Sommaire
Résumé de l'article
- La cession d'actions en SASU : elle transfère des titres à un tiers et peut transformer la SASU en SAS pluripersonnelle sans dissolution.
- Le droit d'enregistrement est de 0,1 % : calculé sur le prix de cession avec un minimum de 25 €, il se déclare directement sur impots.gouv.fr.
- La plus-value de cession est imposée à 30 % : le PFU combine 12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec option pour le barème progressif.
- Trois clauses statutaires encadrent la cession : agrément, préemption et inaliénabilité permettent de contrôler l'entrée d'un nouveau porteur dans le capital.
- Swapn prend en charge la création de votre SASU : statuts rédigés sous 24h, formalités incluses et conseiller dédié, pour 0 €.
Qu’est‑ce qu’une cession d’actions en SASU ?
La cession d’actions en SASU désigne le transfert de propriété de tout ou partie des titres détenus par l’associé unique à un tiers, qu’il s’agisse d’un nouvel associé ou d’un investisseur externe. Grâce à cette opération, la SASU unipersonnelle peut devenir une SAS pluripersonnelle sans dissolution : il suffit de mettre à jour le Kbis sur Infogreffe et le registre des titres. Même si la SASU n’a qu’un actionnaire initial, ce mécanisme permet de transformer la structure en SAS pluripersonnelle en un simple enregistrement au RCS, sans passer par une dissolution.
Pour en savoir plus : Le statut de l’associé unique en SASU
Dans quels cas peut‑on céder les actions d’une SASU ?
Découvrez à présent les situations concrètes qui motivent ce transfert de titres.

- Départ à la retraite : L’associé unique peut souhaiter préparer sa succession en transmettant progressivement ses actions à un successeur, ce qui évite la liquidation de la société.
- Quitter le projet : Vous souhaitez vous désengager ? Vendre vos actions à un investisseur ou à un nouvel associé permet de céder votre participation tout en préservant la pérennité de l’entreprise.
- Transmission familiale : Pour intégrer un membre de la famille (enfants, neveux, cousins), la cession d’actions en SASU facilite la transmission patrimoniale sans rupture d’activité.
- Rachat par un dirigeant : Le management buy‑out (MBO) offre la possibilité au dirigeant en place de racheter les actions, ce qui renforce son contrôle et son engagement dans la société.
- Fusion‑acquisition : En cas d’intégration dans un groupe plus vaste, la cession d’actions devient l’instrument privilégié pour céder tout ou partie du capital à un autre acteur économique.
Pour aller plus loin : vous pouvez consulter notre page sur la SASU et le salarié.
Quelles sont les étapes et formalités pour céder ou vendre les actions d'une SASU ?
Après avoir identifié les contextes de cession, détaillons désormais chaque étape et formalité indispensables pour sécuriser votre opération.
1. Projet de cession
Rédigez une lettre d’intention claire, spécifiant le prix proposé, les conditions suspensives et le calendrier prévisionnel de la transaction.
2. Accord des parties
Obtenez la signature du cédant et du cessionnaire sur le projet de lettre d’intention, validant l’engagement réciproque avant de passer à l’acte définitif.
3. Acte de cession
Élaborez l’acte de cession d’actions, en y insérant les clauses d’agrément, de préemption et d’inaliénabilité prévues par vos statuts pour encadrer le transfert.
4. Information des salariés
Si la reprise d’effectif est concernée, informez les salariés conformément aux dispositions légales (reprise d’entreprise, maintien des contrats de travail).
5. Droit d’enregistrement cession de parts
Déclarez la cession en ligne sur impots.gouv.fr ou via le Cerfa n° 2759, en acquittant le droit d’enregistrement de 0,1 % du prix de cession (avec un minimum de 25 €).
6. Mise à jour du registre des mouvements de titres
Inscrivez chaque transaction dans le registre interne des mouvements de titres et, le cas échéant, dans le registre des actionnaires pour conserver la traçabilité du capital.
7. Modification statutaire
Si la cession modifie la répartition du capital, la présidence, l’objet social ou le siège, procédez à la mise à jour des statuts et déposez les nouveaux documents au greffe.
Clauses pour cession d’actions et agrément SASU
- Agrément : nécessite l’accord des associés existants avant toute cession.
- Préemption : offre prioritairement aux associés l’achat des titres.
- Inaliénabilité : interdit toute cession pendant une durée déterminée (période de stabilité).
Bon à savoir : Pour chaque création de SASU, la liste des souscripteurs (identité et nombre d’actions souscrites) est un document indispensable à joindre au dossier d’immatriculation. Vous pouvez retrouver un modèle prêt à l’emploi et toutes les explications détaillées sur la liste des souscripteurs en SASU sur le blog de Swapn.
Quelle est la fiscalité applicable à la cession d'actions d'une SASU ?
Pour la cession d’actions en SASU, deux régimes fiscaux principaux se présentent au cédant.
Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou « flat tax ») à 30 %
Le PFU regroupe un impôt sur le revenu à 12,8 % et des prélèvements sociaux à 17,2 % sur le montant de la plus‑value réalisée lors de la cession d’actions.
Imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu
En alternative au PFU, le cédant peut choisir l’imposition au barème progressif. Dans ce cas, un abattement pour durée de détention s’applique uniquement aux actions acquises avant le 1ᵉʳ janvier 2018 :
- 50 % d’abattement si les titres sont détenus entre 2 et 8 ans.
- 65 % d’abattement si les titres sont détenus plus de 8 ans.
Le choix entre PFU et barème dépend de la taille de votre plus‑value et de votre situation fiscale :
- Pour une plus‑value élevée, le PFU offre souvent une meilleure prévisibilité.
- Pour une petite plus‑value, le barème progressif peut s’avérer plus avantageux si vous bénéficiez d’un taux marginal d’imposition faible et d’abattements significatifs.
Quelles précautions faut-il prendre avant cession ?
Avant de vous lancer dans la cession d’actions, préparez soigneusement votre dossier et sécurisez chaque étape pour éviter les mauvaises surprises :
- Audit financier et juridique
Confiez à un expert-comptable et à un avocat l’analyse du bilan, des dettes et des engagements de la société, afin d’anticiper tout passif caché. - Valorisation indépendante
Faites appel à un commissaire aux apports ou à un cabinet spécialisé pour évaluer la juste valeur de vos titres et garantir l’équité de la transaction. - Vérification des impacts statutaires
Contrôlez les conséquences de la cession sur les mandats en cours (président, DG), les baux commerciaux et les conventions réglementées. - Rédaction rigoureuse de l’acte
Faites détailler dans l’acte de cession les garanties d’actif et de passif, pour couvrir tout redressement ou litige postérieur.
En respectant ces recommandations, vous établissez un cadre transparent et sécurisé pour la cession d'actions. Vous protégeant ainsi autant le cédant que le cessionnaire. N’hésitez pas à vous faire accompagner tout au long du processus pour gagner en sérénité.
Pour en savoir plus : SASU vs EURL : Quel statut choisir ?
FAQ : vos questions sur la cession d’actions SASU
Peut‑on céder à une personne morale ?
Oui. Une personne morale (société, association, etc.) peut acquérir tout ou partie des actions d’une SASU. Cela permettra à l’entreprise cessionnaire de devenir associée et, le cas échéant, de transformer la SASU en SAS pluripersonnelle.
Faut‑il enregistrer au greffe ?
Non. L’obligation principale est l’enregistrement fiscal de la cession auprès du service des impôts via le formulaire Cerfa n° 2759. L’inscription au greffe n’est requise que si la cession entraîne une modification statutaire (capital, président, siège social, objet).
Quel droit d’enregistrement ?
Le droit d’enregistrement s’élève à 0,1 % du prix de cession, avec un montant minimal de 25 €. Ce droit est acquitté lors du dépôt de la déclaration de cession auprès de l’administration fiscale.
La SASU devient‑elle automatiquement une SAS ?
Oui. Dès lors que la SASU compte plus d’un associé à la suite d’une cession, elle perd son caractère unipersonnel et devient par nature une SAS, sans autre formalité que la mise à jour des statuts.
La cession entraîne‑t‑elle un changement de président ?
Pas nécessairement. Le changement de président dépend des stipulations statutaires (clause de modification de direction) et de l’accord des associés. La cession d’actions ne modifie pas automatiquement la présidence, sauf disposition contraire.
Peut‑on réaliser une cession gratuite ?
Oui. La cession à titre gratuit (donation) est possible : elle suit la même procédure qu’une cession onéreuse, avec un acte spécifique et un enregistrement fiscal au titre des droits de mutation à titre gratuit (avec abattements selon le lien de parenté).
Est-il possible de céder des actions à titre gratuit ?
Oui. Une donation d’actions en SASU suit la même procédure qu’une cession : rédaction et signature de l’acte (notarié ou sous seing privé), enregistrement fiscal et inscription au registre des mouvements de titres (et au registre des actionnaires le cas échéant). Sur le plan fiscal, elle est soumise aux droits de mutation à titre gratuit, avec abattements selon le lien de parenté, plutôt qu’au droit d’enregistrement de 0,1 %. Enfin, l’entrée d’un nouveau porteur transforme la SASU en SAS.
Sources & références
Légifrance - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006264458/
Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37373
Rédigé par Grégoire Charroyer
Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.
