Sommaire
Résumé de l'article
- Le président de SASU rémunéré cotise au régime général : il valide sa retraite de base via l'URSSAF et sa retraite complémentaire via l'AGIRC-ARRCO.
- La validation d'une année de retraite exige un salaire minimum : fixé à 7 212 € bruts par an, soit 600 fois le SMIC horaire.
- Les dividendes ne génèrent aucun droit à la retraite : soumis à la flat tax, ils n'ouvrent ni trimestres ni protection sociale.
- L'arbitrage salaire/dividendes détermine le niveau de pension : une rémunération 100 % en dividendes réduit fortement la retraite future par rapport à une rémunération salariale.
- Plusieurs solutions permettent d'optimiser sa retraite : plan d'épargne retraite (PER), assurance vie, immobilier locatif ou rachat de trimestres pour compenser les années non cotisées.
Le statut social du président de SASU et son impact sur la retraite
Le président de SASU, s'il se rémunère sous la forme d'un salaire, est considéré comme un assimilé salarié. De ce fait, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale comme un salarié classique. Cette affiliation lui permet donc de valider des trimestres et de cotiser pour sa retraite. En revanche, un président de SASU qui ne se rémunère pas ne bénéficie pas de protection sociale ni du statut de travailleur indépendant. Il ne paye donc pas de cotisations, ce qui ne lui ouvre pas de droits à la retraite. Le statut social du dirigeant de SASU a un impact direct sur sa retraite.
Bon à savoir : le président de SASU rémunéré doit percevoir un revenu annuel brut d'un montant de 7 212 € minimum pour valider ses quatre trimestres de retraite (sur la base du SMIC en vigueur).
Cotisation à la retraite : la rémunération minimale pour valider ses trimestres
Comme expliqué précédemment, le président de SASU rémunéré doit percevoir un revenu minimum de 7 212 euros bruts par an en 2026 pour valider une année complète de retraite (soit quatre trimestres). Cela correspond à la règle des 600 fois le SMIC horaire, ce qui revient à une rémunération moyenne de 601 € par mois.
Bon à savoir : le taux horaire brut du SMIC est fixé à 12,02 € depuis le 1er janvier 2026.
Si le président de SASU perçoit une rémunération en dessous de ces seuils, il ne validera pas tous ses trimestres et ne percevra pas sa retraite à taux plein.
Si le président de SASU décide de se rémunérer en dividendes, il ne cotise pas pour sa retraite, car les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Ils ne sont pas considérés comme une rémunération au sens propre, mais comme des revenus de capitaux mobiliers. En vous versant des dividendes, vous ne validez donc aucun trimestre de retraite.
Quel régime de retraite pour un dirigeant de SASU ?
Pour sa retraite de base, le président de SASU cotise au régime général de la Sécurité sociale, soit à l'assurance retraite de base. Le dirigeant verse des cotisations à l'URSSAF qui seront réparties entre les organismes d'assurance-maladie, allocations familiales, prévoyance, retraite… Le mode de calcul de la pension de base prend en compte le salaire annuel moyen de base, le taux de liquidation et la durée d'assurance.
Pour sa retraite complémentaire, le président de SASU cotise auprès de l'AGIRC-ARRCO. Il s'agit d'un sytème de répartition fonctionnant par points. Plus vous cumulez de points, plus votre pension de retraite sera élevée. La valeur du point est régulièrement revalorisée et est fixée à 1,4386 € en 2026.
Bon à savoir : le président de SASU cotise pour sa retraite en tant qu'assimilé-salarié, pas en tant que TNS. Son taux de cotisation sociale est donc plus lourd que pour une EURL ou une entreprise individuelle, soit environ 80 % de sa rémunération nette. Il bénéficie cependant d'une protection sociale plus complète que le dirigeant TNS.
Dividendes et retraite : quelle compatibilité ?
Comme précisé au début de l'article, les dividendes ne sont pas considérés comme une rémunération soumise aux cotisations sociales. Ils sont uniquement soumis à la flat tax de 30 %. Ils ne génèrent donc aucun droit à la retraite. Le versement de dividendes est avantageux pour l'optimisation des charges et de la fiscalité de la SASU, mais ils ne garantissent aucune protection sociale.
Le dirigeant de SASU qui souhaite se verser des dividendes doit ainsi trouver un équilibre entre son niveau de protection sociale et l'optimisation de sa fiscalité. Un arbitrage rémunération/dividendes efficace lui garantira ainsi une ouverture des droits à la retraite. Pour choisir la bonne stratégie, étudiez votre situation à partir des 3 critères suivants :
- Votre âge et profil de dirigeant : si vous êtes jeune président de SASU, le mieux est de vous verser un petit salaire chaque année. Cela vous permet de valider vos trimestres de retraite et de bénéficier d’une protection sociale de base, sans trop alourdir les charges de votre société. Les dividendes peuvent ensuite compléter cette rémunération, dans une logique d’optimisation fiscale.
- Votre situation financière : si votre SASU dispose de suffisamment de trésorerie, les dividendes peuvent être plus avantageux et servir à vous constituer une épargne en vue de votre retraite. En revanche, si vos revenus dépendent entièrement de la société, il vaut mieux privilégier un salaire régulier pour assurer votre sécurité financière et sociale.
- Vos objectifs sur le long terme : si vous prévoyez de lever des fonds ou de revendre votre entreprise, il vaut mieux privilégier les dividendes et limiter le salaire pour préserver sa trésorerie. À l’inverse, si vous recherchez une stabilité personnelle, une rémunération salariale suffisante est essentielle pour bénéficier d’une couverture sociale complète.
Illustrons cela par une situation concrète :
Vous êtes président de SASU de 45 ans, ancien salarié et vous vous versez 50 000 € de revenu annuel pendant 20 ans. Trois stratégies s'offrent donc à vous :
- Vous vous rémunérez 100 % en salaire pendant 20 ans : vous versez 256 000 € de cotisations sociales, mais percevez une pension annuelle complète d'environ 26 000 € à la retraite.
- Vous vous rémunérez uniquement via le versement de dividendes pendant 20 ans : vous optimisez votre fiscalité, mais n’ayant cotisé ni à la retraite de base ni complémentaire, votre pension dépend uniquement de vos revenus salariés et chute à 14 000 € par an.
- Vous vous rémunérez 10 ans en dividendes et 10 ans en salaire : vous allégez vos charges sur la première moitié de carrière et reconstituez des droits sur la seconde, pour une pension intermédiaire d’environ 19 000 € par an.
Ce dernier cas illustre parfaitement l’intérêt d’un arbitrage progressif entre fiscalité et protection sociale. Un dirigeant peut optimiser ses revenus à court terme tout en sécurisant sa retraite sur le long terme.
Bon à savoir : Pour explorer le sujet en profondeur, jetez un oeil à notre article SASU : salaire ou dividendes pour se rémunérer.
Cumul emploi-retraite : peut-on cumuler président de SASU et retraite ?
Le président de SASU qui perçoit une faible pension de retraite peut tout à fait bénéficier du cumul emploi-retraite sous réserve qu'il remplisse les 3 conditions suivantes :
- Avoir atteint l'âge légal minimum de départ à la retraite ;
- Avoir liquidé l'ensemble de ses pensions de retraite ;
- Avoir cotisé le nombre de trimestres requis pour bénéficier d'une retraite à taux plein.
Bon à savoir : le cumul emploi-retraite autorise l'exercice d'une activité professionnelle rémunérée, mais ne génère pas de nouveaux droits à la retraite.
Le président de SASU retraité qui reprend une activité rémunérée peut, soit bénéficier du cumul emploi-retraite total, soit prétendre à un cumul emploi-retraite partiel soumis à un plafond de revenus. Dans ce dernier cas, sa pension de retraite peut être réduite pour atteindre le plafond, voir être complètement suspendue. Le plafond fixé par la loi dépend de la nature de votre activité exercée :
| Activité exercée | Plafond de revenus annuels |
|---|---|
| Artisan / Commerçant | 24 030 € (50 % du PASS*) ou 48 060 € (100 % du PASS en ZRR ou ZUS*) |
| Profession libérale | 48 060 € (100 % du PASS) |
| Fonction publique | 8 124,96 € € (1/3 de la pension brute annuelle) |
| Affiliation au régime général (salarié, SASU, etc.) | Le plus élevé entre : – dernier salaire d'activité brut avant votre admission à la retraite – 160 % du SMIC mensuel, soit 2 916,85 € (au 1er janvier 2026) |
*PASS = plafond annuel de la Sécurité sociale
*ZRR/ZUS = Zones à statut spécifique ouvrant droit à des plafonds majorés
Toutefois, sachez que vous avez la possibilité d'éviter les plafonds du cumul partiel en exerçant une activité qui relève d'un régime de Sécurité sociale différent.
Illustrons cela par un exemple concret :
Imaginons que vous soyez retraité ancien gérant majoritaire d'une SAS. Pour éviter les plafonds du régime partiel, vous pouvez envisager de transformer votre SAS en SARL afin de bénéficier du cumul intégral.
Anticiper sa retraite en tant que dirigeant : les solutions d’optimisation
Le dirigeant de SASU qui n'a pas validé tous ses trimestres ou n'est pas satisfait du montant de sa pension de retraite peut explorer diverses solutions :
- Le plan Épargne Retraite (PER) : le PER consiste à alimenter un compte d'épargne régulièrement tout au long de votre vie active. Les sommes seront débloquées au moment de votre retraite pour vous être versées sous forme de rente ou de capital.
- Les placements financiers : on pense à l'assurance vie, un outil de gestion patrimoniale adapté à tous les profils d'épargnant qui permet de mettre de l'argent de côté tout au long de votre vie.
- L'investissement immobilier locatif : acheter un bien immobilier pour le louer vous permettra de percevoir un loyer mensuel et compléter votre retraite.
- Le rachat de trimestres : cette option vous permet de verser des cotisations pour faire en sorte que des périodes au cours desquelles vous n’avez pas cotisé pour la retraite soient finalement prises en compte lors de votre départ.
Bon à savoir : la retraite du dirigeant de SASU est principalement influencée par son mode de rémunération. Nombre d’entre eux cotisent peu et risquent une pension très réduite à l’âge de la retraite. C'est pourquoi, anticiper sa retraite dès les premières années d'activité est essentiel pour éviter les mauvaises surprises au moment de la retraite.
Pour approfondir, consultez notre guide explicatif sur le PER en SASU.
Quelles différences pour la retraite entre SASU et EURL : le comparatif
Le dirigeant de SASU est assimilé salarié et cotise au régime général (assurance retraite + Agirc-Arrco). Il cotise sur la base de son salaire brut, ce qui lui offre une retraite plus protectrice. En revanche, sans rémunération, il ne cotise pas du tout.
Le dirigeant d'EURL, lui, est considéré comme travailleur non salarié (TNS) et cotise sur son revenu net imposable. Ses cotisations sont moins élevées, mais obligatoires même en l'absence de revenus. Sa retraite est donc moins protectrice sauf s'il souhaite optimiser sa rémunération.
Les dividendes en SASU ne comptent pas pour la retraite, tandis qu'en EURL soumise à l'IS, ils peuvent en partie être soumis aux cotisations sociales et contribuer à la retraite.
| Critère | SASU (assimilé salarié) | EURL (TNS) |
|---|---|---|
| Statut social | Assimilé salarié | Travailleur Non Salarié (TNS) |
| Régime de retraite | Régime général + AGIRC-ARRCO | SSI (ex-RSI) + complémentaire des indépendants |
| Base de calcul des cotisations | Salaire brut (env. 125 % du net) | Revenu net imposable |
| Cotisations minimales | Aucune si pas de rémunération | ~1 200 €/an même sans revenu |
| Retraite de base à revenu équivalent | Plus élevée (cotisation sur une base plus haute) | Plus faible (base de cotisation plus basse) |
| Retraite complémentaire | Plus avantageuse (valeur du point + cotisation plus élevée) | Plus modeste, dépend du revenu imposable |
| Dividendes cotisent à la retraite | ❌ Non | ✅ Oui (en EURL à l’IS, soumis à cotisations sociales) |
| Souplesse de rémunération | Modérée (salaire + dividendes distincts) | Élevée (libre répartition rémunération/dividendes si EURL à l’IS) |
Pour vous aider dans votre choix, consultez notre guide SASU vs EURL : quel statut choisir.
À quel âge et dans quelles conditions peut-on prendre sa retraite en SASU ?
L'âge légal de départ à la retraite est de 62 ans pour les personnes nées entre 1961 et 1963 et est relevé progressivement à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Lorsque vous atteignez 67 ans, vous bénéficiez automatiquement du taux plein. Le nombre de trimestres requis varie donc selon votre année de naissance et sont les suivants :
| Année de naissance | Age légal de départ à la retraite | Nombre de trimestres requis | Durée équivalente |
|---|---|---|---|
| Entre 1958 et 1960 | 62 ans | 167 trimestres | 41 ans et 9 mois |
| Du 1er janvier au 31 août 1961 | 62 ans | 168 trimestres | 42 ans |
| Du 1er septembre au 31 décembre 1961 et 1962 | 62 ans + 6 mois | 169 trimestres | 42 ans et 3 mois |
| 1963 | 62 ans + 9 mois | 170 trimestres | 42 ans et 6 mois |
| 1964 | 63 ans | 171 trimestres | 42 ans et 9 mois |
| 1965 | 63 ans + 3 mois | 172 trimestres | 43 ans |
| 1966 | 63 ans + 6 mois | 172 trimestres | 43 ans |
| 1967 | 63 ans + 9 mois | 172 trimestres | 43 ans |
| À partir de 1968 | 64 ans | 172 trimestres | 43 ans |
Bon à savoir : le président de SASU ayant exercé une activité salariée avant la création de sa société a la possibilité de cumuler ses trimestres.
FAQ - Questions fréquentes sur la retraite en tant que gérant de SASU
Est-il possible de cumuler sa retraite avec la création d'une SASU ?
Oui. Il est tout à fait possible de bénéficier du cumul emploi-retraite à condition d'avoir atteint l'âge légal minimum de départ à la retraite, d'avoir cotisé le nombre de trimestres requis pour bénéficier d'une retraite à taux plein et d'avoir liquidé l'ensemble de ses pensions de retraite.
Quelle retraite complémentaire en SASU ?
Concernant la retraite complémentaire, le président de SASU cotise à l'Agirc-Arrco comme un salarié classique.
Le président de SASU non rémunéré cotise-t-il pour la retraite ?
Non. Seuls les présidents de SASU qui se versent un salaire cotisent pour la retraite.
Sources & références
Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F38152
Impots Gouv - https://www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/dirigeant-de-societe-je-cede-mes-parts-pour-partir-en-retraite-puis-je
Rédigé par Grégoire Charroyer
Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.
