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Devenir travailleur indépendant : conditions et démarches

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Temps de lecture : 11 min

Résumé de l'article

  • Devenir travailleur indépendant : c'est exercer une activité économique à son compte, sans lien de subordination juridique.
  • Aucun diplôme requis : la majorité des activités sont libres, seules les professions réglementées exigent une qualification.
  • Le choix du statut : micro-entreprise, EI, EURL ou SASU déterminent votre fiscalité, vos cotisations et votre responsabilité.
  • Les charges sociales : elles vont de 21,2 % du chiffre d'affaires en micro à 80 % en SASU.
  • Aides au lancement : l'ACRE allège les cotisations, l'ARE et l'ARCE sécurisent vos premiers mois.
  • Créer sa société avec Swapn : Swapn vous propose la création à 0€ d'honoraires, hors frais légaux et sans engagement.

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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 30 juillet 2026

Qu'est-ce qu'un travailleur indépendant ?

Avec plus de 4 millions de personnes concernées en France selon l'INSEE, le travail indépendant couvre des réalités très variées : freelances en conseil, artisans, professions libérales, commerçants. Avant de se lancer, il faut bien comprendre ce que ce statut implique et ce qui le distingue du salariat.

Définition et cadre juridique

Un travailleur indépendant est une personne qui exerce une activité économique à son propre compte, sans lien de subordination juridique. Concrètement, personne ne lui impose ses horaires, ses méthodes de travail ni son lieu d'exercice. C'est cette absence de subordination qui le distingue du salarié.

La loi accorde une présomption légale d'indépendance à toute personne immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), au Répertoire National des Entreprises (RNE) ou au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC). Sauf preuve contraire, la personne immatriculée est considérée comme indépendante.

On parle aussi de travailleur non salarié (TNS), de freelance ou simplement d'indépendant. Quel que soit le terme, la réalité juridique est la même : l'indépendant organise librement son activité et assume les risques économiques liés à son entreprise.

Quelle différence entre travailleur indépendant et salarié ?

La distinction repose sur plusieurs critères concrets. Voici les principales différences :

Critère Salarié Travailleur indépendant
Lien de subordination Reçoit des directives de son employeur Organise librement son activité
Rémunération Salaire fixe mensuel Chiffre d'affaires variable
Protection sociale Régime général (maladie, retraite, chômage) SSI ou régime général selon le statut, pas de chômage (sauf ATI)
Droit au chômage Oui, via l'assurance chômage Non (sauf ATI sous conditions très restrictives)
Responsabilité Limitée au cadre du contrat de travail Personnelle ou limitée selon le statut juridique
Fiscalité des revenus IR (traitements et salaires) IR ou IS selon le statut choisi
Bon à savoir : Un indépendant qui travaille pour un seul client, avec des horaires imposés et des consignes précises sur ses méthodes, risque une requalification en contrat de travail. Les conséquences sont lourdes : rappel de cotisations sociales, requalification en CDI et sanctions financières pour le donneur d'ordre.

Quelles conditions remplir pour devenir travailleur indépendant ?

Se mettre à son compte ne demande pas de diplôme particulier dans la plupart des cas. Deux types de conditions s'appliquent : celles liées à la personne et celles liées à l'activité visée.

Conditions liées à la personne

Pour devenir indépendant, vous devez :

  • Être majeur (ou mineur émancipé)
  • Ne pas être sous tutelle ou curatelle incompatible avec la gestion d'une entreprise
  • Ne pas faire l'objet d'une interdiction de gérer ou d'exercer une activité commerciale
  • Être ressortissant de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, ou détenir un titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité indépendante en France

Ces conditions sont vérifiées lors de l'immatriculation de votre activité.

Conditions liées à l'activité

Certaines activités imposent des exigences supplémentaires :

  • Activités réglementées : un diplôme ou une qualification est obligatoire (BTP pour les travaux touchant à la structure, professions de santé, expertise comptable, transport)
  • Activités artisanales : immatriculation au Répertoire des Métiers. Le stage de préparation à l'installation (SPI) est facultatif depuis 2019.
  • Activités commerciales : immatriculation au RCS
  • Activités soumises à autorisation : certaines nécessitent un agrément administratif (DREAL pour le transport, CMA pour certains métiers artisanaux)

Si votre activité n'est pas réglementée (conseil, formation, services aux entreprises, développement web), aucune qualification n'est exigée. Pour les personnes souhaitant entreprendre en venant de l'étranger, des règles spécifiques s'appliquent selon la nationalité.

Quel statut juridique choisir pour se lancer ?

Comparer les statuts pour travailler en indépendant

Le choix du statut est la décision la plus structurante quand on veut travailler en indépendant. Chaque forme juridique a ses propres règles en matière de fiscalité, de cotisations sociales et de responsabilité. Pour vous aider à trancher, un simulateur de statut juridique gratuit est disponible en ligne. Voici les quatre options principales.

La micro-entreprise : le statut le plus simple

La micro-entreprise (aussi appelée auto-entreprise) est un régime simplifié de l'entreprise individuelle. La comptabilité se limite à un livre de recettes, et les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires : 21,2 % pour les prestations de services commerciales (BIC) et 25,6 % pour les activités libérales (BNC).

Les plafonds de la micro-entreprise sont fixés à 77 700 € pour les prestations de services et 188 700 € pour la vente de marchandises en 2026. Sous condition de revenu fiscal, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu.

Limite principale : vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles ni récupérer la TVA tant que vous restez sous le seuil de franchise. Si vos frais professionnels sont élevés, ce régime devient vite désavantageux.

L'entreprise individuelle (EI) au régime réel

L'EI au régime réel n'a pas de plafond de chiffre d'affaires et permet de déduire toutes les charges réelles (loyer, matériel, déplacements, sous-traitance). Les cotisations sociales, calculées sur le bénéfice net, s'élèvent à environ 45 %.

L'imposition se fait à l'impôt sur le revenu (IR) par défaut, avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés (IS). Ce statut convient bien aux professions libérales et aux activités avec des charges significatives. Pour comparer les deux formes d'entreprise individuelle, vous pouvez consulter le détail des différences entre entreprise individuelle et micro-entreprise.

Bon à savoir : Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel, sans aucune démarche. Seuls les biens utiles à l'activité sont engagés en cas de dettes. Cette protection ne s'applique toutefois pas en cas de fraude ou de manquements graves.

L'EURL : entreprendre seul avec une société

L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une société à associé unique. Votre responsabilité est limitée au montant de vos apports, ce qui protège votre patrimoine personnel au-delà du capital investi.

Le capital social est libre (à partir de 1 €). Le gérant associé unique relève du régime TNS, avec des cotisations d'environ 45 % du bénéfice. L'EURL est imposée à l'IR par défaut (transparence fiscale), mais l'option pour l'IS est souvent plus avantageuse dès que le bénéfice dépasse un certain seuil. Pour tout savoir sur ce statut, consultez notre page dédiée à l'EURL : définition et fiscalité.

Ce statut convient à l'entrepreneur solo qui vise un CA significatif et souhaite limiter sa responsabilité.

La SASU : la souplesse de la SAS en solo

En SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), le président est assimilé salarié : il relève du statut d'assimilé salarié et du régime général de la Sécurité sociale. Les cotisations sont d'environ 75 à 80 % du salaire net versé, mais tombent à zéro si aucune rémunération n'est versée.

Ce mécanisme est particulièrement intéressant pour les demandeurs d'emploi : en ne se versant pas de salaire, ils conservent l'intégralité de leur ARE. La SASU est imposée à l'IS par défaut, et les dividendes sont soumis à la flat tax à 30 % (prélèvement forfaitaire unique).

Les statuts de la SASU sont très souples, ce qui facilite l'entrée d'un associé futur ou une levée de fonds.

Tableau comparatif des statuts pour travailler en indépendant

Ce tableau résume les caractéristiques de chaque statut pour vous aider à choisir en un coup d'œil.

Critère Micro-entreprise EI régime réel EURL SASU
Capital minimum Aucun Aucun 1 € (libre) 1 € (libre)
Responsabilité Illimitée (patrimoine protégé depuis 2022) Illimitée (patrimoine protégé depuis 2022) Limitée aux apports Limitée aux apports
Régime social TNS (micro-social) TNS (SSI) TNS (SSI) Assimilé salarié (régime général)
Régime fiscal par défaut IR (micro-fiscal) IR (régime réel) IR (transparence) IS
Plafond de CA 77 700 € / 188 700 € Aucun Aucun Aucun
Cotisations sociales 21,2 % à 25,6 % du CA ~45 % du bénéfice ~45 % du bénéfice ~75-80 % du salaire net (0 € si pas de salaire)
Obligations comptables Livre de recettes Comptabilité complète Comptabilité complète Comptabilité complète
Idéal pour Tester une activité, CA modéré Professions libérales, charges élevées Entrepreneur solo, CA significatif Cumul ARE, croissance, associé futur
Bon à savoir : Un demandeur d'emploi avec 18 mois d'ARE restants et une activité de conseil BtoB visant 4 000 €/mois a souvent intérêt à créer une SASU sans se verser de salaire pour conserver ses allocations, puis se rémunérer en dividendes en fin d'exercice. Un salarié en reconversion visant 3 000 €/mois peut démarrer en micro-entreprise pour tester son marché, puis basculer en EURL ou SASU si son CA dépasse 77 700 €. Un micro-entrepreneur dont le CA atteint 90 000 € gagne à passer en EURL à l'IS pour déduire ses charges réelles et réduire sa base imposable.

Quelles démarches pour devenir travailleur indépendant ?

Les etapes pour creer sa societe

Les formalités varient selon le statut choisi. En micro-entreprise ou en EI, la procédure est simplifiée. Pour une EURL ou une SASU, plusieurs étapes supplémentaires s'ajoutent.

  • Déterminer la forme juridique et préparer les documents fondateurs
  • Ouvrir un compte bloqué pour y verser les apports (sociétés uniquement)
  • Faire paraître un avis de constitution dans un journal habilité (sociétés uniquement)
  • Déclarer l'entreprise en ligne et obtenir son numéro SIREN

Étape 1 - Choisir son statut et rédiger les statuts (sociétés)

En micro-entreprise ou en EI, il n'y a pas de statuts à rédiger. Vous passez directement à l'immatriculation.

Pour une EURL ou une SASU, la rédaction des statuts est obligatoire. Ce document fixe l'objet social, le siège, le montant du capital et les modalités de fonctionnement de la société. Vous pouvez utiliser un modèle de statuts SASU ou un modèle de statuts EURL gratuits, ou confier cette étape à un professionnel.

Étape 2 - Déposer le capital social (EURL/SASU)

Le capital social doit être déposé sur un compte bloqué auprès d'une banque, d'un notaire ou d'un service en ligne. Vous recevez en retour une attestation de dépôt des fonds, indispensable pour l'immatriculation. Pour en savoir plus sur cette étape, consultez notre guide sur le dépôt du capital social en ligne.

La libération peut être partielle : 20 % minimum du capital pour une EURL, 50 % pour une SASU. Le solde doit être versé dans les cinq ans.

Étape 3 - Publier une annonce légale (EURL/SASU)

La création d'une société doit être publiée dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social. Le coût varie de 140 à 230 € selon la forme juridique et le département. Vous obtenez une attestation de parution, à joindre au dossier d'immatriculation. Pour une SASU, retrouvez le détail de la procédure dans notre article sur l'annonce légale en SASU.

Étape 4 - Immatriculer son activité sur le Guichet Unique

Toutes les créations d'entreprise passent par le Guichet Unique de l'INPI. Vous y déposez votre dossier en ligne avec les pièces justificatives :

  • Pièce d'identité
  • Justificatif de domicile du siège social
  • Statuts signés (pour les sociétés)
  • Attestation de dépôt des fonds
  • Attestation de parution de l'annonce légale

Après traitement, vous recevez votre numéro SIREN/SIRET et votre code APE. Pour les sociétés, le Kbis est également délivré. Le délai moyen est de 1 à 4 semaines selon les greffes.

Pour simplifier ces formalités, des services comme Swapn prennent en charge l'intégralité des démarches de création de société en ligne gratuitement : rédaction des statuts, annonce légale, dépôt du dossier au Guichet Unique et suivi jusqu'à l'obtention du Kbis.

Quels sont les avantages et inconvénients du travail indépendant ?

Avant de se lancer, mieux vaut peser le pour et le contre avec lucidité. Voici les principaux atouts et limites de l'activité indépendante.

Les avantages du statut de travailleur indépendant

  • Liberté d'organisation : vous choisissez vos horaires, votre lieu de travail et vos clients
  • Potentiel de revenus non plafonné, contrairement au salariat où le salaire est fixe
  • Autonomie décisionnelle sur votre stratégie, vos tarifs et votre développement
  • Avantages fiscaux possibles : déduction des charges en régime réel, taux réduit d'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice
  • Variété des missions et liberté de choisir les projets qui vous motivent

Les inconvénients à anticiper

  • Revenus irréguliers, surtout les premiers mois : prévoyez une trésorerie d'avance de 3 à 6 mois de charges fixes
  • Protection sociale réduite : pas d'assurance chômage classique (sauf l'ATI, très restrictive), retraite plus faible en régime TNS
  • Charge administrative : déclarations fiscales, facturation, TVA, comptabilité
  • Isolement professionnel et nécessité d'autodiscipline au quotidien
  • Prospection commerciale permanente : contrairement au salariat, personne ne vous apporte de missions. Retrouvez des méthodes concrètes pour trouver des clients en freelance
  • Responsabilité personnelle engagée selon le statut choisi (même si la loi de 2022 protège le patrimoine personnel en EI)

Quel régime fiscal et social pour un travailleur indépendant ?

Le régime fiscal et le régime social dépendent directement du statut juridique choisi. Voici comment ils fonctionnent pour chaque cas de figure.

Le régime social selon le statut choisi

Deux grands régimes coexistent pour les indépendants.

Le régime TNS (travailleur non salarié) concerne les micro-entrepreneurs, les entrepreneurs individuels et les gérants d'EURL. L'affiliation se fait à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Les cotisations sont d'environ 45 % du bénéfice net en régime réel, ou 21,2 % à 25,6 % du CA en micro-entreprise. Même sans revenu, les TNS paient des cotisations minimales (sauf en micro-entreprise, où elles sont proportionnelles au CA).

Le régime assimilé salarié concerne les présidents de SASU. L'affiliation se fait au régime général de la Sécurité sociale, avec une couverture identique à celle d'un salarié (maladie, retraite, prévoyance), hors assurance chômage. Les charges sociales en SASU s'élèvent à environ 75-80 % du salaire net versé. Si aucun salaire n'est versé, aucune cotisation n'est due. Les professions agricoles, elles, relèvent de la Mutualité sociale agricole (MSA), quel que soit le statut juridique.

Le régime fiscal : IR, IS ou micro-fiscal ?

Trois régimes fiscaux sont possibles selon votre statut.

Le régime micro-fiscal s'applique aux micro-entrepreneurs. Pour tout comprendre sur l'imposition de la micro-entreprise, le bénéfice imposable est calculé après un abattement forfaitaire sur le CA : 34 % pour les BNC, 50 % pour les BIC services, 71 % pour la vente. Vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire de l'IR si votre revenu fiscal ne dépasse pas un certain seuil.

L'impôt sur le revenu (IR) au régime réel concerne les EI et les EURL par défaut. Le bénéfice net (après déduction des charges réelles) est soumis au barème progressif de l'IR, de 0 % à 45 % selon les tranches. L'impôt sur les sociétés (IS) s'applique par défaut en SASU et sur option en EURL ou EI : le taux est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà, et la rémunération du dirigeant est déductible du résultat imposable.

Les dividendes sont soumis à la flat tax à 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), ou au barème progressif sur option. Un expert-comptable vous aide à choisir le régime fiscal le plus avantageux selon votre situation. Swapn met à disposition un accompagnement comptable tout-en-un dès 29 € HT/mois, avec bilan certifié par un Expert-Comptable inclus.

Quelles aides pour devenir travailleur indépendant ?

Plusieurs dispositifs existent pour alléger le coût du lancement. Les trois principaux sont l'ACRE, l'ARE et l'ARCE, mais d'autres aides peuvent compléter votre financement.

L'ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d'Entreprise)

L'ACRE accorde une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d'activité. Pour en bénéficier, vous ne devez pas en avoir profité au cours des trois dernières années et remplir l'une des conditions d'éligibilité : être demandeur d'emploi, bénéficiaire du RSA, jeune de 18 à 25 ans, etc. Notez que le dispositif ACRE a évolué en 2026, il est donc important de vérifier les conditions actuelles.

En micro-entreprise, l'ACRE divise par deux le taux de cotisations la première année. En société, l'exonération porte sur les cotisations calculées sur un revenu inférieur à 48 060 € (plafond annuel de la Sécurité sociale).

L'ARE (Allocation d'aide au Retour à l'Emploi)

Bien choisir entre maintien de l'ARE et versement de l'ARCE

Si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, vous pouvez cumuler l'ARE avec vos revenus d'activité indépendante. L'allocation est réduite en fonction de 70 % des revenus que vous déclarez chaque mois.

Stratégie courante en SASU : en ne vous versant aucun salaire, vous conservez l'intégralité de vos allocations. Vous pouvez maintenir ce cumul jusqu'à épuisement de vos droits, ce qui sécurise financièrement les premiers mois d'activité. Pour aller plus loin, notre guide sur le cumul chômage et création d'entreprise détaille toutes les règles applicables.

Bon à savoir : Le choix entre le maintien de l'ARE mensuelle et le versement en capital de l'ARCE est définitif. Si votre CA prévisionnel est faible les premiers mois, l'ARE mensuelle est plus sécurisante ; si vous avez besoin d'un investissement de départ (matériel, aménagement), l'ARCE apporte le capital immédiat.

L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise)

L'ARCE permet de recevoir 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital. Le versement se fait en deux fois : 30 % à la création de l'entreprise, puis six mois plus tard (sous réserve que l'activité soit toujours en cours).

C'est une alternative au maintien mensuel de l'ARE. L'ARCE est particulièrement utile pour constituer un fonds de roulement ou financer des investissements de démarrage.

Les autres dispositifs de soutien

D'autres aides peuvent compléter votre financement. Pour une vue d'ensemble, consultez la liste complète des aides à la création d'entreprise disponibles :

  • RSA et prime d'activité : cumul possible sous conditions avec les revenus d'activité indépendante
  • Prêt d'honneur : jusqu'à 50 000 € à taux zéro, accordé par Initiative France ou Réseau Entreprendre
  • Garantie BPI France : couverture jusqu'à 60 % d'un prêt bancaire, ce qui facilite l'obtention du financement
  • Accompagnement gratuit : les BGE, CCI et CMA donnent accès à des formations et un suivi personnalisé pour les créateurs

Peut-on cumuler salariat et activité indépendante ?

Vous n'êtes pas obligé de quitter votre emploi pour tester l'indépendance. Deux options permettent de combiner sécurité du salariat et activité à votre compte.

Les règles de la pluriactivité

Le cumul d'un emploi salarié et d'une activité indépendante est légal, sauf si votre contrat de travail contient une clause d'exclusivité ou de non-concurrence qui l'interdit. Vérifiez ce point avant de vous lancer.

Vous restez tenu à une obligation de loyauté envers votre employeur : votre activité indépendante ne doit pas concurrencer directement son entreprise. Côté cotisations, vous êtes affilié au régime de votre activité principale (le salariat, en général) et vous payez des cotisations supplémentaires sur les revenus de votre activité secondaire. Les deux sources de revenus doivent être déclarées. Notre article sur le cumul entrepreneur et salarié détaille les règles applicables.

Le portage salarial : une alternative pour tester l'indépendance

Le portage salarial vous permet d'exercer une activité indépendante tout en restant salarié d'une société de portage. Vous facturez vos clients via cette société, qui vous reverse un salaire après déduction de ses frais de gestion (généralement 8 à 12 % du CA HT).

L'avantage : vous bénéficiez d'une couverture sociale complète, y compris l'assurance chômage, sans créer de structure juridique. L'inconvénient : les frais de gestion réduisent votre revenu net, et vous avez moins de liberté sur la facturation.

Le portage salarial convient bien pour devenir freelance avec le portage salarial avant de créer sa propre structure, réaliser des missions ponctuelles ou sécuriser une transition professionnelle.

Les questions fréquentes sur le travail indépendant

Peut-on devenir travailleur indépendant sans diplôme ?

Oui, la majorité des activités indépendantes ne requiert aucun diplôme. Seules les activités réglementées exigent une qualification spécifique (BTP, professions de santé, expertise comptable). Pour les activités de conseil, de formation ou de services aux entreprises, aucune condition de diplôme n'est imposée.

Quel est le meilleur statut pour débuter comme travailleur indépendant ?

La micro-entreprise est le statut le plus simple pour tester une activité : inscription rapide, comptabilité allégée, cotisations proportionnelles au CA. Si votre CA dépasse 77 700 € en prestations de services ou si vous avez des charges importantes à déduire, un passage en EURL ou SASU sera plus avantageux. Pour comparer ces deux options, consultez notre article SASU ou EURL.

Combien coûte la création d'une activité indépendante ?

En micro-entreprise, l'immatriculation est gratuite. Pour une EURL ou une SASU, comptez environ 250 à 500 € de frais incompressibles (annonce légale + frais de greffe). Pour une estimation précise, consultez le détail du coût de création d'une SASU ou le coût de création d'une EURL. Les honoraires de rédaction des statuts s'ajoutent si vous ne les rédigez pas vous-même.

Peut-on devenir indépendant tout en gardant son emploi salarié ?

Oui, la pluriactivité est légale. Vous pouvez créer une activité indépendante en parallèle de votre contrat de travail, sauf clause d'exclusivité ou de non-concurrence. Vérifiez votre contrat et respectez votre obligation de loyauté envers votre employeur.

Comment conserver ses allocations chômage en devenant indépendant ?

Deux options : le maintien de l'ARE (allocations réduites en fonction de vos revenus) ou l'ARCE (60 % de vos droits restants versés en capital). En SASU, ne pas se verser de salaire permet de conserver l'ARE intégralement. Notre guide freelance et chômage vous explique comment optimiser cette stratégie.

Quelle différence entre freelance et travailleur indépendant ?

« Freelance » est un terme courant qui désigne un indépendant réalisant des prestations intellectuelles ou de services. Juridiquement, le freelance est un travailleur indépendant : il doit choisir un statut (micro-entreprise, EI, EURL, SASU) et s'immatriculer. Les deux termes recouvrent la même réalité juridique.

Un travailleur indépendant cotise-t-il pour la retraite ?

Oui, les cotisations sociales incluent une part retraite de base et complémentaire. Les droits acquis en régime TNS (SSI) sont toutefois généralement inférieurs à ceux du régime général, à revenu équivalent. Un président de SASU assimilé salarié cotise au régime général et acquiert des droits identiques à un salarié. Pour anticiper votre retraite en SASU, plusieurs stratégies d'optimisation existent.

Faut-il un compte bancaire professionnel pour être indépendant ?

En micro-entreprise, un compte bancaire dédié (pas nécessairement professionnel) est obligatoire si votre CA dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. En EURL et SASU, un compte professionnel au nom de la société est obligatoire dès la création pour le dépôt du capital social. Notre guide sur l'ouverture d'un compte bancaire professionnel vous accompagne dans cette démarche.

Quelles sont les charges sociales d'un travailleur indépendant ?

Elles varient selon le statut. En micro-entreprise : 21,2 % à 25,6 % du CA (prestations de services). En EI ou EURL au régime réel : environ 45 % du bénéfice net. En SASU : environ 75 à 80 % du salaire net versé, mais zéro charge si aucun salaire n'est versé.

Est-ce qu'un travailleur indépendant a droit au chômage ?

Pas au sens classique. L'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) existe depuis 2019, mais ses conditions sont très restrictives : liquidation judiciaire, revenu antérieur minimum de 10 000 €/an pendant 2 ans, activité d'au moins 2 ans. Le montant est plafonné à environ 800 €/mois pendant 6 mois.

Sources & Références

Service-Public : Comment différencier le travailleur indépendant du salarié ?

URSSAF : Créer votre activité d'indépendant

Impôts.gouv.fr : Professions indépendantes

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