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EI ou SARL : le comparatif complet en 2026
Temps de lecture : 12 min
Résumé de l'article
- EI ou SARL : l'EI est un statut solo, la SARL accueille de 2 à 100 associés.
- Fiscalité : l'EI relève de l'IR, la SARL de l'IS à 15 % jusqu'à 42 500 €.
- Protection du patrimoine : depuis 2022, l'EI sépare automatiquement patrimoine personnel et professionnel comme la SARL.
- Coût de création : l'EI coûte de 0 à 24,08 €, la SARL environ 200 à 250 €.
- Micro-entreprise : c'est une option fiscale de l'EI, sous les seuils de 83 600 € ou 203 100 €.
- Créer sa SARL avec Swapn : Swapn vous propose la création à 0€ d'honoraires, hors frais légaux et sans engagement.
Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise chez Swapn
Article mis à jour
Le 04 août 2026
EI ou SARL : quelles différences clés en un coup d'œil ?
Le choix entre entreprise individuelle (EI) ou SARL repose sur des critères concrets : fiscalité, charges sociales, protection du patrimoine, coûts de création et perspectives d'évolution. Voici un comparatif synthétique pour y voir clair, suivi des changements majeurs apportés par la réforme 2022.
Tableau comparatif EI vs SARL
| Critère | EI | SARL |
|---|---|---|
| Nombre d'associés | 1 seul (l'entrepreneur) | 2 à 100 |
| Capital social minimum | Aucun | 1 € (montant libre) |
| Responsabilité | Limitée au patrimoine professionnel (depuis 2022) | Limitée aux apports |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur le revenu (IR) | Impôt sur les sociétés (IS) |
| Option IS possible | Oui, directement (depuis 2022) | Option IR possible 5 ans (illimitée pour SARL de famille) |
| Régime social du dirigeant | TNS (SSI) | TNS si gérant majoritaire, assimilé salarié si minoritaire |
| Coût de création | 0 à 24,08 € | ~200 à 250 € (sans accompagnement juridique) |
| Micro-entreprise possible | Oui | Non |
| Obligations comptables | Simplifiées (micro) à complètes (réel) | Complètes (bilan, compte de résultat, annexe) |
| Dépôt des comptes au greffe | Non | Oui (obligatoire) |
| TVA | Franchise en base possible | Franchise en base possible |
| Transmission / cession | Cession du fonds de commerce | Cession de parts sociales |
| Accueil d'associés | Impossible | Oui (jusqu'à 100) |
| Formalités de création | Déclaration d'activité simple | Statuts + annonce légale + immatriculation |
Ce qui a changé depuis la réforme 2022 (Plan Indépendants)
La loi du 14 février 2022 (Plan Indépendants) a profondément modifié le statut de l'EI. Avant cette réforme, l'entrepreneur individuel engageait l'ensemble de son patrimoine personnel en cas de dettes professionnelles. Ce n'est plus le cas.
Depuis 2022, la séparation automatique des patrimoines s'applique à toute EI. Le patrimoine professionnel (matériel, stock, fonds de commerce, trésorerie professionnelle) est distinct du patrimoine personnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens affectés à l'activité, sans aucune démarche de la part de l'entrepreneur.
Autre changement : l'EI peut désormais opter directement pour l'impôt sur les sociétés (IS), sans passer par la création d'une EURL. Cette option n'est pas limitée dans le temps.
Bon à savoir : Les seules exceptions à la protection du patrimoine personnel en EI concernent la fraude fiscale, les manquements graves aux obligations fiscales ou sociales, et la renonciation volontaire et écrite de l'entrepreneur au profit d'un créancier spécifique. La résidence principale reste insaisissable de droit depuis la loi Macron de 2015.
Quel régime fiscal choisir : IR en EI ou IS en SARL ?
La fiscalité est souvent le premier critère de comparaison entre EI et SARL. Les deux statuts fonctionnent sur des logiques très différentes, avec un impact direct sur le montant d'impôt et le revenu disponible.
L'imposition des bénéfices en EI
En EI, le régime fiscal par défaut est l'impôt sur le revenu (IR). Les bénéfices sont imposés au barème progressif dans la catégorie BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou BNC (bénéfices non commerciaux), selon l'activité exercée.
Si les seuils de chiffre d'affaires sont respectés, l'entrepreneur peut opter pour le régime micro-entreprise (voir la section dédiée plus bas). Au régime réel, les bénéfices sont imposés même s'ils restent dans l'entreprise : il n'y a pas de distinction entre rémunération et bénéfice.
Depuis 2022, l'EI peut aussi opter pour l'IS. L'entreprise est alors assimilée à une EURL sur le plan fiscal, ce qui permet de séparer la rémunération du dirigeant et le bénéfice de l'entreprise.
L'imposition des bénéfices en SARL
La SARL est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS). Le taux réduit de 15 % s'applique sur les premiers 42 500 € de bénéfice, puis le taux normal de 25 % au-delà.
La rémunération du gérant est une charge déductible du résultat de la société. Seul le bénéfice restant après rémunération est soumis à l'IS. Cette distinction permet de piloter la répartition entre rémunération (imposée à l'IR chez le gérant) et bénéfice (imposé à l'IS dans la société).
Les dividendes versés aux associés sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Pour les gérants majoritaires, un mécanisme spécifique s'applique au-delà d'un certain seuil (détaillé dans la section charges sociales). Pour aller plus loin sur ce point, l'imposition des dividendes en SARL fait l'objet d'un traitement détaillé.
Une option IR est possible pendant 5 exercices maximum. Exception : la SARL de famille peut rester à l'IR sans limite de durée.
Cas pratique : 50 000 € de bénéfice en EI vs en SARL
Profil : consultant BtoB, célibataire, 1 part fiscale, pas d'autre revenu. Résultat disponible (CA - charges professionnelles) : 50 000 €.
| Poste | EI (IR) | SARL (IS) |
|---|---|---|
| Résultat disponible | 50 000 € | 50 000 € |
| Rémunération nette du gérant | - | 24 100 € |
| Cotisations TNS | 15 500 € | 10 900 € |
| Bénéfice imposable à l'IS | - | 15 000 € |
| IS (taux réduit 15 %) | - | 2 250 € |
| Bénéfice imposable à l'IR | ~34 500 € | ~24 100 € |
| IR (barème progressif, 1 part) | ~3 600 € | ~1 500 € |
| Dividendes nets (PFU 30 %) | - | 8 925 € |
| Net disponible estimé | ~30 900 € | ~31 500 € |
À 50 000 € de résultat, l'écart entre les deux statuts reste modeste (environ 600 €). L'avantage de la SARL se renforce à mesure que le bénéfice augmente, car le taux d'IS reste plafonné à 25 % tandis que le barème progressif de l'IR peut atteindre 41 % voire 45 %. La SARL permet aussi de laisser du bénéfice dans la société sans déclencher d'IR immédiat.
Ces montants sont des estimations arrondies. Le résultat réel dépend de votre situation familiale, de vos autres revenus et du montant du capital social (voir le seuil de 10 % ci-dessous). Pour affiner votre projection, vous pouvez utiliser la flat tax ou le barème progressif selon votre situation.
Charges sociales et protection sociale : TNS dans les deux cas ?
L'entrepreneur individuel et le gérant majoritaire de SARL relèvent tous deux du régime TNS (Travailleur Non Salarié), géré par la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Les taux de cotisations sont identiques, mais l'assiette de calcul diffère.
Le régime TNS en EI
Les cotisations sociales sont calculées sur le bénéfice net de l'EI. Le taux effectif global tourne autour de 45 % du revenu net après cotisations (soit environ 31 % du bénéfice brut).
Les deux premières années d'activité, les cotisations sont provisionnelles et calculées sur une base forfaitaire de 19 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), soit environ 9 131 € par an. Une régularisation intervient en année N+2, une fois le revenu réel connu. Un délai de 90 jours sans cotisations s'applique au démarrage de l'activité.
La couverture inclut la maladie-maternité, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité-décès et les allocations familiales. Pour comprendre en détail ce que recouvre ce régime, le statut du Travailleur Non Salarié mérite d'être consulté.
Le régime TNS du gérant majoritaire de SARL
Le gérant majoritaire de SARL relève du même régime SSI que l'entrepreneur individuel. La différence : les cotisations sont calculées sur la rémunération du gérant, pas sur le bénéfice de la société. Le gérant peut donc ajuster sa rémunération pour piloter le montant de ses cotisations.
Les dividendes versés au gérant majoritaire sont soumis à un mécanisme spécifique. La part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants d'associés est soumise aux cotisations sociales TNS (~45 %). En dessous de ce seuil, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent.
Le gérant minoritaire ou égalitaire relève d'un régime différent : assimilé salarié (cotisations ~75-80 % du net), avec une meilleure couverture sociale mais un coût plus élevé.
Bon à savoir : Un capital social trop faible réduit considérablement l'avantage fiscal des dividendes. Avec un capital de 5 000 €, le seuil de 10 % n'est que de 500 €. Tous les dividendes au-delà sont soumis aux cotisations TNS, ce qui annule l'économie attendue. C'est pourquoi le montant du capital social a un impact direct sur la stratégie de rémunération du gérant majoritaire.
Comparatif des coûts sociaux pour 40 000 € de revenu net
Ce tableau compare les charges sociales pour un revenu total visé de 40 000 €, avec un capital social de SARL fixé à 5 000 €.
| EI | SARL (rémunération seule) | SARL (rémunération + dividendes) | |
|---|---|---|---|
| Revenu total visé | 40 000 € (bénéfice) | 40 000 € (rémunération) | 30 000 € + 10 000 € dividendes |
| Cotisations TNS | ~12 400 € | ~12 400 € | ~9 300 € (sur rémunération) |
| Charges sur dividendes | - | - | ~4 360 € |
| Total charges sociales | ~12 400 € | ~12 400 € | ~13 660 € |
| Net après charges sociales | ~27 600 € | ~27 600 € | ~26 340 € |
Avec un capital de 5 000 €, la stratégie « rémunération + dividendes » coûte plus cher en charges sociales que la rémunération seule. L'optimisation ne fonctionne qu'avec un capital social suffisant : avec 100 000 € de capital, le seuil passe à 10 000 € et les dividendes restent intégralement sous le seuil, réduisant les charges totales à environ 11 000 €.
Pour aller plus loin, les charges sociales en SARL sont détaillées dans un guide dédié.
EI et micro-entreprise : quelle différence ?
La confusion entre EI et micro-entreprise est fréquente. Pourtant, la micro-entreprise n'est pas un statut juridique distinct : c'est une option fiscale et sociale de l'EI.
La micro-entreprise est une option fiscale de l'EI
Tout entrepreneur individuel peut bénéficier du régime micro-entreprise si son chiffre d'affaires ne dépasse pas les seuils suivants :
- 203 100 € pour les activités de vente de marchandises
- 83 600 € pour les prestations de services et professions libérales
Le régime micro-social simplifie le calcul des cotisations : elles sont un pourcentage fixe du CA encaissé. Les taux varient selon l'activité : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services BIC, 21,1 % pour les professions libérales BNC réglementées, et 23,1 % pour les professions libérales non réglementées.
L'entrepreneur peut aussi opter pour le versement libératoire en micro-entreprise (sous conditions de revenu fiscal de référence), ce qui permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations, en pourcentage du CA.
Quand la micro-entreprise ne suffit plus et qu'il faut choisir
Plusieurs situations poussent à quitter le régime micro pour passer au régime réel (toujours en EI) ou créer une SARL :
- Dépassement des seuils de CA pendant deux années consécutives
- Charges réelles supérieures à l'abattement forfaitaire (34 % en libéral, 50 % en services, 71 % en vente)
- Besoin de récupérer la TVA (impossible en franchise en base, dont le seuil est de 37 500 € en services et 85 000 € en vente)
- Besoin d'un ou plusieurs associés, ce qui rend la SARL obligatoire
- Volonté d'optimiser la rémunération via un mix salaire-dividendes
Ce passage est fréquent : 42 % des créateurs de société étaient d'anciens micro-entrepreneurs qui avaient besoin d'une structure plus adaptée à leur croissance. Les étapes pour passer de micro-entreprise à SARL sont détaillées dans un guide dédié.
Bon à savoir : En cas de dépassement des seuils micro-entreprise pendant deux années consécutives, le passage au régime réel est automatique au 1er janvier de l'année suivante. L'entrepreneur reste en EI mais avec des obligations comptables renforcées (bilan, compte de résultat, déclaration de TVA). C'est souvent le moment de se poser la question du passage en SARL. Pour anticiper ce moment, il est utile de connaître les règles sur le dépassement des seuils de la micro-entreprise.
Combien coûte la création d'une EI vs d'une SARL ?

Les coûts de création varient fortement entre les deux statuts. L'EI est la forme la plus simple et la moins coûteuse à créer, tandis que la SARL implique des formalités et des frais supplémentaires.
Les frais de création d'une EI
Créer une EI est rapide et peu coûteux. Les formalités se font via le guichet unique des formalités des entreprises (INPI).
- Activité commerciale : immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) pour 24,08 €
- Activité artisanale : inscription au Répertoire des Métiers, montant variable selon la CMA
- Profession libérale : inscription gratuite auprès de l'URSSAF
Aucun capital social n'est requis, aucun statut à rédiger, aucune annonce légale à publier.
Les frais de création d'une SARL
La création d'une SARL implique plusieurs postes de dépenses :
- Rédaction des statuts : gratuit si vous les rédigez vous-même, 500 à 1 500 € si vous faites appel à un avocat ou un expert-comptable
- Publication d'une annonce légale : 144 € HT en métropole
- Immatriculation au RCS : 37,45 €
- Déclaration des bénéficiaires effectifs : 21,41 €
- Dépôt du capital social sur un compte bloqué : 1 € minimum légal, mais 500 à 1 000 € recommandés pour la crédibilité auprès des partenaires
Le total minimum, sans accompagnement juridique, se situe autour de 200 à 250 €. Pour une vue d'ensemble du coût de création d'une SARL, un guide dédié détaille chaque poste de dépense. Swapn permet de créer sa société gratuitement (0 €), avec prise en charge des formalités et avance des frais légaux sans surcoût.
Tableau récapitulatif des coûts de création
| Poste de dépense | EI | SARL |
|---|---|---|
| Rédaction des statuts | Non requis | Gratuit à 1 500 € |
| Annonce légale | Non requise | 144 € HT |
| Immatriculation RCS | 24,08 € (commerce) | 37,45 € |
| Bénéficiaires effectifs | Non requis | 21,41 € |
| Capital social | Aucun | 1 € minimum |
| Total estimé | 0 à 24,08 € | ~200 à 250 € |
Responsabilité et protection du patrimoine : quel statut protège le mieux ?
La question de la responsabilité est un critère de choix historique entre EI et SARL. Depuis la réforme 2022, l'écart s'est nettement réduit.
La protection du patrimoine en EI depuis 2022
Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement protégé, sans aucune démarche à effectuer. La séparation des patrimoines s'applique de plein droit.
Le patrimoine professionnel comprend les biens utiles à l'activité : matériel, stock, fonds de commerce, trésorerie professionnelle. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que ces biens. La résidence principale est insaisissable de droit depuis la loi Macron de 2015.
Les exceptions restent limitées : fraude, manquements graves aux obligations fiscales ou sociales, ou renonciation écrite de l'entrepreneur au bénéfice d'un créancier spécifique.
La responsabilité limitée en SARL
En SARL, la responsabilité est limitée aux apports. Le patrimoine personnel des associés est protégé par la personnalité morale de la société : la SARL est une personne juridique distincte de ses associés.
En pratique, cette protection a ses limites. Les banques exigent souvent une caution personnelle du gérant pour accorder un prêt professionnel, ce qui contourne la responsabilité limitée. Le gérant peut aussi être poursuivi en cas de faute de gestion avérée (action en comblement de passif). La responsabilité des associés en SARL est encadrée par des règles précises qu'il convient de connaître.
En pratique, la différence s'est réduite
Depuis 2022, l'EI et la SARL sont comparables en matière de protection du patrimoine face aux créanciers professionnels. La SARL conserve un avantage en cas de dettes fiscales ou sociales : le patrimoine personnel du gérant reste mieux protégé, sauf faute de gestion.
Dans les deux cas, les garanties personnelles demandées par les banques neutralisent partiellement la protection. Le choix entre EI et SARL ne doit plus se faire sur ce seul critère.
Peut-on s'associer, transmettre ou faire évoluer son statut ?
La capacité à accueillir des associés, transmettre l'activité ou faire évoluer la structure est un critère décisif pour les entrepreneurs qui anticipent la croissance de leur projet.
L'EI est par définition un statut solo
L'entreprise individuelle est liée à une seule personne physique. Il est impossible d'accueillir un associé. La transmission est plus complexe : seule la cession du fonds de commerce est possible, pas de cession de parts sociales. En cas de décès, l'entreprise ne se transmet pas automatiquement car elle n'a pas de personnalité morale distincte.
La SARL permet de s'associer et de transmettre
La SARL accueille de 2 à 100 associés (personnes physiques ou morales). La cession de parts sociales est encadrée : un agrément des associés est requis pour les cessions à des tiers, ce qui protège les associés en place. La procédure d'agrément en SARL suit des étapes précises définies par les statuts et la loi.
La transmission est facilitée par la possibilité de donner des parts, de céder progressivement le contrôle ou de faire entrer de nouveaux associés. La SARL peut aussi être transformée en SAS si le projet évolue vers une gouvernance plus souple ou une levée de fonds. Avant de s'associer, il est utile de connaître les questions à se poser avant de s'associer.
Passer de l'EI à la SARL : comment faire ?
Il n'existe pas de « transformation » directe d'une EI en SARL. La démarche se fait en plusieurs temps :
- Création de la SARL (rédaction des statuts, immatriculation)
- Apport du fonds de commerce de l'EI à la SARL (apport en nature ou cession)
- Radiation de l'EI
L'accompagnement d'un expert-comptable ou d'un avocat est recommandé pour évaluer les apports et sécuriser l'opération. Le coût total se situe entre 1 000 et 3 000 € selon la complexité du dossier.
Quelle comptabilité pour une EI et une SARL ?
Les obligations comptables diffèrent sensiblement entre les deux statuts, avec un impact direct sur le temps de gestion et le budget à prévoir.
Les obligations comptables en EI
Le niveau d'obligation dépend du régime fiscal choisi :
- Régime micro-entreprise : comptabilité ultra-simplifiée (livre des recettes, registre des achats si activité de vente)
- Régime réel simplifié : bilan simplifié, compte de résultat, déclaration de TVA
- Régime réel normal : comptabilité complète, identique à celle d'une société
L'EI n'a pas l'obligation de déposer ses comptes au greffe ni de nommer un commissaire aux comptes. Un logiciel de comptabilité pour entreprise individuelle peut suffire pour gérer ces obligations au quotidien.
Les obligations comptables en SARL
La SARL doit tenir une comptabilité complète : bilan, compte de résultat et annexe. Les comptes annuels doivent être approuvés en assemblée générale dans les six mois suivant la clôture de l'exercice, puis déposés au greffe du tribunal de commerce.
Un commissaire aux comptes n'est obligatoire que si la SARL dépasse deux des trois seuils suivants : 4 M€ de bilan, 8 M€ de CA, 50 salariés.
Le coût comptable annuel d'une SARL se situe généralement entre 1 500 et 4 000 € selon le volume d'opérations. Des solutions de comptabilité en ligne pour SARL comme Swapn permettent de gérer la comptabilité d'une SARL dès 29 € HT/mois, bilan certifié par un Expert-Comptable inclus.
EI ou SARL : comment choisir selon votre situation ?
Le meilleur statut dépend de votre profil, de vos objectifs et de votre activité. Voici les situations types pour chaque option, et les alternatives à considérer.
Choisir l'EI dans les cas suivants :
- Vous lancez une activité seul(e), sans besoin d'associé
- Votre CA prévisionnel reste sous les seuils micro-entreprise (test d'activité, démarrage)
- Vous voulez des formalités et une comptabilité simplifiées
- Vous n'avez pas besoin de vous rémunérer en dividendes
- Vous exercez une profession libérale avec des charges faibles
Choisir la SARL dans les cas suivants :
- Vous avez un ou plusieurs associés (ou prévoyez d'en avoir)
- Votre CA dépasse les seuils micro et vous avez des charges déductibles significatives
- Vous souhaitez piloter votre rémunération via un mix salaire-dividendes
- Vous prévoyez de transmettre ou céder votre activité à terme
- Vous voulez une structure avec personnalité morale (crédibilité, contrats, image)
Pour vous aider à trancher, un simulateur de statut juridique permet de comparer les options selon votre situation personnelle.
Et si ni l'EI ni la SARL ne vous conviennent ?
Deux autres formes juridiques méritent d'être envisagées :
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est la version unipersonnelle de la SARL. Elle combine les avantages d'une société (personnalité morale, cession de parts, option IS) avec la possibilité de rester seul(e). C'est le choix idéal si vous voulez une structure sociétaire sans associé. Pour comparer les deux options, l'article sur l'entreprise individuelle ou l'EURL détaille les différences clés.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) place le président sous le régime assimilé salarié, avec une meilleure couverture sociale (mais des cotisations plus élevées). Sa gouvernance est plus souple et elle est souvent privilégiée pour les projets à forte croissance ou les levées de fonds.
| Critère | EI | EURL | SARL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Nombre d'associés | 1 | 1 | 2 à 100 | 1 |
| Régime social | TNS | TNS | TNS (gérant majoritaire) | Assimilé salarié |
| Fiscalité par défaut | IR | IR (option IS) | IS | IS |
| Complexité de création | Très faible | Moyenne | Moyenne | Moyenne |
| Idéal pour | Test d'activité, faibles charges | Solo + structure société | Projet à plusieurs | Solo + couverture sociale renforcée |
Les questions fréquentes sur l'EI ou la SARL
Peut-on passer d'une EI à une SARL sans tout recommencer ?
Il n'existe pas de transformation directe. Vous devez créer la SARL, puis lui apporter le fonds de commerce de l'EI (apport en nature ou cession). L'EI est ensuite radiée. Comptez 1 000 à 3 000 € pour l'opération complète avec l'accompagnement d'un expert-comptable.
Est-ce qu'un auto-entrepreneur peut créer une SARL en même temps ?
Oui, un micro-entrepreneur peut être associé et même gérant d'une SARL, à condition que les deux activités soient distinctes. En revanche, il ne peut pas exercer la même activité sous les deux statuts simultanément.
Quel statut choisir entre EI et SARL pour un consultant freelance ?
Pour un consultant débutant avec un CA inférieur à 77 700 €, l'EI en micro-entreprise est souvent le choix le plus simple (comptabilité allégée, cotisations sur le CA). Au-delà de ce seuil, ou si vous souhaitez déduire vos charges réelles et piloter votre rémunération, la SARL (ou l'EURL si vous êtes seul) devient plus adaptée. Les avantages de la SASU pour les consultants méritent également d'être examinés avant de trancher.
Les dividendes en SARL sont-ils soumis aux cotisations sociales ?
Pour un gérant majoritaire, les dividendes dépassant 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants d'associés sont soumis aux cotisations TNS (~45 %). En dessous de ce seuil, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent. Le montant du capital social a donc un impact direct sur le coût réel des dividendes.
Quelle est la différence entre EI et EURL ?
L'EI est une entreprise sans personnalité morale, gérée par une personne physique. L'EURL est une société (SARL à associé unique) avec une personnalité morale distincte. Depuis 2022, l'EI peut aussi opter pour l'IS comme l'EURL. La principale différence reste la capacité juridique propre, la possibilité de céder des parts et la crédibilité perçue auprès des partenaires.
Combien coûte la comptabilité d'une SARL par rapport à une EI ?
En EI au régime micro, la comptabilité peut se limiter à un simple livre de recettes (gratuit). En EI au régime réel ou en SARL, comptez 1 500 à 4 000 € par an pour un expert-comptable, selon le volume d'opérations. La SARL a des obligations supplémentaires (dépôt des comptes, assemblée générale) qui augmentent légèrement le coût.
Pour les professions libérales en BNC, un expert-comptable BNC peut intervenir dès 29 € par mois.
Est-ce que l'EI protège mon patrimoine personnel depuis la réforme 2022 ?
Oui. Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé du patrimoine professionnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens affectés à l'activité. Les seules exceptions concernent la fraude ou les manquements graves aux obligations fiscales et sociales.
Vaut-il mieux une SARL ou une SAS pour s'associer ?
La SARL convient aux projets avec peu d'associés, un fonctionnement encadré par la loi et un gérant majoritaire TNS (cotisations sociales plus faibles). La SAS est plus souple sur le plan statutaire, avec un régime assimilé salarié pour le président, et elle est privilégiée pour les levées de fonds. Pour comparer les deux formes en détail, l'article SAS ou SARL présente les différences point par point. Le choix dépend de votre besoin de flexibilité et de votre stratégie de rémunération.
Puis-je embaucher des salariés en EI ?
Oui, l'entrepreneur individuel peut embaucher des salariés sans limite de nombre. Les obligations sont les mêmes qu'en SARL : contrat de travail, déclaration URSSAF, bulletins de paie, cotisations patronales et salariales. La seule différence est que l'employeur est la personne physique, pas une société.
Comment savoir si je dois quitter la micro-entreprise pour passer en SARL ?
Trois signaux doivent vous alerter : votre CA dépasse régulièrement les plafonds de la micro-entreprise (83 600 € en services, 203 100 € en vente), vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, ou vous avez besoin d'un associé et souhaitez piloter votre rémunération via les dividendes.
Sources & Références
Service-Public : Entrepreneur individuel (EI) : ce qu'il faut savoir
URSSAF : Indépendant : comprendre vos cotisations
Légifrance : LOI n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante
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Rédigé par Grégoire Charroyer
Expert en création d’entreprise depuis plus de 10 ans. Grégoire a pour objectif de rendre l’entrepreneuriat simple et accessible à tous en France.
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