Décès du gérant de SARL : démarches et anticipation
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SASU agricole : avantages, limites et alternatives
Temps de lecture : 10 min
Résumé de l'article
- SASU agricole : une société par actions simplifiée dont l'objet porte sur une activité agricole.
- Régime social : le président rémunéré est assimilé-salarié, avec la MSA comme organisme collecteur.
- Cotisations élevées : elles atteignent 75 à 82 % du salaire net versé contre 45 % en EURL.
- Fiscalité souple : l'IS s'applique par défaut avec un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 €.
- Alternatives : l'EARL ouvre les aides agricoles réservées, la micro-BA teste un faible chiffre d'affaires.
Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 28 août 2026
Quels sont les avantages de la SASU pour une activité agricole ?
La SASU agricole est une société par actions simplifiée unipersonnelle dont l'objet social porte sur une activité agricole au sens de l'article L.311-1 du Code rural : culture, élevage, exploitation forestière, mais aussi activités de prolongement (transformation et vente des produits de l'exploitation) et activités connexes comme l'agritourisme ou la méthanisation.
Commerciale par la forme, agricole par l'objet, elle attire de plus en plus d'entrepreneurs qui veulent lancer un projet en maraîchage, viticulture, apiculture, aquaculture ou polyculture avec un cadre juridique souple. Voici ses principaux atouts.
Une responsabilité limitée aux apports
En SASU, le patrimoine personnel de l'associé unique est protégé. Seul le montant du capital investi dans la société est engagé en cas de difficulté financière. Si votre exploitation rencontre des impayés ou des dettes fournisseurs, vos biens personnels (maison, véhicule, épargne) restent hors de portée des créanciers, sauf faute de gestion.
C'est un avantage net par rapport à l'entreprise individuelle agricole, où la séparation des patrimoines est moins étanche en pratique.
Le régime assimilé-salarié du président
Le président rémunéré d'une SASU agricole est affilié au régime général de la sécurité sociale, avec la MSA (Mutualité Sociale Agricole) comme organisme collecteur. Concrètement, il bénéficie de la même couverture maladie-maternité qu'un salarié et cotise au régime de retraite de base et complémentaire (AGIRC-ARRCO). Sa couverture d'assurance vieillesse est supérieure à celle d'un travailleur non salarié (TNS) agricole.
Pour tout comprendre sur ce statut d'assimilé salarié, ses droits et ses obligations, il est utile de s'y référer avant de faire votre choix.
Bon à savoir : Ce statut d'assimilé-salarié a un revers : les cotisations sont plus élevées (voir la section sur les limites). Et si le président ne se verse aucune rémunération, il ne cotise à aucun régime et n'a aucune couverture sociale.
Une fiscalité souple (IS ou IR)
La SASU est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS). Le taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (sous condition de CA inférieur à 10 M€), puis le taux normal de 25 % prend le relais.
L'associé unique peut aussi opter pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant 5 exercices maximum, à condition que la société ait moins de 5 ans, moins de 50 salariés et un CA inférieur à 10 M€. Les bénéfices sont alors imposés dans la catégorie des bénéfices agricoles (BA) au barème progressif. Le fonctionnement de la SASU à l'impôt sur le revenu mérite d'être étudié en détail avant d'exercer cette option.
L'arbitrage entre rémunération et dividendes est un autre paramètre : en SASU, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis à la flat tax de 31,4 % (prélèvement forfaitaire unique), ce qui peut réduire la charge globale par rapport à une rémunération intégrale.
Bon à savoir : Pour approfondir ce choix, la question salaire ou dividende en SASU est traitée en détail ailleurs sur le site.
Une liberté statutaire totale
Les statuts d'une SASU sont librement rédigés. Vous définissez les règles de fonctionnement sur mesure : conditions de prise de décision, modalités de cession d'actions, clause de variabilité du capital. Aucun capital minimum n'est imposé (1 € suffit légalement). Et si un associé rejoint le projet plus tard, le passage de SASU en SAS se fait par simple cession ou émission d'actions, sans créer une nouvelle société. La procédure pour transformer une SASU en SAS est relativement simple sur le plan administratif.
Quelles sont les limites de la SASU agricole ?
La SASU n'est pas le statut idéal dans toutes les situations. Avant de vous lancer, mesurez ces trois inconvénients qui pèsent sur la trésorerie et l'accès aux dispositifs agricoles.
Des cotisations sociales élevées sur la rémunération

C'est le principal frein. Les cotisations sociales du président assimilé-salarié atteignent environ 75 à 82 % du salaire net versé (charges patronales et salariales cumulées), contre ~45 % pour un gérant TNS affilié à la MSA en EURL. Pour une vue d'ensemble des charges sociales en SASU, les chiffres sont détaillés avec des exemples concrets.
Prenons un exemple concret. Pour un salaire net de 2 000 € par mois :
- En SASU : cotisations sociales d'environ 1 560 €, soit un coût total pour la société de ~3 560 €/mois
- En EURL : cotisations TNS d'environ 900 €, soit un coût total de ~2 900 €/mois
La différence atteint ~660 € par mois, soit près de 7 900 € sur une année. Pour une exploitation agricole en phase de lancement, où la trésorerie est souvent tendue, ce surcoût peut peser lourd.
Bon à savoir : en l'absence de rémunération, le président de SASU ne paie aucune cotisation sociale, mais il ne bénéficie d'aucune couverture (maladie, retraite, prévoyance). Si vous optez pour une rémunération uniquement en dividendes, pensez à souscrire une assurance complémentaire.
Des obligations comptables et administratives lourdes
La SASU impose une comptabilité d'engagement complète : bilan, compte de résultat, annexes. Chaque année, l'associé unique doit approuver les comptes (décision de l'associé unique, équivalent de l'assemblée générale) et les déposer au greffe du tribunal de commerce. Si le président est rémunéré, un bulletin de paie doit être établi chaque mois. L'ensemble des obligations comptables en SASU est encadré par la loi et ne souffre aucune exception.
Ces obligations impliquent un coût et du temps. Swapn propose un accompagnement comptable tout-en-un dès 29 € HT/mois, avec bilan certifié par un expert-comptable inclus, pour simplifier la gestion de votre SASU agricole.
L'impossibilité d'accéder à certains dispositifs agricoles
La SASU, société commerciale par la forme, ne donne pas accès à tous les dispositifs réservés aux formes sociétaires spécifiquement agricoles. Le bail rural cessible, par exemple, est réservé aux EARL et aux GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun). Certaines aides à l'installation, comme la Dotation Jeune Agriculteur (DJA), peuvent être conditionnées à un statut d'exploitant agricole dans une forme reconnue. Enfin, certaines coopératives agricoles exigent un statut spécifiquement agricole pour accepter l'adhésion d'un nouvel exploitant.
SASU, EARL, EURL ou micro-entreprise agricole : quel statut choisir ?
Le choix du statut dépend de votre situation personnelle, du niveau de chiffre d'affaires visé et de vos priorités (protection sociale, accès aux aides, simplicité). Pour vous aider à y voir clair, un simulateur de statut juridique en ligne peut vous orienter rapidement. Voici un comparatif pour y voir clair.
Tableau comparatif des statuts agricoles
| Critère | SASU | EARL | EURL | Micro-entreprise agricole |
|---|---|---|---|---|
| Capital minimum | 1 € | 7 500 € | 1 € | Aucun |
| Nombre d'associés | 1 | 1 à 10 (exploitants) | 1 | 1 |
| Régime social du dirigeant | Assimilé-salarié | TNS agricole (MSA) | TNS agricole (MSA) | TNS agricole (MSA) |
| Organisme de rattachement | MSA | MSA | MSA | MSA |
| Fiscalité par défaut | IS | IR (bénéfices agricoles) | IR (option IS possible) | IR (micro-BA) |
| Responsabilité | Limitée aux apports | Limitée aux apports | Limitée aux apports | Illimitée (patrimoine personnel) |
| Accès aux aides agricoles spécifiques | Limité | ✅ Complet | Limité | Limité |
| Formalités de création | Moyennes | Lourdes | Moyennes | Simples |
Bon à savoir : les formes sociétaires agricoles collectives (SCEA, GFA, GAEC) sont conçues pour des exploitations à plusieurs associés ou pour la gestion de foncier agricole. Si vous lancez un projet seul, le choix se concentre sur la SASU, l'EURL ou la micro-entreprise agricole.
SASU ou EARL : quelles différences ?
L'EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée) est une forme juridique créée spécifiquement pour le secteur agricole. Elle accueille de 1 à 10 associés, tous exploitants, et son gérant relève du régime des non-salariés agricoles à la MSA. Son capital minimum est de 7 500 €, contre 1 € pour la SASU.
L'EARL donne accès au bail cessible et à l'ensemble des aides agricoles (DJA, aides PAC sous certaines conditions). La SASU, elle, apporte plus de souplesse dans la rédaction des statuts et une meilleure couverture sociale pour le dirigeant.
Comment choisir ? Si votre projet est purement agricole et que vous voulez accéder aux dispositifs agricoles réservés, l'EARL est plus adaptée. Si votre activité mêle production agricole et transformation/commercialisation, ou si vous privilégiez la protection sociale du régime général, la SASU a l'avantage.
SASU ou micro-entreprise agricole : comment arbitrer ?
La micro-entreprise agricole (régime micro-BA) est le statut le plus simple pour démarrer. Les seuils de chiffre d'affaires sont de 91 900 € HT/an pour les ventes de produits agricoles et de 36 800 € HT/an pour les prestations de services. Les cotisations sont calculées sur un bénéfice forfaitaire (87 % du CA), sans comptabilité complète. Ces plafonds de la micro-entreprise sont susceptibles d'évoluer chaque année.
Le revers : la micro-entreprise ne protège pas le patrimoine personnel et ne permet pas de déduire les charges réelles. Si vos charges d'exploitation sont élevées (matériel agricole, intrants, foncier), le régime réel en SASU est plus avantageux fiscalement.
En pratique, la micro-entreprise agricole convient pour tester une activité avec un faible CA. Dès que le projet se structure, avec des investissements importants ou un CA qui dépasse les seuils, le passage en société (SASU ou EURL) s'impose. La démarche pour passer de la micro-entreprise à la SASU suit un processus précis qu'il vaut mieux anticiper.
SASU ou EURL agricole : le match des cotisations
En EURL, le gérant est TNS affilié à la MSA. Ses cotisations sociales atteignent environ 45 % de son revenu net, contre 75 à 82 % en SASU. Mais l'EURL a un inconvénient de taille : les dividendes versés au-delà de 10 % du capital social supportent des cotisations sociales (~45 %). En SASU, les dividendes sont soumis uniquement à la flat tax de 31,4 %, sans cotisations. Le fonctionnement de la flat tax sur les dividendes mérite d'être bien compris avant d'arbitrer entre les deux statuts.
Prenons un cas concret avec un bénéfice de 60 000 € avant rémunération du dirigeant.
Scénario SASU (rémunération modérée + dividendes) :
- Rémunération nette : 24 000 €/an
- Cotisations sociales (~78 %) : ~18 700 €
- Coût total de la rémunération : ~42 700 €
- Bénéfice imposable restant : ~17 300 € → IS à 15 % : ~2 600 €
- Dividendes distribuables : ~14 700 € → flat tax 31,4 % : ~4 600 €
- Dividendes nets perçus : ~10 100 €
- Revenu total net : ~34 100 €
Scénario EURL (tout en rémunération) :
- Rémunération nette : ~41 400 €
- Cotisations TNS (~45 %) : ~18 600 €
- Revenu total net : ~41 400 €
Avec un bénéfice de 60 000 €, l'EURL donne un revenu net supérieur d'environ 7 300 €. Mais le président de SASU bénéficie d'une meilleure couverture retraite grâce au régime général. Et plus le bénéfice augmente, plus la stratégie « faible rémunération + dividendes » en SASU devient compétitive, car les dividendes échappent aux cotisations sociales, contrairement à l'EURL. Pour aller plus loin sur ce point, les dividendes en SASU font l'objet d'un traitement fiscal spécifique qu'il faut maîtriser.
Quel régime social pour le président d'une SASU agricole ?
Le régime social du président est l'un des critères les plus importants dans le choix entre SASU et EURL agricole. Voici comment il fonctionne concrètement.
MSA ou régime général : comment ça fonctionne ?
La MSA est l'organisme qui collecte les cotisations sociales dans le secteur agricole. Mais le président rémunéré d'une SASU agricole ne relève pas du régime des non-salariés agricoles : il est rattaché au régime général de la sécurité sociale, avec le statut d'assimilé-salarié. C'est la MSA qui gère ses cotisations (et non l'URSSAF), mais la couverture est celle du régime général.
Cette distinction est souvent source de confusion. En résumé : l'interlocuteur est la MSA, mais les droits sont ceux d'un assimilé-salarié (comme tout président de SASU, quel que soit le secteur d'activité).
L'associé unique qui ne dirige pas la société mais participe aux travaux agricoles relève, lui, du régime des non-salariés agricoles à la MSA.
Bon à savoir : le président de SASU agricole non rémunéré n'est affilié à aucun régime de sécurité sociale. Il ne cotise ni au régime général, ni au régime des non-salariés agricoles. Si vous choisissez de vous rémunérer uniquement en dividendes, vous n'aurez aucune couverture sociale obligatoire.
Quelle couverture sociale concrète ?
Le président rémunéré d'une SASU agricole bénéficie de :
- Assurance maladie-maternité : prise en charge identique à celle d'un salarié (remboursements, indemnités journalières)
- Assurance vieillesse : cotisation au régime de retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO, avec des droits supérieurs à ceux d'un TNS agricole. La question de la retraite en SASU mérite une attention particulière dès la création de la société.
- Allocations familiales : couvertes par les cotisations
- Accidents du travail : non couverts automatiquement (contrairement à un salarié classique). Une assurance volontaire auprès de la MSA est recommandée
Cette couverture a un coût (les cotisations sont plus élevées qu'en EURL), mais elle garantit une meilleure protection, notamment pour la retraite.
Comment créer une SASU agricole en 6 étapes ?

La création d'une SASU agricole suit le même parcours qu'une SASU classique, avec une étape supplémentaire : l'affiliation à la MSA. Comptez environ 1 à 3 semaines pour l'ensemble des démarches.
- Rédiger des statuts avec un objet social agricole précis
- Constituer et verser le capital sur un compte bloqué
- Diffuser un avis de constitution dans un journal d'annonces légales
- Transmettre le dossier complet via le Guichet unique de l'INPI
- Déclarer l'activité auprès de la MSA du département
- Vérifier les autorisations nécessaires (capacité agricole, contrôle des structures)
Étape 1 - Rédiger les statuts de la société
Les statuts doivent contenir les mentions obligatoires : dénomination sociale, siège social, capital, durée de la société et surtout l'objet social. Celui-ci doit mentionner explicitement l'activité agricole exercée (maraîchage, élevage, viticulture, etc.) pour permettre le rattachement à la MSA. Une clause de variabilité du capital est recommandée pour faciliter les augmentations futures sans modifier les statuts. Un modèle de statuts SASU conforme peut servir de base de travail.
Étape 2 - Déposer le capital social
Le capital minimum légal est de 1 €. En pratique, un capital trop faible peut freiner l'obtention de financements bancaires. Un montant de 1 000 à 5 000 € est courant pour les exploitations agricoles en SASU. Le dépôt se fait auprès d'une banque, d'un notaire ou d'un établissement agréé, qui délivre une attestation de dépôt nécessaire à l'immatriculation. Tout ce qu'il faut savoir sur le dépôt de capital en SASU est disponible pour éviter les erreurs courantes.
Étape 3 - Publier une annonce légale
Un avis de constitution doit être publié dans un journal d'annonces légales du département du siège social. Le coût est d'environ 142 € HT en métropole pour une SASU. Les modalités de l'annonce légale en SASU (contenu obligatoire, délais, supports acceptés) sont encadrées par la réglementation.
Étape 4 - Déposer le dossier sur le Guichet unique (INPI)
Le dossier d'immatriculation se dépose en ligne sur le Guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Les pièces à joindre sont :
- Statuts signés
- Attestation de dépôt de capital
- Attestation de parution de l'annonce légale
- Pièce d'identité du président
- Déclaration de non-condamnation et de filiation
Les frais de greffe s'élèvent à environ 37,45 €. Swapn prend en charge gratuitement l'ensemble des formalités de création de votre SASU agricole, de la rédaction des statuts au dépôt du dossier sur le Guichet unique.
Étape 5 - S'affilier à la MSA
Cette étape est spécifique au secteur agricole. Vous devez déclarer votre activité auprès de la MSA du département dans les 30 jours suivant le début d'activité. L'affiliation conditionne votre couverture sociale et l'accès aux aides agricoles. La MSA vous attribuera un numéro d'exploitant.
Étape 6 - Obtenir les autorisations spécifiques (si nécessaire)
Selon votre projet, des autorisations supplémentaires peuvent être requises. La capacité agricole (diplôme ou expérience professionnelle) est exigée pour bénéficier de certaines aides comme la Dotation Jeune Agriculteur. Si la surface exploitée dépasse le seuil départemental, une autorisation d'exploiter (contrôle des structures) est nécessaire. Enfin, la SASU étant une société commerciale par la forme, elle est inscrite au registre du commerce et des sociétés (RCS), et non au registre de l'agriculture.
Quelle fiscalité pour une SASU agricole ?
La fiscalité de la SASU agricole repose sur trois axes : l'imposition des bénéfices, le choix entre IS et IR, et le régime de TVA applicable. Pour une vue d'ensemble, la fiscalité en SASU couvre l'ensemble de ces mécanismes.
L'impôt sur les sociétés (IS) : le régime par défaut
La SASU est soumise à l'IS par défaut. Le taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, à condition que le CA soit inférieur à 10 M€. Au-delà, le taux normal de 25 % s'applique.
L'IS permet de laisser les bénéfices dans la société pour autofinancer l'exploitation : achat de matériel agricole, acquisition de foncier, investissement dans une serre ou un bâtiment d'élevage. Le dirigeant n'est imposé personnellement que sur la rémunération et les dividendes qu'il se verse.
L'option pour l'impôt sur le revenu (IR)
L'option IR est possible pendant les 5 premiers exercices de la société, sous trois conditions cumulatives : société de moins de 5 ans, CA inférieur à 10 M€, moins de 50 salariés. Les bénéfices sont alors imposés dans la catégorie des bénéfices agricoles (BA) au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Cette option est intéressante si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 25 % (tranches à 0 %, 11 % ou 30 %). Au-delà, l'IS à 15 % sur les premiers 42 500 € est généralement plus avantageux. Pour arbitrer entre les deux régimes, la question flat tax ou barème progressif apporte des éléments de comparaison utiles.
TVA et régime agricole
Trois régimes de TVA sont accessibles aux SASU agricoles :
- Le remboursement forfaitaire de TVA (RRFA) : vous ne facturez pas la TVA à vos clients, mais vous percevez un remboursement forfaitaire sur vos ventes à des professionnels assujettis. Ce régime est réservé aux petites exploitations sous certains seuils de CA.
- Le régime simplifié agricole (RSA) : vous déclarez et payez la TVA une fois par an, avec des acomptes trimestriels. C'est le régime le plus courant pour les exploitations de taille moyenne.
- Le régime normal : déclaration mensuelle ou trimestrielle, adapté aux exploitations avec un CA élevé ou des investissements importants générant beaucoup de TVA déductible.
Le choix dépend de votre volume de CA et du type de clients (particuliers ou professionnels). Le régime de TVA en SASU suit des règles générales qui s'appliquent également à la SASU agricole.
Les questions fréquentes sur la SASU agricole
Peut-on exercer une activité agricole en auto-entrepreneur ?
Oui, sous le régime de la micro-entreprise agricole (micro-BA). Les seuils de chiffre d'affaires sont de 91 900 € HT/an pour les ventes de produits agricoles et de 36 800 € HT/an pour les prestations de services. Au-delà, il faut passer en société (SASU, EURL) ou en forme agricole (EARL).
Quelle est la différence entre une SASU agricole et une EARL ?
La SASU est une société commerciale par la forme, avec un président au régime assimilé-salarié. L'EARL est une forme spécifiquement agricole (1 à 10 associés exploitants), avec un gérant TNS affilié à la MSA. L'EARL donne accès au bail cessible et à certaines aides agricoles réservées.
Le président d'une SASU agricole cotise-t-il à la MSA ou au régime général ?
Les deux. La MSA collecte les cotisations dans le secteur agricole. Mais le président rémunéré relève du régime général de la sécurité sociale (statut d'assimilé-salarié), avec une couverture identique à celle d'un salarié pour la maladie, la retraite et les allocations familiales.
Quel est le capital minimum pour créer une SASU agricole ?
Le capital minimum légal est de 1 €. En pratique, un capital de 1 000 à 5 000 € est courant pour les exploitations agricoles, car un montant trop faible peut freiner l'accès aux financements bancaires. Pour savoir comment déterminer le capital d'une SASU, plusieurs critères sont à prendre en compte selon votre projet.
Quel est le meilleur statut pour un agriculteur seul ?
Cela dépend du projet. La SASU convient pour une bonne protection sociale et une stratégie dividendes. L'EURL est préférable pour minimiser les cotisations sociales. La micro-entreprise agricole est idéale pour tester une activité avec un CA inférieur à 91 900 €/an.
La SASU agricole est-elle soumise à l'IS ou à l'IR ?
Par défaut, la SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). Une option pour l'IR est possible pendant les 5 premiers exercices, sous conditions. À l'IR, les bénéfices sont imposés dans la catégorie des bénéfices agricoles (BA).
Combien coûte la création d'une SASU agricole ?
Les frais incompressibles sont d'environ 230 à 300 € : annonce légale (~142 € HT), frais de greffe (~37,45 €) et éventuels frais de dépôt de capital. La rédaction des statuts par un professionnel peut ajouter 500 à 1 500 € selon le prestataire choisi. Pour une estimation complète, le coût de création d'une SASU dépend aussi des options d'accompagnement retenues.
Peut-on transformer une SASU agricole en SAS ?
Oui. Il suffit de céder ou émettre des actions pour accueillir un ou plusieurs nouveaux associés. Aucune dissolution n'est nécessaire. Les formalités se limitent à une mise à jour des statuts et un dépôt au greffe.
Quelles sont les charges sociales d'un président de SASU agricole ?
Les cotisations sociales atteignent environ 75 à 82 % du salaire net versé (charges patronales et salariales). Pour un salaire net de 2 000 €/mois, le coût total pour la société est d'environ 3 560 €/mois. Sans rémunération, aucune cotisation n'est due.
Vaut-il mieux une SASU ou une EURL pour une exploitation agricole ?
La SASU donne une meilleure protection sociale (assimilé-salarié, retraite du régime général) mais des cotisations plus élevées (~78 % du net vs ~45 % en EURL). L'EURL est moins coûteuse en cotisations, mais les dividendes au-delà de 10 % du capital supportent des charges sociales. Pour un bénéfice élevé avec stratégie dividendes, la SASU peut être plus avantageuse. Une comparaison approfondie SASU ou EURL permet de trancher selon votre situation personnelle.
Sources & Références
Legifrance : Les activités agricoles - Articles L311-1 à L311-3 du Code rural
Service-Public : Prise de décisions dans une SASU
MSA : Le choix du statut juridique de votre activité agricole
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Rédigé par Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise depuis plus de 10 ans. Grégoire a pour objectif de rendre l’entrepreneuriat simple et accessible à tous en France.
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