.

Amendes et peines encourues

  • Défaut de déclaration en mairie : amende de 450 € (contravention de 3ᵉ classe, article R.324-1-2 du Code du tourisme).
  • Absence de facturation : amende de 3 000 €.
  • Fausse déclaration ou travail dissimulé : jusqu'à 45 000 € d'amende et 3 ans d'emprisonnement (articles L.8221-1, L.8221-3 et L.8224-1 du Code du travail). Ce risque concerne notamment l'exploitation sans immatriculation ni déclaration de revenus.
  • Non-respect des normes ERP (si vous dépassez 5 chambres / 15 personnes sans mise en conformité) : fermeture administrative prononcée par le préfet, sur avis de la commission de sécurité.

Les questions fréquentes sur l'ouverture d'une chambre d'hôtes

Faut-il un diplôme ou une formation pour ouvrir une chambre d'hôtes ?

Non, aucun diplôme n'est requis. Cependant, si vous proposez une table d'hôtes avec préparation de repas, une formation HACCP est vivement recommandée.

Peut-on ouvrir une chambre d'hôtes dans une résidence secondaire ?

Non. La loi impose que les chambres d'hôtes soient situées dans la résidence principale de l'hébergeur (article L.324-3 du Code du tourisme). Pour une résidence secondaire, le statut de meublé de tourisme est plus adapté.

Combien coûte l'ouverture d'une chambre d'hôtes ?

Le budget varie fortement selon l'état du bien. Comptez 5 000 à 15 000 € par chambre pour l'aménagement (literie, mobilier, salle d'eau, décoration). Ajoutez les frais administratifs (immatriculation, assurance RC Pro de 200 à 400 € par an) et éventuellement des travaux de mise aux normes. Pour avoir une vision globale des coûts de lancement, notre article sur le véritable coût de création d'une entreprise vous donnera des repères utiles.

Quel est le taux d'occupation moyen d'une chambre d'hôtes en France ?

Il se situe généralement entre 25 % et 45 % selon la localisation, la saisonnalité et la qualité de l'offre. Les chambres labellisées et bien référencées en ligne atteignent souvent les fourchettes hautes.

Est-ce que je dois payer la CFE pour une chambre d'hôtes ?

Oui, la CFE est due dès la 2ᵉ année d'activité (exonération totale la 1ʳᵉ année, réduction de 50 % la 2ᵉ). Si votre CA annuel est inférieur ou égal à 5 000 € ou si les locaux font partie de votre habitation personnelle, vous êtes exonéré de la cotisation. Pour anticiper cette charge, notre article sur l'augmentation de la CFE en 2026 vous aide à mieux la comprendre.

Quelle différence entre chambre d'hôtes et gîte ?

Le gîte (meublé de tourisme) est un logement entier loué à la semaine ou à la nuitée, sans présence obligatoire du propriétaire ni petit-déjeuner. La chambre d'hôtes est une chambre dans votre résidence, avec accueil personnalisé et petit-déjeuner inclus.

Puis-je cumuler chambre d'hôtes et emploi salarié ?

Oui, le cumul est possible. L'activité de chambre d'hôtes peut être exercée en complément d'une activité salariée. Vérifiez votre contrat de travail (clause d'exclusivité éventuelle) et déclarez vos revenus complémentaires.

Comment déclarer les revenus de ma chambre d'hôtes aux impôts ?

En micro-BIC, déclarez votre CA brut sur le formulaire 2042-C-PRO. L'administration applique automatiquement l'abattement de 50 %. Au régime réel, déposez une déclaration de résultat (2031-SD pour les BIC). Les revenus sont soumis à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Pour ne rien oublier, notre guide sur les frais déductibles vous liste l'ensemble des charges admissibles.

La chambre d'hôtes doit-elle être accessible aux personnes handicapées (PMR) ?

Pas obligatoirement si vous restez en dessous de 5 chambres et 15 personnes. Si vous dépassez cette capacité, vous basculez en ERP et les normes d'accessibilité PMR deviennent obligatoires.

Est-il possible de vendre des produits locaux à mes hôtes ?

Oui, mais cette vente constitue une activité commerciale distincte. Elle doit être déclarée et ses revenus intégrés à votre CA. Si vous fabriquez vous-même les produits (confitures, miel), des règles d'hygiène alimentaire spécifiques s'appliquent. Cela peut d'ailleurs vous rapprocher du statut d'artisan vendant ses créations, qui obéit à ses propres règles.

Sources & Références

Service-Public : Ouvrir une chambre d'hôtes

Légifrance : Section 2 : Chambres d'hôtes (Articles D324-13 à R324-16)

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