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Freelance et chômage : conditions et aides 2026
Temps de lecture : 10 min
Résumé de l'article
- Freelance et chômage : le cumul des allocations avec une activité indépendante est possible avant ou après inscription.
- Deux dispositifs : l'ARE verse un complément mensuel, l'ARCE verse un capital irréversible.
- Calcul de l'ARE : France Travail déduit 70 % des revenus d'activité déclarés de votre allocation théorique.
- SASU sans salaire : configuration la plus favorable car l'ARE est maintenue à 100 %.
- En cas d'échec : les jours ARE non indemnisés sont reportés et récupérables en vous réinscrivant.
- Créer sa SASU avec Swapn : Swapn vous propose la création à 0€ d'honoraires, hors frais légaux et sans engagement.
Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 10 août 2026
Peut-on cumuler freelance et chômage ?

Oui, le cumul freelance et chômage est possible. Que vous lanciez votre activité avant ou après votre inscription à France Travail (ex-Pôle emploi), vous pouvez percevoir vos allocations chômage tout en développant votre activité indépendante.
Deux dispositifs existent pour accompagner cette transition. Le premier est le maintien partiel de l'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) : vous continuez à recevoir un versement mensuel, réduit en fonction de vos revenus freelance. Le second est l'Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) : vous recevez un capital en une fois pour financer votre lancement.
Ce cumul concerne tous les demandeurs d'emploi qui créent ou reprennent une activité, quel que soit le statut juridique choisi : micro-entreprise, EURL, SASU, SAS, SARL. Le portage salarial et le statut d'auto-entrepreneur sont aussi concernés. La seule vraie question est de savoir quel dispositif choisir et combien vous toucherez réellement chaque mois.
Quelles sont les conditions pour toucher l'ARE en freelance ?
L'ARE n'est pas réservée aux salariés classiques en recherche d'emploi. Un freelance peut en bénéficier, à condition de remplir plusieurs critères liés à sa situation professionnelle antérieure et à son inscription auprès de France Travail.
Les conditions liées à la perte d'emploi
Pour ouvrir des droits à l'ARE, vous devez avoir perdu votre emploi salarié de manière involontaire. Concrètement, cela inclut :
- Le licenciement, quel qu'en soit le motif (économique, personnel, faute simple)
- La rupture conventionnelle individuelle ou collective
- La fin d'un CDD ou d'une mission d'intérim arrivé à terme
- La démission légitime : déménagement pour suivre un conjoint, non-paiement de salaire par l'employeur, actes délictueux subis sur le lieu de travail
Une démission classique ne donne pas droit à l'ARE, sauf dans le cadre d'une démission avec projet de création d'entreprise (détaillée plus bas).
Les conditions d'inscription et de durée de cotisation
Au-delà de la perte d'emploi, quatre conditions supplémentaires doivent être réunies :
- Vous inscrire (ou rester inscrit) à France Travail dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat de travail
- Avoir travaillé au minimum 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois, ou des 36 derniers mois si vous avez 53 ans ou plus
- Être physiquement apte au travail
- Ne pas avoir atteint l'âge de la retraite à taux plein
Cas particulier : la démission avec projet de création d'entreprise
Depuis 2019, un salarié qui démissionne pour créer son activité freelance peut toucher l'ARE, à condition de respecter un parcours précis :
- Justifier d'au moins 5 ans d'activité salariée continue (ou 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois)
- Consulter un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP) avant de poser votre démission
- Obtenir la validation de votre projet par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR), qui juge si le projet est « réel et sérieux »
- Démissionner dans les 6 mois suivant la validation du projet
- Créer ou reprendre effectivement votre entreprise dans les 6 mois suivant la démission
Bon à savoir : Le CEP est un service gratuit et confidentiel, accessible via l'APEC pour les cadres ou via les opérateurs régionaux (Transitions Pro, etc.) pour les non-cadres. Cette consultation doit impérativement avoir lieu avant la démission, et ne doit pas être confondue avec un bilan de compétences.
Comment est calculé le complément ARE quand on est freelance ?
Le montant de votre ARE n'est pas fixe dès lors que vous générez des revenus en parallèle. France Travail applique une formule précise qui tient compte de vos gains d'activité freelance pour ajuster votre allocation chaque mois.
La formule de calcul du complément mensuel
Le principe est simple : plus vous gagnez, moins vous touchez d'ARE, mais votre revenu global augmente toujours.
ARE mensuelle versée = ARE théorique - 70 % des revenus d'activité déclarés
L'ARE théorique se compose de deux éléments :
- Une partie fixe de 13,18 € par jour
- Une partie variable égale à 40,4 % de votre Salaire Journalier de Référence (SJR)
L'allocation journalière ne peut pas descendre en dessous du plancher de 32,13 €. Un prélèvement de 3 % est appliqué sur l'allocation brute pour financer les retraites complémentaires.
Point important : les jours où vous n'êtes pas indemnisé (parce que vos revenus freelance sont trop élevés ce mois-là) ne sont pas perdus. Ils sont reportés et allongent la durée totale de vos droits.
Quels revenus déclarer à France Travail selon votre statut ?
Le revenu pris en compte par France Travail varie selon votre statut juridique. Cette distinction est souvent mal comprise, alors qu'elle a un impact direct sur le montant de votre complément ARE.
| Statut juridique | Revenu pris en compte | Exemple pour 2 000 € de CA |
|---|---|---|
| Micro-entreprise BNC | CA après abattement de 34 % | 1 320 € |
| Micro-entreprise BIC services | CA après abattement de 50 % | 1 000 € |
| Micro-entreprise BIC achat-revente | CA après abattement de 71 % | 580 € |
| SASU avec salaire | Salaire brut versé | Montant du salaire |
| SASU sans salaire | 0 € | 0 € (ARE maintenue à 100 %) |
| EURL à l'IS | Rémunération de gérance déclarée | Montant de la rémunération |
| EURL à l'IR | Bénéfice imposable | Bénéfice, même non prélevé |
Attention à l'EURL à l'IR : le bénéfice imposable est considéré comme votre revenu, même si vous ne vous le versez pas. C'est un piège fréquent qui peut réduire votre ARE alors que vous n'avez rien touché sur votre compte personnel.
Trois exemples concrets de calcul
Cas n°1 : micro-entrepreneur en BNC (consultant)
- ARE théorique : 1 500 €/mois
- CA mensuel : 2 000 €
- Abattement BNC (34 %) : 2 000 € × 0,66 = 1 320 € de revenu déclaré
- Complément ARE : 1 500 - (70 % × 1 320) = 1 500 - 924 = 576 €
- Revenu total du mois : 2 000 + 576 = 2 576 €
Cas n°2 : président de SASU sans rémunération
- ARE théorique : 1 500 €/mois
- Salaire versé : 0 €
- Revenu déclaré : 0 €
- Complément ARE : 1 500 - (70 % × 0) = 1 500 € (ARE maintenue intégralement)
- Revenu total du mois : 1 500 € (avec possibilité de se verser des dividendes en fin d'exercice)
Cas n°3 : micro-entrepreneur en BIC services (graphiste)
- ARE théorique : 1 200 €/mois
- CA mensuel : 1 500 €
- Abattement BIC services (50 %) : 1 500 € × 0,50 = 750 € de revenu déclaré
- Complément ARE : 1 200 - (70 % × 750) = 1 200 - 525 = 675 €
- Revenu total du mois : 1 500 + 675 = 2 175 €
ARE ou ARCE : quel dispositif choisir pour lancer votre activité freelance ?
Deux dispositifs coexistent pour soutenir les demandeurs d'emploi qui créent leur activité. Le choix entre les deux a des conséquences financières directes sur votre trésorerie et votre filet de sécurité en cas de difficulté.
Comment fonctionne l'ARCE ?
L'Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) est un versement en capital égal à 60 % du reliquat de vos droits ARE (taux en vigueur depuis le 1er juillet 2023).
Ce capital est versé en deux fois : 30 % à la date de début de votre activité, puis le solde six mois plus tard, à condition que votre activité soit toujours en cours. Pour y prétendre, vous devez avoir obtenu l'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise). Si vous envisagez de créer une SASU, sachez que l'ACRE en SASU suit des règles spécifiques à connaître avant de vous lancer.
Le choix de l'ARCE est irréversible : une fois le capital versé, vous ne percevez plus aucune allocation mensuelle de France Travail.
Tableau comparatif ARE vs ARCE
| Critère | ARE (maintien partiel) | ARCE (versement en capital) |
|---|---|---|
| Mode de versement | Mensuel, ajusté selon vos revenus | En capital, en deux fois |
| Montant total accessible | 100 % des droits restants | 60 % des droits restants |
| Condition préalable | Inscription à France Travail | Inscription + obtention de l'ACRE |
| Durée de versement | Jusqu'à épuisement des droits (jours reportés inclus) | 2 versements (J0 puis J+6 mois) |
| Impact des revenus freelance | Réduit l'allocation mensuelle (70 % des revenus déduits) | Aucun impact, le capital est acquis |
| Droits résiduels en cas d'arrêt | Jours non indemnisés récupérables | Seuls les 40 % non versés sont récupérables |
| Profil idéal | Freelance en services, montée en charge progressive | Activité avec investissement de départ |
| Réversibilité | Passage à l'ARCE possible tant que l'ACRE est active | Irréversible |
Dans quel cas choisir l'un plutôt que l'autre ?
L'ARCE est pertinente si vous avez besoin de trésorerie immédiate pour financer un investissement de départ (matériel, local, stock) et que vous êtes confiant dans la viabilité de votre projet. Vous acceptez de renoncer à 40 % de vos droits en échange d'un capital disponible rapidement.
L'ARE mensuelle convient mieux aux freelances en prestation de services, qui n'ont pas d'investissement lourd et montent en charge progressivement. Vous gardez un filet de sécurité mensuel et conservez 100 % de vos droits (les jours non indemnisés sont simplement reportés).
Pour un consultant, un développeur ou un graphiste freelance qui démarre sans frais importants, le maintien de l'ARE est souvent le choix le plus avantageux : revenus freelance + complément ARE chaque mois, avec la possibilité de récupérer l'intégralité de vos droits si l'activité s'arrête.
Bon à savoir : Le choix entre ARE et ARCE est irréversible une fois l'ARCE versée. Prenez le temps de simuler les deux scénarios avec vos chiffres réels avant de vous décider, car un retour en arrière est impossible.
Que se passe-t-il si votre activité freelance échoue ?
L'échec fait partie du parcours entrepreneurial. Savoir ce que vous pouvez récupérer en cas d'arrêt de votre activité vous aide à prendre votre décision initiale en connaissance de cause.
Récupérer vos droits ARE résiduels
Si vous aviez opté pour le maintien de l'ARE, les jours non indemnisés pendant votre activité freelance sont reportés. Vous pouvez les récupérer en vous réinscrivant à France Travail après la cessation de votre activité. Vos droits reprennent là où ils s'étaient arrêtés.
Si vous aviez choisi l'ARCE, la situation est moins favorable. Le reliquat de vos droits ARE est diminué du montant de l'ARCE déjà versé. Concrètement, vous ne récupérez que les 40 % restants, convertis en jours d'indemnisation. C'est l'un des risques majeurs de l'ARCE.
Dans les deux cas, la réinscription doit intervenir dans un délai raisonnable, en principe dans les 3 ans suivant l'ouverture initiale de vos droits.
L'ATI : l'allocation chômage des travailleurs indépendants
L'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) est un dispositif distinct de l'ARE, créé en 2019. Elle s'adresse aux indépendants qui n'ont jamais été salariés ou qui ont épuisé leurs droits ARE.
Pour en bénéficier, vous devez remplir toutes ces conditions cumulatives :
- Au moins 2 ans d'activité non salariée ininterrompue
- Cessation d'activité suite à un redressement ou une liquidation judiciaire, ou cessation définitive pour non-viabilité attestée
- Revenus d'activité d'au moins 10 000 € par an sur au moins une des deux dernières années
- Ressources personnelles inférieures au RSA
- Inscription à France Travail
Le montant est d'environ 26,30 € par jour, soit environ 800 € par mois, pour une durée maximale de 6 mois non renouvelable.
Bon à savoir : Les conditions de l'ATI sont très restrictives et excluent les cessations volontaires d'activité. En pratique, très peu de freelances y ont accès chaque année. Si vous débutez votre activité, ne comptez pas sur ce dispositif comme filet de sécurité et privilégiez le maintien de l'ARE.
Quelles démarches effectuer auprès de France Travail ?
Le cumul freelance et allocations chômage ne se fait pas automatiquement. Plusieurs démarches sont à effectuer avant et pendant votre activité pour maintenir vos droits.
Avant de lancer votre activité freelance
Quatre étapes à suivre dans l'ordre :
- Vous inscrire (ou rester inscrit) à France Travail comme demandeur d'emploi
- Déclarer votre projet de création ou de reprise d'entreprise à votre conseiller
- Demander l'ACRE si vous souhaitez opter pour l'ARCE
- Choisir entre le maintien de l'ARE et l'ARCE (choix irréversible, à mûrir avant de valider)
Ces démarches s'ajoutent aux formalités de création d'entreprise en ligne (rédaction des statuts, immatriculation, annonce légale, etc.).
Pour simplifier la partie création et comptabilité, des plateformes inscrites à l'Ordre des Experts-Comptables comme Swapn prennent en charge l'intégralité des formalités de création gratuitement et proposent une comptabilité tout-en-un dès 29 € HT/mois, sans engagement.
Chaque mois : l'actualisation obligatoire
L'actualisation mensuelle est la condition sine qua non pour continuer à percevoir vos allocations. Chaque mois, entre le 28 et le 15 du mois suivant, vous devez :
- Confirmer que vous êtes toujours en recherche d'emploi ou en activité réduite
- Déclarer le nombre d'heures travaillées dans le mois
- Déclarer les revenus d'activité perçus
Un oubli d'actualisation entraîne votre radiation et la suspension immédiate des versements. La réinscription est possible, mais elle retarde le paiement de vos allocations.
Bon à savoir : En micro-entreprise, vous devez déclarer le chiffre d'affaires réellement encaissé dans le mois, pas le CA facturé. Si vous facturez une mission en janvier mais que le client vous paie en février, c'est en février que vous déclarez ce montant. Cette confusion fréquente peut entraîner un trop-perçu à rembourser.
Quel statut juridique choisir pour optimiser le cumul freelance-chômage ?
Le statut juridique que vous choisissez a un impact direct sur le montant d'ARE que vous percevez chaque mois. Voici comment chaque forme juridique interagit avec vos allocations chômage.
La SASU sans salaire : le cumul ARE le plus favorable
En SASU, si vous ne vous versez aucun salaire, France Travail considère que votre revenu d'activité est de 0 €. Résultat : votre ARE est maintenue à 100 %.
Vous pouvez ensuite vous verser des dividendes en fin d'exercice. Ces dividendes en SASU ne sont pas pris en compte par France Travail pour le calcul du complément ARE. C'est la configuration la plus avantageuse financièrement pour un freelance qui démarre.
La contrepartie : tant que vous ne vous versez aucun salaire, vous n'avez aucune couverture sociale personnelle (ni maladie, ni retraite). La stratégie fréquente consiste à vivre de l'ARE pendant la phase de lancement, puis à se verser un salaire une fois que le chiffre d'affaires le permet. Pour aller plus loin sur ce sujet, le choix entre salaire ou dividende en SASU mérite une analyse selon votre situation.
L'inconvénient souvent cité est le coût de création d'une SASU (frais de greffe, annonce légale, rédaction des statuts). Le coût de création d'une SASU est souvent surestimé : certains services comme Swapn proposent la création de SASU gratuitement (0 €, frais légaux inclus), ce qui supprime cet obstacle financier au démarrage.
La micro-entreprise : simplicité mais impact sur l'ARE
En micro-entreprise, chaque euro de chiffre d'affaires réduit votre allocation (après application de l'abattement forfaitaire). Le CA est systématiquement pris en compte, contrairement à la SASU sans salaire.
L'avantage reste la simplicité : pas de frais de création, pas de comptabilité complexe, des déclarations trimestrielles ou mensuelles rapides. C'est le statut le plus accessible pour tester une activité. Si vous hésitez entre les deux formes, la comparaison SASU ou micro-entreprise vous aidera à trancher selon votre CA prévisionnel.
Les limites sont connues : plafonds de CA (83 600 € en BNC, 203 100 € en BIC) et impossibilité de déduire vos charges réelles. Si vos frais professionnels dépassent l'abattement forfaitaire, vous déclarez un revenu supérieur à ce que vous gagnez réellement.
L'EURL : attention au régime fiscal choisi
L'EURL à l'IS fonctionne de manière similaire à la SASU : seule la rémunération de gérance que vous vous versez est prise en compte par France Travail. Si vous ne vous rémunérez pas, votre ARE est maintenue. Pour comprendre toutes les implications de ce statut, consultez notre page sur l'EURL et le chômage.
L'EURL à l'IR présente un piège : le bénéfice imposable de la société est considéré comme votre revenu personnel, même si vous ne le prélevez pas. Vous pouvez donc voir votre ARE réduite alors que l'argent est resté sur le compte de l'entreprise.
À cela s'ajoutent les cotisations sociales TNS (travailleur non salarié), qui sont d'environ 45 % du bénéfice. Ce taux est à intégrer dans votre calcul global pour comparer avec la SASU, où les cotisations ne s'appliquent que sur le salaire effectivement versé. Pour aller plus loin, les charges sociales en EURL sont détaillées dans un article dédié.
Les questions fréquentes sur le freelance et le chômage
Peut-on toucher le chômage en étant freelance en micro-entreprise ?
Oui, à condition d'avoir perdu involontairement votre emploi salarié (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD). Votre ARE est maintenue partiellement : France Travail déduit 70 % de vos revenus d'activité (CA après abattement forfaitaire) de votre allocation mensuelle. Les jours non indemnisés reportent vos droits.
Combien touche-t-on de chômage quand on se lance en freelance ?
Le montant dépend de votre ARE théorique et de vos revenus freelance. Si vous ne générez aucun revenu (cas d'une SASU sans salaire), votre ARE est maintenue à 100 %. Dès que vous déclarez des revenus, France Travail réduit votre allocation de 70 % des revenus déclarés.
Est-ce que les dividendes de SASU réduisent les allocations chômage ?
Non. France Travail prend en compte uniquement les rémunérations (salaires) pour le calcul du complément ARE, pas les dividendes. C'est pourquoi de nombreux freelances en SASU choisissent de ne pas se verser de salaire pendant la phase de lancement et de se rémunérer en dividendes en fin d'exercice.
Peut-on démissionner pour devenir freelance et toucher le chômage ?
Oui, depuis 2019, la démission avec projet de création d'entreprise ouvre droit à l'ARE. Conditions : au moins 5 ans d'activité salariée continue, consultation obligatoire d'un CEP, et validation du projet par la commission paritaire interprofessionnelle régionale. Vous devez démissionner dans les 6 mois suivant la validation.
Quelle différence entre l'ARE et l'ARCE pour un freelance ?
L'ARE est un versement mensuel qui complète vos revenus freelance tant que vous restez inscrit à France Travail. L'ARCE est un versement en capital de 60 % de vos droits restants, versé en deux fois, qui vous donne de la trésorerie immédiate mais met fin aux versements mensuels. Le choix est irréversible.
Puis-je cumuler freelance et chômage si j'ai créé mon entreprise avant mon licenciement ?
Oui. Que votre activité freelance ait démarré avant ou après votre inscription à France Travail, le cumul est possible. La seule condition est que vos droits ARE soient ouverts (perte involontaire d'emploi, conditions de durée de cotisation remplies). Vos revenus freelance seront pris en compte pour le calcul du complément.
Que se passe-t-il si mon activité freelance échoue : puis-je retrouver mes droits chômage ?
Si vous aviez opté pour le maintien de l'ARE, vos jours non indemnisés sont reportés et récupérables en vous réinscrivant à France Travail. Si vous aviez choisi l'ARCE, seuls les 40 % de droits non versés peuvent être convertis en jours d'indemnisation. Dans les deux cas, vous devez cesser votre activité et vous réinscrire.
Un freelance sans ancien emploi salarié a-t-il droit au chômage ?
Le freelance qui n'a jamais été salarié n'a pas droit à l'ARE. En revanche, s'il cesse son activité dans des conditions précises (liquidation judiciaire, cessation pour non-viabilité), il peut prétendre à l'ATI : environ 800 €/mois pendant 6 mois maximum, sous conditions de revenus antérieurs d'au moins 10 000 €/an.
Faut-il déclarer son chiffre d'affaires freelance tous les mois à France Travail ?
Oui, l'actualisation mensuelle est obligatoire. Chaque mois (entre le 28 et le 15 du mois suivant), vous devez déclarer vos revenus d'activité et le nombre d'heures travaillées. En micro-entreprise, déclarez le CA réellement encaissé, pas le CA facturé. Un oubli entraîne la suspension de vos versements.
Vaut-il mieux créer une SASU ou une micro-entreprise pour garder son chômage ?
La SASU sans salaire est la configuration la plus favorable : aucun revenu n'est déclaré à France Travail, l'ARE est maintenue à 100 %. En micro-entreprise, chaque euro de CA réduit votre allocation (après abattement). La SASU implique toutefois des frais de création et une comptabilité plus structurée. Le choix dépend de votre CA prévisionnel et de votre besoin de simplicité.
Sources & Références
Service-Public : Travailleurs indépendants : quel montant d'allocation chômage ?
Entreprendre.Service-Public : Comment bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) ?
Entreprendre.Service-Public : ARCE et ARE : des modifications au 1er avril 2025
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Rédigé par Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise depuis plus de 10 ans. Grégoire a pour objectif de rendre l’entrepreneuriat simple et accessible à tous en France.
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