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Comptabilité analytique : méthodes, calculs et exemples

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Temps de lecture : 11 min

Résumé de l'article

  • Comptabilité analytique : elle reclasse les charges par destination pour connaître le coût réel de chaque activité.
  • Obligatoire ? : non, elle reste facultative pour toutes les entreprises privées mais fortement recommandée.
  • Cinq méthodes : coûts complets, coûts partiels, ABC, coûts standards et coûts cibles selon vos besoins.
  • Coût de revient : il additionne le coût d'approvisionnement, le coût de production et les frais de distribution.
  • Mise en place : définissez deux à trois axes, classez vos charges, puis choisissez un outil adapté.
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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 25 juillet 2026

Qu'est-ce que la comptabilité analytique ?

La comptabilité analytique est un système d'information interne qui décompose les coûts par produit, activité ou projet. Contrairement à la comptabilité générale qui classe les charges par nature (achats, salaires, loyers), elle les reclasse par destination pour répondre à une question simple : combien coûte réellement chaque activité de votre entreprise ?

Définition et rôle dans l'entreprise

Le coût caché d'une activité en apparence rentable

La comptabilité analytique remplit trois missions dans l'entreprise :

  1. Calculer les coûts de production de chaque produit ou service, en identifiant les ressources consommées.
  2. Maîtriser les dépenses en comparant les coûts réels aux prévisions et en repérant les dérives.
  3. Préparer les décisions stratégiques : fixer un prix de vente, arrêter un produit non rentable, investir dans une nouvelle activité.

Prenons un exemple. Un consultant qui facture 500 €/jour a-t-il une activité rentable ? Sans comptabilité analytique, il ne le sait pas. Avec, il découvre que ses charges (loyer, logiciels, déplacements, temps non facturable) portent son coût de revient à 420 €/jour. Sa marge réelle n'est que de 80 €/jour, soit 16 %.

Le terme « comptabilité de gestion » est parfois utilisé comme synonyme. En pratique, la comptabilité de gestion est un concept plus large qui englobe la comptabilité analytique, le contrôle budgétaire et les tableaux de bord de gestion. La comptabilité analytique en est la composante centrale, focalisée sur le calcul et l'analyse des coûts.

La comptabilité analytique est-elle obligatoire ?

La comptabilité analytique est facultative pour toutes les entreprises privées. Contrairement à la comptabilité générale, imposée par le Code de commerce, aucune loi n'oblige une SASU, une SAS, une EURL ou une SARL à en tenir une.

Il existe toutefois des exceptions. Certains organismes publics et les centres de formation d'apprentis (CFA) doivent mettre en place une comptabilité analytique, conformément à l'arrêté du 21 juillet 2020.

Pour les entreprises privées, la recommandation est forte dès que vous avez plusieurs activités, produits ou projets. Plus votre offre se diversifie, plus la comptabilité analytique devient utile pour savoir ce qui rapporte et ce qui coûte.

Bon à savoir : Ce n'est pas parce que la comptabilité analytique est facultative qu'elle est inutile. C'est souvent l'outil qui fait la différence entre une entreprise qui pilote ses marges et une qui découvre ses pertes trop tard.

Comptabilité analytique vs comptabilité générale : quelles différences ?

Ces deux systèmes comptables répondent à des objectifs très différents. Voici comment les distinguer et comprendre pourquoi ils fonctionnent ensemble.

Tableau comparatif détaillé

Critère Comptabilité générale Comptabilité analytique
Cadre légal Obligatoire (Code de commerce) Facultative
Objectif Conformité fiscale et légale Pilotage interne et aide à la décision
Destinataires Administration fiscale, banques, associés Dirigeants, managers opérationnels
Périodicité Annuelle (clôture des comptes) Libre : mensuelle, trimestrielle, par projet
Niveau de détail Par nature de charges (achats, salaires, loyers) Par destination : produit, activité, centre de coût
Finalité Produire les comptes annuels (bilan, compte de résultat) Calculer les coûts de revient et les marges par activité
Normes applicables PCG, Code de commerce Libre, adaptée aux besoins de l'entreprise

Deux systèmes complémentaires, pas concurrents

Comptabilité analytique vs comptabilité générale : les différences clés

La comptabilité analytique ne remplace pas la comptabilité générale. Elle s'en nourrit. Son travail consiste à reclasser les charges par destination au lieu de les laisser classées par nature.

Exemple concret : en comptabilité générale, vous avez une ligne « loyer » de 2 000 €/mois. C'est un classement par nature. La comptabilité analytique ventile ce loyer entre l'atelier de production (800 €), le service commercial (700 €) et le siège administratif (500 €). Chaque centre de coût supporte sa part réelle.

Ce reclassement permet de savoir combien coûte réellement chaque activité, et pas seulement combien l'entreprise dépense au global.

Charges directes, indirectes, incorporables : les notions clés

Avant de calculer un coût de revient, vous devez savoir classer vos charges. Trois distinctions sont à maîtriser : directes vs indirectes, incorporables vs non incorporables, et la notion de charges supplétives.

Charges directes vs charges indirectes

Une charge directe est affectable sans ambiguïté à un produit ou une activité. Exemple : les matières premières utilisées pour fabriquer un produit, ou le temps d'un consultant dédié à une mission client.

Une charge indirecte concerne plusieurs produits ou activités à la fois. Elle nécessite une clé de répartition pour être ventilée. Exemple : le loyer des locaux, le salaire du comptable, la facture d'électricité.

Voici des exemples concrets par secteur :

Secteur Exemples de charges directes Exemples de charges indirectes
Services / Conseil Temps passé sur la mission, déplacements client, sous-traitance dédiée Loyer bureau, abonnements logiciels, assurance RC Pro
BTP Matériaux du chantier, main-d'œuvre affectée, location d'engin Salaire du conducteur de travaux (multi-chantiers), véhicule de service, comptabilité
Commerce Prix d'achat des marchandises vendues, emballages spécifiques Loyer du magasin, publicité globale, salaire du gérant

Pour ventiler les charges indirectes, vous utilisez une clé de répartition (aussi appelée unité d'œuvre). Le loyer peut être réparti au prorata de la surface occupée par chaque activité. Le salaire du comptable peut être ventilé au prorata du chiffre d'affaires de chaque branche.

Charges incorporables et charges non incorporables

Toutes les charges de la comptabilité générale ne sont pas retenues dans le calcul analytique.

Les charges incorporables sont celles qui entrent dans le calcul des coûts : achats de matières, salaires, amortissements des équipements, charges sociales, loyers. Elles reflètent le fonctionnement courant de l'entreprise.

Les charges non incorporables sont exclues car elles n'ont pas de lien avec l'exploitation courante. C'est le cas des amendes fiscales, des charges exceptionnelles (un sinistre, par exemple) ou des dotations aux provisions pour dépréciation d'actifs financiers. Les intégrer fausserait le coût de revient.

À l'inverse, les charges supplétives sont des charges fictives ajoutées en comptabilité analytique alors qu'elles n'existent pas en comptabilité générale. L'exemple le plus courant : la rémunération théorique du dirigeant non salarié. Un gérant d'EURL qui ne se verse pas de salaire a quand même un coût économique (son temps de travail). L'intégrer dans le calcul analytique donne un coût de revient plus réaliste. Autre exemple : la rémunération théorique des capitaux propres investis dans l'entreprise.

L'objectif de ces retraitements est d'obtenir un coût de revient économiquement pertinent, qui reflète la réalité des ressources consommées et non les seules écritures comptables.

Comment calculer un coût de revient en comptabilité analytique ?

Le coût de revient est le montant total que vous coûte un produit ou un service, de l'approvisionnement jusqu'à la vente. Voici les trois étapes du calcul, puis un exemple chiffré complet.

  • Additionner le prix d'achat et les frais liés à l'approvisionnement
  • Intégrer les charges de production directes et indirectes
  • Ajouter les coûts de distribution et d'administration

Les 3 étapes du calcul séquentiel

Étape 1 - Coût d'approvisionnement

Coût d'approvisionnement = prix d'achat + frais d'approvisionnement (transport, douane, réception, stockage)

Étape 2 - Coût de production

Coût de production = coût d'approvisionnement des matières consommées + charges directes de production + charges indirectes de production

Étape 3 - Coût de revient

Coût de revient = coût de production des produits vendus + charges de distribution + charges administratives

La formule synthétique : Coût de revient = Coût de production + Coût de distribution + Coût administratif.

Pour une entreprise de services, le coût d'approvisionnement est souvent nul ou très faible. Le calcul se concentre sur le temps passé (coût de production) et les frais généraux (distribution et administration).

Exemple chiffré : calculer le coût de revient d'une prestation de conseil

Prenons le cas d'un consultant indépendant en SASU qui réalise une mission de 10 jours pour un client.

Charges directes de la mission :

Poste de coût Montant
Temps passé (10 jours × 350 €) 3 500 €
Déplacements client 200 €
Sous-traitance (graphiste) 500 €
Total charges directes 4 200 €

Charges indirectes imputées (quote-part mensuelle) :

Poste de coût Montant
Loyer bureau (quote-part) 150 €
Abonnements logiciels 80 €
Assurance RC Pro 40 €
Comptabilité 30 €
Total charges indirectes 300 €

Coût de revient total : 4 500 €. Si la mission est facturée 6 000 € HT, la marge nette est de 1 500 €, soit 25 %. Le consultant sait désormais qu'en dessous de 450 €/jour facturé, cette mission n'est pas rentable.

Pour automatiser ce suivi, un logiciel de comptabilité avec tenue analytique intégrée fait gagner un temps considérable. Swapn accompagne plus de 15 000 entrepreneurs dans la gestion de leur comptabilité, avec bilan certifié par un Expert-Comptable inclus.

Quelles sont les principales méthodes de comptabilité analytique ?

Cinq méthodes coexistent pour analyser vos coûts. Chacune répond à un besoin différent : vision exhaustive, décision rapide, précision fine ou contrôle budgétaire. Voici comment elles fonctionnent, avec des exemples concrets.

La méthode des coûts complets (sections homogènes)

Le principe : imputer la totalité des charges (directes et indirectes) à chaque produit ou service. Rien n'est laissé de côté.

Le fonctionnement repose sur quatre étapes :

  1. Découper l'entreprise en centres d'analyse (aussi appelés sections homogènes) : approvisionnement, production, distribution, administration.
  2. Choisir une unité d'œuvre par centre : l'heure de main-d'œuvre pour la production, le nombre de commandes pour l'approvisionnement, le chiffre d'affaires pour la distribution.
  3. Calculer le coût de l'unité d'œuvre : total des charges du centre / nombre d'unités d'œuvre.
  4. Imputer les charges aux produits en fonction du nombre d'unités d'œuvre consommées.

L'avantage : vous obtenez une vision exhaustive du coût réel de chaque produit. C'est la méthode la plus utilisée pour fixer un prix de vente qui couvre l'ensemble des charges.

La limite : la répartition des charges indirectes repose sur des clés parfois arbitraires. Si vous n'avez qu'une seule clé (le CA par exemple), les résultats peuvent être trompeurs.

Bon à savoir : Le piège du subventionnement croisé est fréquent avec cette méthode. Quand les charges indirectes sont mal réparties, un produit rentable peut masquer les pertes d'un autre. Une TPE qui ventile toutes ses charges indirectes au prorata du CA risque de croire qu'un petit produit est rentable alors qu'il consomme en réalité beaucoup plus de ressources que sa part de CA ne le suggère.

La méthode des coûts partiels (direct costing)

Le principe : ne retenir que les charges variables dans le calcul du coût, et traiter les charges fixes comme un bloc global à couvrir par la marge.

La distinction est simple :

  • Coût variable : il augmente avec l'activité (matières premières, sous-traitance, commissions).
  • Coût fixe : il reste stable quel que soit le volume d'activité (loyer, salaires fixes, assurances).

Le calcul clé est la marge sur coûts variables :

Marge sur coûts variables = Chiffre d'affaires - Charges variables

Cette marge doit couvrir les charges fixes. Le point où elle les couvre exactement s'appelle le seuil de rentabilité.

Exemple chiffré - Compte de résultat différentiel :

Élément Montant % du CA
Chiffre d'affaires 100 000 € 100 %
Charges variables 60 000 € 60 %
Marge sur coûts variables 40 000 € 40 %
Charges fixes 25 000 € 25 %
Résultat 15 000 € 15 %

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables = 25 000 / 0,40 = 62 500 €

En dessous de 62 500 € de CA, l'entreprise est en perte. Au-dessus, chaque euro de CA supplémentaire génère 0,40 € de résultat.

L'avantage : cette méthode est simple et idéale pour les décisions à court terme. Faut-il accepter une commande à prix réduit ? Si le prix couvre au moins les charges variables, la commande contribue à absorber les charges fixes.

La limite : elle ne donne pas le coût complet d'un produit. À long terme, fixer ses tarifs uniquement sur les coûts variables risque de ne jamais couvrir les charges fixes.

La méthode ABC (Activity-Based Costing)

Le principe de la méthode ABC repose sur une logique différente : les produits consomment des activités, et les activités consomment des ressources.

Les 3 étapes de la méthode :

  1. Identifier les activités clés de l'entreprise : prospection commerciale, production, support client, gestion administrative.
  2. Affecter les ressources aux activités : combien coûte chaque activité en salaires, locaux, équipements ?
  3. Imputer les coûts aux produits via des inducteurs de coûts spécifiques à chaque activité.

Un inducteur de coût est le facteur qui déclenche ou fait varier le coût d'une activité. Pour l'activité « gestion des commandes », l'inducteur est le nombre de commandes traitées. Pour « livraison », c'est le nombre de livraisons. Pour « support client », c'est le nombre de tickets traités.

La différence avec les méthodes traditionnelles : au lieu de répartir les charges indirectes avec une clé unique (le CA ou les heures), l'ABC utilise un inducteur propre à chaque activité. La répartition est plus fine et moins arbitraire.

Exemple concret : Une entreprise de services identifie 4 activités et calcule le coût unitaire de chaque inducteur :

  • Prospection : 15 000 €/an, inducteur = nombre de prospects contactés (300). Coût par prospect = 50 €.
  • Production : 80 000 €/an, inducteur = nombre d'heures de mission (2 000). Coût par heure = 40 €.
  • Support client : 20 000 €/an, inducteur = nombre de tickets (500). Coût par ticket = 40 €.
  • Administration : 10 000 €/an, inducteur = nombre de factures émises (200). Coût par facture = 50 €.

Un client A qui a nécessité 10 prospects, 200 heures, 50 tickets et 12 factures coûte : 500 + 8 000 + 2 000 + 600 = 11 100 €. Si ce client a été facturé 9 000 €, il n'est pas rentable, même si le CA global de l'entreprise est positif.

L'avantage : identification précise des activités qui consomment le plus de ressources, et repérage des clients ou produits non rentables.

La limite : la mise en place est complexe et nécessite un suivi détaillé des activités. Cette méthode convient surtout aux PME avec des activités diversifiées.

La méthode des coûts standards (coûts préétablis)

Le principe : fixer à l'avance des coûts de référence (standards ou préétablis) pour chaque produit ou activité, puis comparer périodiquement les coûts réels aux standards.

Cette comparaison produit une analyse des écarts qui révèle les dérives :

  • Écart sur quantité : vous avez consommé plus de matière ou de temps que prévu.
  • Écart sur prix : le prix unitaire des ressources a augmenté par rapport au standard.
  • Écart sur volume : vous avez produit plus ou moins que prévu, ce qui modifie l'absorption des charges fixes.

L'avantage : c'est un outil de contrôle budgétaire puissant. Un écart défavorable sur les quantités de matière première alerte immédiatement sur un problème de gaspillage ou de qualité.

La limite : les standards doivent être réalistes et régulièrement mis à jour. Des standards trop anciens ou trop ambitieux produisent des écarts permanents qui perdent leur valeur d'alerte.

La méthode des coûts cibles (target costing)

Le principe est inversé par rapport aux autres méthodes. Au lieu de calculer un coût puis de fixer un prix, vous partez du prix de vente accepté par le marché, vous soustrayez la marge souhaitée, et vous obtenez le coût à ne pas dépasser.

Coût cible = Prix de vente visé - Marge souhaitée

Exemple : vous lancez une formation en ligne. Le marché accepte un prix de 500 €. Vous visez une marge de 40 %, soit 200 €. Votre coût cible est de 300 €. Si votre coût estimé atteint 380 €, vous devez réduire vos coûts de 80 € en repensant le contenu, le format ou la logistique.

L'avantage : cette approche est orientée marché. Elle force l'entreprise à concevoir ses produits en fonction de ce que le client est prêt à payer.

La limite : elle nécessite une bonne connaissance du prix de marché et de la concurrence. Sans données fiables sur le prix accepté, le coût cible n'a pas de sens.

Quelle méthode choisir ? Tableau de synthèse

Critère Coûts complets Coûts partiels ABC Coûts standards Coûts cibles
Complexité Moyenne Faible Élevée Moyenne Faible
Type de décision Fixer un prix de vente Accepter une commande, calculer le seuil de rentabilité Identifier les activités non rentables Contrôler les dérives budgétaires Concevoir un produit au bon coût
Taille d'entreprise TPE à PME Freelance à TPE PME à ETI PME à grande entreprise Toute taille
Secteur privilégié Industrie, BTP Services, conseil Services diversifiés, distribution Industrie, production en série Innovation, lancement de produit
Limite principale Répartition arbitraire des charges indirectes Ne donne pas le coût complet Complexe à mettre en place Standards à actualiser régulièrement Nécessite une connaissance fine du marché

Recommandation par profil :

  • Freelance ou consultant solo → méthode des coûts partiels (direct costing) pour calculer votre seuil de rentabilité et vos prix planchers. Pour aller plus loin, découvrez comment devenir consultant freelance et structurer votre activité dès le départ.
  • TPE avec plusieurs services → méthode des coûts complets pour connaître le coût réel de chaque prestation.
  • PME avec des activités diversifiées → méthode ABC pour identifier précisément la rentabilité par client ou par activité.

Comment mettre en place une comptabilité analytique dans votre entreprise ?

La mise en place d'une comptabilité analytique ne nécessite pas un budget conséquent ni une équipe dédiée. Trois étapes suffisent pour démarrer, même en solo.

  • Choisir vos dimensions d'analyse (par client, projet ou activité)
  • Trier et ventiler vos charges entre directes et indirectes
  • Sélectionner un outil adapté à votre volume d'activité
Le bon réflexe pour mettre en place la comptabilité analytique

Étape 1 - Définir vos axes analytiques

Un axe analytique est une dimension selon laquelle vous analysez vos coûts. Les plus courants : par produit, par projet, par client, par zone géographique ou par département.

Au démarrage, limitez-vous à 2-3 axes maximum. Trop d'axes compliquent la saisie et découragent la mise à jour régulière.

Exemples concrets selon votre activité :

  • Un consultant en stratégie découpe ses coûts par client et par type de mission (audit, conseil, formation).
  • Un restaurateur analyse par zone de service : salle, terrasse, livraison. Les obligations comptables d'une SAS ou d'une SARL s'appliquent en parallèle, quelle que soit la structure choisie.
  • Un prestataire BTP suit ses coûts par chantier et par type de prestation (gros œuvre, second œuvre).

Étape 2 - Identifier et classer vos charges

Reprenez les charges de votre comptabilité générale et reclassez-les selon deux axes :

  • Directes vs indirectes : cette charge est-elle affectable à un seul produit ou projet, ou concerne-t-elle plusieurs activités ?
  • Fixes vs variables : cette charge varie-t-elle avec le volume d'activité ?

Pour les charges indirectes, définissez une clé de répartition : au prorata du CA, du temps passé, de la surface occupée ou du nombre de salariés. Le choix de la clé a un impact direct sur la fiabilité de vos résultats.

Un piège fréquent : des clés de répartition trop approximatives faussent toute l'analyse. Si vous répartissez toutes vos charges indirectes au prorata du CA, un petit client qui mobilise beaucoup de support sera artificiellement rentable.

Étape 3 - Choisir vos outils

Plusieurs options existent selon votre taille et vos besoins.

Un tableur Excel ou Google Sheets peut suffire pour un freelance ou une TPE avec 1-2 axes analytiques. C'est gratuit et flexible, mais limité : pas d'automatisation, risque d'erreurs de saisie, pas de reporting en temps réel.

Un logiciel comptable pour PME avec module analytique automatise la ventilation des charges, génère des reportings par axe et s'intègre avec votre comptabilité générale. Les critères de choix : nombre d'axes paramétrables, automatisation de la saisie, qualité du reporting et intégration avec la tenue comptable courante.

L'application Swapn, inscrite à l'Ordre des Experts-Comptables, permet de gérer sa comptabilité tout-en-un dès 29 € HT/mois avec la possibilité de suivre ses charges par axe analytique et de bénéficier de l'assistance d'un comptable.

Bon à savoir : Une comptabilité analytique n'a de valeur que si elle est alimentée régulièrement. Un système parfait mais mis à jour une fois par an est moins utile qu'un tableau simple mis à jour chaque mois. Privilégiez la régularité à la sophistication au démarrage.

Les questions fréquentes sur la comptabilité analytique

Quelle est la différence entre comptabilité analytique et comptabilité de gestion ?

Les deux termes sont souvent utilisés comme synonymes. La comptabilité de gestion est un concept plus large qui englobe la comptabilité analytique, le contrôle budgétaire et les tableaux de bord de gestion. La comptabilité analytique en est la composante centrale, focalisée sur le calcul et l'analyse des coûts.

La comptabilité analytique est-elle obligatoire pour une SASU ou une SARL ?

Non. La comptabilité analytique est facultative pour toutes les sociétés commerciales (SASU, SAS, EURL, SARL). Seule la comptabilité générale est imposée par le Code de commerce. Elle est cependant vivement recommandée dès que votre entreprise gère plusieurs services ou projets en parallèle. Les obligations comptables en SASU restent distinctes de la démarche analytique volontaire.

Quels logiciels utiliser pour la comptabilité analytique d'une TPE ?

Un logiciel comptable avec module analytique intégré est le meilleur compromis entre simplicité et efficacité. Choisissez un outil qui permet de créer des axes analytiques (par projet, par client, par activité) et de ventiler automatiquement les charges. Un tableur peut suffire au tout début, mais devient vite source d'erreurs. Notre comparatif des meilleurs logiciels de comptabilité peut vous aider à faire le bon choix.

Comment mettre en place une comptabilité analytique quand on est freelance ?

Commencez simple : définissez un seul axe analytique, par exemple « par client » ou « par type de mission ». Classez vos charges en directes (temps passé, déplacements) et indirectes (loyer, abonnements). Calculez votre coût de revient par mission pour vérifier que vos tarifs couvrent bien l'ensemble de vos coûts. Les logiciels utiles pour consultants indépendants peuvent faciliter ce suivi au quotidien.

Qu'est-ce qu'un inducteur de coût en méthode ABC ?

Un inducteur de coût est le facteur qui déclenche ou fait varier le coût d'une activité. Pour l'activité « gestion des commandes », l'inducteur est le nombre de commandes traitées. Pour « livraison », c'est le nombre de livraisons. Il permet de répartir le coût de chaque activité entre les produits ou clients selon leur consommation réelle.

Comment calculer le seuil de rentabilité avec la comptabilité analytique ?

Le seuil de rentabilité se calcule avec la méthode des coûts partiels : seuil de rentabilité = charges fixes / taux de marge sur coûts variables. Avec 25 000 € de charges fixes et un taux de marge de 40 %, votre seuil est de 62 500 € de CA. En dessous, vous êtes en perte. Vous pouvez aussi utiliser un simulateur de revenus pour micro-entreprise pour estimer rapidement votre point d'équilibre.

Quelle différence entre la méthode des coûts complets et la méthode ABC ?

La méthode des coûts complets répartit les charges indirectes via des centres d'analyse et des unités d'œuvre (heures, volumes). La méthode ABC identifie les activités réelles et utilise des inducteurs de coûts spécifiques à chaque activité. L'ABC est plus précise mais plus complexe, et convient aux entreprises avec des activités diversifiées.

La comptabilité analytique sert-elle à fixer ses prix de vente ?

Oui, c'est l'une de ses utilités principales. En calculant le coût de revient complet de chaque produit ou service, vous connaissez votre prix plancher en dessous duquel vous vendez à perte. La méthode des coûts cibles fonctionne dans le sens inverse : elle part du prix accepté par le marché pour déterminer le coût maximum à ne pas dépasser. Pour les consultants, le TJM freelance est directement lié à ce calcul de coût de revient.

Sources & Références

Légifrance : Arrêté du 21 juillet 2020 fixant les règles de mise en œuvre de la comptabilité analytique au sein des organismes de formation par apprentissage

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