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Résumé de l'article
- Les charges d'une SCM : elles regroupent loyer, matériel, salaires administratifs, abonnements et assurances, refacturés aux associés.
- La refacturation se fait sans marge : chaque dépense est répercutée à l'euro près, sous peine de requalification en activité lucrative.
- La clé de répartition est fixée dans les statuts : elle peut reposer sur les parts sociales, le chiffre d'affaires ou l'usage réel des moyens.
- La SCM n'est pas imposée directement : chaque associé intègre sa quote-part dans sa propre comptabilité, en BNC ou en BIC.
- Un budget prévisionnel annuel est recommandé : il permet d'anticiper les besoins de trésorerie et de fixer les avances à verser par chaque membre.
Quelles sont les charges que peut supporter une SCM ?
La société civile de moyens (SCM) permet de mutualiser certaines dépenses professionnelles nécessaires à l’exercice de l’activité de chacun. Voici les principales charges que l’on retrouve dans ce type de structure :
- Loyer des bureaux et charges locatives (chauffage, électricité, eau, entretien courant…) ;
- Matériel professionnel (achat ou location de mobilier, d’équipements informatiques, d’imprimantes, etc.) ;
- Abonnements (ligne téléphonique, internet, services de messagerie ou logiciels partagés, revues ou ouvrages professionnels) ;
- Salaires du secrétariat ou tout autre personnel administratif mutualisé ;
- Fournitures de bureau (papier, stylos, enveloppes, cartouches, consommables divers…) ;
- Services d’entretien ou de réparation des locaux et équipements ;
- Assurance des locaux et responsabilité civile professionnelle ;
- Frais bancaires, honoraires comptables ou frais postaux partagés.
Toutes ces dépenses sont ensuite refacturées aux associés. La répartition peut se faire à parts égales, ou selon une quote-part précise fixée dans les statuts.
Bon à savoir : Ce type de société n’est pas obligé de tenir une comptabilité complète, mais un suivi rigoureux de la trésorerie reste fortement recommandé. Une bonne gestion des charges assure la viabilité financière de la SCM et le respect de son régime fiscal.
La répartition des charges en SCM
Une bonne répartition des charges évite les litiges et garantit un bon équilibre financier entre les membres de la SCM.
Répartition statutaire
Les charges communes doivent être refacturées aux associés de manière équitable. Pour cela, les statuts doivent prévoir une clé de répartition. Il s’agit d’une règle de calcul qui précise qui paie quoi, et dans quelles proportions.
Cette règle permet d’assurer l’équité entre les membres, de prévenir les conflits grâce à une règle de répartition transparente et d’adapter la gestion aux évolutions de la structure (nouvelles charges, arrivée d’un nouvel associé, changement d’occupation des locaux…).
La clé de répartition est fixée dès la rédaction des statuts de la SCM. Elle peut reposer sur différents critères comme :
- les parts sociales détenues par chaque associé ;
- le volume d’activité de chacun (nombre de consultations par exemple) et l’usage réel des moyens partagés ;
- le chiffre d’affaires réalisé ;
- la surface occupée dans les locaux.
Il est aussi possible d’utiliser une clé de répartition mixte qui combine plusieurs critères. Par exemple, répartir le loyer en parts égales et les frais de maintenance du matériel en fonction de l’usage réel.
Chaque associé règle ensuite sa quote-part sur chaque dépense, conformément au taux de répartition.
Voici un tableau récapitulatif des différentes méthodes de répartition des charges en SCM :
|
Méthode de répartition |
Avantages |
Inconvénients |
|
Par parts sociales |
Simple à appliquer et à gérer |
Peu équitable si les besoins ou l’activité des associés sont très différents |
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Selon le chiffre d’affaires |
Adapté aux écarts de revenus entre associés |
Peut créer un sentiment d’injustice chez les plus gros contributeurs |
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En fonction de l’usage réel des moyens |
Juste, car basé sur l’utilisation concrète des ressources |
Demande un suivi précis de l’activité (outils, tableaux de bord…) |
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Mixte |
Flexible, ajustée à la réalité de chaque SCM |
Plus complexe à mettre en place, nécessite rigueur et contrôles réguliers |
Refacturation sans marge
Une SCM ne peut en aucun cas réaliser de bénéfices sur les frais partagés. Sa vocation n’est pas commerciale. Elle ne facture donc jamais avec marge à ses associés.
Les charges doivent être refacturées à l’euro près, sur la base des dépenses réellement engagées. Toute facturation au-delà exposerait la structure à un redressement fiscal, car elle serait considérée comme exerçant une activité lucrative.
Bon à savoir : Cela n’empêche pas une SCM de mettre temporairement à disposition le matériel ou les locaux à un tiers, en dehors des associés. Dans ce cas, la facturation est autorisée, et la SCM peut alors générer un bénéfice.
Régime fiscal SCM : imposition et déduction des charges par les membres
La SCM (Société Civile de Moyens) est soumise au régime fiscal des sociétés de personnes. Elle ne paie pas elle-même d’impôt sur ses résultats : ce sont les associés qui sont imposés individuellement sur leur part de bénéfices ou de charges.
En clair, la SCM établit un résultat global, mais chaque membre intègre sa quote-part dans sa propre comptabilité, que ce soit en BNC (bénéfices non commerciaux) ou en BIC (bénéfices industriels et commerciaux) selon son activité.
Cela permet à chaque associé de déduire fiscalement les montants versés à la SCM (charges partagées, intérêts d’emprunt liés à l’achat de parts, frais de notaires…) de ses revenus professionnels.
Ces montants sont intégrés dans la comptabilité de chaque associé (en BNC ou BIC), et viennent réduire son résultat imposable.
Dans la majorité des cas, les professions libérales relèvent des BNC. Deux régimes fiscaux sont alors possibles :
- Le régime de la déclaration contrôlée : l’associé remplit le formulaire n°2035-SD, en y reportant sa part de résultat dans la SCM. Il peut également déduire les frais engagés au sein de la SCM, comme les avances versées pour les charges communes ou les frais liés à l’acquisition de parts sociales (intérêts d’emprunt, frais de notaire…).
- Le régime micro-BNC : l’associé n’a pas à déposer de déclaration de résultats. Il déclare simplement son chiffre d’affaires annuel sur le formulaire 2042 C PRO, et bénéficie d’un abattement forfaitaire automatique.
À noter : une SCM ne peut pas opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) lorsqu’elle se limite à mettre des moyens à disposition de ses associés. En revanche, si elle met ses moyens à disposition de tiers extérieurs contre rémunération, elle peut alors basculer sous l’IS.
Les bonnes pratiques pour gérer les charges en SCM
Gérer les charges dans une SCM demande de la rigueur. Même si cette structure n’a pas pour but de réaliser du chiffre d’affaires, elle gère des dépenses parfois conséquentes : loyers, salaires, matériel, etc. Une mauvaise organisation peut vite créer des tensions entre associés ou des erreurs fiscales.
Voici tous nos conseils pour faciliter et optimiser la gestion des charges en SCM.
Définir une répartition claire des charges dans les statuts
Les statuts de la SCM doivent prévoir une clé de répartition des charges précise, choisie d’un commun accord entre les associés. Cette clé peut reposer sur les parts sociales, l’activité réelle, la surface occupée, ou une combinaison de critères (clé mixte).
Les statuts doivent également déterminer le fonctionnement de la SCM :
- les conditions d’entrée de nouveaux associés ;
- les modalités de cession des parts ;
- la gestion des absences ou incapacités des associés ;
- les règles de vote en assemblée générale.
Si rien n’est prévu dans les statuts, ce sont les gérants qui disposent de tous les pouvoirs et peuvent décider seuls. Il est donc important de prévoir un cadre clair et évolutif, inscrit dès la constitution de la SCM.
Établir un budget prévisionnel annuel
Chaque année, il est recommandé d’établir un budget prévisionnel listant toutes les charges attendues : loyer, entretien, fournitures, salaires éventuels, abonnements…
Ce budget permet :
- d’anticiper les besoins de trésorerie ;
- de fixer le montant des avances à verser par chaque associé ;
- de limiter les écarts entre les charges prévues et les dépenses réelles.
Cette pratique est encore plus utile quand la SCM regroupe plusieurs professionnels avec des besoins ou des niveaux d’activité différents.
Tenir une comptabilité rigoureuse avec ventilation par membre
Sur le plan légal, une SCM n’a pas l’obligation de tenir une comptabilité complète, notamment si les associés sont imposés en BNC (bénéfices non commerciaux).
Toutefois, une comptabilité de trésorerie reste indispensable pour :
- suivre toutes les dépenses engagées ;
- calculer le résultat global de la SCM ;
- ventiler ce résultat entre les associés, selon la clé de répartition fixée.
En pratique, cela implique un enregistrement des opérations courantes (dépenses, paiements, avances, etc.) et une mise à jour régulière de l’état de la trésorerie.
S’équiper d’un logiciel de gestion ou faire appel à un comptable
Pour éviter les approximations ou les oublis, nous vous conseillons d’utiliser un logiciel de gestion adapté au SCM. Plusieurs logiciels permettent aujourd’hui d’automatiser les tâches chronophages.
Voici les fonctionnalités utiles à rechercher dans votre outil de gestion :
- Synchronisation bancaire avec le compte de la SCM pour récupérer automatiquement les opérations ;
- Répartition automatisée des charges selon la clé définie ;
- Édition et télétransmission de la déclaration 2036 ou 2035, 2065, 2042 pour les associés ;
- Archivage sécurisé des justificatifs comptables (valeur probante) ;
- Tableaux de bord en temps réel pour suivre l’état de la trésorerie.
Si votre SCM gère un volume de dépenses important ou évolue régulièrement, n’hésitez pas à faire appel à un expert-comptable. Il pourra aussi vous accompagner dans les mises à jour statutaires, dans l’établissement du budget ou dans le passage éventuel à une comptabilité plus complète.
Suivre régulièrement les dépenses et les refacturations
Le suivi mensuel ou trimestriel des charges réelles permet de comparer le réel au prévisionnel, d’ajuster les avances si nécessaire et d’éviter l’accumulation de soldes non réglés entre les membres.
FAQ - Questions fréquentes sur la gestion des charges en SCM
Une SCM peut-elle faire du bénéfice ?
Non, pas sur les charges refacturées à ses associés. Elle peut toutefois dégager un bénéfice si elle met à disposition des moyens humains et matériels à un tiers extérieur contre facturation.
Peut-on répartir les charges de manière inégale ?
Oui, à condition que cela soit clairement prévu dans les statuts. La répartition peut tenir compte de critères spécifiques comme : le temps de présence dans les locaux, la surface occupée, le volume d’activité de chaque membre, etc.
Est-il obligatoire d'avoir un comptable pour une SCM ?
Non, il n’y a aucune obligation légale d’avoir un comptable. C’est toutefois recommandé pour assurer une gestion optimale du partage des charges entre les associés et éviter les litiges.
Sources & références
Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F32042
Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F38429
Rédigé par Grégoire Charroyer
Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.
