Sommaire
Résumé de l'article
- Il est possible de créer une société VTC sans carte VTC, mais impossible d’exercer sans chauffeur titulaire de la carte.
- La carte professionnelle VTC s’obtient soit après réussite à l’examen, soit par équivalence de diplômes.
- L’inscription au registre des exploitants VTC est obligatoire pour exercer légalement.
- Le statut juridique choisi (société ou micro-entreprise) aura un impact sur la fiscalité, la protection sociale et les possibilités de développement de l’activité.
- Le véhicule doit respecter des critères précis et donner lieu à un contrôle technique annuel et à l’affichage d’une vignette VTC.
- Il faut prévoir entre 500 € et 2 000 € de budget pour créer sa société de VTC, hors achat ou location du véhicule.
Podcast sur la création d'entreprise
Étape 1 : vérifier que vous respectez les conditions pour devenir chauffeur VTC
Pour exercer légalement comme chauffeur VTC et créer votre société, vous devez réunir toutes les conditions suivantes :
- posséder le permis depuis au moins 3 ans (ou 2 ans avec conduite accompagnée) ;
- avoir un casier judiciaire exempt de condamnations listées à l'article R. 3120-8 du Code des transports sur le bulletin n°2 ;
- passer un contrôle médical et obtenir un avis médical positif délivré par un médecin agréé par la préfecture ;
- réussir l’examen VTC.
Bon à savoir : Si vous avez déjà exercé comme chauffeur de taxi ou chauffeur professionnel de transport de personnes, vous pouvez être dispensé de l’examen VTC. En revanche, vous devez justifier d’au moins 1 an d’activité professionnelle au cours des 10 dernières années.
Étape 2 : s’inscrire à l’examen VTC
Augmenter ses chances de réussite avec la formation de chauffeur VTC
La formation VTC n’est pas obligatoire, mais elle reste fortement recommandée pour réussir l’examen dès la première tentative.
Elle vous prépare aux épreuves théoriques (réglementation, sécurité, gestion) et aux épreuves pratiques (conduite, comportement professionnel). Selon les centres, la formation dure en général entre 50 et 300 heures.
La liste des centres agréés de formation est disponible sur le site de la CMA (Chambre de métiers et de l’artisanat) de votre département.
Certains centres proposent des formations à distance, très pratiques si vous souhaitez préparer l’examen tout en conservant une activité salariée.
Bon à savoir : La formation coûte entre 400 € et 3 000 €. Elle peut être financée via votre compte CPF ou avec les aides de financement de France Travail.
Passer l’examen pour devenir chauffeur VTC
L’examen VTC se déroule auprès de la CMA. Il permet de vérifier que vous disposez des compétences nécessaires pour exercer ce métier.
L’inscription se fait directement sur le site de la CMA de votre région et coûte environ 200 €.
En cas de réussite, la CMA vous remet une attestation. Ce document est indispensable pour poursuivre les démarches et obtenir votre carte professionnelle VTC.

Obtenir la carte professionnelle VTC
Une fois l’examen VTC réussi, vous devez demander votre carte professionnelle VTC. Sans cette carte, vous n’avez pas le droit d’exercer, même si vous avez validé l’examen.
Si vous avez déjà une expérience d’au moins 1 an dans le transport de personne, vous pouvez obtenir cette carte VTC sans valider l’examen, mais par équivalence de diplômes.
Après la réussite, la CMA vous transmet une attestation. Après réception de ce document, vous devez déposer une demande de carte professionnelle sur le site internet des démarches simplifiées. Le coût de la carte est d’environ 60 €.
Vous recevrez votre carte sous 14 jours à 1 mois, mais le délai d’instruction peut aller jusqu’à 6 mois si votre dossier est incomplet.
La carte professionnelle VTC est valable 5 ans sur tout le territoire national. À l’issue de cette période, vous devrez demander son renouvellement pour continuer à exercer.
Attention, exercer avec une carte professionnelle VTC non valide vous expose à une amende de 1 500 €.
Bon à savoir : La carte VTC doit être placée de manière visible sur le pare-brise de votre véhicule pendant vos heures de travail. Vous pouvez la retirer lorsque vous n’exercez pas votre activité.
Étape 3 : choisir le statut juridique de sa société VTC
Deux options principales s’offrent à vous : l’entreprise individuelle (micro-entreprise) ou la société. Si vous êtes seul, vous aurez le choix entre la SASU et l’EURL. Si vous avez des associés, vous vous tournerez plutôt vers la SAS ou la SARL.
Ce choix a des conséquences directes sur votre chiffre d’affaires, votre fiscalité, votre protection sociale et vos possibilités de développement.
Le choix entre ces statuts est déterminant pour votre rentabilité. Pour être certain de prendre la bonne décision, utilisez notre simulateur de statut juridique gratuit : il vous recommandera le statut le plus adapté à votre situation en quelques clics.
|
Statut |
Avantages |
Inconvénients |
Pour quel profil ? |
|
Entreprise individuelle (micro-entreprise) |
|
|
Recommandé si :
À éviter si :
|
|
Société unipersonnelle (EURL ou SASU) |
|
|
Recommandé si :
Déconseillé si :
|
Étape 4 : budgétiser son projet de création de société VTC
Contrairement aux taxis, les chauffeurs VTC n’ont pas à acheter ni louer de licence. L’activité de chauffeur VTC est plus accessible financièrement, à condition de bien anticiper les frais annexes.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales dépenses à prévoir pour créer une société VTC, hors achat ou location du véhicule.
|
Poste de dépense |
Montant indicatif |
À quoi ça correspond ? |
|
Formation VTC (facultative) |
400 € à 1 500 € |
Préparation à l’examen (souvent finançable via le CPF) |
|
Inscription à l’examen VTC |
200 € |
Frais CMA |
|
Carte professionnelle VTC |
60 € |
Carte obligatoire pour exercer |
|
Inscription au registre VTC |
170 € |
Démarche obligatoire |
|
Vignette (macaron) VTC |
35 € |
À apposer sur le véhicule |
|
Création de la société |
250 € à 800 € |
Statuts, greffe, accompagnement éventuel |
|
Annonce légale |
150 € |
Obligatoire pour une société |
|
Assurances professionnelles |
100 € à 300 € |
RC pro + assurance auto usage professionnel |
Attention, certains montants sont donnés à titre indicatif. Ils peuvent varier selon votre statut juridique, votre département et vos choix d’accompagnement.
Au-delà des frais administratifs, la dépense principale pour un chauffeur VTC reste le véhicule. Prenez le temps de :
- comparer les options (achat, location, crédit-bail) ;
- analyser la consommation de carburant ou d’énergie ;
- vérifier l’historique et le suivi d’entretien ;
- calculer le coût global du véhicule sur plusieurs mois ;
- prévoir les dépenses annexes (support GPS, chargeurs, produits d’entretien…).
En résumé : Prévoyez entre 500 € et 2 000 € pour devenir chauffeur VTC, hors achat du véhicule.
Étape 5 : immatriculer la société et effectuer les démarches de création d’entreprise
En micro-entreprise
L’immatriculation s’effectue en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises. Cette démarche permet l’inscription au RNE (Registre national des entreprises).
Vous devez numériser et déposer les pièces justificatives demandées, notamment :
- une pièce d’identité ;
- un justificatif de domiciliation de l’entreprise (facture, bail, contrat de domiciliation) ;
- la qualification professionnelle (attestation de réussite VTC) ;
- une attestation de non-condamnation ;
- un document de filiation (extrait de naissance ou livret de famille).
Le guichet unique vous adresse ensuite un accusé de réception.
Bon à savoir : un document manquant ou illisible peut entraîner le rejet de votre dossier. Dans ce cas, vous disposez d’un délai de 15 jours renouvelable 1 fois pour transmettre la pièce justificative manquante.
En société
Si vous créez une société (SASU, SAS, EURL, SARL), certaines étapes supplémentaires s’ajoutent avant l’immatriculation au guichet unique :
- rédiger les statuts ;
- déposer le capital social ;
- publier une annonce légale de création ;
- transmettre le dossier complet au guichet unique.
Une fois votre dossier validé, vous recevez votre numéro de SIREN sous deux semaines environ. Celui-ci apparaît directement sur votre tableau de bord du guichet unique.
Bon à savoir : Pour gagner du temps et éviter les erreurs, Swapn vous accompagne dans vos démarches avec un service de création de société tout-en-un. Les démarches administratives sont prises en charge de A à Z, avec des statuts rédigés sous 24 h et l’appui d’un expert dédié, qui vous conseille sur la forme juridique la plus adaptée à votre projet VTC.
Étape 6 : s’inscrire au registre des exploitants VTC
L’inscription au registre des exploitants VTC est obligatoire. La démarche s’effectue en ligne, sur le site officiel du registre VTC et doit être renouvelée tous les 5 ans. Le coût de l’inscription est de 170 €, payable directement en ligne.
Les justificatifs à fournir lors de la première inscription :
- une attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle ;
- un justificatif d’immatriculation de l’entreprise (numéro SIREN, extrait Kbis ou inscription au RNE) ;
- une copie du certificat d’immatriculation du véhicule (carte grise) ;
- une copie de la carte professionnelle VTC ;
- un justificatif de garantie financière de 1 500 € par véhicule, lorsque celle-ci est requise.
La garantie financière est obligatoire pour chaque véhicule utilisé de façon régulière, sauf dans deux situations :
- vous êtes propriétaire du véhicule ;
- vous louez le véhicule dans le cadre d’un contrat de location supérieure à 6 mois.
Dans ces cas, la garantie financière n’est pas nécessaire, à condition de fournir un justificatif de propriété ou de location.
Bon à savoir : Sans inscription au registre des VTC, vous risquez jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Étape 7 : connaître les règles à respecter pour exercer en VTC
Les assurances obligatoires
Depuis la loi Thévenoud de 2014, vous devez obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro).
Cette assurance couvre les dommages causés dans le cadre de votre activité, en dehors de la conduite du véhicule. Elle peut intervenir en cas de détérioration de bagages, d’erreur professionnelle ou de préjudice causé à un client sans lien direct avec un accident de la route.
En parallèle, vous devez disposer d’une assurance RC circulation, généralement intégrée dans une assurance auto spécifique VTC. Cette garantie couvre exclusivement les accidents de la route survenus pendant l’exercice de votre activité : dommages matériels, blessures causées à des tiers ou dégâts sur d’autres véhicules.
Ces deux assurances sont complémentaires :
- la RC Pro n’intervient jamais pour un accident de circulation ;
- la RC circulation ne couvre pas les fautes professionnelles commises hors conduite.
C’est pourquoi une assurance auto classique ne suffit pas. Elle doit impérativement être adaptée à votre activité de chauffeur VTC.
Un véhicule conforme
Pour exercer en tant que chauffeur VTC, vous devez choisir un véhicule qui répond à toutes les caractéristiques suivantes :
- 4 à 9 places, chauffeur compris ;
- ancienneté maximale de 7 ans (sauf pour les véhicules de collection) ;
- au moins 4 portes ;
- dimensions minimales : 4,50 m de long et 1,70 m de large ;
- puissance nette du moteur supérieure ou égale à 84 kW.
Bon à savoir : Ces contraintes ne concernent pas les véhicules hybrides et électriques.
Vous devez également soumettre votre véhicule à un contrôle technique annuel obligatoire.
La vignette VTC
Votre véhicule doit être signalé en tant que VTC. Pour cela, vous devez placer une vignette rouge autocollante sur votre véhicule. Cette vignette se demande en ligne depuis votre espace personnel sur le registre des VTC. Elle coûte environ 35 €.
Bon à savoir : La vignette doit être placée à l’avant du véhicule, dans l’angle inférieur gauche du pare-brise et à l’arrière du véhicule, en bas à droite du pare-brise.
Les relations avec les plateformes VTC
Lorsque vous travaillez via une plateforme de réservation (Uber, Bolt, Wheely…), chaque course ouvre droit à un revenu minimal garanti. Quel que soit le trajet (distance ou durée), la plateforme doit vous verser au moins 9 € par course.
Le justificatif de réservation
En VTC, la réservation préalable est obligatoire. Vous n’avez pas le droit de prendre un client sans réservation effectuée à l’avance. Chaque course doit donc être accompagnée d’un justificatif de réservation, que vous devez pouvoir présenter en cas de contrôle.
Ce justificatif doit comporter les informations suivantes :
- la dénomination sociale) et les coordonnées de votre entreprise ;
- le nom et le numéro de téléphone du client ;
- la date et l’heure de la réservation ;
- la date et l’heure de la prise en charge ;
- le lieu de prise en charge indiqué par le client ;
- le numéro d’inscription au registre des VTC ;
- le numéro SIREN.
Étape 8 : trouver ses premiers clients
Deux solutions s’offrent à vous pour développer votre clientèle : soit vous inscrire sur des plateformes de réservation VTC, soit développer votre propre clientèle en direct.
Vous pouvez d’ailleurs cumuler ces deux options, surtout au démarrage.
Passer par des plateformes de réservation VTC
Les plateformes constituent souvent la porte d’entrée la plus simple pour débuter. Parmi les plus connues, on retrouve notamment Uber, Bolt, Heetch, LeCab, Free Now.
Voici un tableau des avantages et inconvénients des plateformes VTC :
|
Avantages |
Inconvénients |
|
Accès immédiat à une large base de clients |
Commissions élevées prélevées sur chaque course |
|
Pas de prospection commerciale à gérer |
Dépendance à la plateforme pour obtenir des courses |
|
Organisation simplifiée via une application mobile |
Règles et conditions susceptibles d’évoluer rapidement |
|
Horaires flexibles |
Protection sociale limitée |
|
Démarrage possible avec un budget réduit |
Relation client peu personnalisable |
Développer sa propre clientèle en direct
Créer son portefeuille client demande plus d’efforts au départ, mais offre davantage de stabilité et de marge sur le long terme. Vous pouvez activer plusieurs leviers pour vous faire connaître sans passer par les plateformes VTC :
- créer un site internet pour être visible sur Google et rassurer les clients ;
- travailler votre référencement naturel pour vous positionner sur les moteurs de recherche avec “VTC + votre ville” ;
- imprimer des cartes de visite pour fidéliser et favoriser le bouche-à-oreille ;
- développer des partenariats locaux avec des entreprises, des hôtels ou des gares pour générer des courses récurrentes.
Plateformes ou clientèle directe : que choisir ?
Le choix entre plateformes et clientèle directe dépend avant tout de vos priorités et de votre niveau de développement :

Les questions courantes sur la création d'une société de VTC
Combien ça coûte de devenir chauffeur VTC ?
Hors achat ou location du véhicule, le budget de départ se situe entre 500 € et 2 000 €. Ce budget inclut notamment l’examen VTC, la carte professionnelle, l’inscription au registre VTC, la vignette VTC, les formalités de création et éventuellement une formation.
Est-ce rentable d'être VTC ?
Un chauffeur VTC indépendant peut espérer, en moyenne, un revenu compris entre 2 000 € et 3 500 € net par mois. À Paris, un chauffeur travaillant à temps plein, sur des plages horaires à forte demande (heures de pointe, événements, zone stratégique), peut atteindre jusqu’à 4 000 € net par mois.
Peut-on créer une société VTC sans carte professionnelle ?
Oui, vous pouvez créer la société avant d’obtenir la carte professionnelle. En revanche, vous ne pouvez pas exercer ni effectuer de courses tant que la carte professionnelle VTC n’a pas été délivrée.
Quel est le meilleur statut pour créer une société de VTC ?
Le meilleur statut dépend de vos objectifs et de vos préférences. La micro-entreprise convient surtout pour tester l’activité avec un chiffre d’affaires limité, tandis que la société (SASU ou EURL) est plus adaptée dès que l’activité se développe, notamment pour déduire les charges et récupérer la TVA.
Peut-on embaucher des chauffeurs sans être chauffeur soi-même ?
Oui, une société VTC peut employer des chauffeurs, même si le dirigeant n’est pas chauffeur. Toutefois, chaque chauffeur doit remplir les conditions légales : carte professionnelle VTC, véhicule conforme et inscription au registre des exploitants de VTC.
Peut-on créer une société VTC avant d’avoir son véhicule ?
Tout à fait, l’immatriculation de la société peut se faire sans véhicule. Vous devrez cependant justifier d’un véhicule conforme au moment de l’inscription au registre des exploitants VTC.
Micro-entreprise ou société : quand basculer ?
Le passage en société devient pertinent lorsque :
- votre chiffre d’affaires approche ou dépasse les seuils de la micro-entreprise ;
- vos charges professionnelles augmentent (véhicule, carburant, entretien) ;
- vous souhaitez faire évoluer votre activité.
Quelles sont les sanctions en cas de non-inscription au registre VTC ?
L’absence d’inscription au registre des exploitants VTC est passible de sanctions pénales, pouvant aller jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Sources & Références
Légifrance - Article L3122-1 du Code des transports
Bpifrance - Voiture de transport avec chauffeur (VTC) - Réglementation
Entreprendre.service-public - Devenir chauffeur de VTC
Rédigé par Julie Pravaz
Julie exerce dans le conseil en entrepreneuriat et marketing depuis près de 15ans, elle a aussi monté sa boîte dans l’économie circulaire de 2019 à 2022 et reste investie dans cet écosystème d’entreprises à impact. Passionnée d'arts martiaux et de voyages, Julie est reconnue pour son écoute et sa bonne humeur, apportant inspiration et innovation dans chaque projet.
