Blog La création d'entreprise Clause d'agrément en SAS : rôle et intégration (2026)

Clause d'agrément en SAS : rôle et intégration (2026)

Auteur

Article mis à jour le 09/03/2026

Par Grégoire Charroyer

Grégoire Charroyer

Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.

Sommaire

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Résumé de l'article

  • La clause d'agrément permet de contrôler l'entrée de nouveaux associés : toute cession d'actions doit être approuvée par l'organe compétent avant d'être valide.
  • Les statuts doivent préciser les critères, les délais et les majorités : qualitatifs (compétences, réputation) ou quantitatifs (seuils de participation), ces éléments sécurisent la procédure.
  • En cas de refus d'agrément, un mécanisme de rachat s'active : la société ou un associé rachète les actions dans le délai prévu, souvent trois mois.
  • La clause d'agrément réduit la liquidité des titres : une décote de 10 % à 30 % est admise sur la valeur vénale des actions.
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Pourquoi inclure une clause d’agrément dans les statuts de la SAS ?

Les statuts d’une SAS doivent prévoir une clause d’agrément dans les cas suivants.

Garantir le contrôle du capital (cédant et cessionnaire)

La clause d’agrément permet aux fondateurs et associés de conserver la maîtrise de la structure actionnariale en validant l’entrée de chaque nouvel associé, évitant ainsi la dilution du pouvoir décisionnel.

Prévenir l’arrivée d’un actionnaire indésirable avec la vente des actions

En rendant la cession conditionnelle, la clause protège la société contre l’intrusion d’investisseurs dont le profil pourrait nuire à la stratégie ou à la réputation de la SAS, un point détaillé dans notre guide SASU vs SAS : Quel statut choisir ?

Assurer la continuité de la gestion de la société (cession de parts sociales SAS)

En stabilisant la composition du capital, elle renforce la pérennité et la cohérence de la gouvernance, comme expliqué dans le guide sur la création d’une SAS en ligne.

Quels sont les avantages d’une clause d’agrément en SAS ?

La clause d’agrément confère à la SAS une véritable stabilité actionnariale en permettant de filtrer les cessions, de sécuriser les intérêts des associés et de prévenir les tensions internes dès l’entrée de nouveaux détenteurs de titres.

Maintien de la stabilité actionnariale

La clause préserve l’harmonie entre les actionnaires existants en filtrant les entrées et en évitant les ambitions divergentes (voir plus en détail notre article sur la micro-entreprise ou la SAS.

Meilleure régulation des cessions d’actions

Elle institue un mécanisme clair et transparent pour la cession de parts sociales SAS, fixant procédures et délais pour sécuriser les transactions.

Prévention des conflits internes

En procurant un cadre formel de discussion et de vote sur chaque cession, la clause minimise les frictions et limite les conflits entre actionnaires (vous pouvez notre article dédié au pacte d'associés).

Quels sont les inconvénients de la clause d’agrément en SAS ?

La clause d’agrément peut néanmoins restreindre la liberté des actionnaires en complexifiant et ralentissant la cession des titres, ce qui peut générer des tensions et des coûts supplémentaires pour la société.

Limitation de la liberté des actionnaires

La cession peut devenir longue et complexe, restreignant la liquidité des titres et la capacité des associés à céder rapidement leurs actions.

Risque de conflits si l’agrément est refusé

Un refus sans justification précise peut engendrer un mécontentement et fragiliser les relations entre actionnaires.

Processus lent et complexe

Les délais de convocation, de vote et de notification, ainsi que les formalités d’enregistrement (via le droit d’enregistrement SAS), alourdissent la procédure et peuvent retarder la transmission des titres.

Comment rédiger une clause d’agrément dans les statuts de la SAS ?

La rédaction d’une clause d’agrément dans les statuts d’une SAS requiert précision et clarté : il s’agit de définir explicitement les modalités (identité des parties, nombre d’actions cédées, prix, organe compétent, notification et délais) qui encadreront la validation ou le refus de toute cession d’actions. L'objectif est de garantir un contrôle légalement robuste pour éviter les conflits futurs.

Les éléments essentiels à inclure

Pour être pleinement opérationnelle, votre clause d’agrément doit impérativement préciser :

  • Les catégories de cessions concernées : distinguer les cessions entre associés et celles à des tiers.
  • L’organe compétent pour donner ou refuser l’agrément : assemblée générale des actionnaires ou conseil d’administration.
  • Les conditions de majorité requises : unanimité ou majorité qualifiée (par exemple, 75 % des voix).
  • Les délais et modalités : délai de réponse de l’organe compétent et, en cas de refus, mécanisme et calendrier de rachat obligatoire des titres refusés.

Rédaction des critères d’agrément

La clause doit distinguer critères qualitatifs et critères quantitatifs pour évaluer chaque dossier de cession :

  • Critères qualitatifs : compétences professionnelles du cessionnaire (son expérience sectorielle, son réseau ou sa réputation) et sa capacité à contribuer au développement stratégique de la SAS.
  • Critères quantitatifs : plafond de participation maximale (par exemple, ne pas dépasser 20 % du capital), montants minimaux d’investissement ou ratios financiers que l’actionnaire entrant doit respecter.

En précisant ainsi des critères clairs, la société garantit la cohérence de l’actionnariat et sécurise ses orientations de long terme.

Bon à savoir : Nous mettons à disposition un modèle de statuts SAS gratuit et conforme.

Cas de figure et exemple pour l’agrément

La clause d’agrément doit aussi illustrer les situations concrètes où l’agrément peut être refusé ou accordé :

  • Acquisition par un concurrent direct : le comité d’agrément vérifiera que le cessionnaire n’exerce pas une activité concurrente susceptible de nuire à la SAS.
  • Transmission à un héritier : l’entrée d’un héritier peut être soumise à conditions (par exemple, validation de son engagement à poursuivre l’activité) afin de préserver la stabilité de la gouvernance.
  • Cession à un investisseur institutionnel : le seuil minimal de fonds propres ou la capacité de l’investisseur à soutenir financièrement la croissance peut entrer en ligne de compte.
  • Reprise par un tiers non-qualifié : toute cession à une personne n’ayant pas les compétences requises ou ne correspondant pas à la politique d’actionnariat définie pourra justifier un refus motivé.

En intégrant ces critères et exemples de cas de figure, la clause d’agrément devient un véritable garde-fou juridique. En effet, elle favorise un processus transparent, cohérent et défendable en cas de litige.

Qu'est-ce que la procédure d'agrément et la cession actions enregistrement ?

La procédure d’agrément définit un processus clair et sécurisé pour encadrer chaque étape de la transmission des actions, garantissant transparence et respect des statuts de la société.

Quelles sont les étapes de la demande d’agrément ?

1. Notification formelle

Le cédant ou le cessionnaire adresse une demande d’agrément à l’organe compétent (assemblée générale, conseil d’administration) par lettre recommandée ou acte extrajudiciaire, en précisant l’identité du cessionnaire, le nombre d’actions et le prix proposé.

2. Instruction du dossier

L’organe compétent vérifie ensuite la conformité de la demande aux critères statuaires (qualitatifs et quantitatifs) et aux conditions de forme prévues dans les statuts.

3. Décision formelle

Dans le délai prévu par les statuts (souvent trois mois), l’assemblée ou le conseil statue en séance ou par consultation écrite sur l’octroi ou le refus d’agrément et vote en assemblée ou pouvoir délégué. Un procès‑verbal consignant la décision et la répartition des voix est établi et signé par les dirigeants.

4. Suite en cas de refus

Si l’agrément est refusé, les statuts peuvent prévoir qu’un actionnaire ou un tiers devra acquérir les actions dans un délai fixé (généralement trois mois), ou encore que la société procédera à une réduction de capital.

Délai de réponse et agrément tacite

Les statuts doivent impérativement indiquer un délai de réponse, souvent fixé à trois mois à compter de la notification, avec :

  • Agrément tacite : si l’organe compétent ne répond pas dans ce délai et que la clause le prévoit, le silence vaut agrément tacite permettant la cession.
  • Cession libre : à défaut de clause expresse, l’absence de décision peut être interprétée comme un défaut d’application de la clause, ouvrant la voie à une cession libre.
  • Conséquences juridiques : une cession réalisée en violation de la procédure statutaire est nulle, garantissant aux associés un recours en annulation.

Ces étapes et modalités octroient une gouvernance sereine. De plus, elles protègent la société contre des transferts non souhaités et elles préservent l’équilibre entre actionnaires.

Clause d’agrément, transmission d’entreprise et cession d'actions

Comme le précise notre article sur le coût de création de la SAS, la clause d’agrément est un outil stratégique pour encadrer la cession lors d’un changement de contrôle.

Quelles sont les alternatives à la clause d’agrément en SAS ?

La clause de préemption sas

Par ailleurs, le droit de préemption offre une alternative précieuse à la clause d’agrément en conférant aux associés une priorité d’achat en cas de cession de parts, qu’il s’agisse d’une inscription dans les statuts ou d’un pacte d’associés, garantissant ainsi le contrôle du capital existant. De plus, ce mécanisme impose au cédant de notifier son projet par lettre recommandée, mentionnant le nombre de titres, le prix et les modalités de paiement, avant toute offre à un tiers.

La clause d'agrément pacte d'actionnaires sas

En complément, le pacte d’associés peut intégrer des clauses de sortie forcée, de préemption de rang successif ou de plafonnement de participation, afin de réguler finement l’entrée de nouveaux membres et d'octroyer une gouvernance cohérente.

Bon à savoir : Ces dispositifs, souvent combinés, permettent de sécuriser les cessions tout en maintenant la flexibilité nécessaire pour adapter la structure actionnariale aux objectifs stratégiques de la SAS.

Clause d’agrément en SAS et enjeux fiscaux

Les clauses d’agrément pèsent sur la valeur et la fiscalité des parts sociales en restreignant leur libre cessibilité. D’une part, elles justifient systématiquement une décote appliquée lors de l’évaluation des titres, d’autre part, toute cession reste assujettie à des droits d’enregistrement pouvant varier selon la nature de la société et le prix de cession.

Impact sur la valorisation des parts

En pratique, la présence d’une clause d’agrément réduit la liquidité des parts et légitime une décote comprise généralement entre 10 % et 30 % de la valeur vénale. Les juges admettent une pondération de 20 % pour les titres minoritaires et jusqu’à 10 % spécifiquement pour l’entrave à la libre cession générée par l’agrément. Cette réduction reflète le risque additionnel pris par l’acquéreur, contraint à obtenir l’accord préalable des associés avant toute revente ultérieure.

Conséquences fiscales de l’agrément

En dépit de cette décote, les cessions de parts sociales restent soumises aux droits d’enregistrement. Pour une Société à actions simplifiées, le taux standard est de 0,10 % du prix de cession, avec un minimum légal de 25 €. Cependant, pour les parts sociales (et non les actions), le taux monte à 3 % après application d’un abattement de 23 000 € multiplié par le nombre de parts cédées. Des mesures spécifiques (zones franches urbaines, salarié repreneur, etc.) peuvent réduire ce taux à 1 %, 3 % ou 5 % selon le montant et la localisation de l’opération.

Bon à savoir : Si la clause d’agrément protège la gouvernance en limitant les entrées non contrôlées, elle alourdit l’évaluation et la fiscalité des titres, justifiant une approche raisonnée pour sécuriser la transmission et minimiser le coût global.

FAQ - Questions fréquentes sur la clause d’agrément en SAS 

Qu’est‑ce qu’une clause d’agrément en SAS ?

Une clause d’agrément est une clause statutaire qui soumet toute cession d’actions à l’« agrément » préalable des actionnaires ou d’un organe compétent, permettant ainsi de contrôler l’entrée de nouveaux associés et de garantir la cohérence de l’actionnariat. Elle s’inscrit dans la liberté contractuelle propre à la SAS et vise à protéger la société contre des cessions imprévues ou indésirables en exigeant une approbation formelle avant transfert des titres.

Qui décide si une cession de parts est acceptée ou refusée ?

La décision d’agrément revient en général aux actionnaires réunis en assemblée générale, qui statuent à la majorité ou à l’unanimité selon les modalités prévues dans les statuts Toutefois, les statuts peuvent déléguer ce pouvoir à un organe spécifique, tel que le président de la SAS ou un comité ad hoc, pour accélérer le processus décisionnel. En l’absence de réponse dans le délai fixé, le silence peut parfois valoir agrément tacite si les statuts le prévoient, ou conduire à une cession libre en l’absence de clause expresse.

Comment la clause d’agrément peut-elle être modifiée ?

 La modification statutaire requiert une assemblée générale extraordinaire, avec vote à la majorité qualifiée ou à l’unanimité. 

Sources & références

Bpifrance - https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/fiscalite-lentreprise/fiscalite-transmissionreprise/droits-denregistrement-cas-reprise

Impots Gouv - https://www.impots.gouv.fr/particulier/cout-de-lenregistrement