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Simulateur d'indemnité compensatrice de congés payés
Mis à jour le 22 avril 2026
Comment calculer l'indemnité compensatrice de congés payés ?
Le Code du travail prévoit deux méthodes de calcul pour l'ICCP (article L3141-24). L'employeur doit appliquer les deux, puis retenir celle qui donne le résultat le plus élevé pour le salarié.
La méthode du 1/10e de la rémunération brute annuelle
Cette méthode part d'un principe simple : l'indemnité totale de congés payés pour une année complète vaut 10 % de la rémunération brute perçue pendant la période de référence (du 1er juin N-1 au 31 mai N).
Formule :
ICCP = (rémunération brute totale de la période de référence × 10 %) ÷ nombre de jours de congés acquis × nombre de jours de congés non pris
Les éléments de rémunération pris en compte : salaire de base, heures supplémentaires, heures complémentaires, primes liées au travail (ancienneté, rendement, commissions), avantages en nature. Les remboursements de frais et les primes exceptionnelles sans lien avec le travail sont exclus.
Exemple : un salarié gagne 2 500 € brut par mois. Il a acquis 30 jours ouvrables de congés (année complète) et n'en a pas pris 8.
- Rémunération brute annuelle : 2 500 × 12 = 30 000 €
- Indemnité totale pour 30 jours : 30 000 × 10 % = 3 000 €
- ICCP pour 8 jours : 3 000 ÷ 30 × 8 = 800 €
La méthode du maintien de salaire
Ici, le calcul repose sur le salaire que le salarié aurait perçu s'il avait travaillé pendant ses jours de congés non pris.
Formule :
ICCP = (salaire mensuel brut ÷ nombre de jours ouvrables du mois) × nombre de jours de congés non pris
La base de calcul est le salaire du mois précédant la fin du contrat, sur la base de l'horaire habituel. Pour les salariés dont la gestion des congés et jours fériés varie selon les conventions collectives, vérifiez si votre accord prévoit un décompte en jours ouvrés plutôt qu'en jours ouvrables.
Même exemple : salarié à 2 500 € brut/mois, 8 jours ouvrables non pris, mois de 26 jours ouvrables.
- Salaire journalier : 2 500 ÷ 26 = 96,15 €
- ICCP pour 8 jours : 96,15 × 8 = 769,23 €
Quelle méthode choisir ? La règle du résultat le plus favorable
L'employeur n'a pas le choix : il doit comparer les deux résultats et verser le montant le plus élevé au salarié. C'est une obligation légale (article L3141-24 du Code du travail).
Voici la comparaison appliquée à notre exemple (2 500 € brut/mois, 8 jours non pris) :
| Critère | Méthode du 1/10e | Méthode du maintien de salaire |
|---|---|---|
| Formule | Rémunération brute × 10 % ÷ jours acquis × jours non pris | Salaire mensuel ÷ jours ouvrables du mois × jours non pris |
| Base de calcul | Rémunération brute de toute la période de référence | Salaire du mois précédant le départ |
| Éléments pris en compte | Salaire + HS + primes liées au travail + avantages en nature | Salaire habituel du dernier mois |
| Calcul du salaire journalier | 3 000 ÷ 30 = 100 € | 2 500 ÷ 26 = 96,15 € |
| Résultat pour 8 jours non pris | 800 € | 769,23 € |
| Quand cette méthode est plus favorable | Quand des primes ou HS gonflent la rémunération annuelle | Quand le salarié a eu une augmentation récente de salaire |
Dans la majorité des situations, la méthode du 1/10e donne un résultat plus élevé. Mais si le salarié a bénéficié d'une augmentation significative en fin de contrat, le maintien de salaire peut devenir plus avantageux. Calculez toujours les deux.
Cas pratiques chiffrés : simulez votre indemnité selon votre situation
Cas n°1 - Salarié en CDI qui démissionne avec 12 jours de congés non pris
Profil : CDI, 3 000 € brut/mois, 12 mois d'ancienneté, démission, 12 jours ouvrables de congés non pris. Congés acquis sur l'année complète : 30 jours ouvrables.
La démission pour création d'entreprise est l'un des cas les plus fréquents où l'ICCP est due : le salarié quitte son poste avec des jours non pris et doit percevoir leur compensation financière dans le solde de tout compte.
Méthode du 1/10e :
- Rémunération brute annuelle : 3 000 × 12 = 36 000 €
- Indemnité pour 30 jours : 36 000 × 10 % = 3 600 €
- ICCP pour 12 jours : 3 600 ÷ 30 × 12 = 1 440 €
Méthode du maintien de salaire :
- Salaire journalier : 3 000 ÷ 26 = 115,38 €
- ICCP pour 12 jours : 115,38 × 12 = 1 384,62 €
Résultat retenu : 1 440 € (méthode du 1/10e, plus favorable de 55,38 €).
Cas n°2 - Fin de CDD de 6 mois avec congés non pris
Profil : CDD de 6 mois, 2 200 € brut/mois, aucun jour de congé pris pendant le contrat.
Calcul des jours acquis : 2,5 jours ouvrables par mois complet travaillé × 6 mois = 15 jours ouvrables.
Méthode du 1/10e :
- Rémunération brute totale : 2 200 × 6 = 13 200 €
- ICCP : 13 200 × 10 % = 1 320 €
Ici, le salarié n'a pris aucun congé : l'indemnité couvre la totalité des 15 jours acquis, donc le calcul s'arrête à 10 % de la rémunération brute totale.
Méthode du maintien de salaire :
- Salaire journalier : 2 200 ÷ 26 = 84,62 €
- ICCP pour 15 jours : 84,62 × 15 = 1 269,23 €
Résultat retenu : 1 320 € (méthode du 1/10e).
L'ICCP s'ajoute ici à l'indemnité de fin de contrat CDD (10 % de la rémunération brute totale, soit 1 320 € supplémentaires, ou 6 % si un accord collectif le prévoit). Les obligations de l'employeur dans le cadre d'un contrat de travail incluent le versement de ces deux indemnités distinctes à la date de fin effective du CDD.
Cas n°3 - Salarié à temps partiel (24h/semaine) en rupture conventionnelle
Profil : temps partiel 24h/semaine, 1 400 € brut/mois, 18 mois d'ancienneté, rupture conventionnelle, 5 jours ouvrables non pris. Congés acquis sur la dernière période de référence complète : 30 jours ouvrables.
Le temps partiel ne réduit pas le nombre de jours de congés acquis : un salarié à 24h/semaine acquiert les mêmes 2,5 jours ouvrables par mois qu'un temps plein. Seule la rémunération servant de base au calcul change.
Méthode du 1/10e :
- Rémunération brute sur la période de référence (12 mois) : 1 400 × 12 = 16 800 €
- Indemnité pour 30 jours : 16 800 × 10 % = 1 680 €
- ICCP pour 5 jours : 1 680 ÷ 30 × 5 = 280 €
Méthode du maintien de salaire :
- Salaire journalier : 1 400 ÷ 26 = 53,85 €
- ICCP pour 5 jours : 53,85 × 5 = 269,23 €
Résultat retenu : 280 € (méthode du 1/10e, plus favorable de 10,77 €).
Dans quels cas l'indemnité compensatrice de congés payés est-elle due ?
Les cas de rupture du contrat ouvrant droit à l'ICCP
L'ICCP est due dès qu'un contrat de travail prend fin et que le salarié a des congés acquis non pris. Le motif de la rupture n'a quasiment aucune incidence.
| Type de rupture | ICCP due ? | Particularités |
|---|---|---|
| Démission | ✅ | Aucune condition particulière |
| Licenciement pour cause réelle et sérieuse | ✅ | Aucune condition particulière |
| Licenciement pour faute grave | ✅ | Droit confirmé par la Cour de cassation en 2023 |
| Licenciement pour faute lourde | ✅ | Droit confirmé par la Cour de cassation en 2023 |
| Rupture conventionnelle | ✅ | Aucune condition particulière |
| Fin de CDD | ✅ | S'ajoute à l'indemnité de fin de contrat |
| Départ volontaire à la retraite | ✅ | Aucune condition particulière |
| Mise à la retraite par l'employeur | ✅ | Aucune condition particulière |
| Rupture de période d'essai | ✅ | Même pour une période d'essai de quelques jours |
| Décès du salarié | ✅ | Versée aux ayants droit |
Le cas particulier du licenciement pour faute lourde
Bon à savoir : jusqu'en 2023, le salarié licencié pour faute lourde perdait son droit à l'ICCP. La Cour de cassation a mis fin à cette exception par ses arrêts du 13 septembre 2023, en alignant le droit français sur le droit européen (directive 2003/88/CE). Désormais, le salarié licencié pour faute lourde conserve son droit à l'indemnité compensatrice de congés payés pour tous les jours acquis et non pris. Seule l'indemnité de licenciement reste perdue.
L'ICCP en cas de décès du salarié
Lorsqu'un salarié décède, les congés acquis et non pris ne disparaissent pas. L'employeur doit verser l'ICCP aux ayants droit (conjoint, enfants, héritiers). Le montant est calculé selon les mêmes deux méthodes, et le versement intervient dans le cadre du solde de tout compte transmis aux ayants droit. Le modèle de reçu pour solde de tout compte doit alors mentionner explicitement le bénéficiaire et le détail des sommes versées au titre des congés non pris.
Quels éléments de rémunération inclure dans le calcul de l'ICCP ?
L'assiette de calcul de l'ICCP détermine directement le montant final. Voici ce qui entre dans le calcul et ce qui en est exclu.
Les éléments inclus dans l'assiette de calcul
- Salaire de base (mensuel ou horaire)
- Heures supplémentaires et heures complémentaires
- Primes d'ancienneté
- Primes de rendement et de productivité
- Commissions sur ventes
- Prime de 13e mois (au prorata de la période de référence)
- Avantages en nature (logement, véhicule, repas) évalués à leur valeur réelle ou forfaitaire
- Indemnités de travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés
Les éléments exclus de l'assiette de calcul
- Remboursements de frais professionnels (transport, repas, déplacements)
- Primes exceptionnelles sans lien avec le travail effectif (prime de mariage, de naissance)
- Indemnité de licenciement
- Participation et intéressement
- Indemnités versées au titre de la rupture du contrat (indemnité de préavis, indemnité de non-concurrence)
Pour les dirigeants qui souhaitent anticiper l'ensemble des frais déductibles dans leur structure, il est utile de distinguer ce qui relève de la rémunération du salarié de ce qui relève des charges de l'entreprise.
L'indemnité compensatrice de congés payés est-elle soumise à charges et à l'impôt ?
Régime social de l'ICCP
L'ICCP est traitée comme un salaire du point de vue des cotisations sociales. Elle est soumise aux cotisations salariales et patronales (assurance maladie, retraite, chômage), ainsi qu'à la CSG et à la CRDS. L'employeur doit l'intégrer dans l'assiette de calcul des cotisations sur le dernier bulletin de paie.
Pour automatiser le calcul des cotisations sur votre dernier bulletin de paie et limiter les risques d'erreur, un outil de comptabilité comme Swapn (dès 29 € HT/mois) permet de gérer la paie et les déclarations sociales directement depuis une application.
Régime fiscal de l'ICCP
L'ICCP est intégralement imposable à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires. Contrairement à certaines indemnités de rupture (comme une partie de l'indemnité de licenciement), elle ne bénéficie d'aucune exonération. Le montant figure sur le dernier bulletin de paie et doit être déclaré avec les revenus de l'année de versement. Les salariés qui s'interrogent sur leur imposition en micro-entreprise après une rupture de contrat doivent noter que l'ICCP perçue en tant que salarié reste imposée dans la catégorie des traitements et salaires, indépendamment du régime fiscal de leur future activité.
Quelle différence entre indemnité compensatrice et indemnité de congés payés ?
L'indemnité de congés payés : versée pendant les congés pris
Quand un salarié prend ses congés, il perçoit une indemnité de congés payés. C'est la rémunération de ses jours de repos. Le calcul suit les mêmes deux méthodes (1/10e et maintien de salaire), et l'employeur applique la plus favorable. Cette indemnité est versée à chaque prise de congés, pendant l'exécution du contrat.
L'indemnité compensatrice : versée quand les congés ne sont pas pris
L'indemnité compensatrice de congés payés intervient uniquement à la rupture du contrat de travail. Elle « compense » financièrement les jours de congés que le salarié a acquis mais n'a pas eu le temps de prendre avant son départ.
Bon à savoir : pendant le contrat de travail, l'employeur ne peut pas remplacer la prise effective de congés par le versement d'une somme d'argent. L'ICCP n'est due qu'à la fin du contrat. Seule exception : les jours de congés au-delà de 24 jours ouvrables (la « 5e semaine ») peuvent, sous conditions prévues par un accord collectif, être placés sur un compte épargne-temps.
Les entrepreneurs qui cumulent une activité salariée et une activité indépendante doivent gérer séparément les congés payés de chaque contrat : l'ICCP ne concerne que le contrat de travail salarié, pas l'activité indépendante.
Quelles obligations pour l'employeur qui verse l'ICCP ?
Mentions obligatoires sur le bulletin de paie et le solde de tout compte
L'ICCP doit apparaître en ligne distincte sur le dernier bulletin de paie, avec le nombre de jours compensés et le montant brut. Le solde de tout compte doit reprendre ce détail. L'attestation employeur remise pour France Travail doit également mentionner l'ICCP, car elle impacte le calcul du différé d'indemnisation chômage. Les employeurs qui gèrent eux-mêmes leur paie peuvent s'appuyer sur un meilleur logiciel de comptabilité intégrant un module social pour produire ces documents conformes.
Swapn, inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables, accompagne les dirigeants de TPE dans la gestion de leurs obligations sociales et la production de documents de fin de contrat conformes.
Délai de versement et sanctions en cas de non-paiement
L'ICCP est versée au moment du solde de tout compte, c'est-à-dire à la date de fin effective du contrat. Si l'employeur ne verse pas l'ICCP, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour en obtenir le paiement, majoré de dommages-intérêts en cas de préjudice. La prescription est de 3 ans à compter de la date de rupture du contrat (prescription triennale). Les dirigeants de TPE qui recrutent leurs premiers salariés ont tout intérêt à anticiper ces obligations dès l'embauche d'un apprenti ou d'un premier salarié en CDI, pour éviter tout litige à la rupture du contrat.
Les questions fréquentes sur l'indemnité compensatrice de congés payés
Comment calculer l'indemnité compensatrice de congés payés en fin de CDD ?
Le calcul suit les mêmes deux méthodes qu'en CDI : 1/10e de la rémunération brute et maintien de salaire. Vous retenez la plus favorable. Pour un CDD de 6 mois à 2 200 € brut/mois sans congé pris, l'ICCP s'élève à 1 320 € (méthode du 1/10e). Elle s'ajoute à l'indemnité de fin de contrat (10 % de la rémunération brute totale).
L'indemnité compensatrice de congés payés est-elle imposable ?
Oui, l'ICCP est intégralement soumise à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est aussi soumise aux cotisations sociales et à la CSG-CRDS, comme un salaire classique.
Est-ce que je touche une indemnité compensatrice de congés payés si je démissionne ?
Oui. Quel que soit le motif de la rupture (démission, licenciement, rupture conventionnelle), l'employeur doit vous verser l'ICCP pour tous les jours de congés acquis et non pris. Ce droit est garanti par l'article L3141-28 du Code du travail.
Quelle est la différence entre la méthode du 1/10e et la méthode du maintien de salaire ?
La méthode du 1/10e calcule l'indemnité comme 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence. La méthode du maintien de salaire calcule ce que le salarié aurait gagné s'il avait travaillé pendant ses congés non pris. L'employeur compare les deux et applique la plus favorable.
Un salarié licencié pour faute grave a-t-il droit à l'indemnité compensatrice de congés payés ?
Oui. Depuis les arrêts de la Cour de cassation du 13 septembre 2023, alignés sur le droit européen, le salarié licencié pour faute grave, et même pour faute lourde, conserve son droit à l'ICCP. Seule l'indemnité de licenciement est perdue.
Comment calculer l'indemnité compensatrice de congés payés pour un salarié à temps partiel ?
Le calcul suit les mêmes deux méthodes que pour un temps plein. La base de calcul est la rémunération brute effectivement perçue par le salarié à temps partiel. Le nombre de jours de congés acquis reste identique (2,5 jours ouvrables par mois), car le temps partiel n'affecte pas l'acquisition des congés.
L'indemnité compensatrice de congés payés est-elle prise en compte pour le calcul du chômage ?
L'ICCP entraîne un différé d'indemnisation par France Travail. Le nombre de jours de différé est égal au montant de l'ICCP divisé par le salaire journalier de référence. Pendant ce différé, vous ne percevez pas d'allocation chômage, mais vos droits ne sont pas réduits. Les créateurs d'entreprise qui souhaitent cumuler chômage et création d'entreprise doivent intégrer ce différé dans leur plan de trésorerie.
Puis-je demander à mon employeur de me payer mes congés non pris au lieu de les prendre ?
Non. Pendant le contrat de travail, l'employeur ne peut pas remplacer la prise effective de congés par une indemnité. L'ICCP n'est due qu'en cas de rupture du contrat. Seule exception : les jours au-delà de 24 jours ouvrables peuvent, sous conditions, être convertis via un accord collectif.
Quel est le délai pour réclamer une indemnité compensatrice de congés payés non versée ?
Vous avez 3 ans à compter de la date de rupture du contrat pour saisir le conseil de prud'hommes et réclamer le versement de l'ICCP. Passé ce délai, votre demande est prescrite.
L'indemnité compensatrice de congés payés apparaît-elle sur le solde de tout compte ?
Oui. L'ICCP doit figurer en ligne distincte sur le solde de tout compte, avec le nombre de jours compensés. Elle doit aussi apparaître sur le dernier bulletin de paie et être mentionnée dans l'attestation employeur remise pour France Travail.
Sources & Références
Service-Public : Indemnité compensatrice de congés payés
Service-Public : Comment est calculée l'indemnité de congés payés du salarié ?
Legifrance : Article L3141-28 - Code du travail