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Passer de micro-entreprise à SAS : étapes, coûts et fiscalité

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Temps de lecture : 11 min

Résumé de l'article

  • Passer de micro-entreprise à SAS : aucune transformation directe, vous créez la société puis fermez la micro.
  • Pourquoi franchir le pas : plafonds atteints, besoin d'associés, optimisation fiscale ou accès facilité au crédit.
  • Coût de création : comptez 200 à 400 € en ligne, principalement l'annonce légale et les frais de greffe.
  • Cotisations sociales : le président de SAS paie environ 70 % sur son salaire net.
  • Stratégie mixte gagnante : combiner salaire modéré et dividendes rapporte plus de net à chiffre d'affaires identique.
  • Créer sa SAS avec Swapn : la legaltech propose la création à 0€ d'honoraires, hors frais légaux et sans engagement.

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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 26 juillet 2026

Pourquoi passer de micro-entreprise à SAS ?

Plusieurs signaux montrent qu'il est temps de quitter le régime micro pour créer une SAS. Voici les quatre situations les plus courantes.

Les plafonds de chiffre d'affaires sont atteints ou proches

Le régime micro-entreprise est plafonné à 77 700 € de CA annuel pour les prestations de services et à 188 700 € pour la vente de marchandises (article 50-0 du CGI). Si vous dépassez ces seuils deux années consécutives, vous sortez automatiquement du régime. Pour tout comprendre sur les plafonds de la micro-entreprise et les conséquences d'un dépassement, il est utile de s'y préparer en amont.

Anticiper le passage plutôt que le subir vous laisse le temps de choisir la bonne forme juridique, de préparer vos statuts et de négocier vos contrats sous la nouvelle structure. Un passage subi, en revanche, vous oblige à réagir dans l'urgence, souvent en pleine activité.

Vous avez besoin de vous associer ou de lever des fonds

La micro-entreprise est un statut individuel. Vous ne pouvez ni accueillir d'associé, ni émettre d'actions, ni ouvrir votre capital à un investisseur.

La SAS permet d'intégrer deux associés ou plus, de créer différentes catégories d'actions (actions de préférence, par exemple) et de structurer une levée de fonds. Si votre projet reste solo pour l'instant, la SASU (SAS unipersonnelle) se transforme en SAS pluripersonnelle par simple cession ou émission d'actions, sans changer de forme juridique. Avant de franchir le pas, il vaut mieux connaître les questions à se poser avant de s'associer.

Vous souhaitez optimiser votre fiscalité et protéger votre patrimoine

En SAS, votre responsabilité est limitée aux apports. Même si le statut d'entrepreneur individuel sépare les patrimoines depuis 2022, la protection reste plus solide en société, notamment face aux créanciers professionnels.

Sur le plan fiscal, la micro-entreprise applique un abattement forfaitaire (50 % en BIC, 34 % en BNC) sans possibilité de déduire vos charges réelles. En SAS, chaque dépense professionnelle (loyer, matériel, déplacements) vient réduire le résultat imposable. Vous accédez aussi au régime de l'impôt sur les sociétés (IS) et à l'optimisation rémunération/dividendes.

Vous voulez faciliter l'accès au crédit bancaire

Les banques accordent plus facilement un prêt professionnel à une société qu'à un micro-entrepreneur. La SAS présente un capital social, des bilans comptables et une structure juridique qui rassurent les établissements financiers. La possibilité de fournir des bilans certifiés par un expert-comptable renforce encore la crédibilité du dossier.

Micro-entreprise vs SAS : les différences clés

Micro-entreprise vs SAS : les différences clés

Avant de décider, il est utile de poser côte à côte les deux régimes sur les critères qui comptent le plus au quotidien.

Comparatif juridique, fiscal et social

Critère Micro-entreprise SAS / SASU
Forme juridique EI au régime micro Société par actions
Responsabilité Patrimoine séparé (depuis 2022) Limitée aux apports
Régime fiscal IR avec abattement forfaitaire IS par défaut, option IR (5 exercices max)
Cotisations sociales 12,3 % à 23,1 % du CA ~70 % du salaire net versé au président
Obligations comptables Livre des recettes Comptabilité complète (bilan, compte de résultat, annexes)
Associés possibles Entrepreneur seul 1 minimum (SASU), 2 ou plus (SAS)

Ce que la SAS permet et que la micro-entreprise ne permet pas

  • Accueillir des associés et émettre des actions
  • Déduire toutes les charges réelles (loyer, matériel, frais de déplacement, abonnements, etc.)
  • Récupérer la TVA sur les achats professionnels
  • Verser des dividendes soumis à la flat tax 30 % (prélèvement forfaitaire unique), sans cotisations sociales supplémentaires
  • Transmettre ou vendre l'entreprise par cession de parts, sans fermer la structure

SAS ou EURL : quelle forme juridique choisir après la micro-entreprise ?

Quitter la micro-entreprise ne signifie pas forcément créer une SAS. L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est l'autre option courante pour un entrepreneur solo. Le choix repose sur trois critères : le régime social, la fiscalité et votre profil.

Le régime social : TNS (EURL) vs assimilé salarié (SAS/SASU)

Le gérant d'EURL à l'IS est travailleur non salarié (TNS). Le président de SAS/SASU est assimilé salarié. Cette différence change tout sur le coût de la protection sociale. Pour bien comprendre ce que recouvre ce statut, consultez le guide sur le statut d'assimilé salarié.

Critère TNS (EURL) Assimilé salarié (SAS/SASU)
Taux de cotisations ~45 % ~70 %
Base de calcul Bénéfice net Salaire brut
Couverture sociale SSI (Sécurité sociale des indépendants) Régime général
Cotisation minimale Oui, même sans rémunération Non
Bulletin de paie Non Oui, obligatoire

En SASU, zéro rémunération signifie zéro cotisation, mais aussi zéro couverture sociale. En EURL, des cotisations minimales restent dues même si le gérant ne se verse rien.

Le régime fiscal : IR ou IS, et l'avantage dividendes en SAS

L'EURL peut rester à l'IR sans limite de durée (régime des sociétés de personnes) ou opter pour l'IS. La SAS/SASU est soumise à l'IS par défaut, avec une option IR limitée à 5 exercices fiscaux maximum. Pour approfondir ce choix, le guide sur la SAS à l'IR ou à l'IS détaille les implications concrètes.

La vraie différence se joue sur les dividendes. En SAS/SASU, les dividendes sont soumis uniquement au PFU de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales supplémentaires. En EURL à l'IS, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales TNS, ce qui alourdit la facture.

Ce mécanisme ouvre une possibilité d'optimisation en SAS : mixer une rémunération modérée (pour la couverture sociale) avec des dividendes élevés (pour réduire le poids global des cotisations).

Comment choisir selon votre situation

Le choix dépend de votre profil et de vos priorités :

  • Profil EURL : entrepreneur solo, revenus modérés (moins de 40 000 € nets/an), besoin de couverture sociale même sans rémunération, pas de projet de levée de fonds.
  • Profil SAS/SASU : optimisation fiscale par les dividendes, projet d'accueillir des associés à terme, cumul emploi-création avec maintien de l'ARE, revenus élevés (plus de 50 000 € nets/an).
Bon à savoir : La SASU se transforme en SAS pluripersonnelle par simple cession ou émission d'actions, sans changement de forme juridique. L'EURL, de son côté, se transforme en SARL dès l'entrée d'un second associé.

Combien coûte le passage de micro-entreprise à SAS ?

Le budget varie selon que vous gérez les formalités vous-même, via un service en ligne ou avec un avocat. Voici le détail poste par poste.

Les frais de création de la SAS

Poste de dépense Coût estimé
Rédaction des statuts 0 € (en ligne) à 1 500 - 2 500 € (avocat)
Dépôt de capital social 0 à 100 €
Annonce légale 138 à 193 € HT selon le département
Immatriculation au greffe (Guichet Unique) 37,45 € (activité commerciale) ou 0 € (libérale)
Total estimé 200 à 400 € en ligne, 1 800 à 3 000 € avec avocat

Le capital social minimum d'une SAS est de 1 € symbolique. En pratique, un capital de 500 à 1 000 € renforce la crédibilité auprès des banques et des partenaires. Pour savoir comment déterminer le capital social d'une SAS, plusieurs critères sont à prendre en compte selon votre activité.

Les frais liés à la fermeture de la micro-entreprise

La déclaration de cessation d'activité se fait gratuitement sur le Guichet Unique (INPI). Aucun frais de radiation n'est dû pour une entreprise individuelle.

Attention : si vous cédez du stock ou des actifs à votre nouvelle société, cette opération peut être taxable. Anticipez ce point avec votre comptable avant de fermer.

Les coûts récurrents à anticiper en SAS

Une fois la SAS créée, plusieurs charges reviennent chaque mois ou chaque année :

  • Expert-comptable : quasi-indispensable en pratique, à partir de 29 € HT/mois (solutions en ligne) jusqu'à 150 - 300 €/mois
  • Cotisations sociales sur la rémunération du président (~70 % du salaire net)
  • CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : variable selon la commune
  • Frais bancaires : un compte professionnel est obligatoire pour une société

Des solutions de comptabilité en ligne comme Swapn permettent de gérer sa comptabilité de SAS dès 29 € HT/mois, avec bilan certifié par un expert-comptable inclus et assistance de comptables sous 24 heures.

Cas pratique : micro-entreprise vs SAS pour 3 000 € nets par mois

Pour rendre la comparaison concrète, voici trois simulations basées sur le même profil : un prestataire de services BIC, célibataire, 1 part fiscale, qui souhaite percevoir environ 3 000 € nets par mois.

  • Estimer le CA nécessaire et les charges en micro-entreprise
  • Calculer le coût d'une rémunération 100 % salaire en SAS
  • Mesurer le gain d'une stratégie mixte salaire + dividendes en SAS

Simulation en micro-entreprise (prestation de services BIC)

Élément Montant
CA annuel nécessaire ~46 000 €
Cotisations sociales (21,2 % du CA) ~9 752 €
Revenu après cotisations ~36 248 €
Base imposable IR (abattement 50 %) ~23 000 €
IR estimé (barème progressif) ~1 265 €
Net réel après IR ~34 983 € (~2 915 €/mois)

Aucune charge réelle n'est déductible et la TVA n'est pas récupérable sous le régime de la franchise en base. Pour estimer votre propre situation, le simulateur de revenus pour micro-entreprise permet de faire le calcul en quelques minutes.

Simulation en SAS/SASU à l'IS (rémunération seule)

Élément Montant
Salaire net versé au président 36 000 €/an (3 000 €/mois)
Cotisations sociales (~70 % du net) ~25 200 €
Coût total employeur ~61 200 €
Base imposable IR (abattement 10 %) 32 400 €
IR estimé ~2 886 €
Net réel après IR ~33 114 € (~2 760 €/mois)

Le coût total pour la société est de 61 200 €, mais cette charge est intégralement déductible du résultat imposable à l'IS.

Simulation en SAS/SASU à l'IS (rémunération + dividendes)

Sur la même base de 61 200 € de CA disponible pour la société :

Élément Montant
Salaire net versé 18 000 €/an (1 500 €/mois)
Coût total salaire (cotisations incluses) ~30 600 €
Résultat imposable de la société ~30 600 €
IS au taux réduit (15 %) ~4 590 €
Bénéfice distribuable en dividendes ~26 010 €
Flat tax sur dividendes (30 %) ~7 803 €
Dividendes nets perçus ~18 207 €
IR sur salaire (base 16 200 €) ~517 €
Total net perçu (salaire + dividendes - IR) ~35 690 € (~2 974 €/mois)

Résultat : à CA identique (61 200 €), la stratégie mixte rapporte environ 214 € de plus par mois que le 100 % salaire, grâce à l'absence de cotisations sociales sur les dividendes. Pour aller plus loin sur ce sujet, le guide sur les dividendes en SAS détaille les règles de distribution et la fiscalité applicable.

Bon à savoir : Les dividendes ne génèrent aucun droit à la retraite ni à la protection sociale. Un président qui se rémunère uniquement en dividendes n'a aucune couverture maladie, maternité ou retraite. Maintenez toujours un minimum de rémunération salariale pour conserver vos droits.

Comment passer de micro-entreprise à SAS en 5 étapes

La transition se déroule en deux temps : créer la SAS, puis fermer la micro-entreprise. Voici les cinq étapes à suivre dans l'ordre.

  • Définir le mode de transfert de votre activité vers la nouvelle société
  • Préparer et signer les statuts de la SAS
  • Bloquer le capital et faire paraître l'avis de constitution
  • Déposer le dossier d'immatriculation sur le portail de l'INPI
  • Clôturer la micro-entreprise et régler les dernières obligations fiscales

Étape 1 - Choisir la méthode de transfert d'activité

Il n'existe pas de « transformation » directe d'une micro-entreprise en SAS. Vous créez une nouvelle personne morale, puis vous transférez votre activité selon l'une de ces méthodes :

  • Création pure + fermeture : vous créez la SAS à partir de zéro et fermez la micro-entreprise. C'est la méthode la plus courante et la plus simple.
  • Apport du fonds de commerce : vous apportez votre clientèle, droit au bail, enseigne, nom commercial, marque ou matériel à la SAS en échange d'actions. Un traité d'apport formalise l'opération.
  • Cession du fonds de commerce : la SAS achète votre fonds via un acte d'achat. Cette méthode implique un prix de cession et une fiscalité sur la plus-value.
  • Apport en compte courant d'associé : vous prêtez de l'argent à votre propre société pour la financer, sans passer par le capital social.
Bon à savoir : Un commissaire aux apports doit être désigné si un apport en nature dépasse 30 000 € ou si le total des apports en nature dépasse 50 % du capital social. Toutefois, un entrepreneur individuel qui apporte des éléments figurant à son bilan à une SASU dont il est l'associé unique peut en être dispensé. Pour en savoir plus sur les apports en nature en SAS, les règles varient selon la nature des biens apportés.

Étape 2 - Rédiger les statuts de la SAS

Les statuts doivent contenir plusieurs mentions obligatoires : dénomination sociale, siège social, objet social, capital social, répartition des actions, durée de la société (99 ans maximum) et modalités de direction.

La SAS bénéficie d'une grande liberté statutaire (articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce). Vous pouvez y insérer des clauses d'agrément, de préemption ou d'inaliénabilité pour encadrer l'entrée et la sortie des associés. Le président est nommé dans les statuts ou par acte séparé. Pour préparer ce document, un modèle de statuts SAS gratuit et conforme est disponible en téléchargement.

Trois options s'offrent à vous : rédiger les statuts vous-même (risqué si vous n'avez pas de formation juridique), passer par un service en ligne ou faire appel à un avocat. Swapn propose la création de société gratuitement (0 €, sans engagement), avec des statuts rédigés sous 24 heures et un conseiller dédié pour vous guider sur les choix statutaires.

Étape 3 - Déposer le capital social et publier l'annonce légale

Le capital doit être déposé sur un compte bloqué (banque, notaire ou Caisse des Dépôts). Vous recevez en retour une attestation de dépôt de capital, indispensable pour la suite. Toutes les modalités pratiques du dépôt de capital social en ligne sont détaillées dans un guide dédié.

Vous devez aussi publier un avis de constitution dans un journal d'annonces légales (JAL) habilité dans le département du siège social. Le coût varie de 138 à 193 € HT selon le département. Le JAL vous remet une attestation de parution.

Étape 4 - Immatriculer la SAS au Guichet Unique

Le dossier complet est déposé en ligne sur le Guichet Unique de l'INPI. Pièces à réunir :

  • Statuts signés par tous les associés
  • Attestation de dépôt de capital
  • Attestation de parution de l'annonce légale
  • Pièce d'identité du président
  • Déclaration de non-condamnation et de filiation du président

Le délai moyen pour obtenir le Kbis est de 3 à 10 jours ouvrés. Le coût d'immatriculation est de 37,45 € pour une activité commerciale, gratuit pour une activité libérale. Selon votre secteur, des formalités complémentaires peuvent s'ajouter : inscription à la CMA (artisans), DREAL (transport), etc. Pour un aperçu complet des formalités, le guide sur l'immatriculation d'une SAS couvre chaque étape du dossier.

Étape 5 - Fermer la micro-entreprise

Une fois le Kbis de la SAS en main, vous pouvez fermer la micro-entreprise. La déclaration de cessation d'activité se fait gratuitement sur le Guichet Unique (INPI).

Vous devez ensuite déclarer votre dernier chiffre d'affaires à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la cessation, même si le CA est nul. Sur le plan fiscal, reportez ces revenus sur votre déclaration annuelle via les formulaires 2042 et 2042-C-PRO.

Si vous vendez du stock ou des actifs, l'opération est taxable et doit être anticipée. Attendez toujours l'immatriculation effective de la SAS avant de fermer la micro-entreprise pour éviter un trou d'activité.

Bon à savoir : Les factures émises mais non encaissées au moment de la cessation restent imposables. Elles doivent être déclarées sur le formulaire 2042-C-PRO, même si le règlement intervient après la fermeture de la micro-entreprise.

Les inconvénients de la SAS à connaître avant de se lancer

Le passage en SAS n'a pas que des avantages. Trois points méritent une attention particulière avant de vous décider.

Des cotisations sociales plus élevées qu'en micro-entreprise

Le président de SAS/SASU paie environ 70 % de cotisations sur son salaire net, contre 21,2 % du CA en micro-entreprise (services BIC). Le coût de la protection sociale est nettement plus élevé, avec un impact direct sur la trésorerie de l'entreprise. Pour visualiser précisément l'impact sur votre rémunération, le simulateur SASU permet de calculer votre revenu net et vos charges en temps réel.

Et si vous ne vous versez aucune rémunération, vous ne payez aucune cotisation, mais vous n'avez aucune couverture sociale non plus (contrairement au gérant TNS d'EURL, qui cotise au minimum même sans rémunération).

Une gestion administrative et comptable plus lourde

La SAS doit tenir une comptabilité en partie double : bilan, compte de résultat et annexes. Un expert-comptable est quasi-indispensable en pratique.

Chaque année, vous devez organiser une assemblée générale (même en SASU, l'associé unique approuve les comptes) et déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce. Ces obligations n'existent pas en micro-entreprise, où un simple livre des recettes suffit. Pour connaître le détail de ces obligations, le guide sur les obligations comptables d'une SAS liste tout ce que vous devez mettre en place dès la première année.

Pas d'accès à l'assurance chômage pour le président

Le président de SAS/SASU, bien qu'assimilé salarié, ne cotise pas à l'assurance chômage. En cas d'échec de la société, vous n'avez aucun droit au chômage lié à ce mandat.

Si vous bénéficiez de l'ARE (allocation de retour à l'emploi) avant la création, le cumul emploi-création permet de la maintenir pendant la durée d'indemnisation restante. Pour les autres, des assurances perte d'emploi privées (GSC, APPI) existent, mais leur coût doit être budgété. Le guide sur la SASU et le chômage détaille les règles de cumul selon votre situation.

Les questions fréquentes sur le passage de micro-entreprise à SAS

Peut-on passer directement de micro-entreprise à SAS sans fermer la micro ?

Non. La micro-entreprise est une entreprise individuelle, la SAS est une société : aucune « transformation » juridique n'est possible. Il faut créer la SAS (nouvelle personne morale) puis fermer la micro-entreprise. Les deux peuvent coexister temporairement, à condition de ne pas exercer la même activité sous les deux structures en même temps. Pour comprendre les règles de ce cumul, le guide sur cumuler auto-entreprise et SAS apporte des précisions utiles.

Combien de temps faut-il pour passer de micro-entreprise à SAS ?

Comptez 2 à 4 semaines au total. La rédaction des statuts et le dépôt de capital prennent 1 à 2 jours, l'annonce légale 1 à 2 jours, puis le Kbis arrive sous 3 à 10 jours ouvrés après dépôt au Guichet Unique. La fermeture de la micro-entreprise se fait en quelques minutes en ligne, mais le délai de déclaration du dernier CA est de 60 jours.

Est-ce que je perds mes allocations chômage (ARE) en passant en SAS ?

Pas forcément. En SASU sans rémunération, aucun revenu n'est déclaré à France Travail et l'ARE est intégralement maintenue. Si vous vous versez un salaire, l'ARE est recalculée en fonction du montant perçu. Le cumul emploi-création permet de conserver vos droits pendant la durée d'indemnisation restante.

Vaut-il mieux passer en SASU ou en EURL quand on quitte la micro-entreprise ?

Cela dépend de votre priorité. La SASU convient si vous visez l'optimisation par les dividendes (flat tax 30 %, pas de cotisations sociales supplémentaires) ou si vous prévoyez d'accueillir des associés. L'EURL convient si vous préférez des cotisations plus faibles (~45 % vs ~70 %) et une couverture sociale même sans rémunération. Le comparatif SASU ou EURL détaille les différences selon votre profil.

Quel est le capital social minimum pour créer une SAS ?

Le minimum légal est de 1 €. En pratique, un capital de 500 à 1 000 € est recommandé pour crédibiliser la société auprès des banques et des partenaires. Le capital peut être constitué d'apports en numéraire (argent) et/ou en nature (matériel, clientèle, etc.).

Dois-je obligatoirement prendre un expert-comptable en SAS ?

Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est quasi-indispensable en pratique. La SAS doit tenir une comptabilité en partie double, établir un bilan, un compte de résultat et des annexes, puis déposer ses comptes annuels au greffe. Un expert-comptable sécurise ces obligations et vous évite des erreurs coûteuses. Pour choisir la bonne solution, le comparatif des logiciels de comptabilité pour SAS aide à trouver l'outil adapté à votre budget.

Que devient mon numéro SIRET quand je passe de micro-entreprise à SAS ?

Vous obtenez un nouveau numéro SIRET. La SAS est une personne morale distincte de votre entreprise individuelle : elle reçoit son propre SIREN et SIRET lors de l'immatriculation. L'ancien SIRET de la micro-entreprise est radié à la cessation d'activité.

Est-ce que je peux récupérer la TVA en passant en SAS ?

Oui. La SAS est soumise à la TVA dès sa création (sauf option pour la franchise en base si le CA le permet). Vous pouvez donc récupérer la TVA sur vos achats professionnels, ce qui n'était généralement pas possible en micro-entreprise sous le régime de la franchise en base de TVA. Pour tout comprendre sur la TVA en SAS, un guide complet couvre les différents régimes applicables.

Puis-je apporter le fonds de commerce de ma micro-entreprise à la SAS ?

Oui. Vous pouvez apporter votre fonds de commerce (clientèle, matériel, droit au bail, marque, etc.) à la SAS en échange d'actions. Si un apport en nature dépasse 30 000 € ou dépasse 50 % du capital, un commissaire aux apports doit être désigné, sauf exception pour l'EI apportant à une SASU dont elle est l'associé unique.

Quelles déclarations fiscales dois-je faire en fermant ma micro-entreprise ?

Vous devez déclarer votre dernier chiffre d'affaires à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la cessation, puis reporter ces revenus sur votre déclaration annuelle (formulaires 2042 et 2042-C-PRO). Les factures émises mais non encaissées au moment de la cessation restent imposables et doivent être déclarées. Pour tout comprendre sur l'imposition de la micro-entreprise avant de fermer, il est utile de revoir les règles fiscales applicables à la cessation.

Sources & Références

Service-Public : Fiscalité de la société par actions simplifiée (SAS)

Urssaf : Simulateur de rémunération du dirigeant de SAS(U)

Impôts.gouv : Je cesse mon activité

Legifrance : Articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce (SAS)

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