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SARLU : tout comprendre sur la SARL Unipersonnelle

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Temps de lecture : 12 min

Résumé de l'article

  • SARLU = EURL : deux noms pour le même statut juridique, une SARL avec un seul associé, sans aucune différence de régime.
  • Coût de création : environ 200 € de frais incompressibles (annonce légale, greffe, déclaration des bénéficiaires effectifs).
  • Régime fiscal : IR par défaut, option IS possible et souvent avantageuse au-delà de 35 000 à 40 000 € de bénéfice annuel.
  • Cotisations TNS : environ 45 % du revenu net, avec un forfait la première année et une régularisation en N+1 à anticiper en trésorerie.
  • Choix du statut : la SARLU convient aux entrepreneurs qui veulent protéger leur patrimoine avec des cotisations modérées, la SASU à ceux qui privilégient la couverture sociale ou le maintien de l'ARE.
  • Accompagnement comptable avec Swapn : déclarations de TVA, bilan et liasse fiscale gérés à partir de 29€ HT/mois, sans engagement.

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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 30 juin 2026

Podcast sur les étapes de création d'une SARLU (SARL Unipersonnelle)

Qu'est-ce qu'une SARLU (SARL unipersonnelle) ?

La SARLU est une forme de société souvent confondue avec l'EURL. Voici ce qui la définit juridiquement et pourquoi ces deux termes renvoient au même statut.

Définition et cadre juridique de la SARLU

La SARLU (Société À Responsabilité Limitée Unipersonnelle) est une SARL créée et détenue par un seul associé. Elle est régie par les articles L223-1 à L223-43 du Code de commerce.

Ses caractéristiques principales :

  • Un seul associé (personne physique ou morale)
  • Un patrimoine professionnel séparé du patrimoine personnel de l'associé
  • Une responsabilité limitée aux apports : en cas de dettes, l'associé ne risque que le montant qu'il a investi dans la société
  • Un capital social libre, à partir de 1 € (apports en numéraire ou en nature)

La SARLU fonctionne comme une SARL classique, à la différence qu'elle n'a qu'un seul associé au lieu de deux minimum. Pour bien comprendre les spécificités de ce statut, il est utile de connaître la définition et le fonctionnement de l'EURL, qui en est le nom le plus courant.

SARLU et EURL : est-ce la même chose ?

Oui. SARLU et EURL désignent exactement le même statut juridique. Aucune différence de régime fiscal, social ou juridique ne les sépare.

L'appellation « EURL » (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est la plus répandue en pratique. « SARLU » (SARL Unipersonnelle) reste utilisée dans certains textes officiels et par les Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA).

Ce statut existe depuis la loi n° 85-697 du 11 juillet 1985, qui a modifié l'article 1832 du Code civil pour autoriser la création de sociétés par une seule personne. Avant cette loi, toute société devait compter au moins deux associés.

À retenir : SARLU et EURL sont deux noms pour le même statut. Dans la suite de cet article, les deux termes sont interchangeables. Le régime juridique, fiscal et social est strictement identique.

Quelles sont les étapes de création d'une SARLU ?

sarlu

La création d'une SARLU suit un parcours administratif précis. Comptez environ 200 € de frais incompressibles et quelques jours de délai pour obtenir votre Kbis. Si vous souhaitez vous lancer, il est possible de procéder à la création d'une EURL en ligne gratuitement en suivant les étapes ci-dessous.

Étape 1 - Rédiger les statuts de la SARLU

Les statuts sont l'acte fondateur de votre société. Ils doivent contenir les mentions obligatoires suivantes :

  • Dénomination sociale (le nom de la société)
  • Forme juridique (SARL unipersonnelle / EURL)
  • Siège social (adresse de la société)
  • Objet social (description de l'activité)
  • Montant du capital social et répartition des apports
  • Durée de la société (99 ans maximum)
  • Modalités de gérance (nomination, pouvoirs, rémunération)

Les statuts peuvent aussi limiter les pouvoirs du gérant ou prévoir des clauses spécifiques (clause d'agrément en cas de cession de parts, par exemple). L'associé unique signe seul les statuts. Pour vous aider dans cette démarche, vous pouvez télécharger un modèle de statuts EURL gratuit et conforme.

Étape 2 - Déposer le capital social

Le capital social doit être déposé auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts et consignations. Le minimum légal est de 1 €.

Pour les apports en numéraire, au moins 20 % du montant doit être libéré (versé) à la constitution. Le solde peut être appelé dans les 5 ans suivant l'immatriculation. Pour bien calibrer votre mise de départ, renseignez-vous sur le capital social d'une EURL et les pratiques recommandées.

Une fois le dépôt effectué, vous recevez une attestation de dépôt de fonds, indispensable pour la suite du dossier.

Étape 3 - Publier une annonce légale

L'avis de constitution doit être publié dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) ou un Service de Presse en Ligne (SPEL) habilité dans le département du siège social.

Le coût est d'environ 120 à 150 € HT pour une EURL. L'annonce doit mentionner la dénomination sociale, la forme juridique, le capital, le siège, l'objet social, le nom du gérant et le greffe compétent.

Vous obtenez ensuite une attestation de parution, à joindre au dossier d'immatriculation.

Étape 4 - Déposer le dossier d'immatriculation sur le guichet unique

Le dossier complet est déposé en ligne sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Les pièces à fournir :

  • Statuts signés
  • Attestation de dépôt de fonds
  • Attestation de parution de l'annonce légale
  • Justificatif de jouissance du siège social (bail, attestation de domiciliation, titre de propriété)
  • Déclaration des bénéficiaires effectifs
  • Copie de la pièce d'identité du gérant
  • Déclaration de non-condamnation du gérant

Les frais de greffe s'élèvent à environ 37,45 € TTC pour l'immatriculation d'une société commerciale, auxquels s'ajoutent 21,41 € TTC pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Votre société est inscrite au Registre National des Entreprises (RNE) et vous recevez votre Kbis et votre numéro SIREN sous quelques jours.

Une fois votre SARLU immatriculée, plusieurs démarches s'enchaînent : création de l'espace professionnel sur impots.gouv.fr, renvoi du questionnaire fiscal (751-SD) au SIE, dépôt de la déclaration CFE initiale (1447-C-SD) avant le 31 décembre, et création du compte URSSAF Indépendant.

Quels sont les avantages et inconvénients de la SARLU ?

Avant de créer une SARLU, il faut peser ses atouts et ses limites. Voici un panorama concret pour vous aider à décider.

Les avantages de la SARLU

  • Responsabilité limitée aux apports : votre patrimoine personnel est protégé. Seul le capital investi dans la société est engagé en cas de dettes.
  • Meilleure crédibilité : le statut de société (avec un numéro SIREN, un Kbis et des statuts) inspire davantage confiance aux clients, fournisseurs et banques qu'une entreprise individuelle.
  • Souplesse fiscale : la SARLU est soumise à l'IR par défaut, avec la possibilité d'opter pour l'IS. Vous choisissez le régime le plus adapté à votre situation.
  • Cotisations sociales TNS modérées : environ 45 % du revenu net, contre ~82 % en SASU (régime assimilé salarié). Sur 30 000 € net, cela fait ~13 500 € en SARLU contre ~24 600 € en SASU.
  • Embauche de salariés possible : la SARLU peut recruter sans limitation.
  • Transformation facilitée : l'entrée d'un nouvel associé transforme automatiquement la SARLU en SARL pluripersonnelle, sans dissolution ni création d'une nouvelle structure.

Les inconvénients de la SARLU

  • Formalisme de création : rédaction de statuts, publication d'une annonce légale, immatriculation au greffe. Plus lourd qu'une micro-entreprise.
  • Comptabilité complète obligatoire : bilan, compte de résultat, liasse fiscale chaque année. Pas de comptabilité simplifiée comme en micro.
  • Couverture sociale TNS limitée : les indemnités journalières et la retraite sont moins avantageuses que sous le régime général (assimilé salarié en SASU).
  • Régularisation URSSAF décalée : les cotisations de la première année sont forfaitaires. La régularisation intervient en N+1, ce qui peut créer un pic de trésorerie.
  • Cession de parts coûteuse : droits d'enregistrement de 3 % (après un abattement proportionnel au nombre de parts) en cas de vente des parts sociales.

Pour peser tous ces éléments face à d'autres structures, consultez notre comparatif sur les avantages et inconvénients de l'EURL.

Tableau récapitulatif avantages / inconvénients

Avantages Inconvénients
Responsabilité limitée aux apports Formalisme de création (statuts, annonce légale, greffe)
Crédibilité d'une société (Kbis, SIREN) Comptabilité complète obligatoire
Choix entre IR et IS Couverture sociale TNS inférieure au régime général
Cotisations sociales ~45 % du net (vs ~82 % en SASU) Régularisation URSSAF décalée en N+1
Embauche de salariés possible Cession de parts soumise à 3 % de droits d'enregistrement
Transformation en SARL sans dissolution Capital minimum faible = crédibilité bancaire limitée

Combien coûte la création d'une SARLU ?

Poste de dépense Montant
Annonce légale (EURL) ~120 à 150 € HT
Greffe (immatriculation société commerciale) ~37,45 € TTC
Déclaration des bénéficiaires effectifs ~21,41 € TTC
Total minimum (hors accompagnement) ~200 €

Ces frais sont incompressibles. S'y ajoutent éventuellement les honoraires d'un accompagnement juridique pour la rédaction des statuts et le suivi des formalités. Pour une vision complète, consultez notre analyse du coût de création d'une EURL.

Quel régime fiscal pour une SARLU ?

Le choix du régime fiscal a un impact direct sur le montant de vos impôts et sur la manière dont vous vous rémunérez. La SARLU donne accès à deux options : l'impôt sur le revenu (IR) ou l'impôt sur les sociétés (IS).

L'impôt sur le revenu (IR) : le régime par défaut

Quand l'associé unique est une personne physique, la SARLU est soumise à l'IR par défaut. Le bénéfice de la société est directement intégré dans la déclaration de revenus de l'associé, au barème progressif.

Barème de l'IR :

Tranche de revenu imposable Taux d'imposition
Jusqu'à 11 600 € 0 %
De 11 601 € à 29 579 € 11 %
De 29 580 € à 84 577 € 30 %
De 84 578 € à 181 917 € 41 %
Au-delà de 181 917 € 45 %

Si votre chiffre d'affaires reste sous les plafonds de la micro-entreprise (83 600 € pour les services, 203 100 € pour le commerce), vous pouvez opter pour le régime micro-fiscal. Un abattement forfaitaire s'applique alors sur le CA : 34 % (BNC), 50 % (BIC services) ou 71 % (commerce). Pour tout savoir sur ces seuils, consultez notre article sur les plafonds de la micro-entreprise.

L'option pour l'impôt sur les sociétés (IS)

L'associé unique peut opter pour l'IS. Cette option est révocable pendant les 5 premiers exercices, puis devient définitive.

À l'IS, c'est la société qui paie l'impôt sur son bénéfice :

  • Taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (sous conditions : CA HT < 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques)
  • Taux normal de 25 % au-delà

L'avantage principal : la rémunération du gérant est déductible du bénéfice imposable. Le gérant peut aussi se verser des dividendes, soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Pour comprendre le détail de ce mécanisme, notre article sur la flat tax (PFU) vous donnera toutes les clés.

Attention : pour le gérant TNS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du total (capital social + primes d'émission + compte courant d'associé) est soumise aux cotisations sociales TNS, en plus de l'IR. Les modalités précises de cette imposition sont détaillées dans notre guide sur les dividendes en EURL.

Cas pratique - IR ou IS pour 50 000 € de bénéfice ?

Hypothèses : associé unique célibataire, 1 part fiscale, résultat de 50 000 € avant rémunération du gérant, capital social de 1 000 €.

Option IR :

Élément Montant
Bénéfice 50 000 €
Cotisations TNS (~45 %) -22 500 €
Revenu net après cotisations 27 500 €
IR (barème progressif, 1 part) ~-1 750 €
Revenu disponible ~25 750 €

Option IS (rémunération nette de 30 000 €) :

Élément Montant
Résultat avant rémunération 50 000 €
Rémunération nette + cotisations TNS (30 000 + 13 500) -43 500 €
Bénéfice imposable IS 6 500 €
IS (15 %) -975 €
Résultat distribuable en dividendes 5 525 €
Prélèvements sur dividendes (PFU + cotisations TNS) ~-3 165 €
Dividendes nets ~2 360 €
IR sur rémunération ~-635 €
Revenu disponible (rémunération + dividendes - IR) ~31 725 €

Dans cet exemple, l'IS dégage environ 6 000 € de revenu supplémentaire par rapport à l'IR. L'écart vient de la possibilité de piloter la répartition entre rémunération et dividendes. L'IS devient généralement avantageux quand le résultat dépasse 35 000 à 40 000 € et que le gérant ne prélève pas la totalité du bénéfice en rémunération.

Bon à savoir : Ces calculs sont simplifiés. Les cotisations TNS sur les dividendes dépassant 10 % du capital social réduisent une partie de l'avantage. Un accompagnement comptable permet de calibrer la répartition optimale selon votre situation personnelle.

Quel régime social pour le gérant de SARLU ?

Le régime social du gérant dépend de son statut : associé unique ou tiers non associé. Cette distinction change le montant des cotisations et le niveau de protection sociale.

Le gérant associé unique : travailleur non salarié (TNS)

Le gérant qui est aussi l'associé unique relève du régime des travailleurs indépendants (SSI, ex-RSI). Pour comprendre toutes les implications de ce régime, consultez notre guide complet sur le statut du travailleur non salarié (TNS). Concrètement :

  • Cotisations sociales d'environ 45 % du revenu net : pour 1 000 € net, le coût total pour la société est d'environ 1 450 €
  • Pas de fiche de paie : la rémunération se fait par simple virement du compte de la société vers le compte personnel du gérant
  • Obligation de créer un compte URSSAF Indépendant sur urssaf.fr (en cas de blocage : appeler le 3698, option 3 puis 1, avec votre SIREN et numéro de sécurité sociale)

Les cotisations couvrent la maladie-maternité, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité-décès, les allocations familiales et la CSG/CRDS. Pour une vision détaillée de ces charges, notre article sur les charges sociales en EURL vous donnera tous les détails.

Cotisations la première année et régularisation

La première année d'activité, l'URSSAF ne connaît pas vos revenus réels. Les cotisations sont donc calculées sur un forfait de début d'activité d'environ 3 500 € annuels (soit 19 % du PASS de 48 060 €).

Le gérant peut aussi demander l'ACRE (Aide à la Création et Reprise d'Entreprise) dans les 60 jours suivant la création pour bénéficier d'une exonération partielle de cotisations sociales la première année. Les modalités de cette aide ont évolué : retrouvez toutes les informations dans notre article sur l'ACRE en SARL.

La régularisation intervient en mai N+1, une fois vos revenus réels déclarés. L'URSSAF recalcule les cotisations définitives et ajuste l'échéancier.

Exemple concret :

Élément Montant
Rémunération nette 2026 40 000 €
Cotisations définitives 2026 (45 %) 18 000 €
Forfait déjà payé en 2026 -3 500 €
Régularisation au titre de 2026 14 500 €
Cotisations provisionnelles 2027 18 000 €
Total appelé en 2027 32 500 €

Ce pic de trésorerie en deuxième année surprend beaucoup de gérants. Anticipez-le dès le lancement en mettant de côté environ 45 % de chaque virement de rémunération. Pour aller plus loin sur la rémunération du gérant, notre article sur le salaire du gérant en EURL vous donnera des repères concrets.

Le cas du gérant non associé

Si le gérant est un tiers (il n'est pas l'associé unique), il relève du régime général de la sécurité sociale, comme un salarié. Il est alors « assimilé salarié » :

  • Fiche de paie mensuelle et DSN obligatoires
  • Cotisations sociales d'environ 82 % du net (1 000 € net ≈ 1 820 € coût total)
  • Couverture sociale supérieure (retraite, indemnités journalières, prévoyance)

Ce cas reste rare en pratique : dans la grande majorité des SARLU, le gérant est aussi l'associé unique. Pour comprendre les spécificités du statut d'assimilé salarié, consultez notre guide dédié.

Valider ses trimestres de retraite en SARLU

Pour valider 4 trimestres de retraite, le gérant TNS doit percevoir un revenu annuel brut d'au moins 7 212 € (soit environ 601 € par mois).

Le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein dépend de l'année de naissance : 172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1965, 171 pour celles nées en 1964, 170 pour 1963. L'âge de la retraite à taux plein automatique est fixé à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres cotisés.

SARLU, SASU ou micro-entreprise : quel statut choisir ?

Le choix du statut dépend de votre projet, de votre niveau de revenus et de vos priorités (cotisations, protection sociale, simplicité). Pour vous aider à trancher, notre simulateur de statut juridique vous permet d'obtenir une recommandation personnalisée en quelques minutes.

Tableau comparatif SARLU vs SASU vs micro-entreprise

Critère SARLU (EURL) SASU Micro-entreprise
Nombre d'associés 1 1 1 (entrepreneur individuel)
Capital minimum 1 € 1 € Aucun
Régime fiscal par défaut IR IS IR (micro-fiscal)
Option IS possible IR possible (5 ans)
Régime social du dirigeant TNS Assimilé salarié TNS
Taux de cotisations sociales ~45 % du net ~82 % du net 12,3 % à 25,6 % du CA
Responsabilité Limitée aux apports Limitée aux apports Illimitée (patrimoine personnel)
Obligations comptables Complètes (bilan, liasse fiscale) Complètes (bilan, liasse fiscale) Simplifiées (livre des recettes)
Plafond de CA Aucun Aucun 83 600 € (services) / 203 100 € (commerce)
Formalités de création Statuts + annonce légale + greffe Statuts + annonce légale + greffe Déclaration en ligne
Coût de création estimé ~200 € ~200 € Gratuit
Protection sociale TNS (retraite et IJ limitées) Régime général (couverture complète) TNS (retraite et IJ limitées)
Maintien ARE sans rémunération Complexe à l'IR ✅ (si pas de rémunération) Partiel (selon CA)
Cession de l'entreprise Parts sociales (droits 3 %) Actions (droits 0,1 %) Fonds de commerce

Dans quel cas choisir la SARLU ?

La SARLU est adaptée si vous cochez plusieurs de ces critères :

  • Votre activité génère un bénéfice supérieur aux plafonds de la micro-entreprise (83 600 € en services, 203 100 € en commerce)
  • Vous souhaitez limiter vos cotisations sociales (45 % du net en TNS, contre 82 % en SASU)
  • Vous voulez protéger votre patrimoine personnel avec une responsabilité limitée aux apports
  • Vous envisagez d'accueillir un associé à terme : la SARLU se transforme en SARL sans dissolution
Bon à savoir : La transformation d'une SARLU en SARL pluripersonnelle se fait par simple cession ou création de parts sociales, suivie d'une modification des statuts. Pas besoin de dissoudre la société ni d'en créer une nouvelle.

Dans quel cas privilégier la SASU ou la micro-entreprise ?

La SASU convient mieux si vous avez besoin d'une couverture sociale régime général (maladie, retraite, prévoyance), si vous souhaitez maintenir intégralement vos allocations ARE en ne vous versant aucune rémunération, ou si vous prévoyez une levée de fonds à terme (la cession d'actions est plus souple et moins coûteuse que la cession de parts).

Pour approfondir cette comparaison, notre article SASU ou EURL détaille les différences clés entre ces deux statuts.

La micro-entreprise est le bon choix pour tester une activité avec un CA faible, sans engagement administratif lourd. Pas de statuts, pas de bilan, pas de liasse fiscale. En revanche, la responsabilité est illimitée (votre patrimoine personnel est engagé) et les plafonds de CA limitent la croissance.

Si vous hésitez entre ces deux options, notre comparatif EURL vs micro-entreprise vous aidera à faire le bon choix.

Comment fonctionne une SARLU au quotidien ?

Au-delà de la création, la gestion courante d'une SARLU implique des décisions formalisées, des obligations comptables et des déclarations régulières. Voici ce qu'il faut savoir pour piloter votre société.

Les décisions de l'associé unique (DAU)

En SARLU, pas d'assemblée générale : l'associé unique prend seul toutes les décisions et les consigne dans un registre des décisions. Ce registre remplace les procès-verbaux d'AG d'une SARL classique.

Les décisions obligatoires chaque année :

  • Approbation des comptes annuels (dans les 6 mois suivant la clôture)
  • Affectation du résultat (mise en réserve, distribution de dividendes, report à nouveau)

Toute modification des statuts (changement de siège, d'objet social, augmentation de capital) fait aussi l'objet d'une décision de l'associé unique. En cas d'augmentation de capital, notre guide sur l'augmentation de capital en SARL vous détaille la procédure à suivre.

Les pouvoirs du gérant

Le gérant agit au nom de la SARLU vis-à-vis des tiers. Il a les pouvoirs les plus étendus pour engager la société, sauf limitation prévue dans les statuts.

Si le gérant est l'associé unique (cas le plus fréquent), il cumule les deux rôles. S'il est un tiers non associé, ses pouvoirs sont définis par l'acte de nomination et les statuts.

Pour tout savoir sur les attributions et responsabilités de cette fonction, consultez notre article sur le gérant d'EURL.

Les obligations comptables et déclaratives

La SARLU est soumise à une comptabilité complète :

  • Tenue d'un journal comptable et d'un grand livre
  • Établissement du bilan et du compte de résultat chaque année
  • Dépôt de la liasse fiscale dans les 3 mois suivant la clôture de l'exercice (4 mois si clôture au 31 décembre)
  • Dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce

Les petites entreprises (bilan < 7,5 M€, effectif < 50 salariés et CA < 15 M€) peuvent demander la confidentialité de leurs comptes lors du dépôt au greffe.

Côté TVA, le régime dépend du chiffre d'affaires : franchise en base (pas de TVA à déclarer sous les seuils), régime réel simplifié (acomptes semestriels + déclaration annuelle) ou régime réel normal (déclaration mensuelle ou trimestrielle). Pour choisir le bon outil de gestion, notre comparatif des logiciels de comptabilité pour EURL vous guidera.

La tenue comptable d'une SARLU demande rigueur et régularité. Swapn prend en charge la comptabilité, les déclarations de TVA et le dépôt de la liasse fiscale pour permettre au gérant de se concentrer sur son activité, à partir de 29€ HT/mois, sans engagement.

La SARLU peut-elle avoir des salariés ?

Oui, sans aucune limitation. La SARLU peut embaucher autant de salariés que nécessaire, avec les mêmes obligations qu'une SARL classique : contrat de travail écrit, fiches de paie mensuelles, DSN (Déclaration Sociale Nominative) et mutuelle collective obligatoire.

Pour tout savoir sur vos obligations en tant qu'employeur, notre guide sur le contrat de travail vous donnera les bases essentielles.

Les questions fréquentes sur la SARLU

SARLU et EURL, est-ce vraiment la même chose ?

Oui. Les deux termes désignent le même statut juridique : une SARL avec un seul associé. « EURL » est l'appellation la plus courante en pratique, « SARLU » est parfois utilisée dans les textes officiels. Aucune différence juridique, fiscale ou sociale.

Quel est le capital minimum pour créer une SARLU ?

Le capital minimum est de 1 €. Il n'y a pas de maximum. Au moins 20 % du capital en numéraire doit être libéré à la constitution, le solde dans les 5 ans. En pratique, un capital trop faible peut limiter votre crédibilité auprès des banques.

Combien coûte la création d'une SARLU ?

Les frais incompressibles s'élèvent à environ 200 € : annonce légale (~120 à 150 € HT), greffe (~37,45 € TTC) et déclaration des bénéficiaires effectifs (~21,41 € TTC). Des honoraires d'accompagnement juridique peuvent s'y ajouter.

Puis-je passer d'une SARLU à une SARL avec plusieurs associés ?

Oui. Il suffit de céder ou créer des parts sociales au profit d'un ou plusieurs nouveaux associés, puis de modifier les statuts. La SARLU devient automatiquement une SARL pluripersonnelle, sans dissolution ni création d'une nouvelle société. Si vous envisagez cette évolution, notre article sur le nombre d'associés en SARL vous donnera les informations utiles.

Vaut-il mieux choisir l'IR ou l'IS en SARLU ?

L'IR convient aux bénéfices modestes (sous ~35 000 €) ou quand le gérant prélève tout le résultat. L'IS devient avantageux au-delà, car il permet de déduire la rémunération du gérant et de bénéficier du taux réduit à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice. Pour aller plus loin, notre guide sur la fiscalité de l'EURL vous aidera à faire le bon choix.

Quel est le régime social du gérant d'une SARLU ?

Le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS). Ses cotisations s'élèvent à environ 45 % de sa rémunération nette. S'il est un tiers non associé, il relève du régime général (assimilé salarié) avec des cotisations d'environ 82 % du net.

Est-ce qu'une SARLU peut avoir des salariés ?

Oui, sans limitation. La SARLU est soumise aux mêmes obligations employeur qu'une SARL classique : contrat de travail, fiches de paie, DSN, mutuelle collective obligatoire.

Comment sont imposés les dividendes en SARLU à l'IS ?

Les dividendes sont soumis au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). La fraction des dividendes dépassant 10 % du total (capital social + primes d'émission + compte courant d'associé) est aussi soumise aux cotisations sociales TNS. Pour comprendre les mécanismes de la flat tax sur les dividendes, consultez notre article dédié.

Quelle différence entre une SARLU et une SASU pour un créateur ?

La différence principale est le régime social : TNS en SARLU (cotisations ~45 % du net, couverture moindre) contre assimilé salarié en SASU (cotisations ~82 % du net, couverture régime général). La SASU sans rémunération permet aussi de maintenir intégralement l'ARE. Pour approfondir ce point, notre article sur le cumul chômage et création d'entreprise vous donnera toutes les règles applicables.

Quelles sont les obligations comptables d'une SARLU ?

Comptabilité complète obligatoire : journal, grand livre, bilan et compte de résultat annuels. La liasse fiscale doit être déposée dans les 3 mois suivant la clôture (4 mois si clôture au 31/12). Les comptes annuels sont déposés au greffe, avec possibilité de confidentialité sous conditions. Pour en savoir plus sur les obligations comptables de la SARL, notre article sur la comptabilité de la SARL vous donnera un panorama complet.

Sources & Références

Legifrance : Article L223-1 - Code de commerce

URSSAF : Tout ce que vous devez savoir sur la création de société

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