Agent commercial en SAS : Définition et cadre légal
Résumé de l'article
- Apport en industrie SAS : un associé apporte compétences, savoir-faire ou travail sans argent ni bien matériel.
- Pas de capital : ces apports donnent des actions d'industrie inaliénables, exclues du capital social.
- Droits de l'apporteur : il vote en assemblée générale et touche des dividendes selon les statuts.
- Requalification : un lien de subordination transforme l'apport en contrat de travail avec rappel de cotisations.
- Commissaire aux apports : il devient obligatoire au-delà de 30 000 € ou 50 % du capital.
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Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 23 juillet 2026
Qu'est-ce qu'un apport en industrie en SAS ?
L'apport en industrie en SAS permet à un associé de mettre ses compétences, son savoir-faire ou son réseau professionnel au service de la société, sans apporter d'argent ni de bien matériel. Ce type d'apport immatériel est encadré par des règles précises qu'il faut maîtriser avant de l'intégrer dans vos statuts.
Définition de l'apport en industrie
Un apport en industrie consiste à mettre à disposition de la société des compétences professionnelles, des connaissances techniques ou un travail personnel. Contrairement aux apports en numéraire ou en nature, il ne s'agit pas de transférer un bien ou une somme d'argent, mais de s'engager à fournir une prestation intellectuelle ou manuelle.
L'article L.227-1 du Code de commerce autorise explicitement l'apport en industrie dans les sociétés par actions simplifiées. L'article 1843-2 du Code civil en fixe le cadre général : l'apporteur reçoit des actions d'industrie en contrepartie, mais ces actions ne concourent pas à la formation du capital social. Le capital inscrit dans les statuts reste donc composé uniquement des apports en numéraire et en nature.
Apport en industrie, en numéraire et en nature - quelles différences ?
Les trois types d'apports répondent à des logiques très différentes. Le tableau ci-dessous les compare sur cinq critères clés. Pour aller plus loin sur les apports en capital social, chaque catégorie obéit à des règles de valorisation et de comptabilisation distinctes.
| Critère | Industrie | Numéraire | Nature |
|---|---|---|---|
| Objet de l'apport | Compétences, savoir-faire, travail | Somme d'argent | Bien meuble ou immeuble (véhicule, brevet, fonds de commerce) |
| Contribution au capital social | ❌ | ✅ | ✅ |
| Cessibilité des titres | ❌ (actions inaliénables) | ✅ | ✅ |
| Évaluation obligatoire | Non, sauf dépassement des seuils | Non | Oui (commissaire aux apports) |
| Exemple concret | Développeur créant l'application de la société | Versement de 10 000 € au capital | Apport d'un véhicule utilitaire valorisé 8 000 € |

Exemples concrets d'apports en industrie en SAS
Voici quatre situations courantes d'apport en industrie dans une SAS :
- Développeur web : il apporte ses compétences techniques pour concevoir et maintenir l'application ou le site de la société, sans percevoir de rémunération directe pour cette activité.
- Associé « réseau » : il met à disposition son carnet d'adresses et sa notoriété dans un secteur pour décrocher les premiers contrats.
- Expert-métier : un artisan, un ingénieur ou un consultant apporte un savoir-faire technique spécialisé que la société ne pourrait pas acquérir autrement.
- Gestionnaire : il prend en charge la gestion administrative et commerciale grâce à son expérience en pilotage d'entreprise.
Quels droits pour l'associé apporteur en industrie ?
L'apporteur en industrie est un associé à part entière. Il bénéficie de droits politiques et financiers, dont l'étendue dépend de ce que prévoient les statuts de la SAS. Pour comprendre l'ensemble des prérogatives attachées à cette qualité, il est utile de consulter le statut d'associé en SAS dans sa globalité.

Droit de vote en assemblée générale
L'apporteur en industrie participe aux assemblées générales et y exerce son droit de vote, conformément à l'article 1844 du Code civil. Les statuts de la SAS peuvent aménager librement les modalités : vote proportionnel au nombre d'actions d'industrie, droit de veto sur certaines décisions stratégiques, ou encore limitation du vote à certains types de résolutions. Le fonctionnement de l'assemblée générale de la SAS est en grande partie défini par les statuts.
Droit aux dividendes et au partage de l'actif net
L'apporteur en industrie a droit à une part des bénéfices distribués sous forme de dividendes. Les statuts fixent librement cette répartition. Il a également droit au partage de l'actif net en cas de liquidation de la société.
Bon à savoir : en l'absence de clause statutaire précisant la répartition, la règle du « plus petit apporteur » s'applique : l'apporteur en industrie reçoit une part de dividendes en SAS égale à celle de l'associé ayant réalisé le plus petit apport en numéraire ou en nature. Pour éviter tout litige, prévoyez toujours une clause de répartition précise dans vos statuts.
Quelles obligations pour l'apporteur en industrie en SAS ?
L'apport en industrie ne se limite pas à des droits. L'apporteur s'engage à respecter plusieurs obligations qui conditionnent la validité de son apport tout au long de la vie sociale de la société.
Obligation de non-concurrence et d'exclusivité
L'apporteur en industrie s'interdit d'exercer l'activité apportée au profit d'un tiers ou pour son propre compte. Cette obligation de non-concurrence est inhérente à l'apport : elle s'applique automatiquement, sans qu'une clause spécifique soit nécessaire dans les statuts. Les associés peuvent toutefois renforcer ou aménager cette obligation d'exclusivité par une clause statutaire dédiée, par exemple en précisant le périmètre géographique ou la durée.
Interdiction de percevoir les revenus de l'activité apportée
L'apporteur ne peut pas se faire rémunérer directement pour l'activité qu'il met à disposition de la société. Sa contrepartie passe exclusivement par les dividendes et les droits attachés aux actions d'industrie. Cette règle distingue clairement l'apport en industrie d'un contrat de travail : l'apporteur ne perçoit pas de salaire pour la prestation apportée.
Absence de lien de subordination - une condition à respecter
L'apporteur en industrie n'est pas un salarié. Il agit en toute indépendance, sans recevoir de directives hiérarchiques ni se soumettre à des horaires imposés. Si un lien de subordination est caractérisé, l'URSSAF ou le juge peut requalifier l'apport en contrat de travail. Les conséquences sont lourdes : rappel de cotisations sociales, charges patronales et salariales, voire rappels de salaire.
Bon à savoir : trois signaux d'alerte déclenchent la requalification en contrat de travail : des horaires de travail imposés par la société, des directives précises sur l'exécution des tâches, et un contrôle hiérarchique régulier. Si ces éléments sont réunis, l'apport perd sa qualification d'apport en industrie, avec des conséquences financières significatives pour la société.
Comment formaliser un apport en industrie dans les statuts de la SAS ?
La rédaction des statuts est l'étape clé pour sécuriser un apport en industrie. Chaque clause doit être rédigée avec précision pour éviter les contestations ultérieures. Les mentions obligatoires et facultatives dans les statuts d'une SAS encadrent l'ensemble de ce travail de rédaction.
Les 5 mentions obligatoires dans les statuts
Les statuts de la SAS doivent contenir les informations suivantes pour chaque apport en industrie :
- Identité complète de l'apporteur : nom, prénom, date de naissance, adresse.
- Description précise de l'apport : nature des compétences, du savoir-faire ou de l'activité mise à disposition (ex : « développement et maintenance de l'application mobile de la société »).
- Durée de l'apport : durée déterminée (ex : 3 ans) ou alignée sur la durée de vie de la société.
- Nombre d'actions d'industrie attribuées : le nombre exact d'actions remises en contrepartie.
- Droits et obligations attachés : modalités de vote en assemblée générale, part de dividendes, clause de non-concurrence et d'exclusivité.
Swapn prend en charge la rédaction de vos statuts et l'ensemble des formalités de création de votre SAS gratuitement, avec un conseiller dédié pour vous guider sur les clauses d'apport en industrie.
Quand réaliser l'apport en industrie ?
L'apport en industrie peut intervenir à deux moments. À la création d'une SAS, il est directement prévu dans les statuts constitutifs. En cours de vie sociale, il nécessite une modification des statuts par décision collective des associés.
L'apport prend fin dans trois cas : le décès de l'apporteur, son départ volontaire ou son exclusion de la société, ou l'expiration de la durée prévue dans les statuts. Dans chaque cas, les actions d'industrie sont annulées et les statuts doivent être mis à jour.
Comment évaluer un apport en industrie en SAS ?
L'évaluation d'un apport en industrie est un exercice délicat, car il porte sur des compétences et non sur un bien tangible. Plusieurs méthodes permettent d'aboutir à une valorisation cohérente.
Les critères d'évaluation de l'apport
Quatre critères servent de base à l'évaluation :
- Coût de remplacement : combien coûterait le recrutement d'un prestataire externe pour la même mission ?
- Gain de temps : combien de mois de développement l'apporteur fait-il gagner à la société ?
- Risques évités : quelle valeur a l'expertise de l'apporteur en termes d'erreurs ou de pertes évitées ?
- Méthode comparative : devis de prestataires, tarifs de marché, opérations similaires dans le secteur.
Cas pratique : Léa, développeuse web, s'associe avec Maxime (investisseur) pour créer une SAS. Léa apporte ses compétences en développement à raison de 20 heures par semaine. Le tarif marché d'un développeur freelance équivalent est de 450 € par jour.
- 20 h/semaine = 2,5 jours/semaine
- 2,5 jours × 450 € = 1 125 €/semaine
- 1 125 € × 48 semaines travaillées = 54 000 € de valorisation annuelle
La valorisation dépasse 30 000 €. Un commissaire aux apports est donc recommandé, et il devient obligatoire si cette valeur dépasse 50 % du capital social de la SAS.
Le commissaire aux apports est-il obligatoire ?
Le recours à un commissaire aux apports n'est pas systématique pour un apport en industrie en SAS. Tout dépend de la valorisation retenue et de son poids par rapport au capital social.
| Situation | Obligation |
|---|---|
| Valorisation inférieure à 30 000 € et inférieure à 50 % du capital | Facultatif (décision unanime des associés) |
| Valorisation supérieure à 30 000 € | Obligatoire |
| Valorisation supérieure à 50 % du capital social | Obligatoire |
Bon à savoir : depuis la loi PACTE de 2019, les règles ont été assouplies pour les apports de faible valeur. Mais même lorsque le commissaire aux apports n'est pas obligatoire, les associés restent solidairement responsables pendant 5 ans de la valeur attribuée à l'apport. Faire appel à un commissaire reste une protection utile en cas de litige entre associés. Pour anticiper ces situations, il est utile de connaître les questions à se poser avant de s'associer.
Actions d'industrie en SAS - pourquoi sont-elles inaliénables ?
Les actions d'industrie obéissent à un régime juridique très différent des actions classiques. Leur caractère personnel entraîne des conséquences directes sur la vie de la société et sur la situation de l'apporteur. La distinction entre actions et parts sociales éclaire utilement ce régime particulier.
Le principe d'inaliénabilité
Les actions d'industrie sont inaliénables, incessibles et intransmissibles. Concrètement, elles ne peuvent être ni vendues, ni cédées, ni transmises à un tiers ou à des héritiers. Elles sont attachées à la personne de l'apporteur et disparaissent à son départ ou à son décès. Elles ne font pas partie du capital social et ne figurent pas à l'actif du bilan de la société.
Les conséquences pratiques pour l'apporteur
L'inaliénabilité a plusieurs impacts concrets :
- L'apporteur ne peut pas revendre ses actions d'industrie en cas de sortie de la société.
- Au décès de l'apporteur, les actions sont annulées. Aucune transmission aux héritiers n'est possible.
- En cas de départ volontaire ou d'exclusion, les actions disparaissent automatiquement et les droits de vote et dividendes associés s'éteignent.
- Lors d'une cession de la société, les actions d'industrie ne sont pas prises en compte dans la valorisation globale, ce qui peut compliquer les négociations. La cession d'actions en SAS suit des règles propres qui s'appliquent aux seules actions ordinaires.
Avantages et limites de l'apport en industrie en SAS
L'apport en industrie est un outil puissant pour structurer une association, mais il comporte des limites qu'il faut anticiper dès la rédaction des statuts.
Les avantages pour la SAS et l'apporteur
- Intégrer un associé sans apport financier, ce qui est idéal pour les projets à faible capital de départ.
- Valoriser le facteur humain : compétences professionnelles, expertise technique, savoir-faire spécialisé.
- Associer des profils complémentaires, par exemple un investisseur et un technicien.
- Profiter de la flexibilité statutaire de la SAS : les associés définissent librement les droits attachés aux actions d'industrie (vote, dividendes, gouvernance).
Les limites à anticiper
- Les actions d'industrie sont inaliénables : pas de revente possible, pas de transmission aux héritiers.
- L'apport ne renforce pas la solidité financière de la société puisqu'il n'entre pas dans le capital social.
- Le risque de requalification en contrat de travail existe si les conditions d'indépendance ne sont pas respectées (horaires imposés, directives, contrôle).
- L'évaluation reste subjective, ce qui peut être source de désaccords entre associés sur la valeur réelle de l'apport. En cas de tensions persistantes, savoir comment gérer un conflit entre associés peut s'avérer utile.
- L'extinction automatique au décès ou au départ de l'apporteur peut fragiliser la société si l'apport était central pour l'activité.
Pour sécuriser la rédaction de vos statuts et anticiper ces points de vigilance, Swapn met à votre disposition un conseiller en création d'entreprise, disponible en moins de 5 minutes et sans engagement.
Dans quelles formes juridiques l'apport en industrie est-il possible ?
L'apport en industrie n'est pas réservé à la SAS. La plupart des formes juridiques l'autorisent, à une exception notable.
| Forme juridique | Apport en industrie autorisé |
|---|---|
| SAS | ✅ |
| SASU | ✅ |
| SARL | ✅ |
| EURL | ✅ |
| SNC | ✅ |
| SCI | ✅ |
| SA (société anonyme) | ❌ |
La société anonyme (SA) est la seule forme juridique qui interdit l'apport en industrie. La SAS reste la structure qui offre la plus grande flexibilité pour aménager les droits de l'apporteur, grâce à la liberté statutaire prévue par l'article L.227-1 du Code de commerce. Si vous hésitez encore sur la forme à adopter, un comparatif SAS vs SARL peut vous aider à trancher.
Les questions fréquentes sur l'apport en industrie en SAS
Un associé peut-il faire un apport en industrie en SASU ?
Oui, l'apport en industrie est autorisé en SASU (article L.227-1 du Code de commerce). En pratique, l'associé unique ne peut pas réaliser un apport en industrie à lui-même. Ce type d'apport prend son sens lorsqu'un deuxième associé rejoint la société, transformant la SASU en SAS. La transformation d'une SASU en SAS suit une procédure spécifique.
L'apport en industrie compte-t-il dans le capital social de la SAS ?
Non. L'apport en industrie ne concourt pas à la formation du capital social. Il donne droit à des actions d'industrie qui ouvrent des droits (vote, dividendes), mais n'augmentent pas le montant du capital inscrit dans les statuts.
Comment évaluer la valeur d'un apport en industrie en SAS ?
L'évaluation repose sur trois critères : le coût de remplacement sur le marché, le gain de temps généré pour la société, et les risques évités grâce à l'expertise de l'apporteur. La méthode comparative (devis, tarifs de marché) est la plus courante.
Peut-on vendre ou céder des actions d'industrie en SAS ?
Non. Les actions d'industrie sont inaliénables, incessibles et intransmissibles. Elles sont attachées à la personne de l'apporteur et s'éteignent automatiquement à son départ ou à son décès.
Quelle est la différence entre un apport en industrie et un contrat de travail en SAS ?
L'apporteur en industrie est un associé indépendant. Il n'a pas de lien de subordination, ne reçoit pas de salaire et ne suit pas d'horaires imposés. Si ces conditions ne sont pas respectées, l'apport peut être requalifié en contrat de travail avec rappel de cotisations sociales.
Faut-il un commissaire aux apports pour un apport en industrie en SAS ?
Pas systématiquement. Si la valorisation est inférieure à 30 000 € et ne dépasse pas 50 % du capital social, les associés peuvent s'en passer par décision unanime. Au-delà de ces seuils, le commissaire aux apports est obligatoire.
Quelles mentions faut-il inclure dans les statuts pour un apport en industrie ?
Les statuts doivent mentionner l'identité de l'apporteur, la description précise de l'apport, sa durée, le nombre d'actions d'industrie attribuées, et les droits et obligations qui y sont attachés (vote, dividendes, non-concurrence). Vous pouvez vous appuyer sur un modèle de statuts SAS pour structurer ces clauses.
L'apporteur en industrie a-t-il droit aux dividendes en SAS ?
Oui. En l'absence de clause statutaire, sa part est égale à celle de l'associé ayant fait le plus petit apport en numéraire ou en nature (règle du « plus petit apporteur »). Prévoyez une répartition précise dans les statuts pour éviter les désaccords.
Que se passe-t-il si l'apporteur en industrie quitte la SAS ?
L'apport s'éteint automatiquement. Les actions d'industrie sont annulées et l'apporteur perd ses droits de vote et ses droits aux dividendes. La société doit modifier ses statuts pour refléter ce changement.
L'apport en industrie est-il possible dans une SA ?
Non. La société anonyme est la seule forme juridique qui interdit l'apport en industrie. Toutes les autres formes courantes (SAS, SASU, SARL, EURL, SNC, SCI) l'autorisent.
Sources & Références
Legifrance : Chapitre VII : Des sociétés par actions simplifiées (Articles L227-1 à L227-20-1)
Legifrance : Article 1843-2 du Code civil
Service-Public : Création d'une société : rédaction et enregistrement des statuts
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