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Amortissement fiscal : calcul, durées et cas pratiques

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Temps de lecture : 9 min

Résumé de l'article

  • Amortissement fiscal : la déduction annuelle sur le résultat imposable de la perte de valeur d'un bien immobilisé.
  • Deux méthodes : le linéaire répartit le coût en parts égales, le dégressif accélère les déductions initiales.
  • Même total : le dégressif offre un avantage de trésorerie temporaire malgré un montant total identique.
  • Obligation de constatation : omettre l'amortissement minimum d'un exercice fait perdre définitivement le droit de le déduire.
  • Fonds de commerce : un régime temporaire autorise leur amortissement sur 10 ans jusqu'au 31 décembre 2029.
  • Gérer la comptabilité : Swapn vous propose une solution tout-en-un à partir de 29€ HT/mois et sans engagement.

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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 20 août 2026

Quels biens peuvent être amortis fiscalement ?

L'amortissement fiscal est la déduction annuelle, sur le résultat imposable d'une entreprise, de la perte de valeur d'un actif immobilisé (bien durable inscrit au bilan). Chaque année, une fraction du coût d'acquisition vient réduire le bénéfice soumis à l'impôt. Seuls les actifs immobilisés sont concernés : les actifs circulants (stocks, créances) ne s'amortissent pas. Ce mécanisme reconstitue progressivement la capacité d'investissement de l'entreprise en mettant de côté, via la charge d'amortissement, les ressources nécessaires au remplacement futur du bien.

L'amortissement fiscal se distingue de l'amortissement comptable. Le premier suit les durées d'usage fixées par l'administration fiscale, le second reflète la durée réelle d'utilisation du bien selon les normes du Plan Comptable Général. Un ordinateur utilisé 5 ans dans l'entreprise peut ainsi être amorti fiscalement sur 3 ans seulement. Quand ces deux durées divergent, l'écart génère un amortissement dérogatoire, comptabilisé en provisions réglementées. L'avantage de trésorerie est temporaire : l'entreprise déduit plus vite les premières années, mais le total amorti reste identique sur la durée de vie du bien.

Tous les biens inscrits à l'actif ne sont pas amortissables. Pour qu'un bien fasse l'objet d'un amortissement fiscal, il doit se déprécier de façon irréversible avec le temps ou l'usage, et être inscrit au bilan de l'entreprise.

Les immobilisations amortissables

Les biens amortissables se répartissent en deux catégories :

Immobilisations corporelles :

  • Matériel industriel et outillage
  • Véhicules utilitaires
  • Mobilier de bureau
  • Matériel informatique (ordinateurs, serveurs, périphériques)
  • Agencements et installations

Immobilisations incorporelles :

  • Logiciels acquis
  • Brevets
  • Licences d'exploitation

Le bien doit être inscrit à l'actif du bilan de l'entreprise. Une charge courante (fournitures, petit matériel de moins de 500 € HT) n'est pas une immobilisation et se déduit directement en charge de l'exercice.

Les biens non amortissables

Certains actifs ne perdent pas de valeur avec le temps, ou leur dépréciation n'est pas considérée comme irréversible :

  • Terrains (sauf carrières et mines en cours d'exploitation)
  • Fonds de commerce (sauf régime temporaire, voir section dédiée)
  • Droit au bail (sauf dépréciation avérée et quantifiable)
  • Immobilisations financières (titres de participation, dépôts de garantie)
  • Œuvres d'art

Quelles durées d'amortissement par catégorie de bien ?

L'administration fiscale fixe des durées d'usage par catégorie de bien. Ces durées servent de référence pour le calcul du taux d'amortissement fiscal.

Type de bien Durée d'usage admise Taux linéaire
Micro-ordinateurs et périphériques 3 ans 33,33 %
Logiciels 1 à 3 ans 33,33 % à 100 %
Mobilier de bureau 10 ans 10 %
Matériel de bureau 5 à 10 ans 10 % à 20 %
Véhicules utilitaires 4 à 5 ans 20 % à 25 %
Outillage industriel 5 à 10 ans 10 % à 20 %
Agencements et installations 10 à 20 ans 5 % à 10 %
Constructions et locaux commerciaux 20 à 50 ans 2 % à 5 %
Brevets 5 ans 20 %

Ces durées sont indicatives. Si l'entreprise justifie une durée d'utilisation différente, elle peut l'appliquer en amortissement comptable. L'écart avec la durée fiscale génère alors un amortissement dérogatoire.

Comment calculer l'amortissement fiscal ?

Le calcul de l'amortissement fiscal repose sur deux méthodes principales : le linéaire et le dégressif. Le choix entre les deux dépend de la nature du bien et de la stratégie fiscale de l'entreprise.

L'amortissement linéaire (ou constant)

L'amortissement linéaire répartit le coût du bien en annuités égales sur toute la durée d'amortissement. C'est la méthode par défaut, applicable à tous les biens amortissables.

Formule : taux linéaire = 100 ÷ durée d'amortissement (en années).

L'annuité se calcule ainsi : base amortissable × taux linéaire. La base amortissable correspond au coût d'acquisition, diminué de la valeur résiduelle estimée (valeur de revente en fin de vie). En pratique, cette valeur résiduelle est souvent considérée comme nulle.

Le point de départ est la date de mise en service du bien, pas la date d'achat. Si le bien est mis en service en cours d'année, la première annuité est réduite au prorata du nombre de jours restants (base 360 jours) : c'est la règle du prorata temporis.

Cas pratique : amortissement linéaire d'un matériel informatique

Un consultant en SASU achète un ordinateur portable et un écran pour 6 000 € HT, mis en service le 15 mars N. Durée d'amortissement : 3 ans. Taux linéaire : 33,33 %.

Annuité complète : 6 000 × 33,33 % = 2 000 €. Prorata de la première année : 290 jours sur 360 (du 15 mars au 31 décembre). Annuité N : 2 000 × 290/360 = 1 611 €.

Exercice Base amortissable Taux Annuité Amort. cumulé VNC
N 6 000 € 33,33 % 1 611 € 1 611 € 4 389 €
N+1 6 000 € 33,33 % 2 000 € 3 611 € 2 389 €
N+2 6 000 € 33,33 % 2 000 € 5 611 € 389 €
N+3 6 000 € 33,33 % 389 € 6 000 € 0 €

L'annuité de N+3 correspond au solde non amorti la première année (2 000 - 1 611 = 389 €). La valeur nette comptable (VNC) atteint zéro à la fin du plan d'amortissement.

L'amortissement dégressif

L'amortissement dégressif accélère les déductions en début de vie du bien. Il est réservé aux biens neufs d'une durée d'utilisation d'au moins 3 ans, appartenant aux catégories listées à l'article 39 A du CGI : matériels industriels, matériels de manutention, équipements de production d'énergie, installations de sécurité, matériels de recherche scientifique, entre autres.

Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient fixé par la loi :

  • 1,25 pour une durée de 3 ou 4 ans
  • 1,75 pour une durée de 5 ou 6 ans
  • 2,25 pour une durée supérieure à 6 ans

La base de calcul change chaque année : on applique le taux dégressif à la valeur nette comptable (VNC) en début d'exercice, et non à la valeur d'origine. Le prorata temporis de la première année se calcule en mois entiers (pas en jours, contrairement au linéaire).

Quand l'annuité dégressive devient inférieure au quotient VNC ÷ nombre d'années restantes, l'entreprise bascule vers le linéaire pour les exercices restants.

Cas pratique : amortissement dégressif d'une machine industrielle

Une TPE achète une machine-outil neuve pour 20 000 € HT, mise en service le 1er juillet N. Durée : 5 ans. Taux linéaire : 20 %. Coefficient : 1,75. Taux dégressif : 20 % × 1,75 = 35 %.

Exercice VNC début Taux dégressif Annuité dégressive Annuité linéaire résiduelle Annuité retenue VNC fin
N 20 000 € 35 % 3 500 € 2 000 € 3 500 € 16 500 €
N+1 16 500 € 35 % 5 775 € 3 667 € 5 775 € 10 725 €
N+2 10 725 € 35 % 3 754 € 3 064 € 3 754 € 6 971 €
N+3 6 971 € 35 % 2 440 € 2 788 € 2 788 € 4 183 €
N+4 4 183 € 35 % 1 464 € 2 789 € 2 789 € 1 394 €
N+5 1 394 € 35 % 488 € 1 394 € 1 394 € 0 €

La bascule vers le linéaire intervient en N+3 : l'annuité dégressive (2 440 €) passe sous l'annuité linéaire résiduelle (6 971 ÷ 2,5 = 2 788 €). À partir de cette date, l'entreprise applique le montant linéaire résiduel pour chaque exercice.

Comparaison linéaire vs dégressif sur un même bien

Lineaire ou degressif : quel impact sur la tresorerie

Sur la même machine à 20 000 € amortie sur 5 ans, voici l'impact des deux méthodes sur la dotation aux amortissements de chaque exercice :

Exercice Annuité linéaire Annuité dégressive Écart annuel Écart cumulé
N 2 000 € 3 500 € +1 500 € +1 500 €
N+1 4 000 € 5 775 € +1 775 € +3 275 €
N+2 4 000 € 3 754 € -246 € +3 029 €
N+3 4 000 € 2 788 € -1 212 € +1 817 €
N+4 4 000 € 2 789 € -1 211 € +606 €
N+5 2 000 € 1 394 € -606 € 0 €
Total 20 000 € 20 000 € 0 €

Le total amorti est identique : 20 000 €. Seul le rythme change. Avec le dégressif, l'entreprise déduit 3 275 € de plus que le linéaire sur les deux premières années. Au taux d'IS de 25 %, cela permet une économie de trésorerie temporaire de 819 € dès la fin de N+1.

L'intérêt du dégressif est donc un avantage de trésorerie : l'entreprise paie moins d'impôt au début, ce qui libère des liquidités pour financer d'autres investissements. Le bénéfice imposable est réduit davantage en début de vie du bien, puis la tendance s'inverse.

Qu'est-ce que l'amortissement dérogatoire ?

L'amortissement dérogatoire apparaît quand la durée d'amortissement fiscal diffère de la durée d'utilisation réelle retenue en comptabilité. Il permet de concilier les normes comptables et les avantages fiscaux sans renoncer à l'un ou l'autre.

Quand et pourquoi utiliser l'amortissement dérogatoire ?

L'amortissement dérogatoire naît de l'écart entre la dotation fiscale et la dotation comptable. Quand l'amortissement fiscal est plus rapide (durée d'usage plus courte ou amortissement exceptionnel), l'entreprise comptabilise la différence en provisions réglementées, dans les capitaux propres du bilan.

Le mécanisme se déroule en deux phases :

  • Phase de dotation : les premières années, l'amortissement fiscal dépasse l'amortissement comptable. L'écart est enregistré en dotation aux amortissements dérogatoires.
  • Phase de reprise : les années suivantes, l'amortissement comptable continue alors que l'amortissement fiscal est terminé. L'entreprise reprend les provisions dérogatoires, ce qui augmente son résultat.

L'amortissement dérogatoire ne modifie pas le total déduit sur la durée de vie du bien. Il décale le moment de la déduction fiscale.

Cas pratique - tableau d'amortissement dérogatoire complet

Une société acquiert un logiciel métier pour 10 000 € HT le 1er janvier N. La durée d'utilisation réelle est de 3 ans (amortissement comptable linéaire : 3 333 €/an). Le logiciel bénéficie de l'amortissement exceptionnel sur 12 mois (amortissement fiscal : 10 000 € déduits en année N).

Exercice Amort. comptable Amort. fiscal Dotation dérogatoire Reprise dérogatoire
N 3 333 € 10 000 € 6 667 € -
N+1 3 333 € 0 € - 3 333 €
N+2 3 334 € 0 € - 3 334 €
Total 10 000 € 10 000 € 6 667 € 6 667 €

En année N, l'entreprise déduit fiscalement 10 000 € alors qu'elle ne comptabilise que 3 333 € en charge d'exploitation. L'écart de 6 667 € est enregistré en dotation aux amortissements dérogatoires (provisions réglementées au bilan).

En N+1 et N+2, l'amortissement fiscal est terminé, mais l'amortissement comptable continue. Les reprises sur amortissement dérogatoire viennent alors augmenter le résultat de 3 333 € puis 3 334 €. Au total, les dotations (6 667 €) égalent les reprises (6 667 €) : l'impact fiscal global est neutre sur les trois exercices, mais l'entreprise a bénéficié d'un avantage de trésorerie dès la première année.

Quelles sont les conditions de déductibilité fiscale ?

Pour qu'un amortissement soit déductible du résultat imposable, quatre conditions cumulatives doivent être réunies. Les règles générales de déductibilité sont fixées par l'article 39 du CGI. Le non-respect de l'une d'entre elles peut entraîner une réintégration fiscale.

Les 4 conditions pour déduire un amortissement

  1. Le bien doit se déprécier effectivement : usure physique, obsolescence technique ou limitation dans le temps (brevet, licence).
  2. L'amortissement doit correspondre à la dépréciation réelle ou aux durées d'usage admises par l'administration fiscale.
  3. Les durées et taux appliqués doivent respecter les règles fiscales : pas de suramortissement non autorisé, pas de durée d'amortissement fantaisiste.
  4. L'amortissement doit être comptabilisé dans les écritures de l'exercice : la dotation aux amortissements doit figurer dans les comptes de l'année concernée (obligation de constatation).

Si l'une de ces conditions manque, l'administration peut refuser la déduction et procéder à une réintégration fiscale du montant dans le bénéfice imposable de l'entreprise.

L'amortissement minimum obligatoire

L'oubli d'amortissement, une erreur irreversible

L'entreprise doit comptabiliser au minimum l'amortissement linéaire de chaque exercice. C'est une obligation, pas une option. Si elle omet cette dotation, l'administration fiscale qualifie les montants non constatés d'amortissements irrégulièrement différés. Ces dotations manquantes ne peuvent pas être rattrapées sur les exercices suivants : elles sont définitivement perdues.

Bon à savoir : Ne pas comptabiliser l'amortissement linéaire minimum d'un exercice est une erreur irréversible. Chaque dotation omise augmente mécaniquement le résultat imposable de l'entreprise, sans possibilité de correction ultérieure.

Seule exception : les entreprises en difficulté peuvent, sous conditions strictes, suspendre temporairement la comptabilisation de leurs amortissements. Pour éviter ces erreurs, un logiciel de comptabilité tout-en-un comme Swapn (dès 29 € HT/mois, sans engagement) automatise le suivi des plans d'amortissement et la génération des écritures de dotation.

Quels dispositifs d'amortissement accéléré existent ?

Certains biens bénéficient de régimes d'amortissement plus rapides que le linéaire classique. Ces dispositifs permettent de déduire le coût d'un investissement sur une durée réduite, voire en une seule année.

L'amortissement exceptionnel des logiciels sur 12 mois

Les logiciels acquis peuvent être amortis fiscalement sur 12 mois au lieu de la durée habituelle de 3 ans (article 236-II du CGI). Ce régime s'applique aussi aux sites internet assimilés à des logiciels.

L'amortissement exceptionnel génère un amortissement dérogatoire : la dotation fiscale (12 mois) est plus rapide que la dotation comptable (3 ans en général). La différence fait l'objet de reprises les années suivantes, comme le montre le cas pratique de la section précédente.

Le régime temporaire d'amortissement des fonds de commerce

Amortir un fonds de commerce : le regime temporaire

En principe, un fonds de commerce est un actif à durée de vie indéfinie : il ne s'amortit pas. Un régime dérogatoire a été créé par la loi de finances pour 2022 (article 23) pour les fonds acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025.

La loi de finances 2026 (article 13) a prorogé ce dispositif : il s'applique désormais aux fonds de commerce acquis jusqu'au 31 décembre 2029. La durée d'amortissement est de 10 ans minimum, sauf si l'entreprise peut démontrer une durée d'utilisation limitée plus courte. Les petites entreprises au sens comptable (total bilan inférieur à 6 M€, CA inférieur à 12 M€, effectif de moins de 50 salariés) peuvent en bénéficier sans justification particulière de la durée limitée.

Bon à savoir : La loi de finances pour 2026 (art. 13) a prorogé le dispositif jusqu'au 31 décembre 2029. Si vous envisagez de racheter un fonds de commerce, vous pouvez potentiellement amortir cet investissement sur 10 ans minimum et le déduire de votre résultat imposable. Pour en savoir plus sur les modalités d'achat d'un fonds de commerce, consultez notre guide dédié.

Les comptables Swapn, inscrits à l'Ordre des Experts-Comptables, peuvent vous accompagner pour déterminer si votre acquisition est éligible à ce dispositif et paramétrer le plan d'amortissement adapté.

Les déductions exceptionnelles (suramortissements sectoriels)

Le suramortissement dit « Macron » de 40 % (article 39 decies du CGI), qui s'appliquait aux investissements industriels, a pris fin en avril 2017. Il n'est plus en vigueur.

Des dispositifs sectoriels de déduction exceptionnelle subsistent. Les principaux concernent les véhicules lourds fonctionnant aux énergies propres (GNV, électrique, hydrogène) et les navires utilisant des carburants à faible émission. Ces déductions permettent de déduire un pourcentage du prix de revient du bien, en plus de l'amortissement normal.

Ces déductions ne sont pas comptabilisées comme un amortissement classique. Elles figurent en déduction extra-comptable sur une ligne spécifique de la liasse fiscale. Leur montant vient directement réduire le résultat fiscal sans passer par le compte de résultat.

Les questions fréquentes sur l'amortissement fiscal

Comment calculer l'amortissement fiscal d'un bien acheté en cours d'année ?

On applique la règle du prorata temporis. En linéaire, l'annuité complète est réduite au nombre de jours restants entre la mise en service et la clôture de l'exercice (base 360 jours). En dégressif, le prorata se calcule en mois entiers. L'annuité non déduite la première année est reportée sur un exercice supplémentaire en fin de plan.

Quelle est la différence entre amortissement comptable et amortissement fiscal ?

L'amortissement comptable reflète la durée réelle d'utilisation du bien, selon les normes du Plan Comptable Général. L'amortissement fiscal suit les durées d'usage fixées par l'administration. Quand les deux divergent, l'écart est comptabilisé en amortissement dérogatoire.

Peut-on amortir fiscalement un fonds de commerce ?

En principe, non. Un régime temporaire permet toutefois de déduire l'amortissement des fonds acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2029 (prorogé par la LF 2026), sur une durée minimale de 10 ans, sous conditions.

Quels biens sont éligibles à l'amortissement dégressif ?

Seuls les biens neufs d'une durée d'utilisation d'au moins 3 ans, appartenant aux catégories de l'article 39 A du CGI : matériels industriels, matériels de manutention, installations de sécurité, équipements de production d'énergie, matériels de recherche scientifique. Le mobilier de bureau et les véhicules de tourisme en sont exclus.

Que se passe-t-il si je n'ai pas comptabilisé l'amortissement d'un exercice ?

Vous perdez définitivement le droit de déduire la dotation non constatée. L'administration qualifie ces montants d'amortissements irrégulièrement différés. Ils ne peuvent pas être rattrapés sur les exercices suivants.

Amortissement linéaire ou dégressif : lequel réduit davantage l'impôt ?

Le dégressif permet de déduire davantage les premières années, ce qui réduit l'impôt à court terme. Le total déduit sur la durée de vie du bien reste identique. Le dégressif est avantageux si vous anticipez des bénéfices élevés les premières années après l'investissement.

Un logiciel peut-il être amorti sur 12 mois au lieu de 3 ans ?

Oui. Les logiciels acquis bénéficient d'un amortissement exceptionnel sur 12 mois (art. 236-II du CGI). Cela génère un amortissement dérogatoire : la dotation fiscale est plus rapide que l'amortissement comptable, et la différence fait l'objet de reprises les années suivantes.

L'amortissement fiscal réduit-il directement l'impôt sur les sociétés ?

Oui. Les dotations aux amortissements sont des charges déductibles du résultat fiscal. Une dotation de 5 000 € réduit l'IS de 1 250 € au taux normal de 25 %.

Quels sont les coefficients de l'amortissement dégressif ?

Les coefficients multiplicateurs du taux linéaire sont fixés par l'article 39 A du CGI : 1,25 pour les biens amortis sur 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, et 2,25 au-delà de 6 ans.

L'amortissement est-il obligatoire en SCI ?

En SCI soumise à l'IS, l'amortissement des immeubles est obligatoire et déductible du résultat fiscal. En SCI à l'IR (revenus fonciers), l'amortissement n'est pas déductible, sauf dispositifs spécifiques. Le régime fiscal de la SCI détermine directement l'intérêt de l'amortissement.

Sources & Références

BOFIP : BIC - Amortissements - Règles de déduction - Notion d'amortissement et principes généraux

Legifrance : Article 39 A - Code général des impôts (coefficients dégressifs)

BOFIP : BIC - Éléments amortissables et régime temporaire fonds commerciaux

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