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Statut juridique e-commerce : comment choisir ?
Temps de lecture : 11 min
Résumé de l'article
- Statut juridique e-commerce : aucune forme dédiée n'existe, votre profil d'entrepreneur détermine le bon choix.
- Se lancer seul : la micro-entreprise, l'EI, l'EURL ou la SASU s'adaptent à un projet individuel.
- Micro-entreprise : le plafond atteint 203 100 € HT et les cotisations restent à 12,30 % du CA.
- À plusieurs : la SARL offre un cadre stable, la SAS facilite l'entrée d'investisseurs.
- Anticiper la cession : céder des actions coûte 0,1 %, contre 3 à 5 % pour un fonds.
- Créer sa société e-commerce avec Swapn : Swapn vous propose la création à 0€ d'honoraires, hors frais légaux et sans engagement.
Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 23 septembre 2026
Quel statut juridique choisir pour votre e-commerce ?
Le choix du statut juridique pour votre e-commerce dépend de votre situation personnelle, pas du type de produits que vous vendez. Il n'existe pas de forme juridique réservée à la vente en ligne : c'est votre profil d'entrepreneur qui détermine le bon statut.
Les 4 critères qui déterminent le bon statut

Quatre questions suffisent à orienter votre choix :
- Votre chiffre d'affaires prévisionnel : en dessous des seuils de la micro-entreprise (203 100 € HT/an pour la vente de marchandises), ce régime simplifié reste accessible. Au-delà, il faut passer au régime réel ou créer une société.
- Le nombre de fondateurs : seul, vous pouvez opter pour la micro-entreprise, l'EI, l'EURL ou la SASU. À deux ou plus, seules la SARL et la SAS sont possibles.
- La protection de votre patrimoine personnel : en société (EURL, SASU, SARL, SAS), votre responsabilité est limitée à vos apports. En entreprise individuelle, la séparation des patrimoines est automatique depuis 2022.
- Votre vision à moyen terme : si vous envisagez de revendre votre boutique en ligne, d'accueillir des investisseurs ou de lever des fonds, certaines formes juridiques facilitent ces opérations.
Les statuts compatibles avec le e-commerce en France
Six statuts sont compatibles avec la vente en ligne : la micro-entreprise (auto-entrepreneur), l'entreprise individuelle (EI) classique, l'EURL, la SASU, la SARL et la SAS. Aucun statut « spécial e-commerce » n'existe en droit français. Le choix repose sur votre profil, votre CA prévisionnel et vos objectifs de développement. Pour aller plus loin dans votre réflexion, un simulateur de statut juridique en ligne peut vous aider à identifier rapidement la forme la plus adaptée à votre situation.
Bon à savoir : Depuis la réforme de mai 2022, l'EIRL n'existe plus. Toute entreprise individuelle bénéficie désormais d'une séparation automatique entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel, sans démarche supplémentaire.
E-commerce solo : quel statut si vous vous lancez seul ?
Vous créez votre site marchand seul ? Vous avez le choix entre quatre statuts, chacun avec ses avantages selon votre niveau de CA et vos ambitions.
La micro-entreprise : idéale pour tester votre activité
La micro-entreprise est le statut le plus simple pour lancer un e-commerce. L'inscription est gratuite, la comptabilité se limite à un livre de recettes, et les cotisations sociales sont calculées sur le CA réel.
Les chiffres à retenir :
- Plafond de CA : 203 100 € HT/an pour la vente de marchandises
- Cotisations sociales : 12,30 % du CA
- Régime fiscal : micro-BIC avec abattement forfaitaire de 71 % sur le CA
- Franchise en base de TVA sous certains seuils de CA
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Inscription gratuite et rapide | Impossible de déduire les charges réelles |
| Comptabilité simplifiée | Plafond de CA à 203 100 € |
| Cotisations proportionnelles au CA | Crédibilité moindre auprès de certains fournisseurs |
| Pas de TVA à collecter (sous seuil) | Pas de récupération de TVA sur les achats |
Ce statut convient parfaitement si vous testez un concept, vendez des produits à forte marge ou générez un CA modéré. Pour bien comprendre les plafonds de la micro-entreprise et leurs implications concrètes, il est utile de les vérifier avant de vous lancer.
L'entreprise individuelle classique : pour dépasser les plafonds micro
L'EI au régime réel n'a pas de plafond de CA. Vous déduisez vos charges réelles (stock, logistique, publicité, abonnements) de votre bénéfice imposable. C'est un avantage décisif quand vos frais professionnels dépassent l'abattement forfaitaire de 71 % du régime micro. Pour comparer précisément ces deux options, les différences entre entreprise individuelle ou micro-entreprise méritent d'être examinées en détail.
Les cotisations sociales s'élèvent à environ 40 à 45 % du bénéfice net. Depuis mai 2022, votre patrimoine personnel est automatiquement séparé de votre patrimoine professionnel. L'EI classique convient si votre CA dépasse les seuils micro ou si vos charges sont élevées (achats de stock importants, frais de livraison, campagnes publicitaires).
L'EURL : la société unipersonnelle souple
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL à associé unique. Votre responsabilité est limitée à vos apports, avec un capital social minimum de 1 €. Pour tout savoir sur ce statut, la définition de l'EURL, ses avantages et sa fiscalité sont détaillés dans un guide complet.
Le gérant d'EURL a le statut de Travailleur Non Salarié (TNS). Ses cotisations sociales s'élèvent à environ 45 % du bénéfice. Le régime fiscal par défaut est l'impôt sur le revenu (IR), avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés (IS) dès le premier exercice.
L'EURL se transforme facilement en SARL si vous accueillez un associé. En cas de cession, les droits d'enregistrement atteignent 3 % de la valeur des parts (après un abattement calculé sur une base de 23 000 €).
La SASU : flexibilité maximale pour un e-commerçant seul
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est la forme juridique préférée des créateurs d'entreprise en France. Le président a le statut d'assimilé salarié : ses cotisations sociales atteignent environ 82 % du net, mais il bénéficie de la même couverture sociale qu'un salarié (hors assurance chômage). Pour comprendre précisément ce que recouvre ce statut d'assimilé salarié, un guide complet est disponible.
Point fort : si vous ne vous versez aucune rémunération, vous ne payez aucune cotisation sociale. Les dividendes en SASU sont soumis uniquement à la flat tax de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales supplémentaires. Pour approfondir ce mécanisme, tout ce qu'il faut savoir sur les dividendes en SASU est détaillé dans un guide dédié.
La cession d'actions ne coûte que 0,1 % en droits d'enregistrement. C'est un avantage majeur si vous envisagez de revendre votre e-commerce. La SASU se transforme en SAS dès qu'un actionnaire entre au capital.
Bon à savoir : Si vous êtes demandeur d'emploi, la SASU permet de maintenir intégralement vos allocations ARE tant que vous ne vous versez pas de rémunération. Pour bien comprendre les règles applicables, les conditions du cumul SASU et chômage sont précisées dans un article dédié. En EURL à l'IR, le bénéfice est considéré comme un revenu professionnel et réduit vos allocations.
Tableau comparatif des statuts pour un e-commerce solo
| Critère | Micro-entreprise | EI classique | EURL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Plafond de CA | 203 100 € | Aucun | Aucun | Aucun |
| Cotisations sociales | 12,30 % du CA | ~40-45 % du bénéfice | ~45 % du bénéfice (TNS) | ~82 % du net |
| Régime fiscal par défaut | IR (micro-BIC) | IR (régime réel) | IR (option IS possible) | IS |
| Protection du patrimoine | Séparation auto (EI) | Séparation auto (EI) | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Déduction des charges réelles | ❌ | ✅ | ✅ | ✅ |
| Couverture sociale | TNS | TNS | TNS | Assimilé salarié |
| Droits de cession | Fonds de commerce (3-5 %) | Fonds de commerce (3-5 %) | Parts sociales (3 %) | Actions (0,1 %) |
| Complexité de gestion | Très faible | Moyenne | Moyenne | Moyenne |
| Idéal pour | Tester, CA modéré | Charges élevées, CA > seuil | Projet solo pérenne, TNS | Cession future, ARE, investisseurs |
E-commerce à plusieurs : SARL ou SAS ?
Vous lancez votre boutique en ligne avec un ou plusieurs associés ? Deux formes juridiques s'adaptent à cette situation : la SARL et la SAS. Chacune répond à un profil de projet différent. Avant de vous associer, il est utile de vous poser les bonnes questions avant de s'associer pour éviter les conflits futurs.
La SARL : stabilité et cadre protecteur
La SARL accueille de 2 à 100 associés. Son fonctionnement est largement encadré par la loi, ce qui limite les conflits entre associés mais réduit la souplesse.
Le gérant majoritaire a le statut TNS (cotisations d'environ 45 % du bénéfice). Le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié. La cession de parts est soumise à l'agrément des autres associés : aucun tiers ne peut entrer au capital sans leur accord. La procédure d'agrément en SARL suit des étapes précises qu'il convient de respecter. Les droits d'enregistrement s'élèvent à 3 % (après abattement).
La SARL convient à un projet familial ou entre associés de confiance, avec une gouvernance simple et un besoin de stabilité.
La SAS : souplesse statutaire et attractivité investisseurs
La SAS nécessite au minimum 2 associés, sans plafond. Les statuts sont librement rédigés : vous définissez les règles de gouvernance, les droits de vote et les conditions d'entrée ou de sortie des actionnaires. La rédaction des statuts en SAS est donc une étape clé à ne pas négliger.
Le président est assimilé salarié (cotisations de 82 % du net). La SAS permet de créer plusieurs catégories d'actions, de rédiger un pacte d'associés et de faciliter l'entrée d'investisseurs. Les droits d'enregistrement sur cession d'actions ne sont que de 0,1 %.
La SAS est le choix naturel pour un e-commerce avec des ambitions de croissance, une perspective de levée de fonds ou une revente à terme.
SARL vs SAS : le comparatif pour votre e-commerce
| Critère | SARL | SAS |
|---|---|---|
| Nombre d'associés | 2 à 100 | 2 minimum, pas de maximum |
| Régime social du dirigeant | Gérant majoritaire : TNS (~45 %) | Président : assimilé salarié (~82 %) |
| Souplesse des statuts | Encadrée par la loi | Libre (statuts sur mesure) |
| Entrée d'investisseurs | Agrément obligatoire | Facilitée (catégories d'actions, pacte) |
| Droits de cession | 3 % (parts sociales) | 0,1 % (actions) |
| Agrément des associés | Obligatoire pour les tiers | Libre (sauf clause statutaire) |
| Obligations comptables | Bilan, compte de résultat, annexe | Bilan, compte de résultat, annexe |
| Idéal pour | Projet familial, gouvernance simple | Projet scalable, levée de fonds, revente |
Cas pratique chiffré : quel statut pour 40 000 € de CA annuel ?
Comparer des taux de cotisations ne suffit pas. Ce qui compte, c'est le revenu net que vous gardez en poche. Voici un calcul concret pour trois statuts, à partir d'un même scénario.
Scénario : un e-commerçant seul, vente de produits, 40 000 € de CA
Hypothèses : vous vendez des produits en ligne, votre CA annuel est de 40 000 €, vos charges réelles (stock, logistique, fournisseurs) sont de 20 000 € (marge nette de 50 %). Vous êtes célibataire, sans autre revenu.
En micro-entreprise :
- Cotisations sociales : 12,30 % × 40 000 = 4 920 €
- Revenu imposable (abattement micro-BIC 71 %) : 40 000 × 29 % = 11 600 €
- IR estimé : ~35 € (quasi entièrement dans la tranche à 0 %)
- Revenu net en poche : 40 000 - 20 000 - 4 920 - 35 = 15 045 €
En EURL à l'IS :
- Bénéfice avant rémunération : 20 000 €
- Rémunération gérant : 13 000 €
- Cotisations TNS (~45 %) : 5 850 €
- Résultat imposable IS : 20 000 - 18 850 = 1 150 €
- IS (15 %) : 173 €
- Dividendes nets (après cotisations sociales et prélèvements) : ~440 €
- IR sur rémunération : ~190 €
- Revenu net en poche : ~13 250 €
En SASU à l'IS :
- Bénéfice avant rémunération : 20 000 €
- Rémunération nette président : 10 000 €
- Cotisations sociales (~82 %) : 8 200 €
- Résultat imposable IS : 20 000 - 18 200 = 1 800 €
- IS (15 %) : 270 €
- Dividendes nets (après flat tax 31,4 %) : ~1 050 €
- Revenu net en poche : ~11 050 €
| Micro-entreprise | EURL à l'IS | SASU à l'IS | |
|---|---|---|---|
| CA annuel | 40 000 € | 40 000 € | 40 000 € |
| Cotisations sociales | 4 920 € | 5 850 € | 8 200 € |
| Impôt (IR + IS) | ~35 € | ~363 € | ~270 € |
| Revenu net estimé | ~15 045 € | ~13 250 € | ~11 050 € |
À ce niveau de CA, la micro-entreprise est le statut le plus avantageux en termes de revenu net. Pour affiner ces projections avec vos propres chiffres, un simulateur de revenus pour micro-entreprise est disponible en ligne gratuitement. L'EURL prend le relais quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de 71 %, typiquement au-delà de 60 000 à 80 000 € de CA. La SASU reste pertinente si vous souhaitez maintenir vos allocations ARE ou préparer une cession d'actions à faible coût.
Dropshipping, marketplace : quel statut pour ces modèles e-commerce ?
Certains modèles de vente à distance ont des spécificités qui influencent le choix du statut juridique. Voici les recommandations pour les deux cas les plus fréquents.
Quel statut pour faire du dropshipping ?
Le dropshipping est une activité commerciale classique au sens du droit français. Même sans stock, vous achetez un produit à un fournisseur et le revendez à un client : c'est de l'achat-revente.
La micro-entreprise convient au démarrage : cotisations de 12,30 % du CA, plafond de 203 100 €, comptabilité simplifiée. Dès que votre CA augmente et que vos charges (publicité, outils, commissions) deviennent significatives, l'EURL ou la SASU permettent de les déduire du bénéfice imposable.
Bon à savoir : Le dropshipper est considéré comme vendeur au sens du Code de la consommation, même s'il ne stocke pas la marchandise. Il est responsable de la conformité du produit, de la livraison et du service après-vente vis-à-vis du consommateur final.
Quel statut pour vendre sur une marketplace (Amazon, Rakuten, Etsy) ?
Vendre sur une marketplace nécessite un statut juridique dès que l'activité est régulière. Les plateformes exigent un numéro SIRET et, pour les ventes intracommunautaires, un numéro de TVA intracommunautaire. Vous pouvez vérifier votre numéro de TVA intracommunautaire directement en ligne.
La micro-entreprise suffit pour débuter. Attention cependant : les commissions prélevées par les marketplaces (souvent entre 8 et 15 % du prix de vente) ne sont pas déductibles en micro-entreprise. Si ces commissions pèsent lourd dans vos charges, le régime réel (EI, EURL ou SASU) vous permet de les déduire et de réduire votre base imposable. Pour les vendeurs sur Amazon en particulier, un guide sur la création d'entreprise pour vendre sur Amazon détaille les spécificités à connaître.
Les obligations légales propres au e-commerce
Au-delà du choix du statut, la vente en ligne impose des obligations juridiques spécifiques à tout site marchand. Les ignorer expose à des sanctions de la DGCCRF.
Mentions légales et CGV obligatoires
Tout site e-commerce doit afficher des mentions légales visibles : identité du vendeur, numéro SIRET, adresse, coordonnées de contact et nom de l'hébergeur.
Les Conditions Générales de Vente (CGV) sont obligatoires pour toute vente en ligne (article L221-5 du Code de la consommation). Pour vous aider à rédiger ce document, un modèle de CGV gratuit et conforme est disponible en téléchargement. Elles doivent préciser :
- Les prix et modalités de paiement
- Les conditions de livraison (délais, frais)
- Les garanties légales (conformité, vices cachés)
- Le droit de rétractation et ses modalités
- La politique de retour et de remboursement
Droit de rétractation : 14 jours incompressibles
Le consommateur qui achète en ligne a 14 jours pour se rétracter, sans avoir à justifier sa décision. Ce délai court à compter de la réception du produit.
Certaines exceptions existent : produits personnalisés, denrées périssables, contenus numériques téléchargés avec accord du consommateur. Vous devez informer le client de ce droit avant l'achat. Si cette information manque, le délai de rétractation est prolongé à 12 mois.
RGPD et protection des données personnelles
Votre boutique en ligne collecte des données personnelles (nom, adresse, email, données de paiement). Le RGPD vous impose plusieurs obligations, détaillées dans un guide sur les obligations RGPD e-commerce :
- Rédiger et afficher une politique de confidentialité
- Recueillir le consentement explicite pour les cookies non nécessaires
- Tenir un registre des traitements de données
- Permettre à vos clients d'accéder à leurs données et de demander leur suppression
La désignation d'un DPO (Délégué à la Protection des Données) est recommandée dès que le volume de données collectées devient significatif.
Paiement sécurisé et conformité
Votre site doit utiliser un protocole de paiement sécurisé (SSL/TLS, 3D Secure). Si vous traitez directement les données bancaires, la norme PCI-DSS s'applique. En pratique, la plupart des e-commerçants passent par un prestataire de paiement certifié (Stripe, PayPal, Mollie) qui gère cette conformité pour eux. Notez que les frais PayPal peuvent peser sur votre rentabilité et méritent d'être anticipés dans votre prévisionnel.
Comment immatriculer votre e-commerce ?
Votre statut est choisi. Reste à immatriculer votre activité. Les démarches varient selon que vous créez une entreprise individuelle ou une société.
Les étapes de création sur le Guichet unique
Depuis 2023, toutes les formalités de création d'entreprise passent par le Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Voici les étapes :
- Rassembler les documents nécessaires : pièce d'identité, justificatif de domiciliation, statuts signés (si société), attestation de dépôt de capital (si société)
- Remplir le formulaire de création sur le Guichet unique
- Joindre les pièces justificatives et valider le dossier
- Attendre l'inscription au Registre National des Entreprises (RNE) et au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) pour les activités commerciales
- Recevoir votre Kbis (extrait d'immatriculation) : comptez 1 à 4 semaines selon le greffe
La procédure est gratuite pour une micro-entreprise. Pour une société, les frais de greffe et d'annonce légale s'ajoutent (environ 200 à 300 €). Des services en ligne comme Swapn permettent de créer votre société gratuitement en ligne (0 €, frais de greffe inclus) avec un accompagnement personnalisé par un conseiller dédié.
Nom de domaine : choix et protection juridique
Avant d'immatriculer votre e-commerce, vérifiez la disponibilité de votre nom de domaine ET de votre marque. Réservez le nom de domaine via un registrar accrédité AFNIC (pour un .fr) et déposez votre marque à l'INPI. Pour comprendre pourquoi et comment déposer sa marque est une étape importante pour protéger votre activité. Le dépôt coûte 190 € pour une classe de produits ou services, avec un délai de traitement d'environ 4 mois.
Bon à savoir : Si vous ne protégez pas rapidement votre nom, un tiers peut réserver le domaine correspondant (cybersquatting) ou déposer une marque similaire, ce qui complique votre activité et peut entraîner des frais juridiques importants.
Les erreurs fréquentes à éviter quand on choisit son statut e-commerce

Trois erreurs reviennent régulièrement chez les créateurs de boutiques en ligne. Les identifier en amont vous évite des surcoûts et des complications.
Choisir la micro-entreprise par défaut sans calculer la rentabilité réelle
L'abattement forfaitaire de 71 % en micro-BIC (vente de marchandises) est avantageux uniquement si vos charges réelles sont inférieures à ce taux. Si votre marge nette est de 30 % (charges réelles de 70 % du CA), le régime réel devient plus intéressant dès 50 000 € de CA environ.
Faites le calcul avant de vous lancer : comparez le revenu net en micro et en régime réel avec vos propres chiffres. Swapn, inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables, accompagne gratuitement les créateurs d'entreprise et les conseille sur le choix du statut juridique adapté à leur projet.
Négliger la question de la cession future

Revendre un fonds de commerce (en EI ou micro-entreprise) coûte 3 à 5 % en droits d'enregistrement. Céder des actions (en SAS ou SASU) ne coûte que 0,1 %. Sur un e-commerce valorisé 100 000 €, la différence atteint 2 900 à 4 900 €. Pour comprendre en détail la procédure de cession d'actions en SASU, ses conditions et sa fiscalité, un guide complet est disponible.
Même si la revente vous semble lointaine, intégrez cette dimension dès le choix du statut. Un e-commerce qui fonctionne bien peut se revendre en quelques années.
Oublier les obligations légales e-commerce
Un statut immatriculé ne suffit pas pour vendre en ligne. CGV, mentions légales, politique de confidentialité et conformité RGPD sont obligatoires dès la mise en ligne de votre site. La DGCCRF peut infliger une amende allant jusqu'à 15 000 € pour une personne physique en cas de non-conformité. La fiscalité e-commerce est également un volet à maîtriser dès le démarrage de votre activité.
Les questions fréquentes sur le statut juridique e-commerce
Est-ce qu'il faut un statut juridique pour vendre en ligne ?
Oui, toute vente en ligne régulière nécessite un statut juridique et une immatriculation. Même la vente sur marketplace exige un numéro SIRET dès que l'activité est habituelle. Seule la vente occasionnelle entre particuliers (vide-dressing, objets personnels) échappe à cette obligation.
Quel statut juridique a le moins de charges pour un e-commerce ?
La micro-entreprise affiche le taux le plus bas : 12,30 % du CA pour la vente de marchandises. Mais ce n'est pas toujours le statut le plus rentable : si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de 71 %, un régime réel (EI, EURL) peut être plus avantageux. Pour estimer précisément vos charges, un simulateur de revenus en Entreprise Individuelle vous donnera une projection fiable.
Peut-on faire du dropshipping en micro-entreprise ?
Oui, le dropshipping est une activité commerciale compatible avec la micro-entreprise. Le plafond de CA est de 203 100 € HT/an. Le dropshipper reste responsable vis-à-vis du consommateur (livraison, conformité, retours), même sans stock.
Quelle différence entre SASU et EURL pour un site e-commerce ?
La principale différence est le régime social. En EURL, le gérant est TNS (cotisations ~45 % du bénéfice). En SASU, le président est assimilé salarié (cotisations ~82 % du net). La SASU permet aussi de ne verser aucune rémunération (zéro cotisation), ce qui est idéal pour maintenir l'ARE. Pour approfondir ce choix, les différences entre SASU ou EURL sont analysées en détail dans un guide dédié.
Doit-on déclarer une boutique en ligne aux impôts ?
Oui, une boutique en ligne est une activité commerciale qui doit être déclarée. L'immatriculation se fait via le Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Vous êtes ensuite inscrit au RNE et au RCS, et soumis aux obligations fiscales de votre statut.
Combien coûte la création d'une entreprise e-commerce ?
Le coût varie selon le statut. Une micro-entreprise est gratuite à créer. Une SASU ou EURL coûte entre 0 € (via un service de création en ligne gratuit) et 300-500 € (frais de greffe, annonce légale). Pour la SASU, le coût de création d'une SASU est détaillé poste par poste. Ajoutez les coûts techniques : nom de domaine (~10-15 €/an), hébergement (~5-30 €/mois), solution e-commerce.
Vaut-il mieux une SAS ou une SARL pour un e-commerce à deux associés ?
La SAS convient mieux à un projet avec ambition de croissance : statuts flexibles, entrée d'investisseurs facilitée, cession d'actions à 0,1 % de droits. La SARL est adaptée à un projet familial ou entre associés de confiance, avec un gérant majoritaire TNS (cotisations moins élevées).
Est-ce que le e-commerce est légal en France ?
Oui, le e-commerce est légal, avec plus de 150 milliards d'euros de CA annuel en France. Certaines activités restent interdites en ligne (tabac, certains médicaments), mais la vente de marchandises et de services est libre sous réserve de respecter les obligations légales (CGV, RGPD, droit de rétractation).
Peut-on cumuler e-commerce et emploi salarié ?
Oui, un salarié peut créer un e-commerce en parallèle, sauf clause d'exclusivité ou de non-concurrence dans son contrat de travail. La micro-entreprise est le statut le plus simple pour ce cumul. Pour en savoir plus sur les règles applicables, le cumul d'un emploi salarié et d'une activité indépendante est encadré par des règles précises. Vérifiez votre contrat et informez votre employeur si une clause de loyauté s'applique.
Comment choisir entre micro-entreprise et société pour vendre en ligne ?
Posez-vous trois questions : votre CA prévisionnel dépasse-t-il 203 100 € ? Vos charges réelles dépassent-elles 29 % du CA ? Avez-vous besoin de crédibilité auprès de fournisseurs ou d'investisseurs ? Si vous répondez oui à l'une de ces questions, la société (EURL ou SASU) est probablement plus adaptée. Un guide complet sur la micro-entreprise ou SASU pour vendre en ligne vous aidera à trancher selon votre situation.
Sources & Références
Service-Public : Aide au choix du statut juridique
Urssaf : L'essentiel du statut auto-entrepreneur
Impôts.gouv.fr : Exercice d'une activité en nom personnel
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Rédigé par Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise depuis plus de 10 ans. Grégoire a pour objectif de rendre l’entrepreneuriat simple et accessible à tous en France.
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