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Les dividendes en EURL : ce qu'il faut savoir en 2026

Horloge

Temps de lecture : 13 min

Résumé de l'article

  • Dividende EURL : seule une EURL soumise à l'impôt sur les sociétés peut en distribuer.
  • Bénéfice distribuable : il se calcule après IS, dotation de la réserve légale et report à nouveau.
  • Règle des 10 % : la fraction dépassant 10 % du capital supporte les cotisations TNS d'environ 45 %.
  • Fiscalité : les dividendes relèvent du PFU de 30 % ou du barème progressif avec abattement de 40 %.
  • Salaire ou dividendes : à capital faible, la rémunération offre un meilleur net grâce à sa déductibilité.
  • Swapn accompagne les gérants d'EURL : bilan annuel attesté par un expert-comptable est accessible dès 29 € HT/mois, sans engagement.

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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 04 août 2026

Peut-on se verser des dividendes en EURL ?

Dès lors qu’elle opte pour l’IS, l’entreprise unipersonnelle à responsabilité détient le pouvoir (oui, EURL à le pouvoir) de distribuer la part des bénéfices non réinvestie. C’est l’associé-gérant qui statue seul sur la décision de l’associé.


En effet, la distribution n’est envisageable qu’après :

  1. L’établissement des comptes de l’exercice (bilan et compte de résultat) ;
  2. Le constat d’un chiffre d’affaires suffisant qui génère un résultat de la société positif ;
  3. Et la dotation de la réserve légale (5 % des profits jusqu’à 10 % du capital social.

En pratique, si l’EURL dont le capital libéré est intégral, les droits politiques et le gérant majoritaire de SARL qu’elle recouvre profite d’une grande flexibilité pour décider du paiement des dividendes.

Bon à savoir : si vous n'avez pas encore créé votre entreprise, vous pouvez consulter notre page sur la création d'une EURL en ligne gratuitement.

Quelle est la fiscalité des dividendes en EURL ?

Avant d’opter pour un mode d’imposition des dividendes, retenez que la fiscalité des dividendes en EURL oscille entre la flat tax par défaut et le barème progressif de l’Impôt sur le revenu, sachant que seule la part excédant 10 % du capital social supporte des cotisations sociales supplémentaires.

dividendes-eurl

1. La flat tax (PFU) : le régime par défaut

Le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % se ventile en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’EURL précompte le PFU et reverse la somme via le formulaire 2777-SD dans les 15 jours suivant le versement des dividendes. Cette imposition des dividendes est qualifiée de Flat tax.

2. L’option pour le barème progressif

L’option par l’associé s’exerce lors de la déclaration 2042 (case 2DC) et s’applique à “tous les revenus de capitaux mobiliers de l’année N”. Avant calcul, une application d’un abattement légal de 40 % s’opère sur le montant après abattement. Le solde rejoint le barème progressif (0 % à 45 %) tandis que les prélèvements sociaux restent dus sur le brut.

3. Cotisations sociales et seuil des 10 %

Seule la fraction des dividendes supérieure à 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants est soumise aux cotisations TNS (environ 45 %). En deçà : pas de cotisations, mais toujours 18,6 % de prélèvements sociaux, d’où l’intérêt d’un montage équilibré.

4. Récapitulatif chiffré

En un coup d'œil, ce tableau vous montre comment 10 000 € bruts se transforment selon le régime choisi : 7 000 € nets après flat tax contre un net variable (souvent supérieur) avec l’option pour le barème progressif dès lors que votre tranche marginale d’imposition reste basse.

Base brute

PFU

(31,4 %)

Net après PFU

Option barème

(ex. TMI 11 %)

Net après barème et PS

10 000 €

3 140 €

6 860 €

Abattement 40 % →

6 000 € × 11 % = 660 € IR + 1 720 € PS

7 620 €

Quelles sont les différences entre le salaire et les dividendes en EURL ?

En résumé, se verser un salaire procure cotisations et protection sociale, quand les dividendes qui sont fiscalisés à la flat-tax et soumis aux cotisations TNS uniquement au-delà de 10 % du capital social, offrent davantage de flexibilité mais aucune couverture personnelle.

 

Salaire

Dividendes en EURL

Fiscalité

déductible du compte de résultat ; soumis à l'impôt sur le revenu barème et cotisations

Imposition des dividendes via PFU ou barème progressif

Charges sociales

30-45 % mais ouvre droits (maladie, droits à la retraite)

Aucune couverture ; cotisations TNS supérieures à 10 % du capital social

Versement

Mensuel, fixe (sécurité)

Paiement des dividendes annuel, dépend des résultats de la société

Flexibilité

Faible, inscrit dans les statuts

Haute, on module le montant des dividendes selon la trésorerie

Stratégie

Rémunération nette stable

Solution de rémunération optimisée, mais variable

Bon à savoir : vous pouvez consulter notre article sur le statut d'assimilé-salarié pour approfondir cette différence entre revenus.

Quelles sont les conditions et comment se verser des dividendes en EURL ?

Avant tout versement, il convient de baliser un chemin rigoureux, de la vérification des bénéfices distribuables à l’affectation formelle en Assemblée générale. Ceci afin que chaque euro ponctionné sur le capital social respecte la légalité comptable et fiscale de l’EURL.

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1. Tenir une comptabilité régulière

Le gérant de l’EURL arrête les comptes de l’exercice (bilan et compte de résultat) puis procède à la gestion de l’EURL pour s’assurer qu’il existe un bénéfice distribuable. Il doit aussi établir l'annexe légale et inscrire les écritures dans un registre coté, daté, paraphé Sous six mois, l'associé unique approuve les comptes et affecte le résultat. Le bénéfice distribuable s'obtient après déduction des pertes antérieures et des dotations légales, puis ajout du report bénéficiaire.

2. Constater des bénéfices distribuables

Après déduction des impôts, des pertes antérieures et de la dotation obligatoire, on obtient les bénéfices distribuables. Le gérant salarié sous contrat peut alors envisager la distribution de dividendes.

3. Décider en assemblée générale

Même seul, l’associé rédige un procès-verbal d’Assemblée générale qui affecte le résultat et fixe le montant des dividendes. Il doit ensuite déposer ce procès-verbal au registre des décisions, notifier le comptable, orchestrer la génération du bordereau 2777-SD pour la retenue à la source, et, s’il y a lieu, consigner la décision dans le livre des assemblées afin d’assurer la parfaite opposabilité de la distribution aux tiers et autorités.

4. Établir le PV et verser

Le paiement des dividendes intervient sous 15 jours maximum. La société prélève aussitôt la flat tax, renseigne la télédéclaration 2777-SD sur impots.gouv.fr, puis règle les sommes dues. En fin d’exercice, elle récapitule l’ensemble des distributions dans la déclaration 2042, case 2DC, afin de mettre à jour la situation fiscale du bénéficiaire.

Bon à savoir : Publier une annonce légale n’est plus obligatoire pour une simple distribution dconseillée dividendes, mais reste conseillée pour certaines situations possibles (augmentation de capital, etc.).

Quels sont les avantages et inconvénients des dividendes en EURL ?

Parce qu’ils transforment la part des bénéfices en revenus disponibles, les dividendes d’une société unipersonnelle déploient un levier d’optimisation fiscale… à condition de bien mesurer leurs limites sociales et leur dépendance à la performance de l’EURL.

Quels sont les avantages des dividendes en EURL ?

Pour commencer, les charges sociales sont allégées. En effet, tant que le montant des dividendes n’excède pas 10 % du capital social, seule la flat tax (12,8 % IR + 18,6 % PS) s’applique et aucune cotisation TNS n’est due, ce qui préserve la rémunération nette de l’associé.

Ensuite, le gérant de l’EURL peut ajuster le paiement des dividendes en fonction des résultats de la société, dans le délai légal de neuf mois après clôture. Puis, en cumulant un salaire en EURL modéré (déductible du compte de résultat) et des dividendes, on équilibre protection sociale et optimisation fiscale.

Par ailleurs, l’option pour le barème progressif permet d’utiliser l’abattement de 40 % lorsque la tranche d’IR de l’associé est basse. C’est un abattement forfaitaire précieux pour les situations fiscales modestes. Enfin, la société pré-compte la flat tax via le formulaire 2777-SD et la reverse à l’Administration : l’associé n’a plus qu’à reporter le net en case 2DC de sa 2042.

Les inconvénients

Il en existe quelques-uns :

  • Les dividendes ne génèrent ni droits maladie ni droits à la retraite. Un versement exclusif de dividendes expose donc à l’absence de protection.
  • Si les comptes de l’exercice affichent des pertes ou si des pertes antérieures subsistent, les dividendes deviennent impossibles : la rémunération est alors nulle.
  • Une fois dépassé le fameux plafond de 10 % du capital social (et des primes/courants d’associé), la part excédentaire est réintégrée dans la base de cotisations sociales (environ 45 %), annihilant souvent le gain fiscal.
  • Contrairement au salaire, les dividendes ne diminuent pas l’impôt sur les sociétés. IIs pèsent donc sur la trésorerie avant même leur versement.
  • Enfin, chaque distribution impose un procès-verbal d’affectation, la télédéclaration 2777-SD et, in fine, un suivi précis du traitement des dividendes pour éviter tout différend avec l’Administration.
Bon à savoir : si vous êtes en micro-entreprise et que vous souhaitez passer en EURL, consultez notre guide : Passer de micro-entreprise à EURL : toutes les étapes (2026.

Dividendes en EURL

 

Dividendes en EURL : calcul, fiscalité et versement

Meta description : Comment verser des dividendes en EURL ? Calcul du bénéfice distribuable, règle des 10 %, fiscalité PFU ou barème et arbitrage salaire vs dividendes.

Résumé de l'article

  • Dividende EURL : seule une EURL soumise à l'impôt sur les sociétés peut en distribuer.
  • Bénéfice distribuable : il se calcule après IS, dotation de la réserve légale et report à nouveau.
  • Règle des 10 % : la fraction dépassant 10 % du capital supporte les cotisations TNS d'environ 45 %.
  • Fiscalité : les dividendes relèvent du PFU de 30 % ou du barème progressif avec abattement de 40 %.
  • Salaire ou dividendes : à capital faible, la rémunération offre un meilleur net grâce à sa déductibilité.
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Peut-on verser des dividendes en EURL ?

Avant de vous verser des dividendes en EURL, plusieurs conditions doivent être réunies. La première, souvent méconnue, concerne le régime fiscal de votre société.

Votre EURL doit être soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). À l'IR, régime par défaut de l'EURL, le bénéfice est directement imposé à votre nom dans votre déclaration personnelle. Il n'existe alors aucune distinction entre rémunération et bénéfice : la notion de dividendes ne s'applique pas.

Seul l'associé unique peut percevoir les dividendes. Un gérant non associé n'y a pas droit et ne perçoit que sa rémunération de gérance.

La distribution n'est possible que si l'EURL dégage un bénéfice distribuable après paiement de l'IS, imputation des pertes antérieures et dotation à la réserve légale. Sans bénéfice, pas de distribution.

Dernière distinction à garder en tête : la rémunération du gérant est une charge déductible du résultat, versée même en l'absence de bénéfice. Les dividendes, eux, sont prélevés sur le bénéfice net après impôt, une fois les comptes approuvés.

Bon à savoir : l'EURL est soumise à l'IR par défaut. Pour distribuer des dividendes, vous devez avoir opté pour l'IS auprès du service des impôts. Cette option est irrévocable passé un délai de 5 exercices.

Swapn accompagne gratuitement les créateurs d'EURL et les conseille sur le choix du régime fiscal (IR ou IS) en fonction de leur projet. Pour en savoir plus sur les impôts en EURL et comprendre les différences entre ces deux régimes, consultez notre guide dédié.

Comment calculer le montant des dividendes distribuables ?

Le montant que vous pouvez vous verser dépend du bénéfice distribuable de votre EURL. Ce calcul part du résultat comptable et passe par plusieurs étapes avant d'aboutir au montant réellement disponible.

Du résultat comptable au bénéfice distribuable

Quatre opérations successives déterminent le bénéfice distribuable :

  • Calculer l'IS sur le bénéfice avant impôt. Le taux réduit de 15 % s'applique sur les premiers 42 500 € de bénéfice (sous conditions de CA et de capital). Au-delà, le taux normal de 25 % prend le relais.
  • Soustraire l'IS pour obtenir le résultat net après impôt.
  • Doter la réserve légale : 5 % du résultat net, obligatoire tant que la réserve n'atteint pas 10 % du capital social.
  • Ajouter le report à nouveau créditeur des exercices précédents, le cas échéant.

Bénéfice distribuable = résultat net après IS - dotation à la réserve légale + report à nouveau créditeur

Exemple chiffré - calculer ses dividendes pas à pas

Prenons une EURL de prestation de services au capital social de 5 000 €, avec un bénéfice avant IS de 60 000 €.

Calcul de l'IS :

  • 15 % × 42 500 € = 6 375 €
  • 25 % × 17 500 € (60 000 - 42 500) = 4 375 €
  • IS total = 10 750 €

Résultat net après IS : 60 000 - 10 750 = 49 250 €

Réserve légale : la dotation obligatoire est de 5 % du résultat net, soit 2 462,50 €. Mais la réserve est plafonnée à 10 % du capital social (500 €). Si elle est vierge, la dotation se limite donc à 500 €.

Bénéfice distribuable : 49 250 - 500 = 48 750 €

Le gérant associé unique peut décider de distribuer tout ou partie de ce montant. Le solde non distribué est affecté au report à nouveau et reste disponible pour les exercices suivants.

Quelle fiscalité s'applique aux dividendes en EURL ?

La fiscalité des dividendes en EURL combine l'imposition sur le revenu et les cotisations sociales. Deux options s'offrent à vous pour l'IR, et une règle spécifique aux EURL alourdit la note au-delà d'un certain seuil.

Le prélèvement forfaitaire unique (flat tax)

Le PFU, ou flat tax, est le régime par défaut depuis 2018. Il s'applique automatiquement, sans démarche de votre part.

Son taux global est de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux porte sur le montant brut des dividendes, sans abattement.

En pratique, un acompte de 12,8 % est prélevé à la source lors du versement. Il est régularisé lors de votre déclaration annuelle de revenus de capitaux mobiliers. Vous pouvez demander une dispense de cet acompte si votre revenu fiscal de référence (N-2) est inférieur à 50 000 € (personne seule) ou 75 000 € (couple).

L'option pour le barème progressif de l'IR

Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année.

L'avantage : un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes avant application du barème. Seuls 60 % des dividendes entrent dans votre revenu imposable.

Les prélèvements sociaux (17,2 %) restent calculés sur le montant brut, sans abattement. En contrepartie, une fraction de la CSG (6,8 %) est déductible de votre revenu global l'année suivante.

Cette option est intéressante si votre taux marginal d'imposition (TMI) est de 11 % ou moins. Pour comparer les deux régimes en détail, consultez notre article sur le choix entre flat tax et barème progressif. Au-delà, le PFU devient généralement plus avantageux.

La règle des 10 % du capital social : cotisations sociales TNS

C'est la particularité de l'EURL par rapport à la SASU. La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du total formé par le capital social, les primes d'émission et les apports en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS (environ 45 %).

Seule la fraction restant sous ce seuil de 10 % est soumise aux seuls prélèvements sociaux de 17,2 %.

Exemple concret : votre EURL a un capital de 5 000 €, sans prime d'émission ni compte courant d'associé. Le seuil est de 10 % × 5 000 = 500 €. Sur 20 000 € de dividendes, seuls 500 € échappent aux cotisations TNS. Les 19 500 € restants supportent environ 45 % de cotisations.

Avec un capital de 1 000 € (fréquent en EURL), le seuil tombe à 100 €. La quasi-totalité des dividendes subit alors les cotisations TNS. En contrepartie, ces cotisations génèrent des droits à la retraite et à l'assurance maladie, contrairement aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour mieux comprendre ce statut social, consultez notre guide sur le statut du travailleur non salarié.

Bon à savoir : augmenter le capital social ou effectuer des apports en compte courant d'associé permet de relever le seuil de 10 % et de réduire la fraction soumise aux cotisations TNS. Les apports en compte courant d'associé en EURL ont l'avantage de rester récupérables, contrairement au capital qui est immobilisé.

Tableau comparatif - PFU vs barème progressif selon le montant

Voici le net perçu pour trois niveaux de dividendes, selon l'option fiscale choisie. Hypothèses : capital 5 000 €, célibataire sans enfant, pas d'autres revenus significatifs, cotisations TNS estimées à 45 %.

Dividendes bruts Cotisations TNS (> 500 €) PS (≤ 500 €) IR - PFU (12,8 %) IR - Barème Net perçu PFU Net perçu Barème
10 000 € 4 275 € 86 € 1 280 € 0 € 4 359 € 5 639 €
20 000 € 8 775 € 86 € 2 560 € 55 € 8 579 € 11 084 €
40 000 € 17 775 € 86 € 5 120 € 1 375 € 17 019 € 20 764 €

Dans les trois cas, le barème progressif est plus avantageux. Sans autres revenus, le TMI reste à 0 % ou 11 %, bien en dessous du taux forfaitaire de 12,8 %. Le PFU devient intéressant à partir d'un TMI de 30 %, c'est-à-dire lorsque vos revenus globaux dépassent environ 29 300 € de revenu imposable.

Comment verser les dividendes en EURL ? Les étapes

La distribution de dividendes en EURL suit un formalisme précis, de la clôture des comptes au versement effectif. Voici les quatre étapes à respecter :

  • Finaliser le bilan et le compte de résultat de l'exercice
  • Valider les comptes et fixer le montant à distribuer
  • Consigner la décision dans un procès-verbal officiel
  • Effectuer le paiement et remplir les obligations déclaratives

Étape 1 - Clôturer les comptes annuels

La première étape consiste à établir le bilan, le compte de résultat et l'annexe de votre EURL. Ces documents doivent refléter fidèlement la situation financière de l'exercice écoulé.

Faire certifier vos comptes par un expert-comptable est recommandé (et obligatoire si votre EURL a un commissaire aux comptes). Les comptes doivent être approuvés dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice.

Chez Swapn, cabinet inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables, la comptabilité tout-en-un démarre à 29 € HT/mois, bilan annuel certifié et liasse fiscale inclus.

Étape 2 - Approuver les comptes et décider la distribution

En EURL, l'associé unique approuve les comptes par décision unilatérale. Il n'y a pas d'assemblée générale au sens strict.

Vous décidez alors de l'affectation du résultat : dividendes, report à nouveau, réserves facultatives, ou une combinaison des trois. Le délai maximum pour décider la distribution est de 9 mois après la clôture de l'exercice.

Étape 3 - Rédiger le procès-verbal de décision

Le procès-verbal de décision de l'associé unique formalise votre choix. Il mentionne le montant du bénéfice, la dotation à la réserve légale et le montant distribué en dividendes.

Ce document doit être inscrit au registre des décisions de l'associé unique. Conservez-le précieusement : il sert de justificatif en cas de contrôle fiscal.

Étape 4 - Verser les dividendes et déclarer

Le versement effectif des dividendes doit intervenir dans les 9 mois suivant la clôture. Lors du paiement, l'EURL prélève à la source l'acompte fiscal de 12,8 % (sauf dispense) et les prélèvements sociaux de 17,2 % sur la fraction sous le seuil de 10 %.

Côté déclaratif, l'EURL transmet l'imprimé fiscal unique (IFU, formulaire 2561) à l'administration fiscale avant le 15 février de l'année suivante. En tant que gérant, vous reportez les dividendes perçus sur votre déclaration de revenus, case 2DC. Si vous optez pour le barème progressif, cochez la case 2OP.

Bon à savoir : le versement des dividendes doit intervenir dans les 9 mois suivant la clôture de l'exercice. Au-delà de ce délai, la distribution est considérée comme irrégulière et peut être requalifiée par l'administration fiscale.

Dividendes ou salaire en EURL : comment arbitrer ?

Le choix entre dividendes et rémunération du gérant en EURL dépend de votre situation personnelle, de vos objectifs patrimoniaux et de votre besoin en protection sociale. Voici les atouts de chaque option, puis un cas pratique chiffré pour trancher.

Avantages et inconvénients des dividendes

Critère Dividendes Rémunération du gérant
Protection sociale Aucun droit sous le seuil de 10 % Complète (maladie, retraite, IJ)
Coût fiscal global IS + IR + cotisations TNS au-delà du seuil Cotisations TNS + IR, déductible de l'IS
Simplicité administrative Pas de fiche de paie, décision annuelle Déclarations sociales trimestrielles
Flexibilité de versement Conditionné au bénéfice distribuable Versement libre, même sans bénéfice
Droits retraite Uniquement au-delà du seuil de 10 % Dès le premier euro cotisé
Prévisibilité du net Taux fixe (PFU) sur la fraction ≤ seuil Variable selon barème et cotisations

Avantages et inconvénients de la rémunération du gérant

La rémunération du gérant d'EURL TNS génère des droits sociaux complets : retraite de base et complémentaire, assurance maladie, indemnités journalières. Elle est déductible du résultat imposable à l'IS, ce qui réduit la charge fiscale globale de l'EURL.

Le taux de cotisations TNS est d'environ 45 % du net, avec une régularisation annuelle décalée. Pour valider 4 trimestres de retraite, un revenu annuel minimum d'environ 7 212 € est nécessaire.

Le risque du tout-dividendes : si vous ne vous versez aucune rémunération, vous ne validez aucun trimestre de retraite (sauf sur la fraction de dividendes soumise aux cotisations TNS). Votre couverture maladie et vos indemnités journalières sont aussi réduites.

Quelle répartition optimale ? Cas pratique

Prenons un gérant d'EURL avec un CA de 80 000 €, des charges d'exploitation de 15 000 € et un capital de 5 000 €. Le résultat avant rémunération est de 65 000 €.

  Tout en rémunération Rémunération + dividendes
Rémunération nette 30 000 € 8 000 €
Cotisations TNS sur rémunération 13 500 € 3 600 €
IS 3 225 € 9 100 €
Dividendes bruts 0 € 20 000 €
Cotisations TNS sur dividendes 0 € 8 775 €
PS sur dividendes 0 € 86 €
IR du gérant (barème) 1 705 € 847 €
Net perçu par le gérant 28 295 € 18 292 €
Trésorerie conservée en EURL 18 275 € 23 800 €
Trimestres retraite validés 4 4

Le constat est net : en EURL avec un capital de 5 000 €, la rémunération génère un net perçu supérieur de 10 003 €. Le salaire est déductible de l'assiette IS, ce qui réduit l'impôt sur les sociétés (3 225 € contre 9 100 €). Les dividendes au-delà du seuil de 10 % supportent les mêmes cotisations TNS que le salaire, sans cet avantage de déductibilité.

La stratégie mixte reste pertinente si vous souhaitez conserver davantage de trésorerie dans l'entreprise ou lisser votre rémunération d'une année sur l'autre. Pour aller plus loin sur ce sujet, notre article sur le salaire du gérant en EURL détaille les mécanismes de rémunération. Mais en termes de net perçu, la rémunération est plus efficace en EURL.

Dividendes EURL vs SASU : quelles différences ?

La fiscalité des dividendes diffère fortement entre EURL et SASU. Le tableau ci-dessous résume les quatre critères clés.

Critère EURL SASU
Cotisations sociales sur dividendes ~45 % au-delà de 10 % du capital (cotisations TNS) Aucune cotisation sociale
Imposition des dividendes PFU 30 % ou barème progressif (abattement 40 %) PFU 30 % ou barème progressif (abattement 40 %)
Protection sociale du dirigeant TNS (~45 % de cotisations sur rémunération) Assimilé salarié (~75-80 % sur rémunération brute)
Formalisme de versement Décision de l'associé unique Décision de l'associé unique

Les dividendes en SASU ne supportent que le PFU de 30 % (ou le barème progressif), sans cotisations sociales. Pour comprendre en détail le fonctionnement des dividendes en SASU, consultez notre article dédié. Avec un capital faible et des dividendes élevés, la SASU est donc plus avantageuse sur la seule imposition des dividendes.

Mais attention au coût global : la rémunération du président de SASU (assimilé salarié) supporte des cotisations d'environ 75-80 % du brut, contre ~45 % pour le gérant TNS d'EURL. Le choix entre les deux formes juridiques dépend donc de votre stratégie de rémunération globale, pas uniquement du traitement des dividendes.

Les questions fréquentes sur les dividendes en EURL

Est-ce qu'une EURL à l'IR peut verser des dividendes ?

Non. Les dividendes ne sont possibles qu'en EURL soumise à l'IS. À l'IR, le bénéfice est directement imposé au nom du gérant dans sa déclaration personnelle, sans distinction entre rémunération et dividendes.

Comment sont taxés les dividendes en EURL en 2026 ?

Les dividendes sont soumis au PFU de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) par défaut. Vous pouvez opter pour le barème progressif avec un abattement de 40 %. La fraction excédant 10 % du capital social est aussi soumise aux cotisations sociales TNS.

Quelle est la différence entre dividendes EURL et dividendes SASU ?

En EURL, les dividendes au-delà de 10 % du capital sont soumis aux cotisations TNS (~45 %). En SASU, les dividendes ne supportent que le PFU ou le barème progressif, sans cotisations sociales. En revanche, la rémunération du président de SASU coûte plus cher en cotisations (~75-80 %).

Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes en EURL ?

En EURL avec un capital faible, la rémunération est souvent plus efficace : elle réduit l'IS et génère des droits sociaux complets. La stratégie recommandée est un salaire suffisant pour valider vos 4 trimestres de retraite (environ 7 212 € annuels), complété éventuellement par des dividendes.

Quel est le seuil des 10 % du capital social pour les dividendes en EURL ?

Les dividendes dépassant 10 % du total (capital social + primes d'émission + apports en compte courant d'associé) sont soumis aux cotisations TNS. Avec un capital de 1 000 €, seuls 100 € échappent à ces cotisations. Augmenter le capital ou apporter en compte courant relève ce seuil.

Peut-on se verser des dividendes en EURL la première année ?

Oui, à condition que l'EURL soit à l'IS et qu'elle dégage un bénéfice distribuable après le premier exercice. Le premier exercice est souvent déficitaire (frais de lancement), ce qui rend la distribution impossible. Le versement doit intervenir dans les 9 mois suivant la clôture.

Combien coûte le versement de dividendes en EURL ?

Le coût dépend du montant distribué et du capital social. Pour 20 000 € de dividendes avec un capital de 5 000 €, comptez environ 30 % sur la fraction sous le seuil (500 €) et environ 45 % de cotisations TNS sur le reste (19 500 €). Le net perçu varie entre 55 % et 70 % du brut selon votre situation. Utilisez notre simulateur EURL pour calculer votre revenu net gratuitement.

Comment déclarer les dividendes d'une EURL aux impôts ?

L'EURL transmet l'imprimé fiscal unique (IFU, formulaire 2561) à l'administration avant le 15 février de l'année suivant le versement. Vous reportez les dividendes sur votre déclaration de revenus, case 2DC. Pour opter pour le barème progressif, cochez la case 2OP.

Puis-je augmenter le capital de mon EURL pour réduire les cotisations sur les dividendes ?

Oui. Passer de 1 000 € à 20 000 € de capital porte le seuil de 100 € à 2 000 €. Les fonds apportés sont toutefois immobilisés. Alternative : les apports en compte courant d'associé entrent aussi dans le calcul du seuil et restent récupérables.

Les dividendes en EURL ouvrent-ils des droits à la retraite ?

La fraction soumise aux cotisations TNS (au-delà de 10 % du capital) génère des droits à la retraite et à l'assurance maladie. La fraction sous le seuil, soumise uniquement aux prélèvements sociaux (17,2 %), n'ouvre aucun droit. Un minimum de rémunération reste conseillé pour sécuriser votre couverture sociale. Pour anticiper votre retraite, découvrez également le Plan d'Épargne Retraite pour les gérants d'EURL.

Sources & Références

Service-Public : Fiscalité des dividendes perçus par les associés

URSSAF : Indépendant : comprendre vos cotisations

Impôts.gouv.fr : Comment sont imposées les valeurs mobilières ?

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