Blog Comptabilité Amortissement véhicule professionnel : plafonds et calcul 2026

Amortissement véhicule professionnel : plafonds et calcul 2026

Auteur

Article mis à jour le 14/04/2026

Par Grégoire Charroyer

Grégoire Charroyer

Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.

Sommaire

Résumé de l'article

  • Plafonds 2026 : la base amortissable fiscale d'un VP va de 9 900 € (véhicule polluant) à 30 000 € (électrique), selon les émissions de CO₂
  • Durée standard : 4 à 5 ans en amortissement linéaire, le dégressif étant interdit pour les voitures de tourisme
  • Batterie séparable : sur un véhicule électrique, faire facturer la batterie à part permet de l'amortir intégralement sans plafond, ce qui peut faire économiser plusieurs milliers d'euros d'impôt
  • Achat vs location vs IK : l'amortissement avec charges réelles est plus avantageux au-delà de 15 000 km/an, les indemnités kilométriques sont préférables en dessous
  • Réintégration fiscale : la part du prix qui dépasse le plafond doit être réintégrée chaque année dans le résultat fiscal via le tableau 2058-A de la liasse fiscale

Qu'est-ce que l'amortissement d'un véhicule professionnel ?

Le principe de l'amortissement appliqué aux véhicules

L'amortissement d'un véhicule professionnel consiste à répartir son coût d'achat sur sa durée d'utilisation prévisible. Chaque année, une fraction du prix (appelée dotation aux amortissements) vient diminuer le résultat imposable de votre entreprise.

Prenons un exemple simple : vous achetez un véhicule à 25 000 € et vous l'amortissez sur 5 ans. Vous déduisez 5 000 € par an de votre résultat, ce qui réduit votre impôt (IS ou IR selon votre régime). Pour les entrepreneurs qui souhaitent simuler l'impact de ces charges sur leur rémunération nette, un simulateur de revenus SASU permet d'obtenir une estimation rapide.

Un point à retenir : seuls les véhicules inscrits à l'actif du bilan de l'entreprise sont amortissables. Si vous utilisez votre véhicule personnel pour vos déplacements professionnels, vous ne pouvez pas l'amortir. Vous pouvez en revanche déduire des indemnités kilométriques (IK), calculées selon le barème kilométrique officiel.

Quels véhicules professionnels sont amortissables ?

Tous les véhicules inscrits à l'actif ne suivent pas les mêmes règles fiscales. La distinction clé se fait entre deux catégories :

  • Véhicules de tourisme (VP) : berlines, SUV, citadines… Ils sont soumis à des plafonds d'amortissement fiscaux stricts, détaillés plus bas.
  • Véhicules utilitaires (VU) : fourgons, camionnettes, véhicules sans banquette arrière. Leur amortissement est intégralement déductible, sans plafond.

La classification dépend du nombre de places et de la carte grise. Un pick-up 5 places est considéré comme un VP (soumis aux plafonds). Un pick-up 2 places est un VU (amortissement intégral).

Les véhicules de société (détenus par la personne morale) comme les véhicules personnels inscrits à l'actif d'une entreprise individuelle au réel sont amortissables, à condition de figurer au bilan. Le choix du statut juridique influe directement sur ces règles : les obligations comptables d'une SASU diffèrent par exemple de celles d'une entreprise individuelle.

Quelle durée d'amortissement pour un véhicule professionnel ?

La durée d'amortissement standard : 4 à 5 ans

L'administration fiscale admet une durée d'usage de 4 à 5 ans pour un véhicule de tourisme. En pratique, la majorité des entrepreneurs retiennent 5 ans, soit un taux d'amortissement linéaire de 20 % par an.

Vous pouvez choisir une durée différente si l'utilisation réelle le justifie. Un véhicule soumis à un kilométrage très élevé (coursier, commercial itinérant) peut être amorti sur 3 à 4 ans. À l'inverse, un véhicule peu utilisé pourrait être amorti sur 6 ans.

Pour les véhicules utilitaires, la durée standard est également de 4 à 5 ans. Les poids lourds et engins spéciaux peuvent aller jusqu'à 6 ou 7 ans.

Amortissement linéaire ou dégressif : lequel choisir ?

L'amortissement linéaire répartit le coût en annuités constantes. C'est la méthode la plus courante et, pour les véhicules de tourisme, la seule autorisée. L'article 39A du CGI exclut les VP du bénéfice de l'amortissement dégressif.

L'amortissement dégressif (annuités plus élevées les premières années, puis décroissantes) est réservé aux véhicules utilitaires neufs dont la durée fiscale est d'au moins 3 ans. Les coefficients applicables sont 1,25 (durée de 3-4 ans), 1,75 (5-6 ans) ou 2,25 (plus de 6 ans).

Critère Amortissement linéaire Amortissement dégressif
Éligibilité VP ✅ Oui ❌ Non (art. 39A du CGI)
Éligibilité VU neuf ✅ Oui ✅ Oui (durée ≥ 3 ans)
Formule de calcul Prix / durée Valeur nette comptable × taux × coefficient
Profil des annuités Constantes Décroissantes
Cas d'usage recommandé Tous les véhicules VU neuf, quand on veut déduire plus les premières années

En pratique, la quasi-totalité des entrepreneurs appliquent le linéaire sur 5 ans pour leur voiture professionnelle.

Quels sont les plafonds d'amortissement pour un véhicule de tourisme en 2026 ?

Les plafonds fiscaux selon les émissions de CO₂

Quand vous amortissez un véhicule de tourisme, la base amortissable est plafonnée fiscalement. Vous pouvez enregistrer l'amortissement comptable sur le prix réel, mais la fraction qui dépasse le plafond n'est pas déductible de votre résultat fiscal.

Ces plafonds sont fixés par l'article 39-4 du CGI. Voici le barème en vigueur en 2026 :

Émissions de CO₂ (WLTP) Plafond d'amortissement Type de véhicule concerné Exemples de modèles
< 20 g/km 30 000 € Électrique, hydrogène Tesla Model 3, Renault Mégane E-Tech, Peugeot e-308
20 à 130 g/km 20 300 € Hybride rechargeable, essence/diesel sobre Peugeot 308 hybride, Toyota Yaris Cross
130 à 160 g/km 18 300 € Thermique moyen Peugeot 3008, Renault Austral
> 160 g/km 9 900 € Thermique polluant SUV puissants, berlines sportives

Ces plafonds s'appliquent sur le prix TTC du véhicule, car la TVA sur les VP n'est pas récupérable (voir la section TVA ci-dessous). Pour comprendre l'ensemble des charges fiscales liées à votre société, consultez le détail des frais déductibles en SASU.

Bon à savoir : le bonus écologique éventuellement perçu ne réduit pas la base amortissable. Si vous achetez un véhicule électrique à 40 000 € TTC avec un bonus de 4 000 €, la base amortissable reste 40 000 € (plafonnée à 30 000 € fiscalement).

Qu'est-ce que la réintégration fiscale et comment la calculer ?

Lorsque le prix d'achat de votre véhicule de tourisme dépasse le plafond applicable, la différence doit être « réintégrée » dans votre résultat fiscal. Concrètement, cette fraction n'est pas déductible et sera donc imposée normalement (à l'IS ou à l'IR).

La formule est la suivante :

Réintégration annuelle = (prix d'acquisition TTC - plafond applicable) ÷ durée d'amortissement

Exemple rapide : un véhicule acheté 35 000 € TTC avec un plafond de 18 300 €, amorti sur 5 ans. Réintégration annuelle = (35 000 - 18 300) / 5 = 3 340 €.

Chaque année pendant 5 ans, vous ajoutez 3 340 € à votre résultat fiscal. À un taux d'IS de 25 %, cela représente 835 € d'impôt supplémentaire par an, soit 4 175 € sur la durée totale.

Cette réintégration extra-comptable se reporte sur la liasse fiscale, dans le tableau 2058-A. Elle s'applique aussi en cas de crédit-bail (LOA) ou de location longue durée (LLD), selon un calcul au prorata. La loi de finances 2026 n'a pas modifié ces mécanismes de réintégration, qui restent identiques à ceux de l'exercice précédent.

Le cas particulier des véhicules électriques et hybrides rechargeables

Les véhicules 100 % électriques bénéficient du plafond le plus élevé : 30 000 €. C'est 20 100 € de base amortissable en plus par rapport à un véhicule thermique émettant plus de 160 g/km.

Mais l'avantage fiscal peut aller encore plus loin. Si la facture d'achat mentionne séparément le prix du véhicule hors batterie et le prix de la batterie, cette dernière peut être amortie comme une immobilisation distincte, sans aucun plafond. C'est le rescrit BOI-RES-000059 du 18 décembre 2019 qui le confirme.

Exemple : un véhicule électrique à 45 000 € TTC dont la batterie est facturée à 12 000 €. Le véhicule hors batterie (33 000 €) est amorti dans la limite de 30 000 €. La batterie (12 000 €) est amortie intégralement. Base amortissable fiscale totale : 42 000 € au lieu de 30 000 €.

Pour les hybrides rechargeables, le plafond est de 20 300 € si les émissions restent sous 130 g/km (en norme WLTP). La plupart des modèles PHEV récents respectent ce seuil.

Type de véhicule Plafond applicable Batterie séparable ? Base amortissable maximale
100 % électrique 30 000 € Oui, si facturée à part 30 000 € + prix batterie (sans plafond)
Hybride rechargeable (< 130 g/km) 20 300 € Non applicable 20 300 €
Thermique (130-160 g/km) 18 300 € Non applicable 18 300 €
Thermique (> 160 g/km) 9 900 € Non applicable 9 900 €

Comment calculer l'amortissement d'un véhicule professionnel ? (Cas pratiques)

Trois scénarios concrets pour voir l'impact réel des plafonds sur votre fiscalité :

  • Calculer la réintégration sur un véhicule thermique classique
  • Mesurer l'avantage de la facturation séparée de la batterie sur un véhicule électrique
  • Vérifier l'amortissement intégral d'un véhicule utilitaire

Cas n°1 - Véhicule thermique à 35 000 € TTC (émissions : 145 g/km)

Vous achetez un SUV diesel émettant 145 g/km de CO₂. Le plafond applicable est de 18 300 €. Amortissement linéaire sur 5 ans.

Année Amortissement comptable Amortissement fiscal déductible Réintégration annuelle
1 7 000 € 3 660 € 3 340 €
2 7 000 € 3 660 € 3 340 €
3 7 000 € 3 660 € 3 340 €
4 7 000 € 3 660 € 3 340 €
5 7 000 € 3 660 € 3 340 €
Total 35 000 € 18 300 € 16 700 €

Surcoût fiscal sur 5 ans à l'IS (25 %) : 16 700 × 25 % = 4 175 €. C'est le prix de l'écart entre le véhicule choisi et le plafond fiscal. Les entrepreneurs qui souhaitent anticiper ce type de charge peuvent s'appuyer sur un générateur de business plan en ligne pour intégrer ces projections dès la phase de création.

Cas n°2 - Véhicule 100 % électrique à 45 000 € TTC

Vous achetez une berline électrique (0 g/km). Plafond : 30 000 €. Amortissement linéaire sur 5 ans.

Sans séparation de la batterie :

  • Amortissement comptable : 45 000 / 5 = 9 000 €/an
  • Amortissement fiscal déductible : 30 000 / 5 = 6 000 €/an
  • Réintégration annuelle : 3 000 €
  • Surcoût fiscal sur 5 ans (IS 25 %) : 3 000 × 5 × 25 % = 3 750 €

Avec batterie facturée séparément (12 000 €) :

Le véhicule hors batterie vaut 33 000 €. La batterie est une immobilisation distincte.

Élément Base comptable Base fiscale Réintégration annuelle
Véhicule hors batterie 33 000 / 5 = 6 600 €/an 30 000 / 5 = 6 000 €/an 600 €
Batterie 12 000 / 5 = 2 400 €/an 12 000 / 5 = 2 400 €/an 0 €
Total 9 000 €/an 8 400 €/an 600 €

Surcoût fiscal sur 5 ans : 600 × 5 × 25 % = 750 € au lieu de 3 750 €. Demander une facture détaillant la batterie vous fait économiser 3 000 € d'impôt sur 5 ans.

Cas n°3 - Véhicule utilitaire à 28 000 € HT

Vous achetez un fourgon pour votre activité d'artisan. Pas de plafond pour les VU : l'amortissement est intégralement déductible. La TVA (5 600 € à 20 %) est récupérable, donc la base amortissable est le prix HT.

  • Amortissement annuel : 28 000 / 5 = 5 600 €/an
  • Réintégration : 0 €
  • TVA récupérée à l'achat : 5 600 €

Sur 5 ans, vous déduisez 28 000 € en totalité de votre résultat. Aucune réintégration, aucune perte fiscale. C'est l'option la plus simple pour les artisans, les professionnels du BTP et les commerces de proximité. Les entrepreneurs du secteur trouveront des informations complémentaires sur la création d'une entreprise dans le bâtiment, notamment sur les charges à anticiper.

Acheter, louer ou utiliser les indemnités kilométriques : quelle option est la plus avantageuse ?

Achat et inscription à l'actif

Acheter le véhicule et l'inscrire au bilan de l'entreprise permet de déduire l'amortissement et toutes les charges réelles liées au véhicule : assurance, entretien, carburant, péages. Les frais d'entretien de véhicules font partie des charges déductibles à condition d'être justifiés par des factures.

L'inconvénient : vous immobilisez de la trésorerie et, pour un VP, le plafond d'amortissement limite la déduction fiscale. Cette option est la plus avantageuse quand votre kilométrage professionnel est élevé, quand vous optez pour un véhicule utilitaire, ou quand le prix du VP reste inférieur au plafond applicable.

Location longue durée (LLD) et crédit-bail (LOA)

En LLD ou LOA, les loyers sont déductibles en charges. Mais attention : les mêmes plafonds de déductibilité que pour l'amortissement s'appliquent aux véhicules de tourisme.

La part non déductible du loyer se calcule ainsi :

Part non déductible = loyer annuel × (valeur du véhicule - plafond) / valeur du véhicule

Exemple : un VP loué en LLD, valeur 35 000 €, loyer annuel 8 400 €, plafond 18 300 €. Part non déductible = 8 400 × (35 000 - 18 300) / 35 000 = 8 400 × 0,477 = 4 009 €/an. Seuls 4 391 € de loyer sont déductibles chaque année.

L'avantage de la location : pas d'immobilisation au bilan, meilleure gestion de la trésorerie. En LLD, vous rendez le véhicule en fin de contrat. En LOA (crédit-bail), vous avez une option d'achat pour acquérir le véhicule à sa valeur résiduelle. Les entrepreneurs qui envisagent de créer une activité de location peuvent consulter le guide sur la création d'une entreprise de location de voiture pour comprendre les spécificités du secteur.

Indemnités kilométriques (IK) : quand les préférer ?

Si vous conservez le véhicule dans votre patrimoine personnel (pas d'inscription à l'actif), vous pouvez vous rembourser des indemnités kilométriques. Le barème kilométrique couvre l'amortissement, l'assurance, l'entretien et le carburant. Aucune double déduction n'est possible.

Voici un extrait du barème IK 2026 (véhicules de tourisme) :

Puissance fiscale Jusqu'à 5 000 km De 5 001 à 20 000 km Au-delà de 20 000 km
5 CV 0,636 €/km (distance × 0,357) + 1 395 0,427 €/km
6 CV 0,665 €/km (distance × 0,374) + 1 457 0,447 €/km
7 CV et plus 0,697 €/km (distance × 0,394) + 1 515 0,470 €/km

Les IK sont idéales quand votre kilométrage professionnel reste modéré (moins de 15 000 km/an) ou quand votre véhicule est déjà amorti. Au-delà, l'inscription à l'actif avec amortissement et charges réelles devient plus avantageuse. Pour aller plus loin sur la déductibilité des déplacements, le guide sur les frais de déplacement détaille les règles applicables selon votre situation.

Tableau récapitulatif : achat vs location vs IK

Scénario de référence : 20 000 km/an, véhicule à 30 000 € TTC, 5 CV fiscal, émissions de 125 g/km (plafond 20 300 €).

Critère Achat (inscription à l'actif) LLD / LOA Indemnités kilométriques
Coût fiscal déductible annuel estimé 4 060 € (amortissement) + charges réelles Loyers déductibles (plafonnés) Environ 8 540 € (barème IK)
Trésorerie immobilisée Élevée (prix d'achat) Faible (loyers mensuels) Aucune
Simplicité administrative Moyenne (suivi amortissement + réintégration) Moyenne (calcul part non déductible) Simple (relevé kilométrique)
Propriété du véhicule Oui, dès l'achat Non (LLD) / Option d'achat (LOA) Le véhicule reste personnel
Profil idéal Fort kilométrage, VU, VP sous le plafond Renouvellement fréquent, trésorerie limitée Kilométrage < 15 000 km/an, véhicule déjà amorti

Pour choisir l'option la plus avantageuse dans votre situation, les conseillers Swapn vous accompagnent gratuitement lors de la création de votre société, conseil personnalisé inclus, sans engagement.

TVA et véhicule professionnel : ce que vous pouvez récupérer

TVA non récupérable sur les véhicules de tourisme

La TVA sur l'achat d'un véhicule de tourisme n'est pas déductible (article 206-IV-2-6° du CGI). C'est pour cette raison que la base amortissable d'un VP est toujours le prix TTC.

Quelques exceptions existent : les VP destinés à la revente (concessionnaires automobiles), au transport de personnes (taxis, VTC) et à l'enseignement de la conduite (auto-écoles) permettent la récupération de la TVA. Les chauffeurs qui créent leur activité peuvent se référer au guide sur la création d'une société de VTC pour connaître les règles spécifiques à leur secteur.

TVA récupérable sur les véhicules utilitaires et le carburant

Pour les véhicules utilitaires, la TVA est intégralement récupérable à l'achat. C'est un avantage significatif : sur un VU à 28 000 € HT, vous récupérez 5 600 € de TVA.

Côté carburant et énergie, voici les taux de récupération :

Type de carburant / énergie Véhicule de tourisme (VP) Véhicule utilitaire (VU)
Gazole 80 % 100 %
Essence 80 % 100 %
E85 (superéthanol) 80 % 100 %
GPL 100 % 100 %
Électricité (recharge) 100 % 100 %

L'alignement des taux de récupération entre essence et gazole est effectif depuis 2022. L'électricité bénéficie d'une récupération à 100 % quel que soit le type de véhicule, ce qui renforce l'avantage fiscal des véhicules électriques. Pour maîtriser l'ensemble des règles applicables, le guide sur la TVA récupérable sur le carburant détaille les conditions et les justificatifs à conserver.

Taxe sur les véhicules de société : un coût à intégrer dans votre calcul

Comment fonctionne la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ ?

Depuis 2022, l'ancienne TVS a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes :

  • Taxe sur les émissions de CO₂ : barème progressif selon les émissions en norme WLTP. Plus votre véhicule émet, plus la taxe est élevée. Un véhicule à 150 g/km paie plusieurs centaines d'euros par an.
  • Taxe sur les polluants atmosphériques (anciennement « composante air ») : basée sur le type de carburant et l'année de mise en circulation. Les diesels anciens sont les plus taxés.

Les véhicules 100 % électriques et à hydrogène sont totalement exonérés des deux composantes. Les hybrides émettant 60 g/km ou moins bénéficient d'une exonération de la composante CO₂ pendant 12 trimestres (3 ans).

Cette taxe est une charge déductible du résultat, mais elle s'ajoute au coût fiscal global de votre véhicule. Un SUV thermique polluant cumule un plafond d'amortissement bas (9 900 €), une réintégration élevée et une taxe annuelle importante. À l'inverse, un véhicule électrique bénéficie du plafond le plus haut et d'une exonération totale de taxe. Pour les dirigeants de SASU qui souhaitent optimiser leur fiscalité globale, les stratégies d'optimisation fiscale en SASU méritent d'être étudiées en parallèle.

Les erreurs fréquentes à éviter sur l'amortissement d'un véhicule

Quatre pièges qui reviennent régulièrement lors des contrôles fiscaux :

  • Oublier de réintégrer la part excédentaire dans le résultat fiscal
  • Confondre la dotation comptable et la déduction fiscale
  • Rater l'avantage de la facturation séparée de la batterie
  • Cumuler amortissement et indemnités kilométriques

Oublier la réintégration fiscale

C'est l'erreur la plus courante : amortir le prix total du véhicule de tourisme sans réintégrer la fraction qui dépasse le plafond. En cas de contrôle fiscal, l'administration procède à un redressement assorti d'intérêts de retard (0,20 % par mois). Sur 5 ans d'amortissement, la facture peut être salée.

Confondre amortissement comptable et amortissement fiscal

En comptabilité, vous amortissez le prix réel du véhicule. Fiscalement, vous êtes limité au plafond. La différence se traite par une réintégration extra-comptable sur la liasse fiscale, dans le tableau 2058-A. Si vous n'effectuez pas ce retraitement, votre résultat fiscal est minoré à tort. La comptabilité d'une SARL ou d'une SASU impose de distinguer rigoureusement ces deux niveaux de traitement.

Ne pas séparer la batterie sur un véhicule électrique

Si la facture d'achat ne distingue pas la batterie du reste du véhicule, le plafond de 30 000 € s'applique à l'ensemble. Vous perdez la possibilité d'amortir la batterie intégralement sans plafond. Pensez à demander systématiquement une facture détaillant le prix du véhicule hors batterie et le prix de la batterie. Cette optimisation s'inscrit dans une réflexion plus large sur les frais déductibles que vous pouvez légitimement faire valoir.

Mauvais choix entre IK et amortissement

Cumuler indemnités kilométriques et amortissement est interdit. Vous devez choisir l'une ou l'autre option. Avant de trancher, simulez les deux scénarios sur la base de votre kilométrage réel et du prix de votre véhicule. Ce choix peut être réévalué chaque année. Si vous êtes en phase de création, un expert-comptable spécialisé en création d'entreprise peut vous aider à faire le bon arbitrage dès le départ.

Les questions fréquentes sur l'amortissement d'un véhicule professionnel

Quelle est la durée d'amortissement d'un véhicule professionnel ?

La durée d'usage admise est de 4 à 5 ans, soit un taux linéaire de 20 % à 25 % par an. Vous pouvez retenir une durée différente si vous la justifiez par l'usage réel, par exemple 3 ans pour un véhicule à très fort kilométrage.

Quel est le plafond d'amortissement d'un véhicule électrique en 2026 ?

Le plafond est de 30 000 € pour les véhicules émettant moins de 20 g de CO₂/km. Si la batterie est facturée séparément, elle peut être amortie intégralement en plus du plafond, ce qui augmente la base déductible.

Comment calculer la réintégration fiscale sur un véhicule de tourisme ?

La formule est : (prix d'acquisition TTC - plafond applicable) ÷ durée d'amortissement. Pour un véhicule à 35 000 € avec un plafond de 18 300 € sur 5 ans : (35 000 - 18 300) / 5 = 3 340 € réintégrés chaque année.

Peut-on amortir un véhicule en mode dégressif ?

Non pour les véhicules de tourisme : l'amortissement dégressif est exclu par l'article 39A du CGI. Les véhicules utilitaires neufs peuvent en bénéficier si leur durée fiscale est d'au moins 3 ans.

Vaut-il mieux amortir son véhicule ou utiliser les indemnités kilométriques ?

En dessous de 15 000 km/an avec un véhicule modeste, les IK sont souvent plus avantageuses. Au-delà, l'inscription à l'actif avec amortissement et charges réelles devient plus intéressante. Les deux options sont incompatibles : il faut choisir.

La TVA est-elle récupérable sur l'achat d'une voiture de société ?

Non, la TVA sur un véhicule de tourisme n'est pas récupérable, sauf cas spécifiques (taxis, VTC, auto-écoles). La base amortissable est donc le prix TTC. La TVA est en revanche intégralement récupérable sur les véhicules utilitaires.

Comment amortir la batterie d'un véhicule électrique séparément ?

La facture d'achat doit distinguer clairement le prix du véhicule hors batterie et le prix de la batterie. Le véhicule est amorti dans la limite du plafond (30 000 €) et la batterie est amortie intégralement comme une immobilisation distincte, sans plafond.

L'amortissement d'un véhicule en LOA ou LLD est-il soumis aux mêmes plafonds ?

Oui. Les loyers de crédit-bail et de LLD sur les VP sont soumis au même plafond de déductibilité. La part non déductible se calcule au prorata : loyer annuel × (valeur du véhicule - plafond) / valeur du véhicule.

Un auto-entrepreneur peut-il amortir un véhicule professionnel ?

Non. Le régime micro-entreprise ne permet pas de déduire des charges réelles ni d'amortir des immobilisations. Pour amortir un véhicule, il faut être en société (SASU, EURL, SAS, SARL) ou en entreprise individuelle au régime réel. Si vous êtes en micro-entreprise et envisagez de franchir ce cap, le guide sur le passage de la micro-entreprise à la SASU vous explique les étapes à suivre.

La taxe sur les véhicules de société s'ajoute-t-elle au plafond d'amortissement ?

Ce sont deux mécanismes distincts. Le plafond limite la déduction du coût d'acquisition. La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ (ex-TVS) est une charge supplémentaire, déductible du résultat, calculée selon les émissions. Les véhicules 100 % électriques en sont totalement exonérés.

Sources et Références

BOFiP : BIC - Amortissements - Régimes particuliers - Amortissements des véhicules de tourisme

Legifrance : Article 39 - Code général des impôts

BOFiP : Rescrit - Amortissement des accumulateurs des véhicules hybrides (CGI, art. 39, 4)