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Apport en industrie : définition et fonctionnement | 2026
Temps de lecture : 10 min
Résumé de l'article
- L'apport en industrie : il permet de mettre ses compétences au service d'une société en échange de parts.
- Le capital social au Kbis : il ne tient jamais compte de la valeur d'un apport en industrie.
- La SAS et la SARL : l'apport en industrie y est autorisé à condition de le prévoir dans les statuts.
- Les parts en industrie : elles ne peuvent être ni cédées ni transmises pendant toute la durée de la société.
- Création de société avec Swapn : un conseiller vous accompagne dès la rédaction des statuts, gratuitement et sans engagement.
Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 01 juillet 2026
Qu'est-ce qu'un apport en industrie ?
Définition juridique de l'apport en industrie
L'apport en industrie consiste, pour une personne physique ou morale, à mettre ses connaissances techniques, ses compétences professionnelles ou ses services à la disposition d'une société. Ce mécanisme est prévu par l'article 1843-2 du Code civil.
Concrètement, un développeur freelance qui apporte son expertise technique à une start-up, ou un consultant en stratégie qui met son réseau et son savoir-faire au service d'un cabinet, réalise un apport en industrie. L'apporteur ne transfère pas la propriété d'un bien : il s'engage à fournir un travail ou une compétence pendant une durée déterminée.
Cette distinction est importante : l'apport en industrie ne se confond ni avec un contrat de travail, ni avec une prestation de services. L'apporteur ne reçoit pas de salaire ni d'honoraires. Il devient associé de la société et reçoit des parts en industrie qui lui donnent des droits (vote, dividendes) et des obligations (non-concurrence, exécution effective de l'apport).
Les 3 types d'apports en société : comparaison
Avant de détailler le fonctionnement de l'apport en industrie, voici un tableau qui situe les trois types d'apports possibles lors de la création ou de la vie d'une société.
| Type d'apport | Ce qui est apporté | Intégré au capital social ? | Parts/actions attribuées | Exemples |
|---|---|---|---|---|
| Numéraire | Somme d'argent | ✅ Oui | Parts sociales ou actions | Virement de 10 000 € sur le compte de la société |
| Nature | Bien meuble ou immeuble | ✅ Oui | Parts sociales ou actions | Local commercial, véhicule, brevet, fonds de commerce |
| Industrie | Compétences, savoir-faire, travail | ❌ Non | Parts en industrie (incessibles) | Expertise en développement web, conseil en stratégie |
Seuls les apports en numéraire et en nature forment le capital social de la société. Pour mieux comprendre la mécanique globale des apports en capital social, il est utile de distinguer chaque catégorie dès la phase de création. L'apport en industrie, lui, donne droit à des parts mais ne s'intègre pas au capital affiché au Kbis.
Dans quelles sociétés peut-on réaliser un apport en industrie ?
L'apport en industrie n'est pas autorisé dans toutes les formes juridiques. Selon la structure choisie, il peut être libre, encadré par les statuts, ou totalement interdit.
Formes juridiques qui autorisent l'apport en industrie
Voici les sociétés dans lesquelles un apport en industrie est possible :
- SARL : autorisé si les statuts le prévoient expressément (article L.223-7 du Code de commerce). Les statuts doivent préciser la nature de l'apport, sa durée et les droits attribués à l'apporteur.
- SAS et SASU : autorisé si les statuts le mentionnent. La grande liberté statutaire de la SAS permet d'aménager librement les conditions de l'apport. La rédaction des statuts en SAS mérite donc une attention particulière lorsqu'un apport en industrie est envisagé.
- SNC (société en nom collectif) : autorisé par nature, sans condition particulière.
- SEP (société en participation) : autorisé, cette forme étant très souple dans son fonctionnement.
- SCI (société civile immobilière) : autorisé sous conditions statutaires, par exemple lorsqu'un associé apporte ses compétences en gestion immobilière. La création d'une SCI implique de prévoir ces modalités dès la rédaction des statuts.
- SCA et SCS : autorisé uniquement pour les associés commandités, dont la responsabilité est illimitée.
Formes juridiques qui interdisent l'apport en industrie
La société anonyme (SA) interdit expressément l'apport en industrie. L'article L.225-3 du Code de commerce réserve la qualité d'actionnaire aux seuls apporteurs en numéraire ou en nature. La raison : dans une SA, le capital social sert de garantie aux créanciers, et seuls les apports quantifiables et saisissables y sont admis.
Les associés commanditaires dans les SCA et SCS ne peuvent pas non plus réaliser d'apport en industrie. Leur responsabilité étant limitée à leurs apports, ils doivent contribuer au capital par des apports en numéraire ou en nature.
L'apport en industrie en cours de vie sociale
L'apport en industrie n'est pas réservé à la création de la société. Un associé peut réaliser un apport en industrie en cours de vie sociale, à condition de respecter la procédure suivante : décision collective des associés (vote en assemblée générale), modification des statuts pour y intégrer les modalités de l'apport, et inscription des nouvelles mentions statutaires au greffe. Cette possibilité est ouverte aussi bien aux personnes physiques qu'aux personnes morales.
Pourquoi l'apport en industrie est exclu du capital social ?
L'exclusion de l'apport en industrie du capital social surprend souvent les créateurs d'entreprise. Cette règle repose sur un principe juridique simple mais aux conséquences très concrètes.
Le principe d'exclusion et sa justification
L'article 1843-2, alinéa 1 du Code civil pose le principe : les parts en industrie ne concourent pas à la formation du capital social.
La justification est économique. Le capital social sert de gage aux créanciers de la société. En cas de difficultés financières, les créanciers peuvent se retourner vers les actifs de la société pour obtenir le remboursement de leurs créances. Or, une compétence ou un savoir-faire ne peut pas être saisi par un huissier. Contrairement à une somme d'argent ou à un bien immobilier, le travail d'un associé n'a pas de valeur patrimoniale saisissable.
Le montant du capital social affiché au Kbis ne tient donc jamais compte de l'apport en industrie, même si celui-ci a été évalué à plusieurs dizaines de milliers d'euros dans les statuts. Pour déterminer le bon niveau de capital lors de la création, il est utile de comprendre comment déterminer le capital social d'une entreprise.
Exemple chiffré : impact sur le capital social
Prenons un cas concret. Deux associés créent une SARL :
- Associé A apporte 20 000 € en numéraire (virement bancaire).
- Associé B apporte son savoir-faire en marketing digital, évalué d'un commun accord à 15 000 €.
Le capital social de la SARL affiché au Kbis est de 20 000 €, et non de 35 000 €. L'apport de B ne s'ajoute pas au capital. Pour autant, B reçoit des parts en industrie et participe aux décisions collectives et au partage des bénéfices, selon les modalités fixées dans les statuts.
Comment évaluer un apport en industrie ?
L'évaluation d'un apport en industrie est une étape délicate. Contrairement à un apport en numéraire (dont la valeur est évidente) ou en nature (dont la valeur peut être expertisée), l'apport en industrie repose sur des compétences dont le prix de marché varie.
Méthode d'évaluation de l'apport
L'évaluation se fait en référence au prix de marché d'une prestation équivalente. Si un développeur senior facture habituellement 600 € par jour et s'engage à travailler 200 jours par an pour la société, la valeur annuelle de son apport peut être estimée à 120 000 €. Pour les freelances qui souhaitent calibrer leur valorisation, des outils comme le simulateur de TJM freelance peuvent servir de référence.
Les associés fixent la valeur de l'apport d'un commun accord et l'inscrivent dans les statuts. Plusieurs critères sont pris en compte : la rareté de la compétence sur le marché, le volume horaire engagé, la valeur ajoutée attendue pour la société et la durée de l'engagement.
Les statuts peuvent aussi prévoir une réévaluation périodique de l'apport, par exemple tous les deux ans, pour tenir compte de l'évolution des compétences ou du marché.
Le rôle du commissaire aux apports
En SARL, le recours à un commissaire aux apports est obligatoire lorsque la valeur de l'apport dépasse 30 000 € ou représente plus de 50 % du capital social. Le commissaire, professionnel indépendant inscrit sur la liste des commissaires aux comptes, vérifie la cohérence de l'évaluation pour protéger les associés et les tiers. Les apports en nature en SARL suivent des règles similaires en matière d'évaluation et de recours au commissaire.
En SAS, les statuts définissent librement les conditions de recours à un commissaire aux apports. Rien n'empêche les associés de prévoir cette intervention même en dessous des seuils légaux, pour sécuriser la valorisation.
Quels droits pour l'apporteur en industrie ?
L'apporteur en industrie n'est pas un associé « de seconde zone ». Il bénéficie de droits financiers et politiques comparables à ceux des autres associés, dans les limites fixées par les statuts.
Droits financiers : dividendes et boni de liquidation
L'apporteur en industrie a droit au partage des bénéfices. Il perçoit des dividendes proportionnellement aux parts en industrie qui lui sont attribuées dans les statuts. Si les statuts prévoient que l'apporteur en industrie reçoit 25 % des bénéfices, il touche 25 % des dividendes distribués chaque année.
En cas de dissolution de la société, l'apporteur en industrie a aussi droit à une quote-part de l'actif net (le boni de liquidation). En contrepartie, il participe aux pertes dans les mêmes proportions. Le régime fiscal applicable aux dividendes perçus (notamment la flat tax sur les dividendes) s'applique de la même façon à l'apporteur en industrie qu'aux autres associés.
Droits politiques : vote et information
L'apporteur en industrie vote aux assemblées générales et participe aux décisions collectives de la société. Il a accès aux comptes annuels, aux rapports de gestion et à toute information nécessaire pour exercer ses droits d'associé.
Les statuts peuvent aménager l'étendue de ces droits : nombre de voix attribuées par part, conditions de majorité, droit de veto sur certaines décisions. C'est pourquoi la rédaction des statuts mérite une attention particulière lorsqu'un apport en industrie est prévu. Avant de s'engager, il est conseillé de réfléchir aux questions à se poser avant de s'associer.
La règle supplétive : que se passe-t-il si les statuts sont silencieux ?
Quand les statuts ne précisent pas la répartition des droits de l'apporteur en industrie, l'article 1844-1 du Code civil s'applique par défaut. Cette règle supplétive prévoit que l'apporteur en industrie reçoit des droits équivalents à ceux de l'associé ayant réalisé le plus petit apport en numéraire ou en nature.
Prenons un exemple avec trois associés :
- Associé A apporte 30 000 € en numéraire.
- Associé B apporte 20 000 € en numéraire.
- Associé C réalise un apport en industrie (expertise comptable).
Si les statuts ne disent rien sur les droits de C, celui-ci reçoit automatiquement les mêmes droits que B, l'associé ayant fait le plus petit apport en capital. C a donc droit à la même proportion de bénéfices et au même poids en assemblée générale que B.
Cette règle par défaut peut s'avérer défavorable ou favorable selon les cas. Pour éviter toute surprise, la répartition des droits doit être clairement prévue dans les statuts dès la création. Un pacte d'associés peut également compléter les statuts pour encadrer ces situations.
Quelles obligations pour l'apporteur en industrie ?
En contrepartie de ses droits, l'apporteur en industrie supporte des obligations strictes. Le non-respect de ces obligations peut entraîner la perte de sa qualité d'associé.
Obligation d'exécution de l'apport
L'apporteur doit effectivement mettre ses compétences au service de la société. Un associé qui s'engage à fournir son expertise en développement logiciel doit réellement travailler pour la société, pas se contenter de détenir des parts.
L'apport est personnel : il est lié à la personne de l'associé (on parle d'intuitu personae). L'apporteur ne peut pas déléguer l'exécution de son apport à un tiers. En principe, l'engagement court pour toute la durée de la société, sauf si les statuts prévoient une durée limitée.
Obligation de non-concurrence
L'article 1843-3 du Code civil impose à l'apporteur en industrie de ne pas exercer d'activité concurrente à celle de la société. Si l'apporteur tire des gains d'une activité concurrente, il doit les reverser à la société.
Cette obligation s'applique pendant toute la durée de l'apport. Un consultant freelance en stratégie digitale qui apporte son savoir-faire à une agence ne peut pas, en parallèle, exercer la même activité pour son propre compte ou pour une société concurrente.
Incessibilité et intransmissibilité des parts en industrie
Les parts en industrie sont inaliénables : elles ne peuvent être ni vendues, ni cédées, ni données à un tiers. Elles sont aussi intransmissibles : en cas de décès de l'apporteur, les parts ne passent pas aux héritiers.
Cette double restriction s'explique par le caractère strictement personnel de l'apport. Les parts en industrie sont attachées à une personne précise et à ses compétences. Elles n'ont pas de valeur patrimoniale autonome. Cette logique diffère fondamentalement de celle des actions ou parts sociales classiques, qui sont librement cessibles selon les règles propres à chaque forme juridique.
La Cour de cassation a confirmé ce principe dans un arrêt du 14 décembre 2004 (Cass. Com., 14 déc. 2004), en rappelant que l'apport en industrie doit être expressément mentionné dans les statuts pour produire ses effets.
Que se passe-t-il en cas de fin de l'apport en industrie ?
L'apport en industrie est par nature fragile : il dépend de la capacité et de la volonté de l'apporteur à exécuter son engagement. Plusieurs événements peuvent y mettre fin.
Caducité de l'apport : décès, invalidité, départ
Trois situations principales entraînent la caducité de l'apport en industrie :
- Décès de l'apporteur : les parts en industrie s'éteignent automatiquement. Aucune transmission aux héritiers n'est possible.
- Invalidité empêchant l'exécution de l'apport : la caducité intervient de plein droit, puisque l'apporteur ne peut plus fournir les compétences promises.
- Départ volontaire de l'apporteur : il s'agit d'un retrait d'associé, dont les modalités doivent être prévues dans les statuts (préavis, conditions financières, sort des droits acquis).
Dans chaque cas, les parts en industrie disparaissent et les droits correspondants sont redistribués entre les associés restants selon les règles statutaires. Les situations de conflit entre associés peuvent surgir à ces moments-là, d'où l'importance d'anticiper ces scénarios dans les statuts.
Cas pratique : un développeur quitte la start-up
Imaginons une start-up créée par trois associés. Léa apporte 40 000 € en numéraire, Hugo apporte 20 000 € en numéraire, et Karim apporte son expertise en développement logiciel (apport en industrie évalué à 30 000 €). Les statuts attribuent à Karim 30 % des droits aux bénéfices.
Après deux ans, Karim décide de quitter la société pour rejoindre une autre entreprise. Ses parts en industrie s'éteignent immédiatement. Il perd ses droits aux bénéfices futurs et ne participe plus aux décisions collectives.
En revanche, Karim conserve les dividendes déjà distribués pendant les deux années d'exercice. Léa et Hugo se répartissent les droits de Karim selon les modalités prévues dans les statuts. Le capital social, lui, reste inchangé à 60 000 €.
Comment comptabiliser un apport en industrie ?
Le traitement comptable de l'apport en industrie est souvent source de confusion. Contrairement aux apports en numéraire ou en nature, il ne donne lieu à aucune écriture dans les comptes de la société.
Absence d'écriture comptable au bilan
Le Plan Comptable Général ne prévoit aucune écriture comptable pour l'apport en industrie. L'apport ne figure ni à l'actif ni au passif du bilan, puisqu'il ne forme pas le capital social.
Aucun compte de classe 1 (capitaux propres) n'enregistre la valeur de l'apport. La seule trace comptable possible est une mention en annexe des comptes annuels, décrivant la nature de l'apport, sa durée et les droits attribués à l'apporteur. Les obligations comptables d'une SAS imposent notamment de documenter ces éléments dans l'annexe.
Suivi extra-comptable et mentions obligatoires
Les statuts doivent mentionner l'existence, la nature et la durée de l'apport en industrie. Cette mention statutaire est la base juridique de l'apport : sans elle, l'apport est inopposable aux tiers.
Un suivi extra-comptable est recommandé pour documenter l'exécution effective de l'apport au fil du temps : rapports d'activité, relevés d'heures, livrables produits par l'apporteur. Ce suivi protège la société en cas de litige avec l'apporteur ou avec des tiers.
Si l'apporteur en industrie perçoit une rémunération complémentaire (salaire ou rémunération de gérance), celle-ci suit le traitement comptable classique : charge de personnel ou rémunération du dirigeant, selon le cas. Pour les gérants de SARL, la fiche de paie du gérant de SARL suit des règles spécifiques selon qu'il est majoritaire ou minoritaire.
Le suivi comptable d'une société impliquant un apport en industrie nécessite une attention particulière aux annexes et aux mentions statutaires. Chez Swapn, l'expert-comptable accompagne les associés dans la bonne documentation de ces apports dès la création de la société.
Apport en industrie : exemple concret d'un cabinet de conseil
Pour rendre le mécanisme tangible, voici un cas complet qui illustre la création d'une société avec un apport en industrie, de la constitution jusqu'aux conséquences d'un éventuel départ.
Le cas d'un cabinet de conseil créé par deux associés
Marie et Thomas créent une SARL de conseil en stratégie digitale.
Les apports :
- Marie apporte 50 000 € en numéraire (virement bancaire sur le compte de la société).
- Thomas apporte son expertise en stratégie digitale, évaluée d'un commun accord à 25 000 €.
Le capital social : 50 000 € (seul l'apport de Marie). L'apport de Thomas n'entre pas dans le capital.
La répartition des parts : Marie reçoit des parts sociales classiques. Thomas reçoit des parts en industrie. Les statuts prévoient que Thomas détient 33 % des droits aux bénéfices et 33 % des droits de vote en assemblée générale.
Les droits de Thomas : il perçoit 33 % des dividendes distribués chaque année. Il vote sur toutes les décisions collectives (approbation des comptes, nomination du gérant, modification des statuts). Il a accès aux comptes et aux rapports de gestion. Le régime d'imposition des dividendes en SARL s'applique à sa quote-part de bénéfices distribués.
Les obligations de Thomas : il doit exercer son activité de conseil exclusivement pour la société. Il ne peut pas travailler pour un concurrent ni lancer une activité concurrente à titre personnel. Son engagement court pour toute la durée de la société, sauf clause contraire dans les statuts.
Si Thomas quitte la société : ses parts en industrie s'éteignent. Marie conserve la totalité du capital (50 000 €) et récupère les droits aux bénéfices de Thomas. Thomas garde les dividendes déjà perçus mais perd tout droit futur.
Structurer un apport en industrie dans les statuts demande une rédaction précise pour éviter l'application de la règle supplétive. Les experts-comptables Swapn conseillent les créateurs sur la répartition des droits dès la phase de rédaction statutaire. Si vous hésitez encore sur la forme juridique la plus adaptée à votre projet, un simulateur de statut juridique peut vous aider à y voir plus clair.
Les questions fréquentes sur l'apport en industrie
Est-ce qu'un apport en industrie donne droit à des parts sociales ?
Oui. L'apporteur en industrie reçoit des parts en industrie qui lui confèrent le droit de voter en assemblée générale et de percevoir des dividendes. Ces parts ne sont pas intégrées au capital social et ne peuvent être ni cédées ni transmises.
Peut-on faire un apport en industrie dans une SAS ?
Oui, l'apport en industrie est autorisé en SAS à condition qu'il soit prévu dans les statuts. Ceux-ci doivent préciser la nature de l'apport, sa durée, les droits attribués à l'apporteur et les conditions de son évaluation.
Quelle différence entre apport en industrie et apport en nature ?
L'apport en nature transfère la propriété d'un bien (matériel, immeuble, brevet) à la société et s'intègre au capital social. L'apport en industrie met à disposition des compétences ou un savoir-faire sans transfert de propriété. Il n'entre pas dans le capital et les parts correspondantes sont incessibles. Pour approfondir le fonctionnement de l'apport en nature en SAS, les règles d'évaluation et de commissariat aux apports méritent d'être examinées.
L'apport en industrie est-il possible dans une SA ?
Non. L'article L.225-3 du Code de commerce interdit expressément l'apport en industrie dans les sociétés anonymes. Seuls les apports en numéraire et en nature y sont admis.
Comment comptabiliser un apport en industrie ?
Il n'y a aucune écriture comptable à passer. L'apport en industrie ne figure ni à l'actif ni au passif du bilan. Il doit être mentionné dans les statuts et peut être précisé en annexe des comptes annuels.
Que deviennent les parts en industrie en cas de décès de l'apporteur ?
Les parts en industrie s'éteignent automatiquement au décès de l'apporteur. Elles ne sont pas transmissibles aux héritiers en raison du principe d'intuitu personae. Les droits acquis avant le décès (dividendes déjà distribués) restent acquis.
Peut-on revendre des parts en industrie ?
Non. Les parts en industrie sont inaliénables et incessibles. Elles ne peuvent être ni vendues, ni données, ni transmises à un tiers. Cette règle découle du caractère strictement personnel de l'apport.
Un apport en industrie est-il imposable ?
L'apport en industrie ne déclenche pas d'imposition directe au moment de sa réalisation. En revanche, les revenus perçus grâce aux parts en industrie (dividendes) sont imposés selon le régime fiscal applicable à l'associé (impôt sur le revenu ou flat tax à 30 %). Pour choisir entre ces deux options, l'article sur la flat tax ou le barème progressif détaille les critères de décision.
Faut-il un commissaire aux apports pour un apport en industrie ?
En SARL, le commissaire aux apports est obligatoire si la valeur de l'apport dépasse 30 000 € ou représente plus de 50 % du capital social. En SAS, les statuts définissent librement les conditions de recours. Dans les autres formes sociales, les règles varient selon les dispositions statutaires.
Sources & Références
Legifrance : Article 1843-2 du Code civil
Legifrance : Article 1843-3 du Code civil
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