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Devenir consultant en freelance : étapes et pièges à éviter
Temps de lecture : 11 min
Résumé de l'article
- Devenir consultant freelance : exercer une expertise à son compte, sans lien de subordination avec les entreprises clientes.
- Statut juridique : micro-entreprise pour tester, EURL pour une rémunération régulière, SASU pour cumuler ARE et dividendes.
- TJM à calculer : additionnez revenu net, cotisations, charges et impôts, divisés par 180 à 200 jours.
- Piège fiscal majeur : les cotisations SSI de la deuxième année rattrapent celles de la première.
- Trésorerie de sécurité : prévoyez une réserve de 3 à 6 mois de charges avant de vous lancer.
- Créer sa société de consultant avec Swapn : Swapn vous propose la création à 0€ d'honoraires, hors frais légaux et sans engagement.
Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 10 août 2026
Qu'est-ce qu'un consultant freelance et que fait-il concrètement ?
Devenir consultant freelance, c'est exercer une activité d'expertise à son compte, sans lien de subordination avec les entreprises clientes. Ce statut d'indépendant implique des missions variées et des obligations légales précises envers vos clients.
Rôle et missions du consultant indépendant
Un consultant indépendant intervient comme expert externe auprès d'entreprises qui ont besoin d'un regard neuf ou d'une compétence spécifique. Ses missions suivent généralement un cycle en quatre temps : diagnostic de la situation, analyse des besoins, recommandations stratégiques, puis accompagnement à la mise en œuvre.
Les secteurs les plus porteurs pour le consulting freelance sont l'IT et le digital, le management de transition, les ressources humaines, le marketing, la finance et la RSE. Un consultant en stratégie digitale, par exemple, peut auditer la présence en ligne d'une PME, identifier les canaux d'acquisition les plus rentables et piloter le déploiement d'un nouveau plan d'action.
Bon à savoir : La différence avec un consultant en cabinet (type McKinsey ou Deloitte) tient à l'autonomie. En freelance, vous choisissez vos missions, vos clients et votre rythme. La relation client est directe, sans intermédiaire hiérarchique.
Obligations légales du consultant envers son client
En tant que consultant, vous êtes soumis à plusieurs obligations juridiques. La première est le devoir d'information et de conseil : vous devez alerter votre client sur les risques, les limites de votre intervention et les alternatives possibles.
Vous êtes aussi tenu à une obligation de loyauté et de confidentialité. Les données stratégiques de vos clients ne doivent jamais être divulguées à des tiers, y compris à d'autres clients du même secteur.
Chaque mission doit être encadrée par un contrat de prestation de services. Ce document précise le périmètre de la mission, les livrables attendus, la durée, le tarif et les clauses de propriété intellectuelle.
Bon à savoir : Le consultant est soumis à une obligation de moyens, pas à une obligation de résultat. Concrètement, vous vous engagez sur la qualité de votre démarche et de vos recommandations, mais si le client ne les applique pas, vous n'êtes pas responsable de l'échec du projet.
Êtes-vous prêt à vous lancer ? La checklist avant de devenir consultant freelance
Avant de créer votre activité de consultant, prenez le temps d'évaluer votre maturité professionnelle et votre situation personnelle. Deux dimensions comptent : vos compétences et votre préparation concrète.
Les compétences et qualités indispensables
- Une expertise métier solide, appuyée sur 3 à 5 ans d'expérience minimum dans votre domaine
- Des compétences entrepreneuriales de base : gestion, facturation, prospection commerciale
- Une autonomie et une discipline fortes, avec une tolérance à l'incertitude financière
- Une aisance relationnelle et la capacité à vendre votre expertise sans intermédiaire
Les questions à se poser avant de quitter son emploi
- Mon expertise est-elle suffisamment spécialisée pour me différencier sur le marché ?
- Ai-je identifié des clients potentiels ou sécurisé au moins une première mission ?
- Ai-je une réserve de trésorerie pour tenir 3 à 6 mois sans revenu ?
- Mon contrat de travail contient-il une clause de non-concurrence ? (vérification impérative avant toute démarche)
- Quel est mon délai de préavis ? (3 mois pour un cadre, en général)
Si vous répondez « non » à plus de deux de ces questions, il est préférable de consolider votre projet avant de quitter votre emploi.
Quitter son emploi pour devenir consultant : comment gérer la transition ?
La transition du salariat vers le freelance se prépare en amont. Trois points méritent votre attention : la clause de non-concurrence, le mode de rupture de votre contrat et le préavis.
Vérifier sa clause de non-concurrence
Si votre contrat de travail contient une clause de non-concurrence, elle peut vous interdire d'exercer une activité similaire pendant une durée et dans un périmètre géographique donnés. Avant de vous lancer, relisez attentivement cette clause.
Vous pouvez demander à votre employeur de la lever. S'il refuse, sachez que la clause n'est valable que si elle prévoit une contrepartie financière versée par l'employeur. En cas de violation, vous vous exposez à des dommages-intérêts potentiellement lourds.
Bon à savoir : Une clause de non-concurrence n'est valable que si elle remplit quatre conditions cumulatives : contrepartie financière, limitation dans le temps, limitation géographique et justification par les intérêts de l'entreprise. Si l'une de ces conditions manque, la clause peut être contestée devant les prud'hommes.
Choisir le bon mode de rupture du contrat de travail
Le mode de rupture de votre contrat a un impact direct sur vos droits au chômage (ARE, Allocation de Retour à l'Emploi).
La rupture conventionnelle est souvent la meilleure option : elle préserve vos droits ARE et sécurise la transition. La démission classique ne donne pas droit au chômage, sauf dans le cadre du dispositif « démission pour création d'entreprise » validé par France Travail, sous conditions strictes. Le licenciement ouvre droit à l'ARE complète, mais ne se provoque pas.
Respecter le délai de préavis
Le préavis dure 1 à 3 mois selon votre statut et votre convention collective. Vous pouvez négocier une dispense avec votre employeur.
Cette période est précieuse : utilisez-la pour finaliser votre business plan, prospecter vos premiers clients et lancer les démarches administratives de création.
Comment créer votre activité de consultant freelance ? Les étapes
Voici le parcours complet pour passer de l'idée à la première mission facturée :
- Cibler votre niche et structurer votre offre
- Chiffrer vos prévisions financières sur 12 mois
- Immatriculer votre société au Guichet Unique
- Mettre en place votre comptabilité et votre compte pro
- Couvrir votre activité avec une RC Pro
- Décrocher vos premières missions avant le lancement
Étape 1 - Définir votre offre de services et votre positionnement
Un consultant spécialisé gagne mieux qu'un généraliste. Choisissez une niche précise : « consultant en transformation digitale pour PME industrielles » est plus vendeur que « consultant en stratégie ».
Structurez votre offre : types de missions (audit, accompagnement, formation), livrables concrets, durée et mode de tarification (forfait ou régie). Identifiez aussi votre cible : grands comptes, PME ou startups, chaque segment ayant ses codes et ses attentes.
Étape 2 - Réaliser un business plan simplifié
Même sans chercher de financement, un plan de trésorerie prévisionnel sur 12 mois est un outil précieux. Listez vos charges fixes (loyer coworking, logiciels, assurance, comptable) et vos charges variables (déplacements, sous-traitance).
Calculez votre seuil de rentabilité : combien de jours facturés par mois pour couvrir vos charges ? Simulez trois scénarios (pessimiste, réaliste, optimiste) pour anticiper les périodes creuses. Pour structurer cette démarche, les conseils pour réussir son business plan vous aideront à poser les bonnes bases.
Étape 3 - Choisir son statut juridique et créer sa structure
Une fois votre statut choisi (micro-entreprise, EURL, SASU ou portage salarial), les démarches de création comprennent la rédaction des statuts, le dépôt de capital social, la publication d'une annonce légale et l'immatriculation au Guichet Unique (INPI). Le délai moyen pour obtenir votre Kbis est de 1 à 3 semaines.
Swapn permet de créer sa société gratuitement en ligne, avec prise en charge complète des formalités et conseil personnalisé d'un expert en création d'entreprise.
Étape 4 - Ouvrir un compte bancaire professionnel et organiser sa comptabilité
Un compte bancaire dédié est obligatoire pour les sociétés (EURL, SASU). En micro-entreprise, un compte séparé suffit.
Côté comptabilité, les obligations varient : un simple livre des recettes en micro-entreprise, une comptabilité complète avec bilan annuel et liasse fiscale en société. Ce bilan doit être certifié par un expert-comptable. Swapn donne accès à une comptabilité tout-en-un dès 29 € HT/mois, avec bilan certifié par un expert-comptable inclus et assistance comptable sous 24 h.
Étape 5 - Souscrire les assurances indispensables
La RC Pro pour consultant couvre les dommages causés à un client par un conseil erroné ou une erreur dans vos livrables. Elle n'est pas toujours légalement obligatoire, mais la plupart des clients l'exigent contractuellement. Comptez 200 à 600 €/an selon votre secteur.
Si vous êtes TNS (EURL, micro-entreprise), prévoyez aussi une prévoyance et une mutuelle complémentaire, à budgéter dans vos charges fixes.
Étape 6 - Sécuriser vos premières missions avant de vous lancer
Ne quittez pas votre emploi sans avoir au minimum 1 à 2 missions signées ou en négociation avancée. Commencez à prospecter pendant votre préavis.
Activez votre réseau professionnel : anciens collègues, clients, partenaires. Inscrivez-vous sur les plateformes de freelancing comme Malt, Crème de la Crème ou Comet. L'objectif est d'avoir un carnet de commandes suffisant pour couvrir vos premiers mois d'activité.
Quel statut juridique choisir pour exercer en consultant freelance ?
Le choix du bon statut juridique détermine votre régime fiscal, vos cotisations sociales, votre couverture et votre image auprès des clients. Voici les quatre options principales, plus le portage salarial.
La micro-entreprise
La micro-entreprise est le statut le plus simple pour démarrer. Le plafond de chiffre d'affaires est fixé à 77 700 € pour les prestations de services (BNC). Les cotisations sociales s'élèvent à 25,6 % du CA en 2026, et vous bénéficiez de la franchise en base de TVA jusqu'à 36 800 €.
Les avantages : pas de comptabilité lourde, un prélèvement libératoire possible et une mise en place rapide. Les limites : aucune déduction de charges, un plafond de CA contraignant et une image parfois perçue comme moins professionnelle par les grands comptes. Pour aller plus loin sur l'imposition de la micro-entreprise, les règles fiscales méritent d'être bien comprises avant de se lancer.
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)
L'EURL vous place sous le statut de travailleur non salarié (TNS), avec des cotisations d'environ 45 % du bénéfice. Le régime fiscal est l'impôt sur le revenu (IR) par défaut, avec option pour l'impôt sur les sociétés (IS). Le capital social est libre, à partir de 1 €.
L'EURL permet de déduire vos charges réelles (RC Pro, logiciels, déplacements) et n'a pas de plafond de CA. La contrepartie : une comptabilité complète est obligatoire, et les charges sociales en EURL font l'objet de régularisations décalées.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
En SASU, vous êtes assimilé salarié. Les cotisations sociales atteignent environ 75 à 80 % du salaire brut versé. Le régime fiscal est l'IS par défaut. Si vous ne vous versez aucun salaire, vous ne payez aucune cotisation, mais vous n'avez aucune couverture sociale.
L'atout principal de la SASU : l'optimisation via les dividendes (flat tax à 30 %) et le maintien intégral de l'ARE si vous ne vous rémunérez pas. La limite : le coût social est élevé dès que vous vous versez un salaire, et un bulletin de paie est obligatoire. Les avantages de la SASU pour les consultants en font souvent le statut privilégié pour ce profil d'activité.
Le portage salarial : tester sans créer d'entreprise
Le portage salarial vous permet d'exercer comme consultant tout en étant salarié d'une société de portage. C'est elle qui facture vos clients et vous reverse un salaire après déduction de frais de gestion (entre 5 et 12 % du CA HT).
L'avantage : une couverture sociale complète (chômage, retraite, mutuelle), aucune création d'entreprise et aucune comptabilité à gérer. C'est une solution idéale pour tester votre activité ou sécuriser une transition. Pour comprendre en détail comment devenir freelance avec le portage salarial, les modalités pratiques diffèrent sensiblement d'une création classique. La limite : vous ne construisez pas de patrimoine professionnel et restez dépendant de la société de portage.
Tableau comparatif des statuts pour un consultant freelance
| Critère | Micro-entreprise | EI (régime réel) | EURL | SASU | Portage salarial |
|---|---|---|---|---|---|
| Capital requis | Aucun | Aucun | 1 € minimum | 1 € minimum | Aucun |
| Plafond de CA | 77 700 € (services) | Aucun | Aucun | Aucun | Aucun |
| Cotisations sociales | 25,6 % du CA | ~45 % du bénéfice | ~45 % du bénéfice | ~75-80 % du salaire brut | Incluses (frais 5-12 %) |
| Régime fiscal | IR (micro-fiscal) | IR (régime réel) | IR par défaut, option IS | IS par défaut | IR (bulletin de paie) |
| Récupération TVA | ❌ (franchise < 36 800 €) | ✅ | ✅ | ✅ | ❌ |
| Responsabilité | Patrimoine professionnel | Patrimoine professionnel | Limitée aux apports | Limitée aux apports | Aucune (salarié) |
| Couverture sociale | SSI (maladie, retraite) | SSI (maladie, retraite) | SSI (maladie, retraite) | Régime général (maladie, retraite) | Régime général + chômage |
| Comptabilité | Livre des recettes | Complète | Complète + bilan | Complète + bilan | Aucune |
| Image grands comptes | Variable | Variable | Bonne | Très bonne | Bonne |
| Profil idéal | Test d'activité, CA < 77 700 € | CA > 77 700 €, charges à déduire | Rémunération régulière, optimisation TNS | Cumul ARE, dividendes | Transition, missions ponctuelles |
Combien gagne un consultant freelance et comment fixer son TJM ?
Le revenu d'un consultant indépendant dépend de trois variables : son taux journalier moyen (TJM), son taux d'occupation et ses charges. Voici les repères concrets pour calibrer vos attentes.
Les revenus moyens par secteur d'activité
Le TJM varie fortement selon le secteur et le niveau d'expertise :
- Consultant IT / data : 500 à 900 €/jour
- Consultant en management : 400 à 800 €/jour
- Consultant marketing digital : 300 à 600 €/jour
- Consultant RH : 350 à 650 €/jour
En revenu annuel net, un consultant freelance gagne en moyenne entre 35 000 € et 90 000 €. Un freelance facture rarement plus de 200 jours par an, une fois déduits la prospection, l'administratif, les congés et les jours de maladie.
Comment calculer son TJM (Taux Journalier Moyen) ?
La formule de base : (revenu net souhaité + cotisations sociales + charges fixes + impôts) ÷ nombre de jours facturables.
Cas pratique : consultant en stratégie digitale en EURL à l'IS
- Revenu net annuel souhaité : 50 000 €
- Cotisations sociales TNS (~45 %) : + 22 500 €
- Charges fixes annuelles (RC Pro, comptable, logiciels, coworking) : + 5 000 €
- Impôt sur les sociétés (estimation) : + 4 000 €
- Total à facturer sur l'année : 81 500 €
- Jours facturables : 190 jours (sur 228 jours ouvrés, après déduction de la prospection, de l'administratif, des congés et de la maladie)
- TJM = 81 500 ÷ 190 ≈ 430 €/jour
L'erreur la plus fréquente est de diviser par 220 ou 250 jours. En réalité, vous ne facturerez que 180 à 200 jours par an. Pour vérifier la cohérence de votre TJM en freelance avec le marché, consultez les grilles tarifaires sur Malt, Crème de la Crème ou Comet.
Ce calcul est simplifié. Les montants varient selon votre situation personnelle, et un accompagnement par un expert-comptable permet d'affiner la simulation.
Quels outils et ressources sont indispensables pour un consultant freelance ?

Un consultant freelance peut s'armer de divers outils et ressources pour gérer efficacement son activité et offrir des services de qualité à ses clients. Voici quelques des outils et ressources disponibles :
-
Les outils de gestion de projet : Des plateformes comme Trello, Asana ou Basecamp peuvent aider à organiser les tâches, suivre les deadlines et collaborer avec les clients.
-
Les outils de communication : Des outils tels que Slack, Microsoft Teams ou Zoom permettent de rester en contact avec les clients et les membres de l'équipe, de planifier des réunions et de partager des fichiers.
-
Les logiciels de productivité : Des suites bureautiques comme Microsoft Office ou Google Workspace sont essentielles pour la création de documents, de feuilles de calcul et de présentations professionnels.
-
Les outils de gestion d'entreprise : des outils comme Tiime Invoice, Tiime Buisiness, servent à réaliser des devis, des factures, différents graphiques en fonction des données de l'entreprise et sont liés directement à l'expert-comptable pour la transmission de documents.
-
Les plateformes de gestion des contrats et des documents : Des services comme DocuSign, HelloSign ou Adobe Sign facilitent la signature électronique des contrats et la gestion des documents légaux.
-
Les plateforme d'organisation : Des outils comme Todoist qui servent à organiser son temps et prioriser ses besoins.
plateformesLes risques et contraintes à anticiper avant de se lancer
Se lancer en tant que consultant freelance comporte des risques réels. Les identifier en amont permet de mettre en place des garde-fous efficaces.
Risques financiers : revenus irréguliers et trésorerie fragile
L'irrégularité des revenus est la réalité quotidienne du freelance. Certains mois sont pleins, d'autres sont creux. Prévoyez une réserve de trésorerie de 3 à 6 mois de charges fixes avant de vous lancer.
Les délais de paiement clients (30 à 60 jours en moyenne) pèsent directement sur votre trésorerie. Facturez rapidement et relancez sans attendre.
Autre risque : la dépendance à un client unique. Si plus de 50 % de votre CA vient d'un seul client, vous êtes exposé à un risque de requalification en contrat de travail par l'URSSAF, en plus d'une fragilité économique évidente.
Pièges fiscaux et sociaux de la deuxième année
Le passage de la première à la deuxième année d'activité réserve souvent une mauvaise surprise. En année 1, vos cotisations SSI sont calculées sur une base forfaitaire faible (environ 8 000 €). En année 2, l'URSSAF régularise sur votre revenu réel de l'année 1 ET prélève les cotisations provisionnelles de l'année en cours. C'est l'effet « double cotisation ».
Côté TVA, le franchissement du seuil de franchise de 36 800 € vous oblige à facturer la TVA et à verser des acomptes de TVA. Si vous n'avez pas anticipé ce passage dans vos tarifs, votre marge se réduit brutalement. Pour bien comprendre les règles applicables, la TVA en micro-entreprise mérite une attention particulière dès le démarrage.
Bon à savoir : Pour absorber le rattrapage de cotisations de la 2e année, provisionnez 40 à 50 % de votre bénéfice dès le premier mois d'activité. Ce réflexe vous évitera un trou de trésorerie au moment de la régularisation.
Risques juridiques : clause de non-concurrence et requalification
Vérifiez votre ancien contrat de travail avant toute démarche de création. Une clause de non-concurrence non levée peut entraîner des dommages-intérêts importants.
Le risque de requalification en salariat déguisé existe si vous travaillez pour un seul client, avec des horaires imposés et un lien de subordination. Pour vous protéger : diversifiez vos clients, rédigez des contrats de prestation clairs et gardez votre autonomie d'organisation (lieu, horaires, méthodes).
Comment trouver des clients et développer votre activité de consultant ?
La prospection est le nerf de la guerre pour un consultant indépendant. Trois canaux complémentaires vous permettent de construire un flux de missions régulier.
Construire votre présence en ligne
Un profil LinkedIn optimisé est votre première vitrine. Soignez votre titre (par exemple : « Consultant en stratégie digitale | J'aide les PME à accélérer leur croissance en ligne »), rédigez un résumé orienté bénéfices client et affichez les recommandations de vos anciens clients ou collègues.
Publiez régulièrement : posts, articles, études de cas. Chaque publication démontre votre expertise et vous rend visible auprès de prospects. Un site web professionnel avec une page « Services », des études de cas détaillées et un blog sectoriel complète le dispositif. Des formats comme les webinaires ou les livres blancs vous positionnent comme référence dans votre domaine.
Activer les réseaux professionnels qui comptent
Plusieurs réseaux structurés aident les consultants à trouver des missions :
- CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) : événements de networking, ateliers création, annuaire d'entreprises locales
- BNI (Business Network International) : groupes de recommandation d'affaires avec un seul membre par métier
- Réseau Entreprendre : accompagnement et prêt d'honneur pour les créateurs à potentiel
- Associations professionnelles sectorielles : légitimité, visibilité et missions par cooptation
Utiliser les plateformes de freelancing à bon escient
Les plateformes françaises comme Malt, Crème de la Crème et Comet donnent une visibilité immédiate et un accès à des missions grands comptes. Elles simplifient aussi la gestion administrative (contrats, facturation).
La contrepartie : une commission de 5 à 15 % selon la plateforme, une pression tarifaire et un risque de dépendance. La stratégie gagnante consiste à utiliser ces plateformes pour démarrer et construire votre réputation, puis à développer un flux de recommandations directes. Pour aller plus loin sur les méthodes concrètes, le guide pour trouver des clients en freelance détaille les approches les plus efficaces.
Les questions fréquentes sur le consulting freelance
Peut-on devenir consultant freelance sans diplôme ?
Oui. Le consulting n'est pas une profession réglementée en France (sauf certaines spécialités comme le conseil en investissement financier). Ce qui compte, c'est votre expertise prouvée par l'expérience. Certains clients grands comptes exigent toutefois un diplôme bac+5 dans leurs appels d'offres.
Quel est le meilleur statut pour un consultant freelance qui débute ?
Pour tester l'activité sans risque, le portage salarial ou la micro-entreprise sont les options les plus simples. Si vous visez plus de 77 700 € de CA annuel ou souhaitez déduire vos charges, la SASU ou l'EURL sont plus adaptées. Pour comparer précisément ces deux structures, l'article sur SASU ou EURL vous aidera à trancher selon votre situation.
Combien de temps faut-il pour vivre de son activité de consultant freelance ?
Comptez 3 à 6 mois pour atteindre un rythme régulier avec des missions récurrentes. La durée dépend de votre réseau existant, de votre spécialisation et de votre capacité à prospecter. Sécuriser 1 à 2 missions avant le lancement réduit ce délai.
Consultant freelance : faut-il une assurance RC Pro obligatoire ?
La RC Pro n'est pas légalement obligatoire pour tous les consultants, mais elle est fortement recommandée et souvent exigée par les clients. Elle couvre les dommages causés par un conseil erroné. Comptez 200 à 600 €/an.
Peut-on cumuler consultant freelance et emploi salarié ?
Oui, sous réserve de respecter votre obligation de loyauté envers votre employeur et l'absence de clause d'exclusivité dans votre contrat. Le cumul permet de tester l'activité et de constituer un premier portefeuille clients avant de vous lancer à plein temps. Les règles applicables à ce cumul entre activité salariée et activité indépendante méritent d'être vérifiées au préalable.
Comment fixer son TJM quand on débute comme consultant freelance ?
Partez du revenu net annuel souhaité, ajoutez les cotisations sociales et charges fixes, puis divisez par le nombre de jours facturables (180 à 200 jours/an maximum). Vérifiez la cohérence avec les tarifs du marché via Malt. Évitez de casser les prix : un TJM trop bas envoie un signal de faible expertise.
Quelle est la différence entre consultant freelance et consultant en portage salarial ?
Le consultant freelance crée sa propre structure juridique et gère lui-même sa comptabilité et ses déclarations. Le consultant en portage salarial est employé par une société de portage qui gère tout l'administratif en échange de frais de gestion de 5 à 12 % du CA. Le portage donne la sécurité du salariat mais réduit le revenu net.
Quels sont les pièges fiscaux à éviter la première année en freelance ?
Le piège principal est de sous-estimer les cotisations sociales de la 2e année. En année 1, les cotisations SSI sont calculées sur une base forfaitaire faible. En année 2, l'URSSAF régularise sur votre revenu réel, ce qui peut doubler vos prélèvements. Provisionnez 40 à 50 % de votre bénéfice dès le premier mois.
Est-ce que je garde mes droits au chômage si je deviens consultant freelance ?
Si vous quittez votre emploi par rupture conventionnelle ou licenciement, vous conservez vos droits ARE. En SASU sans rémunération, l'ARE est maintenue intégralement. En EURL à l'IR, le bénéfice réduit l'ARE proportionnellement. La démission classique ne donne pas droit au chômage, sauf via le dispositif « démission pour création d'entreprise » validé par France Travail. Pour tout comprendre sur le cumul chômage et création d'entreprise, les règles varient selon le statut choisi.
Vaut-il mieux créer une SASU ou une EURL pour du consulting ?
La SASU est souvent préférée pour maintenir l'ARE sans se verser de salaire, ou pour optimiser via les dividendes. L'EURL est plus avantageuse si vous vous versez une rémunération régulière, grâce à des cotisations TNS à ~45 % contre ~75 % en SASU. Pour un bénéfice inférieur à 60 000 € nets, l'EURL est généralement moins coûteuse en charges sociales. Pour approfondir la comparaison, l'article sur le consultant indépendant et son revenu optimal détaille les arbitrages de rémunération selon chaque structure.
Sources & Références
Service-Public : Indépendant, assimilé salarié ou micro-entrepreneur : quel régime choisir ?
URSSAF : Indépendant : comprendre vos cotisations
BOFiP : BNC - Champ d'application - Activités et revenus imposables - Conseillers et experts
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Rédigé par Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise depuis plus de 10 ans. Grégoire a pour objectif de rendre l’entrepreneuriat simple et accessible à tous en France.
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