Blog La création d'entreprise Imposition des dividendes en SARL : guide complet 2026

Imposition des dividendes en SARL : guide complet 2026

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Article mis à jour le 14/04/2026

Par Grégoire Charroyer

Grégoire Charroyer

Grégoire, avec une décennie d'expertise dans la création de société, il est incollable sur les sujets entrepreneuriaux. Son objectif ? Démystifier la création d'entreprise. Hors du travail, il se passionne pour le tennis, la course à pied et se plonge dans des romans policiers. Sa réalisation la plus folle ? Un service de Dog Sitting couplé à un traiteur à domicile pour chiens, alliant affaires et fantaisie.

Sommaire

Résumé de l'article

  • Flat tax à 31,4 % : c'est le régime par défaut sur vos dividendes de SARL, mais le coût réel peut être bien plus élevé si vous êtes gérant majoritaire.
  • Seuil de 10 % : au-delà de 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants), le gérant majoritaire paie ~45 % de cotisations TNS sur la fraction excédentaire, ce qui peut porter le taux effectif à plus de 57 %.
  • PFU ou barème : le barème progressif est plus avantageux si votre TMI est de 0 % ou 11 %. Au-delà, le PFU est gagnant. Depuis 2026, vous pouvez changer d'option chaque année.
  • Capital social : augmenter le capital ou alimenter le compte courant d'associé relève le seuil de 10 % et réduit les cotisations TNS sur vos dividendes.
  • SARL vs SASU : le président de SASU ne paie jamais de cotisations sociales sur ses dividendes (flat tax pure à 31,4 %), mais ses charges sur rémunération sont plus élevées. Le bon calcul intègre rémunération et dividendes ensemble.

Comment sont imposés les dividendes d'une SARL en 2026 ?

La double imposition des dividendes : IS + IR

Les dividendes que vous percevez ont déjà été taxés une première fois au niveau de la société, via l'impôt sur les sociétés (IS). Cette taxation s'applique sur l'ensemble des bénéfices, qu'ils soient distribués ou mis en réserve.

Les taux d'IS en 2026 sont les suivants :

  • 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfices (taux réduit réservé aux PME éligibles)
  • 25 % au-delà de 42 500 €

Une fois l'IS payé et la réserve légale dotée (5 % du bénéfice net, dans la limite de 10 % du capital social), le solde forme le bénéfice distribuable. C'est sur ce montant que l'AGO peut décider de verser des dividendes.

Voici le parcours de votre argent, étape par étape :

  1. La SARL réalise un bénéfice brut
  2. Elle paie l'IS (15 % puis 25 %)
  3. Le bénéfice net après IS constitue le bénéfice distribuable (après dotation de la réserve légale)
  4. L'AGO vote la distribution de dividendes
  5. Vous recevez vos dividendes, imposés une seconde fois à votre niveau personnel

C'est ce qu'on appelle la double imposition des dividendes : IS au niveau de la société, puis impôt sur le revenu (IR) et prélèvements sociaux au niveau de l'associé. Pour bien comprendre les charges sociales en SARL qui s'ajoutent à cette équation, il est utile d'avoir une vision globale des prélèvements obligatoires.

Exemple concret : votre SARL dégage 50 000 € de bénéfice. L'IS s'élève à 8 250 € (15 % × 42 500 + 25 % × 7 500). Il reste 41 750 € de bénéfice net. Après dotation de la réserve légale, vous pouvez distribuer jusqu'à environ 39 660 €. Ces dividendes seront ensuite taxés entre vos mains.

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou flat tax à 31,4 %

Par défaut, vos dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax. Ce régime se décompose en deux parts :

  • 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu
  • 18,6 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité)

Total : 31,4 % du montant brut des dividendes.

En pratique, l'année du versement des dividendes, la société prélève un acompte de 12,8 % (le prélèvement forfaitaire non libératoire, ou PFNL) et 18,6 % de prélèvements sociaux. Cet acompte est ensuite régularisé lors de votre déclaration de revenus.

Au PFU, l'abattement de 40 % sur les dividendes ne s'applique pas. Les frais et charges liés à l'acquisition ou la conservation des revenus ne sont pas déductibles non plus. Le calcul est simple : 31,4 % du brut, point final.

Bon à savoir : le PFU s'applique par défaut. Vous n'avez aucune démarche à faire pour en bénéficier. C'est l'option pour le barème progressif qui nécessite une action de votre part.

L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu

Si le PFU ne vous avantage pas, vous pouvez opter pour l'imposition au barème progressif de l'IR. Pour cela, il suffit de cocher la case 2OP sur votre déclaration de revenus (formulaire 2042). La question du choix entre flat tax ou barème progressif mérite une simulation sérieuse chaque année.

Nouveauté 2026 : le caractère irrévocable de cette option a été supprimé. Vous pouvez désormais choisir le barème progressif une année et revenir au PFU l'année suivante, selon ce qui vous avantage le plus. C'est un changement majeur qui donne plus de souplesse aux associés de SARL.

Le barème progressif présente trois avantages par rapport au PFU :

  • L'abattement de 40 % s'applique sur vos dividendes éligibles. Sur 10 000 € de dividendes, seuls 6 000 € sont soumis à l'IR.
  • Une fraction de la CSG est déductible de votre revenu global : 6,8 % du montant brut des dividendes.
  • Les frais et charges engagés pour l'acquisition des revenus sont déductibles.

Pour rappel, les tranches du barème progressif 2026 (revenus 2025) sont :

Tranche de revenu imposable Taux
Jusqu'à 11 497 € 0 %
De 11 498 € à 29 315 € 11 %
De 29 316 € à 83 823 € 30 %
De 83 824 € à 180 294 € 41 %
Au-delà de 180 294 € 45 %

Attention : l'option pour le barème s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers (RCM) et plus-values de cession de valeurs mobilières de l'année. Vous ne pouvez pas choisir le PFU pour certains revenus et le barème pour d'autres.

Gérant majoritaire de SARL : pourquoi vos dividendes sont soumis aux cotisations sociales ?

Le seuil de 10 % du capital social : comment ça fonctionne ?

C'est la spécificité majeure de la SARL. Si vous êtes gérant majoritaire, vous avez le statut de travailleur non salarié (TNS), et vos dividendes ne sont pas traités comme de simples revenus du patrimoine.

La règle est la suivante : la part des dividendes qui dépasse 10 % du total formé par le capital social, les primes d'émission et les sommes inscrites en comptes courants d'associés est soumise aux cotisations sociales. Ces cotisations suivent les mêmes modalités que votre rémunération de gérant (imposable au titre de l'article 62 du CGI).

La formule de calcul du seuil :

Seuil = 10 % × (capital social + primes d'émission + solde moyen du compte courant d'associé)

Concrètement :

  • En dessous du seuil de 10 % : vos dividendes sont soumis uniquement aux prélèvements sociaux classiques de 18,6 %, comme pour n'importe quel associé.
  • Au-dessus du seuil de 10 % : la fraction excédentaire est soumise aux cotisations sociales TNS, dont le taux global avoisine 45 %.

Ce mécanisme concerne aussi les dividendes perçus par votre conjoint, votre partenaire pacsé ou vos enfants mineurs non émancipés, dès lors qu'ils sont associés de la SARL. Pour tout comprendre sur le rôle et les obligations du gérant de SARL, il est utile de maîtriser ces règles dès la création.

Exemple : votre SARL a un capital social de 5 000 € et aucun compte courant d'associé. Le seuil de 10 % est de 500 €. Si vous percevez 15 000 € de dividendes, seuls 500 € échappent aux cotisations TNS. Les 14 500 € restants y sont soumis.

Quel impact sur le coût réel de vos dividendes ?

Les cotisations sociales TNS applicables à la fraction excédentaire couvrent plusieurs branches :

  • Assurance maladie-maternité
  • Retraite de base et complémentaire
  • Invalidité-décès
  • Allocations familiales
  • CSG et CRDS

Le taux global de ces cotisations avoisine 45 % du montant soumis. C'est nettement plus que les 18,6 % de prélèvements sociaux applicables sous le seuil.

Un point souvent oublié : ces cotisations génèrent des droits sociaux (trimestres de retraite, indemnités journalières), contrairement aux prélèvements sociaux de 18,6 % qui ne créent aucun droit. L'argent n'est pas « perdu », même si le coût immédiat est élevé.

Prenons un exemple chiffré pour mesurer l'impact :

Données : 30 000 € de dividendes, capital social de 1 000 €, pas de compte courant d'associé.

Élément Calcul Montant
Seuil de 10 % 10 % × 1 000 € 100 €
Fraction sous le seuil   100 €
Prélèvements sociaux (18,6 %) sur 100 € 18,6 % × 100 19 €
Fraction au-dessus du seuil 30 000 - 100 29 900 €
Cotisations TNS (~45 %) sur 29 900 € 45 % × 29 900 13 455 €
IR au PFU (12,8 %) sur 30 000 € 12,8 % × 30 000 3 840 €
Coût total   17 314 €
Taux effectif global 17 314 / 30 000 ~57,7 %

Sur 30 000 € de dividendes bruts, il vous reste environ 12 686 € nets. Le capital social de 1 000 € est ici le principal facteur aggravant.

Stratégie à retenir : augmenter le capital social ou alimenter le compte courant d'associé en SARL permet de relever le seuil de 10 % et de réduire la fraction soumise aux cotisations TNS. Nous détaillons ces stratégies plus bas dans l'article.

Gérant minoritaire ou associé non-gérant : un régime différent

Le régime des cotisations sociales sur les dividendes ne concerne que le gérant majoritaire (TNS). Si vous êtes gérant minoritaire, gérant égalitaire ou simple associé non-gérant, vos dividendes ne sont jamais soumis aux cotisations TNS.

Votre rémunération de gérant minoritaire est imposable dans la catégorie des traitements et salaires. Vos dividendes, eux, relèvent des revenus de capitaux mobiliers et sont taxés uniquement à la flat tax de 31,4 % (ou au barème progressif sur option).

Critère Gérant majoritaire (TNS) Gérant minoritaire Associé non-gérant
Cotisations TNS sur dividendes Oui, au-delà de 10 % du capital Non Non
Prélèvements sociaux 18,6 % Sur la fraction ≤ 10 % Sur la totalité Sur la totalité
IR (PFU ou barème) Oui Oui Oui
Taux effectif max (PFU) ~57-60 % 31,4 % 31,4 %

Un rappel important : la qualité de gérant majoritaire s'apprécie en tenant compte des parts détenues par votre conjoint, votre partenaire pacsé et vos enfants mineurs non émancipés. Un gérant qui détient 40 % des parts mais dont le conjoint en détient 15 % est considéré comme majoritaire (55 % au total). Pour aller plus loin sur la répartition du capital, l'article sur le nombre d'associés en SARL apporte des précisions utiles.

PFU ou barème progressif : que choisir pour vos dividendes de SARL ?

Dans quel cas le PFU est-il plus avantageux ?

Le PFU est gagnant dès que votre taux marginal d'imposition (TMI) atteint 30 % ou plus. La raison est mathématique : même avec l'abattement de 40 % et la CSG déductible, le barème progressif coûte plus cher à partir de cette tranche.

Le PFU a aussi un avantage pratique : aucun calcul d'abattement, pas de CSG déductible à suivre, pas d'impact sur vos autres revenus mobiliers. Si vous percevez des plus-values de cession de valeurs mobilières en parallèle, le PFU les couvre aussi à 31,4 %. La flat tax sur les dividendes fonctionne de la même façon quelle que soit la forme juridique de votre société.

En résumé, privilégiez le PFU si :

  • Votre TMI est de 30 %, 41 % ou 45 %
  • Vous avez d'autres revenus mobiliers ou plus-values taxés la même année
  • Vous préférez la simplicité de calcul

Dans quel cas le barème progressif est-il préférable ?

Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, le barème progressif vous fait économiser plusieurs centaines d'euros par rapport au PFU.

Cas concret : vous percevez 10 000 € de dividendes et votre TMI est de 11 %.

  • Au PFU : IR = 12,8 % × 10 000 = 1 280 €
  • Au barème : base imposable après abattement de 40 % = 6 000 €. IR = 11 % × 6 000 = 660 €. La CSG déductible (6,8 % × 10 000 = 680 €) réduit votre revenu global, ce qui génère une économie d'IR supplémentaire de 680 × 11 % = 75 €. IR net = 660 - 75 = 585 €.

L'écart est de 695 € d'IR en faveur du barème. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent identiques dans les deux cas.

Depuis 2026, l'option n'étant plus irrévocable, vous pouvez tester le barème une année et revenir au PFU l'année suivante si votre situation change. Simulez les deux options chaque année avant de déposer votre déclaration.

Tableau comparatif PFU vs barème selon votre tranche d'imposition

Base de calcul : 10 000 € de dividendes bruts.

TMI IR au PFU IR au barème (après abattement 40 % et CSG déductible) Prélèvements sociaux Coût total PFU Coût total barème Verdict
0 % 1 280 € 0 € 1 860 € 3 140 € 1 860 € ✅ Barème
11 % 1 280 € 585 € 1 860 € 3 140 € 2 445 € ✅ Barème
31,4 % 1 280 € 1 596 € 1 860 € 3 140 € 3 456 € ✅ PFU
41 % 1 280 € 2 181 € 1 860 € 3 140 € 4 041 € ✅ PFU

Le seuil de bascule se situe entre les tranches à 11 % et 31,4 %. Si votre TMI est de 11 % ou moins, le barème progressif vous fait gagner entre 695 € et 1 280 € d'IR pour 10 000 € de dividendes. À partir de 30 %, le PFU est systématiquement plus avantageux.

Bon à savoir : pour le gérant majoritaire de SARL, ces calculs s'ajoutent aux cotisations TNS sur la fraction excédentaire. Le choix PFU/barème ne modifie pas le montant des cotisations sociales TNS, qui sont calculées indépendamment.

Cas pratiques : combien payez-vous réellement sur vos dividendes de SARL ?

Cas n°1 - Gérant majoritaire, 20 000 € de dividendes, capital de 1 000 €

Profil : vous êtes gérant majoritaire d'une SARL au capital de 1 000 €, sans compte courant d'associé ni prime d'émission. Vous vous versez 20 000 € de dividendes et optez pour le PFU.

Étape 1 - Calcul du seuil de 10 % Seuil = 10 % × 1 000 € = 100 €

Étape 2 - Répartition des dividendes

  • Fraction ≤ seuil : 100 € → prélèvements sociaux 18,6 %
  • Fraction > seuil : 19 900 € → cotisations TNS

Étape 3 - Calcul des charges sociales

  • Prélèvements sociaux sur 100 € : 18,6 % × 100 = 19 €
  • Cotisations TNS sur 19 900 € : ~45 % × 19 900 = 8 955 €

Étape 4 - Calcul de l'IR

  • PFU : 12,8 % × 20 000 = 2 560 €

Résultat :

Poste Montant
Cotisations TNS 8 955 €
Prélèvements sociaux 19 €
IR (PFU 12,8 %) 2 560 €
Coût total 11 534 €
Dividende net 8 466 €
Taux effectif ~57,7 %

Avec un capital de 1 000 €, plus de la moitié de vos dividendes part en charges et impôts. Pour comprendre l'ensemble des charges d'une SARL qui pèsent sur votre résultat, ce cas illustre bien l'importance du niveau de capital social.

Cas n°2 - Gérant majoritaire, 20 000 € de dividendes, capital de 50 000 €

Profil : même situation, mais votre SARL a un capital social de 50 000 €.

Étape 1 - Calcul du seuil de 10 % Seuil = 10 % × 50 000 € = 5 000 €

Étape 2 - Répartition des dividendes

  • Fraction ≤ seuil : 5 000 € → prélèvements sociaux 18,6 %
  • Fraction > seuil : 15 000 € → cotisations TNS

Étape 3 - Calcul des charges sociales

  • Prélèvements sociaux sur 5 000 € : 18,6 % × 5 000 = 930 €
  • Cotisations TNS sur 15 000 € : ~45 % × 15 000 = 6 750 €

Étape 4 - Calcul de l'IR

  • PFU : 12,8 % × 20 000 = 2 560 €

Résultat :

Poste Montant
Cotisations TNS 6 750 €
Prélèvements sociaux 930 €
IR (PFU 12,8 %) 2 560 €
Coût total 10 240 €
Dividende net 9 760 €
Taux effectif ~51,2 %

L'augmentation du capital de 1 000 € à 50 000 € a permis d'économiser environ 1 294 € sur le même montant de dividendes. Le taux effectif passe de 57,7 % à 51,2 %. La procédure d'augmentation de capital en SARL est accessible et peut se justifier rapidement sur le plan financier.

Cas n°3 - Gérant minoritaire ou associé, 20 000 € de dividendes au PFU

Profil : vous êtes gérant minoritaire ou associé non-gérant. Vous percevez 20 000 € de dividendes.

Calcul :

  • Cotisations TNS : 0 € (pas de seuil de 10 % applicable)
  • Prélèvements sociaux : 18,6 % × 20 000 = 3 720 €
  • IR au PFU : 12,8 % × 20 000 = 2 560 €

Résultat :

Poste Montant
Cotisations TNS 0 €
Prélèvements sociaux 3 720 €
IR (PFU 12,8 %) 2 560 €
Coût total 6 280 €
Dividende net 13 720 €
Taux effectif 31,4 %

Tableau récapitulatif des 3 cas :

Critère Cas n°1 (GM, capital 1 000 €) Cas n°2 (GM, capital 50 000 €) Cas n°3 (Gérant minoritaire)
Dividendes bruts 20 000 € 20 000 € 20 000 €
Seuil de 10 % 100 € 5 000 € N/A
Cotisations TNS 8 955 € 6 750 € 0 €
Prélèvements sociaux 19 € 930 € 3 720 €
IR (PFU) 2 560 € 2 560 € 2 560 €
Coût total 11 534 € 10 240 € 6 280 €
Dividende net 8 466 € 9 760 € 13 720 €
Taux effectif 57,7 % 51,2 % 31,4 %

L'écart entre le cas n°1 et le cas n°3 est de 5 254 €, pour un montant de dividendes identique. Le statut du dirigeant et le niveau de capital social changent tout. Pour aller plus loin dans votre simulation, le simulateur de revenus SASU permet de comparer les deux structures en quelques clics.

Comment déclarer vos dividendes de SARL aux impôts ?

Les obligations de la société : formulaire 2777-SD

La SARL a l'obligation de déclarer et de verser les prélèvements à la source dans les 15 jours suivant le mois du versement des dividendes. Cette déclaration se fait en ligne via le formulaire n° 2777-SD.

Les étapes pour la société :

  1. Calculer le montant du prélèvement forfaitaire non libératoire (12,8 %) et des prélèvements sociaux (18,6 %)
  2. Retenir ces sommes sur le montant brut des dividendes versés
  3. Remplir et télétransmettre le formulaire 2777-SD
  4. Verser les 31,4 % au Trésor public via la téléprocédure

Si les dividendes sont versés en juin, la déclaration 2777-SD et le paiement doivent être effectués au plus tard le 15 juillet. La comptabilité de la SARL impose un suivi rigoureux de ces échéances pour éviter les pénalités de retard.

La déclaration de l'associé : formulaire 2042

En tant qu'associé, vous déclarez vos dividendes lors de votre déclaration annuelle de revenus (mai/juin de l'année suivant le versement).

Voici les cases à remplir sur le formulaire 2042 :

  • Case 2DC (« Revenus des actions et parts ») : indiquez le montant brut de vos dividendes
  • Case 2OP : cochez cette case uniquement si vous optez pour le barème progressif au lieu du PFU
  • Case 2CK : l'acompte de 12,8 % déjà prélevé à la source est normalement prérempli. Vérifiez que le montant correspond

Si vous avez opté pour le barème progressif, l'abattement de 40 % est calculé automatiquement par l'administration fiscale. Vous n'avez pas à le déduire vous-même du montant déclaré en case 2DC.

La dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire

Vous pouvez être dispensé de l'acompte de 12,8 % prélevé à la source si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à :

  • 50 000 € pour une personne seule
  • 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune

La demande doit être formulée avant le 30 novembre de l'année précédant le versement des dividendes, accompagnée d'une attestation sur l'honneur confirmant que vous remplissez les conditions de revenus. Cette dispense ne concerne que l'acompte d'IR de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas. Pour anticiper votre situation fiscale globale, les loi de finances 2026 et ses principales mesures contiennent des informations utiles sur les évolutions en cours.

Dividendes SARL vs SASU : quelle différence d'imposition ?

En SASU, pas de cotisations sociales sur les dividendes

Le président de SASU a le statut d'assimilé salarié, pas de TNS. Cette différence a un impact direct sur la fiscalité des dividendes : en SASU, aucune cotisation sociale ne s'applique sur les dividendes, quel que soit leur montant et quel que soit le niveau du capital social.

Les dividendes du président de SASU sont soumis uniquement à la flat tax de 31,4 % (ou au barème progressif sur option). Il n'existe pas de seuil de 10 % du capital social en SASU. Pour tout comprendre sur le fonctionnement des dividendes en SASU, les règles sont sensiblement différentes de celles applicables en SARL.

Le coût des dividendes est donc mécaniquement plus faible en SASU qu'en SARL pour un gérant majoritaire.

Tableau comparatif SARL vs SASU pour 20 000 € de dividendes

Critère SARL (gérant majoritaire, capital 1 000 €) SASU (président)
Statut social du dirigeant TNS Assimilé salarié
Cotisations sociales sur dividendes 8 955 € (sur fraction > 10 % du capital) 0 €
Prélèvements sociaux (18,6 %) 19 € (sur fraction ≤ 10 %) 3 720 €
IR au PFU (12,8 %) 2 560 € 2 560 €
Coût total 11 534 € 6 280 €
Dividende net 8 466 € 13 720 €
Taux effectif 57,7 % 31,4 %

L'écart est frappant : 5 254 € de différence pour le même montant distribué. Mais attention, ce tableau ne montre qu'une partie du calcul. Le gérant majoritaire de SARL paie des cotisations TNS sur sa rémunération à un taux d'environ 45 %, tandis que le président de SASU supporte des charges sociales de l'ordre de 75 à 80 % sur son salaire brut. Pour approfondir cette comparaison, l'article SASU vs SARL détaille les différences sur l'ensemble des paramètres.

Le bon raisonnement consiste à comparer le coût global (rémunération + dividendes) et non les dividendes seuls. Un gérant de SARL qui se verse une rémunération faible et des dividendes élevés peut finir par payer plus qu'un président de SASU qui optimise son mix salaire/dividendes.

4 stratégies pour réduire l'imposition de vos dividendes en SARL

  • Relever le seuil de 10 % en augmentant votre capital social
  • Utiliser le compte courant d'associé pour élargir la base de calcul
  • Trouver le bon équilibre entre rémunération et dividendes
  • Comparer chaque année le PFU et le barème progressif

Augmenter le capital social pour relever le seuil de 10 %

Plus votre capital social est élevé, plus la fraction de dividendes échappant aux cotisations TNS est importante.

Exemple : en passant de 1 000 € à 30 000 € de capital social, votre seuil passe de 100 € à 3 000 €. Sur 20 000 € de dividendes, la fraction soumise aux cotisations TNS diminue de 19 900 € à 17 000 €, soit une économie d'environ 1 305 € de cotisations.

Les limites de cette stratégie : les fonds apportés sont immobilisés dans la société. L'augmentation de capital nécessite une assemblée générale extraordinaire (AGE), une modification des statuts et un dépôt au greffe. Il faut aussi disposer de la trésorerie nécessaire. La procédure d'augmentation de capital en SARL est toutefois accessible sans recours à un avocat dans la plupart des cas.

Alimenter le compte courant d'associé

Le solde moyen annuel du compte courant d'associé entre dans le calcul du seuil de 10 %. C'est une alternative plus souple que l'augmentation de capital, car les sommes inscrites en compte courant sont remboursables à tout moment.

Exemple : avec un capital de 1 000 € et un compte courant d'associé de 49 000 €, votre seuil atteint 10 % × 50 000 = 5 000 €. Vous obtenez le même effet qu'un capital de 50 000 €, sans immobiliser les fonds.

Attention : si vous percevez des intérêts sur votre compte courant d'associé, ces intérêts sont eux-mêmes imposables (flat tax ou barème progressif). Le taux d'intérêt est plafonné par un taux de référence fixé chaque trimestre. Pour maîtriser les règles applicables au compte courant d'associé en SARL, il est recommandé de formaliser les conditions dans une convention.

Arbitrer entre rémunération et dividendes

La rémunération du gérant est déductible du résultat imposable de la SARL. Elle réduit donc l'IS. Les dividendes, eux, ne sont pas déductibles : ils subissent la double imposition (IS + IR).

Selon votre niveau de revenus, un mix rémunération/dividendes peut être plus avantageux qu'une stratégie « tout dividendes » ou « tout rémunération ».

Exemple simplifié : votre SARL dégage 50 000 € de résultat avant rémunération.

  • Option A - 100 % rémunération : vous vous versez 50 000 € de rémunération. Cotisations TNS (~45 %) = 22 500 €. IS = 0 € (résultat nul). Coût total = 22 500 €.
  • Option B - 50 % rémunération / 50 % dividendes : rémunération de 25 000 € (cotisations TNS = 11 250 €). Résultat imposable = 25 000 €. IS (15 %) = 3 750 €. Dividendes distribuables = 21 250 €. Coût des dividendes (cotisations TNS + IR) variable selon le capital social.

L'arbitrage dépend de nombreux paramètres : capital social, TMI, droits à la retraite souhaités, besoin de trésorerie. Ce type de simulation gagne à être réalisé avec un suivi comptable rigoureux.  Pour aller plus loin sur les leviers disponibles, l'article sur l'optimisation fiscale de la SARL recense les principales pistes à explorer.

Choisir entre PFU et barème progressif chaque année

Depuis 2026, l'option pour le barème progressif n'est plus irrévocable. Vous pouvez simuler les deux options chaque année avant de déposer votre déclaration de revenus.

Pour rappel, le barème est préférable si votre TMI est de 0 % ou 11 %. Le PFU l'emporte à partir de la tranche à 30 %. Reportez-vous au tableau comparatif de la section précédente pour identifier votre seuil de bascule.

Cette souplesse nouvelle vous permet d'adapter votre choix en fonction de vos revenus globaux de l'année, sans risque de vous enfermer dans une option défavorable. L'imposition des dividendes en SASU suit les mêmes règles PFU/barème, ce qui facilite la comparaison si vous envisagez un changement de structure.

Les questions fréquentes sur l'imposition des dividendes en SARL

Quel est le taux d'imposition réel des dividendes pour un gérant majoritaire de SARL ?

Le taux réel dépend du montant de votre capital social. Avec un capital faible (1 000 €), le coût total peut atteindre 55 à 60 % du dividende brut, en cumulant cotisations TNS (~45 % sur la fraction dépassant 10 % du capital) et IR (12,8 % au PFU). Pour un gérant minoritaire, le taux effectif est de 31,4 %.

Est-ce que les dividendes de SARL sont soumis aux cotisations sociales ?

Uniquement pour le gérant majoritaire (TNS). La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du total (capital social + primes d'émission + comptes courants d'associés) est soumise aux cotisations sociales (~45 %). En dessous de ce seuil, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent.

Vaut-il mieux choisir la flat tax ou le barème progressif pour les dividendes de SARL ?

Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, le barème progressif est plus avantageux grâce à l'abattement de 40 % et à la CSG déductible. À partir de la tranche à 30 %, la flat tax (PFU) est préférable. Depuis 2026, l'option pour le barème n'est plus irrévocable : vous pouvez changer chaque année.

Comment calculer le seuil de 10 % pour les cotisations sociales sur les dividendes ?

Le seuil se calcule sur la somme du capital social, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé. Exemple : capital 10 000 € + compte courant 20 000 € = base de 30 000 €. Le seuil est donc de 3 000 €. Les dividendes au-delà de 3 000 € sont soumis aux cotisations TNS.

Puis-je augmenter le capital de ma SARL pour payer moins de cotisations sur mes dividendes ?

Oui, c'est une stratégie courante. En augmentant le capital social, vous relevez le seuil de 10 % et réduisez la fraction soumise aux cotisations TNS. Les fonds apportés sont toutefois immobilisés, et la procédure nécessite une AGE, une modification des statuts et un dépôt au greffe.

Quelle différence entre l'imposition des dividendes en SARL et en SASU ?

En SASU, les dividendes sont soumis uniquement à la flat tax (31,4 %) sans cotisations sociales, quel que soit le montant. En SARL, le gérant majoritaire paie des cotisations TNS (~45 %) sur la fraction dépassant 10 % du capital. Le coût des dividendes est donc nettement plus élevé en SARL pour le gérant majoritaire, mais la comparaison doit inclure le coût de la rémunération.

Comment déclarer les dividendes de ma SARL aux impôts ?

La société déclare et verse l'acompte via le formulaire 2777-SD dans les 15 jours suivant le mois du versement. L'associé déclare ses dividendes en case 2DC du formulaire 2042 lors de sa déclaration annuelle. L'acompte de 12,8 % est prérempli en case 2CK.

Les dividendes de SARL comptent-ils pour le maintien de l'ARE ?

Pour le gérant majoritaire (TNS), les dividendes soumis aux cotisations sociales sont considérés comme un revenu d'activité et peuvent impacter le calcul de l'ARE. Pour le gérant minoritaire ou l'associé non-gérant, les dividendes sont des revenus du patrimoine et n'affectent pas directement l'ARE, mais ils augmentent le revenu fiscal de référence.

Est-il possible d'être dispensé du prélèvement de 12,8 % à la source ?

Oui, si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 50 000 € (personne seule) ou 75 000 € (couple). La demande doit être faite avant le 30 novembre de l'année précédant le versement, avec une attestation sur l'honneur. La dispense ne concerne que l'acompte IR, pas les prélèvements sociaux.

Combien de dividendes puis-je me verser en SARL sans payer de cotisations sociales ?

Vous pouvez percevoir jusqu'à 10 % de la somme (capital social + primes d'émission + comptes courants d'associés) sans cotisations TNS. Au-delà, les cotisations s'appliquent. Avec un capital de 50 000 € et un compte courant de 10 000 €, vous pouvez percevoir 6 000 € de dividendes soumis uniquement aux prélèvements sociaux de 18,6 %.

Sources & Références

Service-Public : Fiscalité des dividendes perçus par les associés

Impots.gouv.fr : Les revenus mobiliers

Legifrance : Contribution sociale sur les revenus d'activité

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