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SAS 2 associés 50/50 : risques, clauses et alternatives

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Temps de lecture : 11 min

Résumé de l'article

  • SAS 2 associés 50/50 : la répartition égalitaire empêche toute majorité et paralyse les décisions en cas de désaccord.
  • Blocage prolongé : il peut mener à la dissolution judiciaire pour perte d'affectio societatis.
  • Clauses préventives : casting vote, agrément, préemption et médiation obligatoire sécurisent les statuts contre le blocage.
  • Clause shotgun : ce mécanisme buy-or-sell force le rachat des parts et débloque une impasse.
  • Alternatives au 50/50 : la répartition 51/49 ou un tiers arbitre à 2 % évitent le blocage.
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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 04 août 2026

Pourquoi le 50/50 entre associés de SAS est un montage à risque

Créer une SAS 2 associés 50/50 semble naturel quand deux cofondateurs se lancent ensemble. Pourtant, cette répartition égalitaire cache un piège structurel que beaucoup découvrent trop tard : l'impossibilité de trancher quand les deux associés ne sont plus d'accord.

Le risque central : le blocage décisionnel

Pourquoi le 50/50 mène à l'impasse

Dans une SAS à deux associés détenant chacun 50 % du capital, aucune majorité ne se dégage lors des votes en assemblée générale. Chaque décision nécessite l'accord unanime des deux associés. Si l'un dit oui et l'autre dit non, la société est paralysée.

Les blocages les plus fréquents portent sur des sujets concrets : recruter un salarié, investir dans du matériel, changer d'orientation commerciale, distribuer des dividendes. Un simple désaccord sur le montant d'une dépense peut immobiliser toute la société.

Il faut distinguer deux types de blocage. Le blocage ponctuel est un désaccord sur un sujet précis, souvent résolu par la discussion. Le blocage structurel est plus grave : il traduit une perte d'affectio societatis, c'est-à-dire la disparition de la volonté commune de travailler ensemble. Ce second cas mène souvent à l'impasse. Avant d'en arriver là, il vaut mieux se poser les bonnes questions avant de s'associer pour anticiper ces situations.

Les conséquences d'un blocage prolongé

Quand le blocage dure, la société ne peut plus fonctionner normalement. Impossible de modifier les statuts, d'approuver les comptes annuels, de nommer ou de révoquer un dirigeant. Les décisions stratégiques sont gelées.

Les tiers le remarquent vite. Les banquiers hésitent à accorder un financement, les fournisseurs s'inquiètent, les clients perdent confiance. La crédibilité de la société s'effrite.

L'issue ultime est la dissolution judiciaire pour perte d'affectio societatis, prévue à l'article 1844-7, 5° du Code civil. Le tribunal prononce alors la fin de la société et la liquidation de ses actifs. C'est la solution la plus destructrice, car elle met fin à l'activité. Pour comprendre comment gérer un conflit entre associés avant d'en arriver à cette extrémité, des solutions existent.

Pour quels profils le 50/50 peut malgré tout fonctionner

La répartition 50/50 n'est pas condamnée d'avance. Elle peut fonctionner si les conditions suivantes sont réunies :

  • Cofondateurs aux compétences complémentaires (l'un technique, l'autre commercial, par exemple)
  • Vision long terme alignée, vérifiée et discutée avant la création
  • Capacité à décider ensemble, culture du consensus et communication régulière
  • Mécanismes anti-blocage prévus dès le départ dans les statuts et le pacte d'associés

Sans cette dernière condition, même la meilleure entente finit par se heurter à un désaccord que rien ne permet de trancher. La question de créer une société à 50-50 mérite donc d'être mûrement réfléchie avant tout engagement.

Quelles clauses préventives intégrer dans vos statuts de SAS à 50/50

La liberté statutaire de la SAS permet d'intégrer directement dans les statuts des mécanismes qui empêchent le blocage entre associés égalitaires. Quatre clauses méritent une attention particulière.

La clause de casting vote (voix prépondérante du président)

En cas d'égalité de votes en assemblée générale, le président peut disposer d'une voix supplémentaire qui fait pencher la balance. C'est le casting vote, ou voix prépondérante.

Cette clause est possible en SAS grâce à la liberté statutaire, contrairement à la SARL où les règles de majorité sont fixées par la loi. Elle permet de débloquer rapidement les décisions courantes sans recourir à un tiers.

La limite est psychologique : l'associé qui n'est pas président peut percevoir un déséquilibre de pouvoir. Pour éviter les tensions, il est recommandé de limiter le casting vote aux décisions opérationnelles (en dessous d'un certain montant, par exemple) et de maintenir l'unanimité pour les décisions stratégiques comme la modification des statuts ou l'augmentation de capital. La rédaction des statuts en SAS doit donc être particulièrement soignée pour encadrer ce mécanisme.

La clause d'agrément

La clause d'agrément conditionne toute cession de parts à un tiers à l'accord préalable de l'autre associé. Dans une société à 50-50, elle évite qu'un associé vende ses parts à un inconnu sans que l'autre ait son mot à dire.

La rédaction doit préciser le délai de réponse accordé à l'associé restant (souvent 30 jours) et les conséquences du silence : agrément tacite ou refus automatique. Ce détail change tout en cas de conflit. Pour aller plus loin sur ce sujet, la clause d'agrément en SAS fait l'objet d'un traitement détaillé qui précise son rôle et son intégration dans les statuts.

La clause de préemption

Si un associé souhaite vendre ses parts, la clause de préemption donne à l'autre la priorité pour les racheter au même prix et aux mêmes conditions que celles du tiers acheteur.

Cette clause complète l'agrément : la préemption intervient en amont pour permettre à l'associé restant de conserver le contrôle total de la société. Les statuts doivent préciser les modalités de valorisation des parts, soit par un expert indépendant, soit par une formule contractuelle définie à l'avance. La procédure de cession d'actions en SAS détaille les formalités à respecter dans ce cadre.

La clause de médiation obligatoire

Prévoir une étape de médiation comme préalable obligatoire à toute action en justice est une précaution simple et efficace. Avant de saisir un tribunal, les deux associés doivent tenter de résoudre leur différend avec l'aide d'un médiateur.

Le mode de désignation du médiateur doit être précisé dans les statuts : chambre de commerce, centre de médiation agréé, ou personne nommément désignée. Fixez un délai maximum de 30 à 60 jours pour que la médiation ne devienne pas un moyen de prolonger le blocage.

Que mettre dans le pacte d'associés pour sécuriser un 50/50

Le pacte d'associés complète les statuts avec des clauses plus détaillées et confidentielles. C'est souvent dans ce document que se trouvent les mécanismes les plus protecteurs pour des associés égalitaires en SAS.

Pacte d'associés vs statuts : quelle différence ?

Les statuts sont déposés au greffe du tribunal de commerce et consultables par tous : fournisseurs, banques, concurrents. Le pacte d'associés, lui, est un contrat privé signé uniquement entre les associés. Il reste confidentiel.

Cette distinction est stratégique. Le pacte permet de traiter des sujets sensibles que les associés ne souhaitent pas rendre publics : rémunération de chacun, clause de non-concurrence, critères de performance, conditions de sortie. Pour bien comprendre ce document, un guide complet sur le pacte d'associés détaille l'ensemble des clauses à envisager.

En pratique, les clauses les plus « agressives » comme la clause shotgun ou le mécanisme bad leaver sont placées dans le pacte pour rester hors de portée des tiers.

La clause buy-or-sell (clause shotgun ou clause texane)

Comment fonctionne la clause shotgun

La clause shotgun est l'un des mécanismes les plus efficaces pour débloquer une situation entre associés égalitaires en SAS. Elle fonctionne en trois phases :

  1. Phase 1 : l'associé A fixe lui-même un prix et propose de racheter les parts de B à ce montant.
  2. Phase 2 : B accepte l'offre, A rachète les parts au prix annoncé. Le mécanisme s'arrête là.
  3. Phase 3 : B refuse l'offre. B est alors obligé de racheter les parts de A au même prix. La symétrie est totale.

L'intérêt de ce mécanisme est sa logique auto-régulatrice : A est incité à fixer un prix juste. S'il sous-évalue les parts, il risque que B refuse et le force à vendre à ce prix trop bas.

Bon à savoir : la clause shotgun avantage structurellement l'associé le plus fortuné, car il peut toujours acheter quel que soit le prix annoncé. Si les capacités financières des deux associés sont très déséquilibrées, prévoyez un délai de financement de 60 à 90 jours ou un droit de recours à un financement externe.

La clause d'exclusion et le mécanisme bad leaver

La clause d'exclusion permet d'écarter un associé de la société sous certaines conditions prédéfinies : faute grave, violation du pacte d'associés, inactivité prolongée.

Le mécanisme bad leaver vient compléter cette clause. L'associé exclu pour faute voit ses parts rachetées avec une décote de 30 à 50 % par rapport à leur valeur réelle. À l'inverse, un associé qui part dans de bonnes conditions (good leaver) récupère la valeur intégrale de ses parts.

Bon à savoir : en contexte 50/50, la clause d'exclusion est souvent inefficace car l'associé visé détient 50 % des voix et vote contre sa propre exclusion. Pour la rendre opérante, prévoyez dans les statuts que le vote d'exclusion se fait hors la présence de l'associé concerné, ou confiez la décision à un arbitre indépendant.

La clause de retrait

La clause de retrait permet à un associé de quitter la société en obligeant l'autre (ou la société elle-même) à racheter ses parts. C'est une porte de sortie individuelle.

Les conditions de déclenchement doivent être définies avec précision : durée minimum de présence dans la société, désaccord persistant depuis un certain nombre de mois, changement d'objet social non consenti. Sans ces critères, la clause risque d'être activée de façon abusive.

La valorisation des parts peut être confiée à un expert désigné judiciairement (article 1843-4 du Code civil) ou calculée selon une formule contractuelle fixée à l'avance dans le pacte. L'associé sortant sera imposé sur la plus-value de cession réalisée, c'est-à-dire la différence entre le prix de vente et la valeur d'acquisition de ses parts.

Les clauses complémentaires à ne pas oublier

Trois clauses supplémentaires complètent la protection des associés égalitaires :

  • Clause de non-concurrence : interdit à un associé sortant de créer une activité concurrente pendant une durée et sur un territoire définis
  • Clause d'exclusivité : oblige chaque associé à consacrer 100 % de son activité professionnelle à la société
  • Clause de sortie conjointe (tag-along) : si un associé vend ses parts, l'autre peut exiger de vendre aussi aux mêmes conditions, pour ne pas se retrouver seul avec un nouvel associé non choisi

Rémunération et fiscalité dans une SAS à 50/50

La répartition égalitaire du capital a des conséquences directes sur la rémunération et la fiscalité des deux associés. Anticiper ces questions évite des tensions récurrentes.

Salaire du président vs dividendes : deux logiques différentes

Le président de la SAS (et le directeur général éventuel) peut se verser un salaire. En tant qu'assimilé salarié, il supporte des charges sociales d'environ 75 à 80 % du salaire net. En contrepartie, il bénéficie d'une couverture sociale complète (retraite, maladie, prévoyance).

Les dividendes, eux, rémunèrent le capital investi. Dans une SAS à deux associés à 50/50, chaque associé reçoit la moitié des dividendes distribués. Pour tout savoir sur leur fonctionnement, les dividendes en SAS font l'objet d'un traitement complet.

Le risque de tension apparaît quand un associé travaille plus que l'autre mais touche les mêmes dividendes. Pour éviter ce déséquilibre, la rémunération de chaque associé (salaire, primes, avantages) doit être définie dans le pacte d'associés, indépendamment du partage des dividendes.

Flat tax ou barème progressif : comment sont imposés les dividendes

Par défaut, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, au taux global de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Chaque associé peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du PFU. Cette option est intéressante si la tranche marginale d'imposition de l'associé est inférieure ou égale à 11 %, car l'imposition totale sera alors inférieure à 30 %. Pour comparer les deux options, le choix entre flat tax ou barème progressif dépend de la situation personnelle de chaque associé.

Bon à savoir : chaque associé choisit indépendamment son régime fiscal pour les dividendes. Dans un 50/50, l'un peut opter pour la flat tax à 30 % et l'autre pour le barème progressif, selon sa situation personnelle. Ce choix se fait chaque année sur la déclaration de revenus.

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Comptes courants d'associés : compenser des apports inégaux

Situation fréquente : les deux associés veulent être à 50/50 au capital, mais l'un apporte plus d'argent que l'autre. La solution passe par les comptes courants d'associés.

L'excédent versé par l'associé le plus contributeur est enregistré comme un prêt à la société, rémunéré par des intérêts. Le capital reste égalitaire (50/50), mais le financement réel est ajusté sans créer de déséquilibre actionnarial.

Pour les apports en nature (matériel, véhicule, brevet), une évaluation objective est nécessaire. Un commissaire aux apports est obligatoire si la valeur d'un apport dépasse 30 000 € ou si la valeur totale des apports en nature dépasse la moitié du capital social. Les modalités de l'apport en nature en SAS sont encadrées par des règles précises à respecter. Les apports en industrie (compétences, travail) ne concourent pas à la formation du capital mais peuvent donner droit à une part des bénéfices.

Quelles alternatives à la répartition 50/50 en SAS

Si les risques du 50/50 vous semblent trop élevés, trois alternatives permettent de préserver un équilibre entre associés tout en évitant le blocage.

La répartition 51/49 : un associé majoritaire clairement désigné

L'associé à 51 % détient la majorité simple et peut trancher seul les décisions courantes en assemblée générale. Le risque de blocage sur les votes ordinaires disparaît.

Les décisions extraordinaires (modification des statuts, augmentation de capital) nécessitent toujours un accord commun, ce qui protège l'associé minoritaire sur les sujets structurants. Une augmentation de capital en SAS suit une procédure spécifique qui implique les deux associés.

La limite est relationnelle : l'associé à 49 % peut se sentir lésé. Pour compenser, il est possible de lui accorder des droits de veto sur certaines décisions stratégiques (recrutement au-delà d'un certain seuil, investissement supérieur à un montant défini).

Le tiers arbitre ultra-minoritaire (49/49/2 %)

Cette alternative consiste à intégrer un troisième associé de confiance détenant 1 à 2 % du capital. Un seul titre suffit pour lui donner le droit de vote.

Son rôle est limité : il ne vote qu'en cas de blocage entre les deux associés principaux, pour faire basculer la majorité. Le reste du temps, il n'intervient pas dans la gestion.

Le profil du tiers arbitre est souvent un mentor, un conseiller de confiance, un expert-comptable ou un investisseur. Son rôle doit être encadré par le pacte d'associés : pas de droit de gestion courante, engagement de neutralité sauf en cas de blocage déclaré entre les deux associés principaux.

La modulation des droits de vote en SAS

La SAS permet de dissocier capital et pouvoir de vote. Deux associés à 50/50 du capital peuvent avoir des droits de vote différents selon les domaines de décision.

Par exemple : l'associé A a un droit de veto sur les décisions financières (investissements, emprunts), tandis que l'associé B a un droit de veto sur les décisions RH (recrutements, licenciements). Chacun est « majoritaire » dans son domaine de compétence.

Il est aussi possible de créer des actions à droit de vote double sur certaines catégories de décisions. Cette souplesse préserve l'égalité capitalistique tout en évitant le blocage. Pour comprendre les spécificités du statut d'associé en SAS, il est utile de connaître l'ensemble des droits attachés aux actions.

Critère 50/50 pur 51/49 49/49/2 % (tiers arbitre)
Égalité perçue entre associés ✅ Totale ❌ Un majoritaire ✅ Quasi-totale
Risque de blocage ❌ Élevé ✅ Faible (majorité simple) ✅ Faible (tiers départage)
Nécessité de clauses anti-blocage Indispensable Recommandé Recommandé
Complexité de mise en place Simple Simple Moyenne (trouver le tiers)
Sentiment de confiance mutuelle Fort Peut créer un déséquilibre Fort
Flexibilité de sortie Dépend des clauses Plus simple pour le majoritaire Dépend des clauses

Comment sortir d'un blocage entre associés à 50/50

Quand le blocage est déjà installé, trois voies de résolution existent, de la plus douce à la plus radicale :

  • Tenter une médiation ou une conciliation pour rétablir le dialogue
  • Demander au tribunal la désignation d'un mandataire ad hoc pour les actes urgents
  • Saisir le juge pour obtenir la dissolution judiciaire en dernier recours

La médiation et la conciliation après blocage déclaré

Même sans clause de médiation prévue dans les statuts, les associés peuvent saisir un médiateur à tout moment. Le rôle du médiateur est de rétablir le dialogue et de trouver un compromis acceptable par les deux parties. Il ne peut pas imposer sa décision.

Si les associés ne s'entendent pas sur le choix du médiateur, le juge peut désigner un conciliateur dans le cadre d'une conciliation judiciaire. L'accord trouvé peut être homologué par le tribunal pour lui donner force exécutoire, ce qui empêche l'une des parties de revenir dessus.

La désignation d'un mandataire ad hoc

Un associé peut demander au tribunal de commerce la désignation d'un mandataire ad hoc. Ce mandataire reçoit une mission précise : représenter temporairement la société pour les actes urgents que le blocage empêche.

Il peut, par exemple, approuver les comptes annuels, signer un contrat dont le retard menace l'activité, ou convoquer une assemblée générale. C'est une solution temporaire qui ne résout pas le conflit de fond entre les associés, mais qui évite que la société soit paralysée pendant la recherche d'une issue définitive. Les règles relatives à l'assemblée générale de la SAS précisent dans quelles conditions une telle convocation peut intervenir.

La dissolution judiciaire pour perte d'affectio societatis

Quand toutes les autres voies ont échoué, un associé peut demander au tribunal la dissolution de la société. Le fondement juridique est l'article 1844-7, 5° du Code civil, qui prévoit la dissolution pour « justes motifs ».

Le juge vérifie que l'affectio societatis a véritablement disparu et que le blocage est irrémédiable. Si c'est le cas, il prononce la dissolution et la liquidation de la société. L'actif net est réparti entre les deux associés à hauteur de 50 % chacun.

Cette issue est destructrice : l'activité cesse, les contrats sont résiliés, les salariés sont licenciés. Elle ne doit être envisagée qu'après épuisement de toutes les autres solutions. La fermeture d'une SAS suit une procédure précise dont il faut connaître les étapes et les coûts.

Cas pratique : deux cofondateurs face à un désaccord stratégique

Résoudre un désaccord grâce aux bonnes clauses

Karim et Léa créent une SAS de conseil BtoB avec un capital de 2 000 € (1 000 € chacun, soit 50/50). Karim est président, Léa est directrice générale. Leurs statuts incluent une clause de casting vote pour les décisions opérationnelles inférieures à 50 000 €, et leur pacte d'associés prévoit une clause de médiation obligatoire.

Après 18 mois d'activité, un désaccord surgit. Karim veut recruter un commercial à 45 000 €/an. Léa préfère investir ce budget en publicité digitale. Aucun des deux ne cède. Blocage en assemblée générale.

Étape 1 : activation de la médiation. Conformément au pacte, un médiateur est désigné sous 15 jours via la chambre de commerce locale. Le médiateur avance un compromis : recruter un alternant à environ 15 000 €/an et allouer 10 000 € à la publicité digitale. Léa accepte. Karim refuse.

Étape 2 : activation du casting vote. Le recrutement (45 000 €) entre dans le périmètre des décisions opérationnelles inférieures à 50 000 € prévu par les statuts. Karim, en tant que président, exerce sa voix prépondérante et tranche en faveur du recrutement.

Résultat : le désaccord est résolu en trois semaines. Sans ces clauses, la société aurait été paralysée pendant des mois, avec un risque de perte de clients et de détérioration de la relation entre associés.

Checklist avant de créer une SAS à 50/50

Avant de vous engager dans une répartition égalitaire, vérifiez chaque point de cette liste :

  • Vision long terme alignée : avez-vous discuté de vos objectifs à 3-5 ans ? (croissance, revente, lifestyle business)
  • Compétences complémentaires : chacun apporte une valeur distincte et identifiable
  • Rôles et rémunération définis : qui est président, qui est DG, quel salaire pour chacun
  • Clauses anti-blocage rédigées : casting vote, médiation, buy-or-sell a minima
  • Pacte d'associés signé : non-concurrence, exclusivité, conditions de sortie, bad leaver
  • Modalités de sortie prévues : valorisation des parts, clause de retrait, préemption
  • Apports clarifiés : capital social, comptes courants, apports en nature évalués
  • Accompagnement juridique : statuts et pacte relus par un professionnel du droit ou un expert-comptable

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Les questions fréquentes sur la SAS à 2 associés 50/50

Peut-on créer une SAS à seulement 2 associés ?

Oui, la SAS requiert au minimum 2 associés (contrairement à la SASU qui n'en a qu'un). Il n'y a pas de maximum légal. Deux associés suffisent pour constituer une SAS, avec un capital social libre à partir de 1 €.

Comment éviter un blocage dans une SAS à 50/50 ?

En intégrant dès la création des clauses anti-blocage dans les statuts et le pacte d'associés : clause de casting vote, clause de médiation obligatoire, clause buy-or-sell (shotgun) et clause de retrait. Ces mécanismes permettent de débloquer les décisions sans recourir au tribunal.

Quelle différence entre un pacte d'associés et les statuts d'une SAS ?

Les statuts sont déposés au greffe et consultables par tous. Le pacte d'associés est un contrat privé, confidentiel, signé uniquement entre les associés. Les clauses sensibles (rémunération, non-concurrence, shotgun, bad leaver) sont généralement placées dans le pacte.

Est-ce qu'un associé à 50 % peut bloquer toutes les décisions ?

Oui, c'est le risque principal du 50/50. En l'absence de clause de casting vote ou de mécanisme de départage, chaque associé a un droit de veto de fait sur toutes les décisions soumises au vote en assemblée générale.

Vaut-il mieux une répartition 50/50 ou 51/49 entre associés ?

Le 51/49 élimine le risque de blocage sur les décisions ordinaires, mais peut créer un sentiment d'inégalité. Le 50/50 préserve l'égalité symbolique mais exige des clauses anti-blocage solides. Une alternative intermédiaire existe : le 49/49/2 % avec un tiers arbitre ultra-minoritaire.

Comment fonctionne la clause shotgun entre associés ?

La clause shotgun (ou clause texane) se déroule en 3 phases : l'associé A fixe un prix pour racheter les parts de B. Si B accepte, A achète. Si B refuse, B est obligé de racheter les parts de A au même prix. Cette symétrie incite à fixer un prix juste.

Comment sont imposés les dividendes dans une SAS à 2 associés ?

Les dividendes sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Chaque associé peut opter individuellement pour le barème progressif de l'IR si sa tranche marginale est inférieure à 12,8 %.

Peut-on exclure un associé à 50 % d'une SAS ?

C'est juridiquement possible si une clause d'exclusion est prévue dans les statuts, mais en pratique très difficile à 50/50 : l'associé visé détient la moitié des voix et vote contre sa propre exclusion. Pour la rendre opérante, prévoyez que le vote se fait hors la présence de l'associé concerné.

Qu'est-ce que l'affectio societatis et que se passe-t-il quand il disparaît ?

L'affectio societatis désigne la volonté commune des associés de collaborer ensemble dans un intérêt partagé. Quand il disparaît, un associé peut demander au tribunal la dissolution judiciaire de la société sur le fondement de l'article 1844-7, 5° du Code civil.

Combien coûte la création d'une SAS à 2 associés ?

Les frais légaux incompressibles sont d'environ 250 à 300 € (greffe, annonce légale). S'y ajoutent éventuellement les honoraires de rédaction des statuts et du pacte d'associés. Pour connaître le détail du coût de création d'une SAS, tous les postes de dépenses sont passés en revue. Certains services en ligne permettent de créer une SAS gratuitement, hors frais légaux avancés.

Sources & Références

Service-Public : Fiscalité de la société par actions simplifiée (SAS)

Legifrance : Chapitre VII : Des sociétés par actions simplifiées (Articles L227-1 à L227-20-1)

BPI France : 5 conseils pour réussir son pacte d'associés

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